Obligations, matières premières, marchés actions : où investir l’argent de poche de vos enfants

Rédigé le 5 avril 2017 par | Indices & Actions, Métaux précieux Imprimer

Aujourd’hui, nous allons essayer de répondre à une question qui vous réveille sans aucun doute chaque nuit depuis des années. Où investir l’argent de poche de vos enfants ?

Comment réduire vos factures d’argent de poche impayé

Mon aîné, Samuel, a 16 ans. Ma fille, Eliza, en a 14.

Quand ils étaient plus jeunes, je ne sais plus très bien quand, j’ai eu l’idée particulièrement originale de leur donner une livre par semaine d’argent de poche pour chaque année qu’ils avaient passé sur notre bonne vieille terre. A six ans, cela fait donc six livres d’argent de poche hebdomadaire.

Le système fonctionnait bien en théorie, mais nettement moins en pratique. Soit j’oubliais de leur donner leur argent de poche, soit ils ne pensaient pas (c’est inquiétant) à me le réclamer.

Après quelques mois de non-paiement, ma fille (la plus dépensière des deux) réalisait parfois que le contrat n’avait pas été honoré, et me demandait le versement rétrospectif des sommes dues. Parfois, plusieurs mois s’étaient écoulés. Dans l’un des cas, elle n’avait même rien reçu depuis plus d’une année.

Le pouvoir de l’arithmétique est indomptable, et je ne tardai pas à ressentir la douleur (et l’injustice) que l’on ressent lorsque l’on doit une somme à trois chiffres. J’assis alors mes enfants à la table des négociations, pour obtenir un compromis. Je réussis à faire en sorte, à un moment, que la livre ne coûte plus que 50 pence.

Les choses ont empiré lorsque mon fils, voyant les versements négociés par sa soeur, s’est mis à demander le même genre de dédommagement. En réalité, il voulait encore plus, étant donné ses deux ans d’avance.

J’ai finalement eu l’idée révolutionnaire d’ouvrir un compte bancaire pour chacun d’entre eux, et de leur verser leur argent de poche par virement permanent.

Sournoisement, j’ai même ouvert deux comptes : un compte courant, et un compte épargne. 50 pence par semaine et par année depuis leur naissance étaient déposés sur chaque compte.

Mon fils – dont Einstein, amateur notoire d’arithmétique, serait fier – n’a jamais touché à un seul des deux comptes. La lettre qui contient sa carte de retrait n’a jamais été ouverte, ni aucun de ses relevés. Les enveloppes ont été laissées sur une pile qui prend la poussière sur l’une de mes nombreuses étagères.

Qui a besoin de quelque chose d’aussi banal que de l’argent ? Comme Jean le Baptiste dans les étendues sauvages, il préfère s’en passer et vivre une existence simple – à moins, bien sûr, que quelqu’un d’autre ne lui en propose.

Ma fille, d’un autre côté, a « profité » de la majeure partie de son argent – en tout cas celui déposé sur son compte courant. Mon fils n’a pas dépensé un penny. Dommage que nous vivions à une époque où les taux d’intérêts sont bas, il aurait sinon une petite fortune pour le récompenser de sa frugalité. Même ainsi, il a amassé un joli pactole. Ma fille se débrouille bien aussi, grâce à son compte épargne (dont elle ignorait l’existence).

Ce week-end, nous avons donc décidé que l’heure était venue d’investir le magot.

La question est donc : où mettre cet argent ?

Où devriez-vous investir à long-terme ?

Je ne veux pas qu’ils touchent à des « gilts » [NDLR : les obligations souveraines britanniques] ou des obligations gouvernementales. En partie parce que les taux d’intérêt sont si faibles, et en partie par principe. Je n’aime pas prêter de l’argent à des gouvernements… imaginez un peu ce qu’ils pourraient en faire !

L’or est hors de question. Nous en avons déjà assez dans la famille, et il s’agit de faire grandir le capital concerné, et non de le préserver. [NDLR : Si vous n’avez pas encore d’or en portefeuille, Simone Wapler vous recommande ce qui est selon elle LA meilleure pièce d’or à posséder. Pourquoi elle et pas une autre ? Comment l’acheter ? Où ? Et comment la conserver ? Toutes les réponses sont ici…]

Les bitcoins et autres actifs numériques sont une possibilité, mais je préfère que mes enfants y investissent par choix et en connaissant bien le fonctionnement de la technologie. Un peu comme Eddy et sa fille dans Absolument Fabuleux, mes enfants sont cependant un peu plus conventionnels que je ne le suis moi-même.

Les coûts de transaction et le temps nécessaire à surveiller un portefeuille signifie qu’une trop grande diversification n’est pas non plus vraiment au menu.

Dans l’ensemble, mieux vaut se tourner vers un tracker. Je pense particulièrement au S&P 500 dont le palmarès est brillant. Voyez un peu le graphique depuis 1970 :

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Les années 2000 ont été un peu déprimantes, mais les résultats, à part ça, sont excellents : chaque année, il y a au moins un peu de progrès, ce qui est exactement ce que nous voulons ici.

Le FTSE 100 n’a de loin pas fait aussi bien depuis la dernière moitié de génération.

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Nous n’avons progressé que de quelques points depuis 1999 !

Bien sûr, je ne suis pas tout à fait juste avec le FTSE 100. Il ne contient que 100 entreprises. Le S&P, qui en contient 500, est nettement plus dynamique. Le FTSE 100 est également limité par le fait que beaucoup de ses entreprises sont des opérations multinationales reposant sur les ressources naturelles, qui sont un marché en tant que tel (si c’est ce qui vous intéresse, vous feriez aussi bien d’acheter directement des actions BHP Billiton).

Et nous n’avons pas non plus le Russell 2000 pour suivre les petites capitalisations. Au lieu de cela, nous avons Aim. Et je ne veux pas que mes enfants prennent ce genre d’habitudes. On peut obtenir des tracker sur des small caps britanniques basés sur d’autres indices, mais il est un peu difficile de rester au fait de ce qu’ils contiennent, et je préfère m’en tenir à des indices bien connus et plus faciles à surveiller pour l’instant.

Je ne veux pas qu’ils doivent comprendre les tenants et les aboutissants des fluctuations monétaires pour l’instant non plus, et le taux de la livre est si ridiculement bas, de toute façon, que les actions américaines me paraissent un peu trop chères.

La meilleure option est donc apparemment un tracker sur le FTSE 250 – c’est celui qui se rapproche le plus du S&P 500. Voici ses résultats depuis 1999 – nettement mieux que le FTSE.

FTSE

C’est la décision que j’ai/que nous avons prise. Le tracker, un petit peu de BHP, et ils peuvent aussi choisir une entreprise eux-mêmes : ma fille aimerait Apple, mon fils Google, mais pour connaître leur décision finale, il faudra vous inscrire à leur lettre d’information.

Ai-je eu raison ? Ou devrais-je les pousser à investir dans une petite minière spéculative, à votre avis ?

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Dominic Frisby
Dominic Frisby

Dominic Frisby intervient régulièrement dans MoneyWeek et dans la Quotidienne avec pour sujets de prédilection l’or, les matières premières et les cryptomonnaies. C’est un investisseur privé, qui avoue un intérêt marqué pour les minières aurifères juniors. Il est l’auteur des livres Bitcoin: the Future of Money? and Life After The State.

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