Retour en force du brut

Rédigé le 29 novembre 2007 par | Nouvelles technologies Imprimer

Le baril WTI a gagné 3 $ dans la seule journée d’hier. Belle et soudaine hausse après quelques semaines d’anémie. Il cote actuellement 57,89 $ à New York. On revient de loin…

Pourquoi ce rebond et cette nervosité des marchés ?
On peut se demander quelle mouche a encore piqué les spéculateurs sur le marché du brut.

Le retour du froid tout d’abord. D’après les prévisions, cela va durer, notamment aux USA. Ils l’ont donc intégré.
La publication des stocks hebdomadaires américains ensuite. Le stock de produits distillés (fioul domestique) affiche une diminution de 2,6 millions de barils.

Et puis il y a le jeu des rumeurs quant aux quotas de l’OPEP : mardi, des bruits courraient que l’OPEP n’allait pas réduire ses quotas de production. Deux jours après : marche arrière ! Il est à nouveau question de les réduire. Et ceci dès aujourd’hui. On ne sait plus sur quel pied danser…

Vous allez me dire que ces éléments d’influence ne sont que des données qui relèvent du court terme. Et vous avez raison. Mais quand on spécule, c’est à très court terme. On boucle et déboucle ses positions dans la journée !

Positionnons nous dans une optique moyen long terme
Je pense que ce qui indispose actuellement le plus les marchés est l’incertitude qui plane au-dessus de l’OPEP. La vraie question à se poser étant : quel va être à l’avenir le véritable poids du cartel sur l’échiquier mondial pétrolier ?

La demande quotidienne de barils de brut ne cesse d’augmenter. Ce delta est stratégique : pouvons-nous satisfaire l’accroissement de cette demande en se passant de l’OPEP ou avons-nous besoin d’eux ?

L’enjeu est le suivant : moins nous avons besoin d’eux pour satisfaire ce delta, et moins l’OPEP aura d’influence.

C’est là qu’entre en jeu l’Angola, avec une production de brut qui décolle en flèche. Production qui devrait doubler cette année pour atteindre plus de 2 millions de barils/jour d’ici la fin de l’année. 

Jusque là, l’Angola ne faisait pas partie de l’OPEP. Mais cet Etat vient de changer son fusil d’épaule en intégrant l’Organisation. Pourquoi ? Je n’en sais rien. Je ne vois pas l’intérêt pour l’Angola de faire ce choix. A moins qu’il ne soit politique… mais là, impossible de savoir ce qu’ont négocié les intéressés.

Toujours est-il que ce retournement de situation change la donne, puisque d’ici un an ou deux, 30% du delta lié à l’accroissement de la demande de barils/jour serait entre les mains de l’OPEP.

L’OPEP sortirait donc renforcée. A prendre au conditionnel bien sûr… avec l’OPEP, les choses ne sont jamais claires.

Elle peut à nouveau influencer réellement les marchés dans un sens comme dans l’autre. Mais en a-t-elle les moyens ? Il règne un tel chaos lors des concertations entre les Etats membres dès lors qu’il s’agit de réduire les quotas de production !
La raison prendra-t-elle enfin le dessus sur l’émotionnel au sein de ces discussions ?
Nous verrons bien…

Quant à notre opportunité d’investissement… elle vient de s’envoler !
Nous venons de rater une opportunité superbe de nous positionner sur le brut sous les 50 $.
Mais peut-être n’est-ce que partie remise. Ce n’est pas improbable… Les marchés sont si nerveux qu’ils peuvent évoluer très vite, aussi bien dans un sens que dans l’autre.

A surveiller de près !

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Isabelle Mouilleseaux
Isabelle Mouilleseaux

Isabelle Mouilleseaux travaille aux Publications Agora. Passionnée depuis toujours par les marchés financiers, elle investit notamment dans les mines et sur le marché options US et connaît bien le marché des matières premières, ayant longtemps rédigé l’Edito Matières Premières.

Vous trouverez ses articles dans les e-letters Libre d’Agir, Agora Formation et Provoquez votre réussite.

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