Qui veut la peau de l'or ?

Rédigé le 16 avril 2013 par | La quotidienne Imprimer

Au G8 de Londres fin 2008 et au G20 de mars 2009, la Chine, porte-parole des BRICS, a demandé l’abandon de la monnaie purement fiduciaire arrimée au dollar, et une réforme monétaire parlant d’un « Bancor ». La politique des banques centrales change alors du tout au tout. Elles deviennent acheteuses net d’or.

Graphique de la politique monétaires des banques centrales

Simultanément, la Chine, premier producteur mondial d’or depuis 2007, encourage sa population à investir dans les métaux précieux à partir de 2009. La croissance de l’appétit des Chinois est fulgurante, comme le montre ce graphe des seules importations par Hong Kong.
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Graphique des importations d'or de la Chine via Hong Kong

400 tonnes d’or en un mois et demi
Andrew Maguire, un insider du marché des métaux précieux de Londres, révélait à KWN le 12 avril 2013, que les livraisons pour Shanghai avaient été de 283 tonnes d’or en mars et que depuis le début du mois d’avril, 117 tonnes avaient déjà été livrées.

400 tonnes en un mois et demi. Ces chiffres viennent se rajouter à ceux des importations par Hong Kong. Les Chinois changent la donne. Au lieu de se contenter de spéculer sur la hausse ou la baisse du métal, ils en demandent livraison et sans attendre 7 ans comme l’Allemagne.

Cela crée un déséquilibre brutal dans le jeu des banquiers, qui cherchent depuis des décennies à temporiser la hausse des métaux précieux, qui sont le meilleur thermomètre de la dévalorisation des monnaies fiduciaires.

Dans les statistiques officielles, les importations d’or par l’Inde sont presque aussi importantes que celles de la Chine. Des pays, qui nous semblent d’une importance secondaire, Corée, Turquie… achètent également des quantités importantes.

Or papier contre or physique
En 2009, sur le marché de l’or papier de Londres, il se vendait 2 100 tonnes d’or par jour, c’est-à-dire presque la production mondiale annuelle. Plus de 90% de ces transactions ne sont qu’un jeu financier. Les 10% de ce volume, enregistrés par la chambre de compensation, ne sont généralement qu’un jeu d’écriture de compte à compte. Très peu d’acheteurs demandaient une livraison réelle d’or physique jusqu’à ces dernières années. Cela a permis aux banquiers qui contrôlent le marché de l’or, de pousser le principe des réserves fractionnaires jusqu’aux limites du système.

L’ETF américain GLD a ainsi dans ses statuts, que vous pouvez acheter de l’or, mais que vous ne pourrez jamais en demander livraison.

En théorie, GLD avait 1 350 tonnes d’or en stock en décembre, il n’en a plus que 1 175 aujourd’hui. Certains investisseurs ont vendu en anticipant cette baisse des cours orchestrée. D’autres ont vendu l’or papier pour prendre livraison d’or physique. Cela se voit à Londres mais également dans les demandes de livraison du Comex, qui est essentiellement un marché de trading électronique. En 2013, sur les 4 premiers mois de l’année, 73 tonnes d’or ont été livrées contre seulement 33 tonnes l’année précédente sur la même période.

Beaucoup plus révélateur, l’or stocké par les investisseurs dans les entrepôts du Comex dans la catégorie « éligible », (c’est-à-dire « n’est pas à vendre ») a été déménagé par ses propriétaires. En 3 mois, un tiers de ce stock est allé se mettre à l’abri ailleurs, peut-être pour éviter une saisie en cas de défaut et de bail-in à la chypriote.

Andrew Maguire parle de 500 tonnes d’or papier vendues dans la journée de vendredi. Les hedge funds jouent les kamikazes en lieu et place des grandes banques, on en comptera les cadavres quand cette opération sera terminée.

La main passe
A Dubaï, à Shanghai ou à Mumbaï, les acheteurs en profitent et achètent à ce cours pour demander livraison. Les stocks réels du LBMA, du Comex et de GLD ne sont pas inépuisables, alors que la Chine seule dispose de 3 000 milliards de dollars de réserve de change, dont elle se défausserait volontiers. Cela représente deux fois les réserves mondiales d’or monétaire.

Ce n’est évidemment pas l’intérêt de la Chine de faire main basse sur la totalité du stock, mais elle profite pleinement de la politique américaine de défense du dollar pour remplir ses réserves à moindre coût en vue de la réforme monétaire à venir.

Le yuan se prépare à être la plus solide des monnaies mondiales alors que le dollar vit son crépuscule.

Organisation d’un short squeeze ou liquidation forcée
Les hedge funds ont été envoyés sur le champ de mines… alors que les grosses banques et l’oligarchie achètent et prennent livraison.

Le short squeeze qui est organisé sous vos yeux, avec ces ventes massives à découvert, est absolument nécessaire. Il servira à justifier la dévaluation, qui est organisée de longue date, pour monétiser les dettes. Tout cela n’est que comédie à très grande échelle. N’en soyez pas dupe.

Jusqu’où ira la chute de l’or et de l’argent ? Combien de temps, cela durera-t-il ? Je n’en sais rien et je m’en moque. Je déconseille de jouer sur ces marchés, mais je n’ai pas le moindre doute sur l’issue finale que ce soit pour l’or ou pour l’argent. Ceux qui auront eu la sagesse d’acheter quand tout le monde vend, seront largement récompensés. Le short squeeze final sera un spectacle extraordinaire, que vous n’oublierez jamais.

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