La longue mais profitable route vers la légalisation du cannabis aux Etats-Unis – et comment en profiter

Rédigé le 22 février 2017 par | A la une, Nouvelles technologies Imprimer

Il y a bien longtemps, lorsque j’étais étudiant en Virginie-Occidentale, mes amis et moi ne pouvions acheter que de la bière contenant 3,2% d’alcool. Pour acheter de la « vraie bière », il fallait se rendre en Pennsylvanie. Nous y allions donc en voiture une fois par mois environ, empilions autant de cartons de bières que possible dans le coffre, et rentrions en Virginie-Occidentale avec notre magot.

Les réglementations de ce type, qui autorisent la bière à 3,2% (et non à 5% par exemple), sont un souvenir des lois sur l’alcool appliquées par les différents Etats après la fin de la prohibition, en 1933.

2017, si l’on y réfléchit, a beaucoup en commun avec 1933. La prohibition vient tout juste de prendre fin. Sauf que, cette fois-ci, il s’agit de cannabis et non d’alcool.

La fin de la prohibition sur le cannabis

En 1933, les Etats ont progressivement autorisé à nouveau la vente d’alcool, mais le chemin a été semé d’embûches. Certains Etats ont, par exemple, décidé d’interdire la vente de bière à plus de 3,2% d’alcool.

Le même phénomène s’applique au cannabis. Les Etats qui ont voté en faveur d’un usage médical ou récréatif appliqueront ces décisions différemment. Certains trouveront les bonnes solutions rapidement. D’autres tenteront de ralentir le processus.

Mais la tendance est très claire : l’heure du cannabis légal a sonné, et ce n’est que le début. En voici la preuve…

Si le mouvement pour la légalisation du cannabis se poursuit, l’herbe sera un secteur plus lucratif que la Ligue de football américain d’ici à 2020. Ce qui veut dire que les ventes directes de cannabis dépasseront les 10 milliards de dollars par an.

Les élections du 8 novembre 2016 ont marqué un tournant. Aujourd’hui, l’utilisation récréative ou médicale du cannabis est légale dans 28 Etats, soit plus de la moitié des Etats- Unis. Elle reste réglementée au niveau des Etats, mais comme mes amis et moi-même l’avons prouvé pendant nos années de fac, il y a 50 ans, les différences en matière d’accès n’auront bientôt plus une très grande importance.

Ce mouvement de légalisation est d’ailleurs dans l’intérêt des Etats. Nombre d’entre eux ont hâte de pouvoir profiter des revenus supplémentaires que le cannabis pourrait générer. Légaliser l’herbe pourrait créer une manne économique qui me rappelle les premiers jours de la légalisation des jeux d’argent et des casinos dans le pays entier.

Dans notre rapport spécial Les grandes tendances « techno » 2017 que nous avons offert aux abonnés de NewTech Insider, nous avons insisté avec Ray Blanco sur la puissance de cette tendance.

Son influence culturelle et politique ne va pas cesser de croître, de même que son influence économique, comme ce fut le cas pour l’alcool à la fin de la prohibition, en 1933. La légalisation du cannabis, tout comme la fin de la prohibition, va créer des emplois, encourager la création de nouvelles entreprises, permettre le développement de nouveaux réseaux de production et de commercialisation et, au final, participer à la croissance économique américaine.

Mais, il y a d’abord des obstacles légaux, politiques et commerciaux à éviter. Et avant d’investir dans le cannabis, il faut comprendre les obstacles qui se dresseront sur notre route.

La différence clé entre faire passer une loi et la rédiger

Prenons le cas du Massachussetts, un excellent exemple qui illustre à quel point faire passer une loi est différent de la rédiger. Le Massachussetts est l’un des Etats – avec le Nevada, le Maine et la Californie – qui ont voté pour l’autorisation de l’utilisation récréative de l’herbe à une généreuse majorité, le 8 novembre dernier.

Mais, quand l’assemblée législative de l’Etat s’est réunie en décembre, elle a décidé de retarder de six mois la mise en oeuvre de cette loi.

