Que faire si vous ne possédez pas d'or ?

Rédigé le 18 septembre 2009 par | Nouvelles technologies Imprimer

L’or a décollé. Chez Agora, nous sommes impressionnés. Mais pas si impressionnés que ça, tout de même. L’or représente la moitié de notre Transaction de la Décennie… que nous avons annoncée il y a près de 10 ans. Nous sommes haussiers sur le métal… nous le sommes depuis très longtemps. Mais les lecteurs semblent se demander ce qui se passe… nous prenons donc quelques minutes pour clarifier la situation.

Nous pensons toujours que c’est un bon pari. Notre Transaction de la Décennie reste intacte
Pour commencer, nous espérons que vous avez acheté de l’or il y a de nombreuses années. Cela simplifierait les choses. Dans ce cas, nous pourrions vous dire : conservez ! L’or est un antidote au papier. Il y a une telle quantité de papier — présente et à venir — que jouer l’or semble être un pari gagnant. On parie sur le fait que le système monétaire en place depuis août 1971 va s’effondrer.

Nous pensons toujours que c’est un bon pari. Notre Transaction de la Décennie reste intacte. Achetez l’or durant ses creux, vendez les actions durant les rebonds. Jusqu’à présent, ça se passe bien — nous nous y tiendrons pendant encore quelque temps.

Mais si vous ne possédez pas d’or ?
Le métal jaune a dépassé les 1 000 $. On dirait même qu’il s’agit d’un nouveau niveau de support pour le métal — en majeure partie grâce à la Chine. Cette dernière a relativement peu d’or dans sa banque centrale. Elle doit voir ce que nous voyons — la faiblesse du dollar et du système monétaire basé sur le dollar. Elle doit s’inquiéter de la valeur des actifs américains qu’elle possède à hauteur de 2 000 milliards de dollars. Elle doit également se poser des questions sur la manière dont elle gérera son économie si le dollar s’effondre. Les Américains étaient ses consommateurs de premier et dernier recours. A qui la Chine vendra-t-elle si la devise de ses clients les plus importants perd toute valeur ?

La Chine est acheteuse
De récents commentaires des autorités chinoises font clairement apparaître qu’elles réfléchissent à tout ça… et qu’elles ont décidé d’ajouter plus d’or à leurs réserves. En fait, toutes les banques centrales sont devenues acheteuses nettes. Terminé, les ventes de réserves d’or. On considère désormais ça comme une arnaque — et c’est bien le cas. Remplacer de l’or par du papier ? Mais à quoi pensait-on ?

La Chine est donc acheteuse. Le problème, c’est qu’elle doit être discrète. Elle a trop d’argent. Cela pourrait faire grimper le cours du jour au le demain — et la Chine payerait alors trop cher. Peut-être fait-elle la même chose que nous — elle achète pendant les creux !

Nous ne savons pas quelle est la stratégie des Chinois… mais ils seront probablement de gros acheteurs dans les prochaines années.

Devriez-vous acheter en même temps que les Chinois ?
Bonne question. Malheureusement, nous n’avons pas de bonne réponse. Alors essayons une question différente : l’or est-il en hausse ou en baisse ?

La réponse est plus simple : l’or est en hausse… puis en baisse… puis à nouveau en hausse. Il est en hausse parce que les autorités — en Chine également — encouragent la spéculation. Il baisse ensuite lorsque la phase suivante du marché baissier commence et que les spéculateurs courent se mettre à l’abri. Ensuite, il remonte… bien plus haut et bien plus vite… lorsque la Fed, à bout de ressources, finit par perdre la tête — et le dollar. Nous sommes certains que cette dernière étape arrivera. Notre seule hésitation concerne le fait que ça prendra plus longtemps que nous le pensons. L’or peut monter durant une déflation… mais il grimpe en flèche dans une période d’inflation. Cette période est peut-être encore loin.

Les autorités ne peuvent pas ressusciter l’économie de consommation
En dépit de tout ce qu’on lit… l’économie de consommation va probablement boiter pendant encore de nombreuses années. Pas de boom des dépenses de consommation = pas d’inflation.

"Les ventes au détail américain augmentent alors que l’économie se renforce", annonce un titre de Reuters. N’en croyez rien. Entre les ajustements saisonniers et les subventions gouvernementales, les chiffres des ventes au détail n’ont aucun sens. La vérité, c’est qu’il n’y a que peu — voire pas du tout — de véritable amélioration organique de l’économie. Les plus grandes banques ayant obtenu de l’argent des renflouements fédéraux, par exemple, ont réduit leurs prêts durant six mois consécutifs.

Mais les autorités peuvent stimuler la spéculation
Le dollar est devenu la devise du carry trade. Les grands investisseurs empruntent en dollars… et utilisent l’argent pour spéculer — contre le dollar ! Ils achètent de l’or. Ils achètent des obligations brésiliennes. Ils achètent des futures sur l’aluminium. Ils achètent des actions.

La fête post-krach semble bien se passer. Elle pourrait se poursuivre. Mais les problèmes sous-jacents de l’économie réelle n’ont pas été corrigés. Ils réapparaîtront comme des zombies dans un mauvais film d’horreur, mettant fin à la fête. Sans le soutien des Chinois, l’or chutera probablement comme le reste. Ce qui nous ramène à la question que nous avons évitée en début de chronique.

"Papa, je viens de gagner 2 000 $ en quelques jours…"
… sur ma transaction aurifère. Mais je suis un peu nerveux… est-ce que je devrais vendre ?"

Jules vient de sortir de l’université. Il investit sa maigre épargne dans le but de se constituer un capital suffisant pour lui permettre de rester sans travailler durant un : il pourrait ainsi se concentrer sur la carrière de musicien-compositeur.

"Jules… je n’en sais rien", avons-nous répondu. "Mais tu es jeune..."
… Tu peux te permettre de spéculer. Si les choses se passent comme tu le veux, tu gagnes de l’argent. Si non, tu auras appris quelque chose… et tu auras du temps pour t’en remettre".

"Il semblerait que la fête de l’or va continuer. Si j’étais toi… je conserverais encore un peu plus longtemps".

Notre recommandation à un homme de 21 ans n’est pas la même qu’à un homme de 60 ans.

L’homme plus âgé aurait droit à un conseil plus âgé :
"Ne jouez pas toute votre richesse sur le marché de l’or", lui dirions-nous. Un homme plus âgé a besoin d’or. Mais il en a besoin comme assurance… comme réserve contre les catastrophes… comme forme d’épargne.

Il devrait acheter. Il devrait conserver. Il devrait se renforcer durant les creux. Mais il ne devrait pas spéculer sur une hausse des prix… ni risquer son capital en jouant sur le marché de l’or.

Car selon toutes probabilités, après ce mini-boom spéculatif, le prix de l’or va baisser
De combien ? Jusqu’où ? Pendant combien de temps ? Bien entendu, nous ne connaissons pas la réponse à ces questions.

Nous n’achetons pas en ce moment. Mais nous sommes déjà positionnés sur l’or. Nous nous renforcerons — lors du prochain grand recul des cours. 

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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