Nickel : poursuite de l'ascension

Rédigé le 29 novembre 2007 par | Nouvelles technologies Imprimer

Star incontestée de l’année 2006 La star de 2006 refait parler d’elle dès le début de l’année. Avec une hausse de 161%, le nickel a été la matière première la plus performante de l’année passée. Et la semaine dernière, il « remet ça » avec + 12% en 2 jours. Je vais vous conter l’histoire du nickel car elle est exemplaire et sans doute n’est-elle pas finie.

Toutes les matières premières ne sont pas logées à la même enseigne, voyez-vous. Il y a les stars, les seconds rôles et les figurants. Le nickel a un côté star moderne. Pas « glamour » comme l’or qui serait du genre Greta Garbo, Marlène Dietrich : toujours très apprêté, irréprochable, intouchable. Pas « trash » ou anti-héros comme le plomb, façon Colombo. Le nickel est plus « cool », plus sport, plutôt jean (Armani) et baskets (Prada).

Il est devenu incontournable Inoxydable et doté de bonnes propriétés mécaniques, l’usage du nickel est en croissance régulière depuis les années soixante. Batteries, piles et aciers inoxydables, toutes ces applications requièrent du nickel. N’importe quel acier inoxydable comporte 8 à 12% de nickel.

Beaucoup de pièces sont dites à tort chromées, car elles sont en réalité nickelées. Son éclat se rapproche de celui de l’argenterie bourgeoise bien astiquée et, parfois, on pourrait le confondre avec celle-ci (ne vous faites pas avoir par les brocanteurs et vérifiez les poinçons).

La belle histoire du nickel commence au printemps 2006. Avant, les cours étaient capricieux. En fait, l’implosion de l’ex-URSS avait été suivie d’une période de déstockage de ce métal durant 10 ans. Les prix étaient donc tombés en dessous du prix d’extraction en 1993 pour ensuite osciller au gré des soldes de la Russie. D’où un arrêt brutal de la prospection. Car vous conviendrez qu’il n’est pas tentant d’empoigner une pioche pour chercher un métal qui coûte plus cher à sortir de terre que ce que les acheteurs sont prêts à payer.

L’explosion actuelle : le prix de 20 ans de mépris Mais le cycle de mise en production d’une mine de nickel est encore plus long que celui des autres métaux de base et les coûts d’extraction et de raffinage sont plus élevés. Tandis que la demande de nickel augmentait de +6% par an en volume, les quelques prospecteurs lucides qui allaient solliciter banquiers ou « business angels » ne rencontraient que peu de succès. Les financiers préféraient investir dans des « dot com » plutôt que dans la mine.

L’écart entre l’offre et la demande n’a donc cessé de se rétrécir, jusqu’à devenir inexistant en ce printemps 2006 durant lequel les marchés furent pris de l’angoisse du manque. Pas besoin de posséder un doctorat en économie pour comprendre que l‘angoisse du manque provoque une explosion des cours. Les stocks sont au plus bas, tandis que les prix montent. La demande absorbe goulûment cette production. Les « superalliages » utilisés dans l’aéronautique comportent 45% de nickel et les programmes de Boeing et Airbus décollent.

Quel parcours pour 2007 ? Deux nouvelles mines devraient commencer à produire mais seulement fin 2007 et début 2008. En 2007, le cours du nickel devrait donc poursuivre son ascension. Et il serait dommage de ne pas en profiter, en évitant bien sûr les inévitables consolidations de parcours.

L’histoire du nickel contient tous les ingrédients typiques d’une grande tragédie de matière première : mépris, peu de producteurs, production dans des zones dites « à risque », marché temporairement faussé (déstockage), situation déséquilibrée pour plusieurs années, spéculation. Cela nous fera un joli petit feuilleton avec rebondissements, trahisons, fortunes et désespoirs.

Car il y aura du désespoir, mais dans longtemps, rassurez-vous. La cupidité humaine est ainsi faite que des centaines d’explorateurs vont se ruer vers le nickel. Trop d’offre arrivera sur le marché alors que simultanément les industriels auront trouvé un substitut pour un composant devenu trop cher. Les prix s’effondreront et les journaux titreront sur le « krach du nickel » Mais nous n’en sommes pas encore là.

Rebondissements dans le feuilleton du nickel La fièvre de la semaine dernière est due à des affaires louches du côté russe et à des difficultés rencontrées par le canadien Inco en Nouvelle Calédonie. Accusation de proxénétisme d’un dirigeant de minière côté russe et front écologique côté canaque…

Nous allons vivre des moments palpitants : poursuite de la hausse, importante volatilité avec flux et reflux des fonds spéculatifs, puis arrivée en masse du nickel nouveau et chute des cours.

Entre temps, il y aura de multiples façons de gagner de l’argent Le nickel n’aura peut-être pas la palme d’or 2007. Il a de sérieux concurrent avec le plomb, le caoutchouc et l’uranium pour lesquels la situation entre offre et demande est extrêmement tendue.

Mais il sera à l’affiche, et à défaut de palme d’or, il sera certainement un « nominé » de 2007 au festival des matières premières.

Alors, lors du prochain petit répit du cours du nickel, pensez à glisser un certificat dans votre portefeuille. Coup de chance, il en existe même en euros.

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Simone Wapler
Simone Wapler
Rédactrice en Chef de Crise, Or & Opportunités et de La Stratégie de Simone Wapler

Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l’ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu’elle met au service des abonnés.

Elle aborde les marchés avec l’œil du professionnel, de l’ingénieur, de l’industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d’avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles — un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l’offre et de la demande.

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