Comme le disait The Boston Globe en décembre :

« Il aura fallu moins d’une heure et une demi-douzaine de législateurs seulement pour faire passer un texte qui revient sur certaines parties cruciales de la loi sur la légalisation du cannabis pour laquelle 1,8 million d’électeurs ont voté le mois dernier seulement. Sans consultation publique ni aucun avertissement officiel, une poignée de législateurs de Beacon Hill ont fait passer mercredi une mesure retardant de six mois la date d’ouverture des magasins de vente de cannabis récréatif au Massachussetts – passée de janvier à juillet 2018.« 

Je m’y attendais : les législateurs de chaque Etat cherchent à tordre et à manipuler les lois pour lesquelles la majorité a voté afin de les rendre plus conformes à certains intérêts personnels ou privés.

Reste qu’aucun distributeur ne pourra ouvrir dans le Massachussetts avant l’été 2018 au plus tôt. Faire pousser du cannabis ou en avoir en sa possession est légal. Mais il est impossible d’en acheter sans passer du côté obscur de la loi. Les défenseurs du cannabis s’inquiètent de ce délai. Ils craignent que l’Etat du Massachussetts en profite pour l’amender et la vider de sa substance. Peu importe que 1,8 million d’électeurs – 54% – aient voté pour elle, les législateurs contrôlent désormais la manière dont elle sera rédigée et mise en oeuvre.

L’exemple du Massachussetts illustre pourquoi il faut surveiller non seulement les résultats d’un référendum mais aussi la manière dont la loi passe et comment elle est écrite. D’un Etat à l’autre, procédure et climat politique vont peser très différemment sur l’aboutissement du processus de légalisation.

Dans la plupart des Etats qui ont voté pour une légalisation des usages récréatifs du cannabis, les opposants vont certainement imposer des règles d’application extrêmement strictes ou demander des consultations publiques obligatoires. Plus encore, ils peuvent imposer une fiscalité extrêmement lourde, ou soumettre les distributeurs à des processus bureaucratiques longs et coûteux.

C’est toute la différence entre voter une loi et la rédiger. En tant qu’investisseur, c’est une différence que vous devez garder à l’esprit. Ne l’oubliez pas la prochaine fois que vous entendez quelqu’un affirmer qu’investir dans n’importe quelle entreprise « cannabis » peut vous rendre riche.

C’est aussi faux que dangereux. Il est essentiel d’analyser les atouts de chaque entreprise, ainsi que la région où elle est active et les méthodes qu’elle emploie. C’est ce que nous verrons dès demain dans la Quotidienne.

En attendant, Ray Blanco vous recommande dans le NewTech Insider du mois une des rares entreprises pharmaceutiques, une big pharma, qui s’intéresse au potentiel du cannabis médical. Cette valeur, loin des polémiques et des limitations, peut vous faire profiter en toute tranquillité de la légalisation progressive du cannabis aux Etats-Unis mais surtout du développement de nouveaux médicaments. A retrouver dans NewTech Insider.

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Gerald Celente
Gerald Celente

Gerald Celente est un prévisionniste, auteur et consultant renommé. Il a fondé le Trends Research Institute en 1980. Depuis plus de 35 ans, ses prévisions de tendance ont permis d’anticiper de nombreuses grandes tendances – et se sont transformées en investissements profitables. Il a fait plusieurs apparitions sur CNN, Fox News et dans les émissions CBS Morning News, NBC Nighly News et Good Morning America.

Contributeur régulier de NewTech Insider, Gerald vous présente les tendances technologiques émergentes pour vous aider à investir en amont.

2 commentaires pour “La longue mais profitable route vers la légalisation du cannabis aux Etats-Unis – et comment en profiter”

  1. Les nouvelles technlogies qu’elles soient du domaine de l’informatique et de l’intelligence artificielle ou que ce soit dans le domaine medical, seront les facteurs clés de l’évolution de nos sociétés.
    Aussi toutes informations susceptibles de me permettre d’anticiper ces évolutions dans le domaine boursier m’intéressent.
    Merci de m’inscrire sur votre liste de destinataires de vos publications
    Salutations cordiales

  2. Bonjour, et merci de l’intérêt que vous portez à nos publications. Vous devriez recevoir sous peu un mail de confirmation d’inscription à notre lettre d’information.

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