Qui peut nous priver de notre rally de fin d’année sur les marchés actions ?

Rédigé le 7 décembre 2016 par | Indices & Actions Imprimer

La fin du suspense italien nous conduit à une véritable apothéose sur les marchés. Le CAC 40 est repassé, hier, au-dessus des 4 600 points et semble bien parti, aujourd’hui, pour poursuivre sa séance de lévitation.

Je vous le disais hier, cela sent le rally de fin d’année.

Pour être très honnête avec vous, si ce scénario se met en place, je ne vais pas m’en plaindre. Il a beau ne reposer sur rien, il a beau masquer difficultés et dangers, si nos investissements et nos valeurs en profitent, et tout particulièrement les biotech, pourquoi bouder notre plaisir d’investisseur (de court terme). Et si vous manquez d’inspiration pour profiter de cette flambée haussière du CAC 40, rendez-vous avec Mathieu Lebrun dans La Bourse au Quotidien Pro : il vous propose chaque jour un trade pour miser sur l’humeur des marchés parisiens.

Malgré tout, n’oublions pas que ce rally est une trêve des confiseurs. En arrière-plan, nos sujets d’inquiétudes habituels n’ont pas été dissipés. Je pense tout particulièrement aux banques européennes.

Hier, la rumeur d’une nationalisation de Monte dei Paschi di Siena (BMPS) et d’une demande d’aide au MES, le mécanisme européen de sauvetage, a donné du baume au coeur des marchés qui apprécient toujours de voir Etats et institutions de la Zone euro mettre la main à la poche.

La poche des Etats et des contribuables européens a intérêt à être profonde pour faire face au « petit » problème bancaire. C’est ce que rappelle Simone Wapler dans La Chronique :

Les banques italiennes peuvent-elles contaminer les autres ?

Le FMI considère dans son dernier rapport que sur 61 banques européennes, un tiers ont une rentabilité insuffisante (inférieur à 8%).

Les banques hollandaises, autrichiennes et françaises sont évaluées par le FMI comme les plus solides.
[NDLR : Comment évaluer simplement si votre banque est solide ? Comment se prémunir d’un risque de contamination ? Toutes les réponses sont dans ce livre. Cliquez ici.]

Selon les chiffres de la BCE, les banques italiennes détiennent à elles seules près de 29% des 990 milliards d’euros de créances douteuses de la Zone euro. Depuis janvier, l’indice des banques italiennes a ainsi perdu 47% de sa valeur.

« S’il n’y a pas de solution à la crise gouvernementale d’ici deux ou trois semaines, les marchés financiers recommenceront à être nerveux« , indique l’économiste Lorenzo Codogno dans Le Vif, « l’augmentation de capital de la Monte dei Paschi (BMPS) sera probablement retardée voire carrément annulée et toutes les autres opérations bloquées« .

Dans la Quotidienne du jour, nous nous intéressons à un autre actif à surveiller de près en 2017 : le dollar. De sa force dépend non seulement l’avenir de l’euro, des matières premières, de l’or mais aussi l’avenir des banques européennes (nous y revenons !) et… les relations diplomatiques entre la Chine et les Etats-Unis.

Autant dire que le dollar doit être au centre de nos préoccupations et stratégies d’investissement.

Cécile Chevré
Cécile Chevré
Rédactrice en Chef de La Quotidienne Pro

Cécile Chevré est titulaire d’un DEA d’histoire de l’EPHE et d’un DESS d’ingénierie documentaire de l’INTD. Elle rédige chaque jour la Quotidienne de la Croissance, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance.

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