C’est le moment de parier sur la Russie

Rédigé le 10 octobre 2016 par | Pays émergents Imprimer

A la rédaction d’Alerte Guerre des Devises, nous ne recommandons pas des trades contrariens juste parce ce que nous le sommes. Cette approche serait peu analytique et tout aussi insensée que suivre le troupeau. Mais lorsque, grâce à notre système IMPACT, nous identifions une opportunité fascinante, il nous importe peu d’être en dehors du consensus.

En ce moment, nous identifions un des retournements les plus passionnants sur lesquels parier. C’est un cas classique de trade tombé en disgrâce mais qui est prêt à s’inverser.

La Russie s’apprête à connaitre un grand renouveau économique. Les obligations, les actions et la monnaie du pays, le rouble (RUB), vont toutes en bénéficier. La clé, pour réaliser d’énormes profits au cours des semaines et mois à venir, c’est de comprendre ce revirement.

J’ai eu la chance de me rendre en Russie et de rencontrer des responsables du gouvernement, des banquiers d’investissements et des investisseurs privés. La Russie connaît certaines difficultés, mais ce n’est pas le pays opprimé et arriéré que dépeignent la presse et les politiciens occidentaux.

La Russie est au quatorzième rang des économies mondiales. Son PIB dépasse les 1 000 milliards de dollars. Ses réserves financières s’élèvent à environ 400 milliards de dollars, dont 65 milliards (16%) en or physique. Le ratio dette extérieure (en dollars)/PIB de la Russie est le plus faible de tous les pays avancés. Elle n’a quasiment aucun endettement. La Russie est le troisième producteur d’or dans le monde, et le deuxième producteur de pétrole et de gaz naturel. C’est le pays qui détient le territoire (émergé) le plus vaste du monde, et qui représente, bien sûr, une puissance nucléaire majeure.

Les problèmes de la Russie sont les suivants : un déclin démographique, un système de santé médiocre, la corruption politique et la pollution. Si l’on ne peut nier ces problèmes, les ressources de la Russie, énumérées ci-dessus, lui offrent une position de force considérable en dépit des problèmes et de l’adversité. La Russie est trop vaste et trop puissante pour être ignorée. Le pays et ses dirigeants ne vont pas disparaître.

Ce qui fait de la Russie une opportunité d’investissement passionnante, en ce moment, c’est ce que nous appelons un « trade asymétrique ». Un trade asymétrique se présente lorsqu’une classe d’actifs évolue vers un extrême, en terme de trading, et qu’il y a peu de chances, voire aucune, qu’elle poursuivre dans cette direction. A ce stade, l’actif ne peut que se figer ou bien évoluer dans la direction opposée. Ce sont les meilleurs trades en général, car lorsque vous pariez sur l’inversion de tendance, vous avez peu de risque… contre une probabilité élevée de réaliser des gains énormes.

Il s’agit de la situation actuelle de la Russie. Nous identifions déjà des signes de rebond sur les actions, les obligations et la monnaie russes. Mais ce n’est que le début et nous avons tout le temps de nous positionner sur ce trade, de nous renforcer par d’autres opportunités sur la Russie, et d’en tirer parti en prenant très peu de risques.

Le graphique ci-dessous illustre la relation USD/RUB selon une échelle inversée.

Vous pouvez constater que le cours USD/RUB a été très stable de 2013 à 2014, à environ 35 roubles par dollar. A la suite des sanctions américaines, de l’invasion de la Crimée et de la baisse des cours du pétrole, le rouble a plongé à 70 roubles par dollar fin 2014. Le rouble s’est stabilisé brièvement puis a plongé de nouveau à 80 roubles, conséquence d’une nouvelle baisse des cours du pétrole, début 2016.

Le rouble s’est révélé très sensible aux cours du pétrole qui ont, toutefois, rebondi depuis leurs plus-bas de 24 dollars en début d’année pour atteindre désormais 45 dollars le baril.

Le rouble a réagi de la même manière, en se renforçant de 80 à 65 RUB par USD. Cependant, il peut encore énormément augmenter pour atteindre son niveau antérieur de 35 roubles. Même une modeste hausse lui faisant atteindre 50 roubles par rapport au dollar pourrait rapporter d’énormes gains si l’on applique la bonne stratégie.

L’asymétrie de cette opportunité se comprend par rapport aux sanctions, qui ne vont pas s’aggraver. Elles sont déjà étendues et punitives ; les Russes ont réussi à résister à leurs pires effets. Un gouvernement Trump réchaufferait sûrement les relations avec la Russie. Même au cas où Hillary Clinton remporterait l’élection, les Européens voudront à tout prix mettre fin aux sanctions et trouveront un moyen d’y parvenir.

Début 2016, la situation ne pouvait être pire, pour la Russie. Mais avec la remontée des cours du pétrole et à l’approche de la fin des sanctions, le rouble sort de l’ornière et devient une opportunité pour réaliser des gains énormes.

Ces développements positifs concernant la monnaie russe se reflètent dans les positions de réserves du pays (indiquées dans le graphique ci-dessous).

Une banque centrale à la manoeuvre

Au pire moment de la chute des cours du pétrole et des sanctions économiques, les réserves russes ont plongé d’environ 480 milliards de dollars à 340 milliards seulement. Mais grâce à une gestion astucieuse de la présidente de la banque centrale russe, Elvira Nabuillina, les positions de réserves ont joliment rebondi et s’élèvent actuellement à 400 milliards de dollars environ, soit une augmentation de 18% par rapport à leurs plus-bas de 2015.

Contrairement à Janet Yellen, Nabiullina n’a pas eu peur de relever les taux d’intérêt.

Elle l’a fait plusieurs fois afin de renforcer le rouble et pour que la Russie attire comme un aimant les investissements étrangers. Elle a également résisté à la pression des acolytes du Kremlin exigeant qu’elle mette à disposition des devises fortes afin de renflouer les sociétés russes. Nabiullina a déclaré que ces sociétés devaient se débrouiller et que son travail consistait à se préoccuper du rouble et du gouvernement russe. C’est rafraichissant de découvrir une responsable de banque centrale adepte de la rigueur et anti-bail-out. Vous n’êtes pas près d’en trouver en Europe, au Japon, aux Etats-Unis ou en Chine.

Et c’est sur les conséquences de la politique de la banque centrale russe que nous avons misé dans Alerte Guerre des Devises. Le rouble va relever la tête… et vous pouvez en profiter !

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Jim Rickards
Jim Rickards
Rédacteur en chef de Strategic Intelligence

James G. Rickards est le rédacteur en chef d’Intelligence Stratégique, la toute nouvelle lettre d’information lancée par Agora Financial aux Etats-Unis. Avocat, économiste et banquier d’investissement avec 35 ans d’expérience sur les marchés financiers de Wall Street, Jim est également l’auteur de Currency Wars et de The Death of Money, deux ouvrages devenus best-sellers du New York Times. Enfin, Jim est également chef économiste pour le fonds d’investissement West Shore Group.

Il est également rédacteur en Chef de Trades Confidentiels et Alerte Guerre des Devises.

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