La Quotidienne de la Croissance

Le pétrole pourrait être paré au décollage… et personne ne semble s’en soucier

Le pétrole couve quelque chose… et ce quelque chose me semble être un décollage.

Ma perspective est sans doute un peu déformée, mais j’ai l’impression que personne ou presque ne parle plus du pétrole.

Il fut un temps où le sujet était sur toutes les lèvres (en réalité le sujet a toujours été sur toutes les lèvres…). Que ce soit parce que l’offre allait bientôt s’épuiser (au moment du pic pétrolier) ou en raison de la chute des cours, l’Occident était en pleine panique. Notre style de vie moderne était perpétuellement menacé.

Mais aujourd’hui, plus personne ne dit rien. C’est comme si nous nous étions endormis au volant. Est-ce bien sage ?

Des somnambules sur le chemin du désastre

Il y a un thème commun à presque tous les romans dystopiques : les ressources pétrolières sont épuisées. L’énergie coûte cher, et c’est toute l’humanité qui paye. Dans ces romans, nous n’avons jamais accès à l’éolien, au solaire, ou aux batteries lithium-ion, semble-t-il.

Je suis sûr que l’un d’entre vous va immédiatement indiquer dans les commentaires une liste de romans dystopiques où les trois technologies sont présentes… N’hésitez pas, d’ailleurs, surtout si les livres sont bons !

Quoi qu’il en soit, je pense que vous voyez ce que je veux dire.

Il n’est pas étonnant que la thématique d’un épuisement du pétrole soit aussi récurrente. Les énergies alternatives ont beaucoup progressé, mais notre mode de vie moderne dépend encore massivement du pétrole.

L’or noir et l’énergie qui en découle ont permis l’avènement de beaucoup de choses merveilleuses : l’aviation, le chemin de fer, l’automobile, le chauffage, l’électricité, la pétrochimie et le plastique.

Etant donné tout ce que nous lui devons, nous devrions élever des temples au nom du pétrole.

Au lieu de cela, il est particulièrement impopulaire.

Et ce n’est pas entièrement sans raison : l’industrie pétrolière est accusée d’avoir joué de son influence néfaste dans les affaires politiques au niveau national et international. Elle est aussi dénoncée pour son avidité, sa corruption, et accusée de détruire la planète. Des broutilles, en somme.

Nous nous haïssons nous-même parce que nous sommes dépendants du pétrole, et parce qu’en l’utilisant, nous nous rendons coupables de pollution et de bien pire encore. Pourtant nous continuons de l’utiliser, parce que les possibilités qu’il nous ouvre – voyager en avion, en voiture, utiliser un ordinateur ou de l’équipement médical capable de sauver des vies – pèsent plus lourd que notre antipathie.

Nous nous sentons coupable, la rancoeur s’accumule, et nous alignons les déclarations négatives à son sujet, même si elles ne sont pas suivies d’actions.

Voici l’évolution du cours du Brent (le pétrole de la mer du Nord) au cours des cinq dernières années. Il n’y a pas si longtemps, il s’échangeait pour plus de 100 $.

Vous pourrez constater un effondrement incroyable, entamé à l’été 2014 (à 115 $), et qui a pris fin au début de l’année 2016, où le baril s’échangeait pour 30 $. Ceux d’entre vous qui me suivent depuis le plus longtemps se souviendront que j’avais peu après recommandé ma transaction du lustre.

Mais depuis mi-2016, c’est-à-dire depuis plus d’un an maintenant, le monde semble s’être endormi. Le pétrole ne fait plus la Une. Les éditorialistes n’en parlent plus. Il n’est plus une priorité en matière de politique gouvernementale. Les cours du pétrole ne sont même plus évoqués dans les lettres d’investissement.

Comme je l’ai dit, ma perspective est sans doute un peu déformée, mais nous pouvons au moins dire que le pétrole n’est pas « le » sujet du moment. Et le cours du baril est coincé entre 42 et 56 $.

Cependant, il s’est repris depuis juin dernier, et nous sommes aujourd’hui plutôt dans le haut de cette fourchette. D’un point de vue technique, la prochaine ligne de résistance, si l’on dépasse les 56 $, serait de 68 $. Au-delà de cette résistance, le prochain arrêt est à 90 $. Le pétrole à 90 $ ! Voilà qui en réveillerait certains.

Voici un graphique sur 20 ans, pour que vous puissiez suivre l’évolution du cours depuis la fin des années 1990, lorsque nous avons atteint le point le plus bas de la génération : 10 $. Je ne pense pas que nous puissions atteindre ce cours à nouveau dans l’avenir. En fait, je ne pense pas que nous puissions atteindre les 27 $ à nouveau (dit-il, plein de confiance).

