Nouveaux conflits, climat, CRISPR… Investissez sur la Terre (et ses habitants) de demain

Rédigé le 16 novembre 2016 par | Nouvelles technologies Imprimer

Salon Actionnaria

Aucun investisseur ne peut se permettre d’ignorer les mégatendances, des changements mondiaux qui affectent tous les portefeuilles. Lundi dernier, nous nous sommes intéressés aux mégatendances résultant d’avancées dans le domaine des nouvelles technologies. Aujourd’hui, nous tournons notre attention vers les sciences de la vie et les enjeux géopolitiques. Voici les avancées et les développements cruciaux qui façonneront le XXIe siècle.

L’anthropocène

Trop important pour être une seule mégatendance, il s’agit d’un ensemble de plusieurs d’entre elles.

Nous voyons déjà les prémices d’un changement climatique dramatique, accompagné d’une augmentation du niveau de la mer. Les choses ne feront qu’empirer. Au cours des dernières décennies, nous avons également perdu près de 10% des espèces sauvages du monde. Nous sommes peut-être déjà en train de traverser l’une des six grandes extinctions depuis la naissance de la vie sur Terre.

A plus court terme, nous voyons les ressources des industries de l’extraction se raréfier — qu’il s’agisse de pétrole conventionnel aux Etats-Unis ou des nappes phréatiques dans certaines régions du monde.

Nous sommes à l’évidence déjà en train de modifier la planète sans le vouloir : de plus en plus de voix s’élèvent pour prôner des interventions volontaires. La géo-ingénierie, soit la modification intentionnelle du système climatique, fait aujourd’hui déjà partie intégrante des traités climatiques internationaux.

L’ingénierie génétique

L’ère de l’ingénierie génétique n’est pas encore vraiment là. Certes, nous disposons déjà d’un catalogue de microbes utiles et quelques semences modifiées génétiquement.

Mais à l’avenir, les changements induits pour les OGM devraient être bien plus nombreux et profonds, et ne plus seulement concerné l’agriculture et l’élevage.

Le plus grand défi est l’arrivée des technologies d’édition génomique (comme CRISPR) et du séquençage ADN. Ils ouvrent la voie à une ère où les humains pourront, eux-aussi, être modifiés…

Dans un premier temps, la recherche va se concentrer sur l’éradication de certaines maladies, la réparation de notre code génétique défectueux.

Et ensuite ? Eh bien, nous pourrons sélectionner des traits naturels préférés chez les parents (pourquoi hériter de l’acné de votre père si votre mère a un teint de porcelaine ?).

Après quelque temps, nous choisirons nos caractéristiques sur catalogue… et enfin, nous pourrons nous offrir des capacités humaines qui n’ont jamais existé dans la nature. Une ouïe digne de celle d’une chauve-souris, la capacité de voir les ultra-violets ou une super-intelligence… tout cela fait partie du champ des possibles.

La lutte contre la sénescence

Nous avons, dans une large mesure, déjà gagné la croisade médicale contre la mort. Si l’espérance de vie varie toujours entre les individus et les pays, la plupart des gens, dans les pays développés, vivent aujourd’hui au-delà de l’âge de la retraite.

Pour conséquent, de plus en plus de chercheurs et d’entreprises se concentrent aujourd’hui sur la sénescence (le processus du vieillissement).

Ceci se manifestera de deux manières. Tout d’abord, il y aura la question de la lutte contre les maladies liées à l’âge. Ensuite, certains traitements pourraient ralentir ou même arrêter le processus de vieillissement en tant que tel — ce qui nous protégerait d’une grande quantité de maladies.
[NDLR : LA MORT EST MORTE ! Cette affirmation vous paraît incroyable ? C’est pourtant une réalité médicale… et une formidable opportunité d’investissement. Ray Blanco vous en dit plus ici !

Cette dernière approche pose des questions éthiques, car elle pourrait radicalement augmenter notre espérance de vie. Se poserait alors la question de la surpopulation et de conflits entre les générations.

La fin des antibiotiques

Nous sommes dépendants des antibiotiques, que cela soit pour traiter les infections mineures ou mortelles. Le problème est que nous avons manqué de discernement dans notre utilisation de cette précieuse ressource, et nous pourrions bientôt être privés de ce qui a été une des plus grandes découvertes médicales du siècle passé.

La gonorrhée sera sans doute l’une des premières épidémies que l’on ne pourra plus traiter, mais beaucoup d’autres suivront. Je pense tout particulièrement à la pneumonie. Il faudra peut-être nous habituer à nouveau à enterrer nos enfants, dans une sorte de come-back de l’ère victorienne.

La crise de la fertilité

Un lent suicide collectif, voilà comment résumer la démographie dans nombre de pays. Les taux de fertilité s’effondrent sous l’influence des profondes mutations sociales de nos sociétés. Les répercussions de cet effondrement est visible partout, du Japon à l’Allemagne.

Première conséquence de cette mutation, le secteur de l’assistance à la procréation va connaître une forte croissance. Non seulement pour permettre à des femmes de plus en plus âgées d’avoir des enfants mais aussi pour permettre à des couples du même sexe de devenir parents biologiques. Les femmes seules auront également davantage d’options, avec l’émergence de méthodes comme le clonage ou le sperme synthétique.

Le grand final des migrations

La baisse de la fertilité est un côté de la médaille démographique ; la migration est l’autre. Le recul de la population dans les pays les plus riches crée un nouvel appel d’air et encourage les migrations. Les déséquilibres économiques et les conflits géopolitiques participent aussi au phénomène.

Pour quelles conséquences sur les sociétés ? Le débat demeure largement ouvert et les scénarios contradictoires s’affrontent : insertion et intégration, mise en place de quartiers multiethniques sans rapports entre les différents groupes de population, ou apartheid territorial ?

Malheureusement, les scénarios les plus optimistes ne sont pas les plus probables. Aux Etats-Unis, par exemple, si les villes américaines deviennent de plus en plus diverses dans l’ensemble, la ségrégation tend à s’y accentuer.

Comment ne pas s’inquiéter de voir se mettre en place une ségrégation forcée et présentée comme une avancée sociale. Une université américaine a ainsi récemment réintroduit des hébergements mono-ethniques. Si les communautés vivent séparément, il y a fort à parier qu’elles se voient comme des rivales, et non comme des alliées. Tout choc économique à venir pourrait alors déclencher des réactions agressives.

Si vous pensez que ce n’est pas votre problème, vous devriez vous renseigner sur le degré de ségrégation en vigueur dans les grandes et les petites villes aussi bien en Grande-Bretagne qu’en France…

Mots clé : - - -

Andrew Lockley
Andrew Lockley

Laissez un commentaire