La pollution de l’air : une question cruciale pour vos investissements

Rédigé le 23 septembre 2016 par | Nouvelles technologies Imprimer

Par Andrew Lockley

La pollution de l’air nuit gravement à votre portefeuille, et ce dans des domaines très divers. Aujourd’hui, nous allons nous pencher sur les secteurs affectés et sur les causes. La lutte contre la pollution de l’air est aujourd’hui si répandue que je pense que l’on peut la qualifier de méga-tendance. C’est le terme que j’utilise pour décrire une transition sociale et économique de long terme qui nous affectera tous.

Mais commençons par quelques informations de contexte. L’un des problèmes principaux de l’économie de marché est qu’elle récompense ceux qui imposent des coûts à la société. Ce système tend à socialiser les pertes tout en privatisant les profits — c’est une critique fréquemment faite au secteur bancaire après la crise financière.

Un autre exemple classique est la pollution. Habituellement, individus et entreprises peuvent exercer une activité polluante à un prix artificiellement bas — parce que la société supporte les coûts.

En termes de stratégie d’investissement, ces activités sont très profitables… pendant un temps. A terme, la société se rebelle contre les entreprises antisociales. Aujourd’hui, la lutte contre la pollution de l’air s’organise au niveau mondial. Vous devez être conscient de ses conséquences probables sur votre portefeuille.

Voyons un peu les données scientifiques…

La pollution moderne est plus discrète que la purée de pois du début XXe siècle, mais elle n’est pas moins dangereuse. Dans nos pays, deux types de pollution sont pointés du doigt.

Tout d’abord, de minuscules particules connues sous le nom de nanoparticules, provenant du carburant qui n’est pas brûlé, se logent dans vos poumons et votre nez et voyagent ensuite dans le corps entier. Les plus petites de ces particules appartiennent aux catégories PM10 et PM2.5. Ces chiffres correspondent à leur taille en millionièmes de mètres. Plus les particules sont petites, plus elles sont dangereuses, parce qu’une petite taille facilite le passage en profondeur dans les poumons, où elles sont susceptibles de rester coincées.

A terme, nombre de ces nanoparticules de pollution finissent leur course à divers endroits du corps — et provoquent des maladies, comme des cancers ou des crises cardiaques.

La seconde classe de polluants que vous devez connaître sont les oxydes d’azote. Ces substances toxiques contribuent largement à la création du brouillard brun persistant qui enveloppe les villes les jours clairs et sans vent. Les Britanniques les plus patriotes prendront soin de noter qu’Oxford Street détient le record du taux le plus élevé au monde… pour ce qui est de ce type de pollution, la Grande-Bretagne est numéro 1 !

Mais notre air est-il vraiment dangereux ?

Il est clair que les risques sont très significatifs. En 2014, une étude du King’s College et des Transport londoniens attribuait 9 400 décès par an à la pollution de l’air à Londres. Et il est probable que ce soit une estimation basse.

Des recherches plus récentes, (publiées dans Chemosphere) montre que les conséquences des polluants les plus communs sont synergiques : les dommages provoqués par un polluant amplifient les conséquences négatives des autres.

Les scientifiques ont déterminé que ce phénomène était à l’origine de dégâts notables sur la santé, et était nuisible aux capacités d’apprentissage et à la mémoire des souris sur lesquelles les expériences avaient été réalisées.

La pollution n’est donc pas simplement une question de vie ou de mort, mais aussi une question de santé, qui peut avoir un impact réel sur notre qualité de vie.

Nous découvrons aujourd’hui encore de nouvelles formes de pollution aérienne. Des recherches récentes, publiées dans Proceedings of the National Academy of Sciences, ont montré que les humains sont porteurs de minuscules particules magnétiques toxiques au niveau du cerveau.

Celles-ci proviennent certainement de la pollution liée à la combustion, et parviennent sans doute au cerveau via des récepteurs d’odeurs situés dans le nez. Il y a de bonnes raisons de penser que ces particules pourraient avoir une influence significative sur la progression de la maladie d’Alzheimer.

L’impact de la pollution de l’air ne concerne pas que les voitures : il a été l’un des principaux thèmes du débat sur l’expansion de l’aéroport d’Heathrow. C’est un problème significatif, lié à l’effet composé des échappements dus aux transports routier et aérien. Les liaisons aériennes vers la Grande-Bretagne ont donc été limitées, notamment les vols depuis et vers les BRIC.

Récemment, l’aéroport de la ville de Londres a connu de fortes perturbations suite à une manifestation de militants du mouvement Black Lives Matter (les vies des Noirs comptent, ou BLM).

Vous ne voyez pas le rapport entre ce mouvement et la qualité de l’air ? Détrompez-vous.

Parmi les 9 400 personnes décédées à Londres suite à des problèmes de qualité de l’air, environ 1 000 sont noires — du moins, si l’on suppose que les décès sont répartis de manière égale entre tous les membres de la population cosmopolite londonienne.

Mais ce calcul approximatif ne tient pas compte du fait que les minorités ethniques vivent souvent dans des quartiers où la qualité de l’air est nettement pire (comme on le constate dans le rapport Environmental Pollution).

C’est un problème que nous devons prendre en compte. Nous ne devrions pas plus accepter que l’on puisse être abattu en pleine rue que l’on puisse mourir de la pollution parce que l’on vit dans un quartier particulièrement pollué..

Tout cela est et inquiétant, mais quelles sont les conséquences sur votre portefeuille ? C’est ce que je vous propose de voir dès lundi prochain !

Un commentaire pour “La pollution de l’air : une question cruciale pour vos investissements”

  1. vivre c’est prendre des risques

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