Vous constatez la hausse héroïque du marché dans les années 2000, passant de 10 $ à 146 $. C’était quelque chose. Même le Bitcoin semble raisonnable en comparaison. [NDLR : Profitez de la folie Bitcoin sans toucher une cryptomonnaie ? C’est ce que vous propose Ray Blanco dans ce rapport très controversé. A découvrir ici…]

Mais il y a encore de la marge pour le cours du pétrole, qui pourrait atteindre, admettons, 120 $, et d’un point de vue technique, n’être que dans le haut de sa fourchette (attention, je ne suis pas en train de vous dire que le pétrole va atteindre les 120 $ !).

Voici pourquoi je pense que le pétrole pourrait encore augmenter

Pour repérer les belles occasions d’investissement, il faut généralement obtenir des faits solides. On veut savoir quelle est la demande de pétrole, quels sont les taux de production, s’il y a de nouvelles grandes découvertes, etc.

Si vous êtes un spécialiste de l’analyse technique, vous vous intéresserez peut-être aux courbes de tendance, aux sentiments sur le marché, aux moyennes mobiles et autres indicateurs techniques.

Dans tous les cas, vous ne voulez pas entendre un type quelconque vous parler de son intuition.

Pourtant, c’est justement ce que j’ai à vous offrir : une intuition.

Je pourrais commencer à chercher des données pour « prouver » que mon intuition est juste. Je pourrais, par exemple, vous dire que, pour la troisième année consécutive, la demande de pétrole dans le monde a augmenté davantage que les prévisions de l’Agence internationale de l’énergie.

La demande chinoise est particulièrement intéressante. Elle augmente deux fois plus vite qu’en 2016, avec une augmentation de 690 000 barils par jours (bpj) en juillet. En moyenne depuis le début de l’année, cette croissance a atteint 550 000 bpj, contre 210 000 bpj sur la même période en 2016.

Je pourrais commencer à dessiner sur tous les graphiques pour vous montrer que la tendance dit ceci, et que le sentiment dit cela.

Mais je ne veux pas. Il serait presque malhonnête de dire autre chose que la vérité, c’est-à-dire que j’ai, depuis longtemps, le sentiment persistant que le pétrole va augmenter brusquement. Cela ne commencera pas forcément demain, mais quelque chose se prépare.

De plus, je pense que peu de gens dans le monde de l’investissement, des affaires ou de la politique y sont préparés. Une augmentation brutale des prix pourrait en prendre plus d’un par surprise.

Vous pensez peut-être que je suis bien bête de me fier à une intuition. Mais il semblerait que mon instinct, cette voix dans ma tête, soit souvent un meilleur investisseur que moi (par ailleurs, je ne vous recommande certainement pas de vous fier aux intuitions des autres – mieux vaut miser sur les vôtres).

Mais qu’en pensez-vous ? Allons-nous acheter en zone basse et revendre une fois le cours plus élevé ? D’autres chutes sont-elles à prévoir ? Le pétrole va-t-il bientôt augmenter brusquement – pendant que le monde dort paisiblement dans le siège du conducteur ?

Comment profiter d’une hausse des cours du pétrole

Il existe plusieurs manières de se positionner sur le pétrole. Je n’aime pas les ETF qui répliquent les cours du brut car, au final, ils ne les suivent pas toujours aussi précisément que ce que vous pensez. Il y a toujours l’option spread betting pour ceux qui aiment ce genre de chose, mais que je ne vous la recommande pas à moins que vous ne sachiez ce que vous faites, ce qui n’est pas le cas de la plupart des gens.

Il y a les géants du secteur, comme BP, Shell, Total, Exxon, etc. qui, encore une fois, ne suivent pas les cours du pétrole aussi précisément que ce que vous souhaiteriez, même si le dividende de Shell, autour de 7%, est très séduisant.

BHP Billiton, étonnamment, étant donné que c’est une minière célèbre, suit souvent très bien les cours du brut, mais ce n’est pas un pure player. Et détenir des entreprises spécifiques dans le domaine du pétrole et du gaz est risqué – beaucoup de choses peuvent aller de travers, comme le savent les propriétaires de Petrofac.

De mon côté, j’ai donc choisi l’iShares Oil & Gas Exploration & Production, un ETF qui regroupe des exploratrices et des producteurs gaziers et pétroliers. Si le pétrole augmente, une gamme diversifiée d’entreprises opérant dans ce secteur devraient être une excellente solution.

Cet ETF et quelques autres délices du même genre sont maintenant bien rangés dans mon frigo, surplombés d’un post-it indiquant « ne pas toucher ».

Lorsque j’écris un article sur le pétrole, je suis sûr qu’il sera lu par moins de 2/3 des lecteurs habituels. Les gens ne sont tout simplement pas intéressés par ce sujet. Ce qui est, en soi, un indicateur contrarien. Les choses seront-elles différentes cette fois-ci ?

Voyons si mon intuition était juste.

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