Misez sur le cannabis made in Canada

Rédigé le 2 juin 2017 par | Nouvelles technologies Imprimer

Depuis les élections de novembre dernier, les valeurs cannabis ont les faveurs des investisseurs.

Le plus étonnant dans tout cela, c’est que le secteur s’envole alors que les usages récréatifs du cannabis n’ont été légalisés que dans huit Etats américains.

Alors comment pensez-vous que les marchés réagiront quand la légalisation gagnera encore plus de terrain, et que la plupart des Etats auront autorisés les usages médicaux et récréatifs du cannabis ?

Nous allons bientôt en avoir un petit aperçu.

En effet, le 1er juillet 2018, une loi pourrait entrer en application, une loi qui va encore relancer l’intérêt pour les valeurs cannabis.

Cette loi autorisera toute personne âgée de plus de 18 ans à posséder de petites quantités de cannabis. Elle autorisera aussi des entreprises à commercialiser du cannabis et des produits dérivés.

Cette législation est canadienne. Et les entreprises qui en bénéficieront seront essentiellement canadiennes.

Du cannabis venu du froid

Comme vous le savez peut-être, le cannabis a été interdit aux États-Unis en octobre 1937. Près de 80 ans plus tard, le gouvernement fédéral considère toujours qu’il s’agit d’une substance contrôlée dangereuse. Et même si de plus en plus d’États dépénalisent – voire même légalisent – les différents usages du cannabis, du côté du Congrès, aucun changement n’est prévu.

De l’autre côté de la frontière entre les États-Unis et le Canada, les choses sont toutes différentes. En 2001, les défenseurs de la légalisation du cannabis ont remporté une première victoire à l’échelle nationale lorsque Santé Canada – l’équivalent de la FDA aux États-Unis et de l’Agence européenne des médicaments en Europe – a autorisé les médecins à prescrire du cannabis (à usage thérapeutique) à leurs patients qui en avaient besoin.

Au passage, l’Allemagne vient de faire de même. En début d’année, elle a autorisé les usages thérapeutiques du cannabis en les limitant aux maladies pour lesquels aucun traitement n’existe ou n’est vraiment efficace.

Mais revenons au Canada. Cette autorisation a été une première victoire… qui s’est rapidement heurtée à une réalité. Si les usages (encadrés) du cannabis étaient autorisés, il n’en était pas de même pour la vente. Ce qui signifiait que les malades devaient cultiver leurs propres plans ou bien passer dans l’illégalité en achetant sur le marché noir.

En 2014, Santé Canada a révisé ses règles, permettant aux entreprises de demander des licences afin d’être autorisées à commercialiser du cannabis médical. La course au « cannabis blanc » (c’est ainsi que j’appelle le cannabis cultivé au Canada) était lancée !

En 2012, le Parti libéral du Canada a décidé de faire de la légalisation du cannabis un des éléments phare pour remporter les élections de 2015. Son chef, Justin Trudeau, en a fait un argument de campagne.

Début 2017, Trudeau a annoncé son intention de tenir ses promesses. Le 13 avril 2017, il a ainsi révélé son projet de loi.

Comme je vous le disais, ce projet de loi prévoit la légalisation de la possession de petites quantités (jusqu’à 1 once, soit 28 grammes environ) de cannabis par les adultes. La culture à domicile sera aussi autorisée (jusqu’à quatre plants), de même que l’achat auprès de producteurs ou revendeurs agréés.

La loi prévoit un encadrement très strict de la production (avec des critères de qualité) et de la commercialisation puisque le gouvernement Trudeau a officiellement pour objectif de « sortir le crime organisé du marché, protéger la jeunesse et la santé des Canadiens », selon les mots de la ministre de la santé, Jane Philpott.

En parallèle, la loi prévoit donc de durcir les peines contre ceux qui vendent du cannabis aux mineurs. Et d’interdire la conduite automobile deux heures après avoir consommé du cannabis.

Si la loi passe – et elle a de grandes chances de l’être –, les vannes du cannabis canadien vont s’ouvrir le 1er juillet 2018.

Un indéniable intérêt économique

Outre l’argument de la lutte contre le trafic illégal et le contrôle de la qualité du cannabis en circulation, l’autre argument qui sous-tend le projet de loi canadien est économique.

Aux Etats-Unis, la progressive légalisation a eu des effets économiques notables – ce qui incite de plus en plus d’Etats à revoir leur position face au cannabis.

Pour rappel, en 2016, les ventes de cannabis ont dépassé le milliard de dollars au Colorado, soit 186 $ par habitant. En appliquant (à la louche) ce chiffre à la population canadienne, on peut estimer leur marché du cannabis récréatif à 6,66 milliards de dollars. Et leur marché total du cannabis (avec les usages thérapeutiques) à 22,6 milliards de dollars.

Selon différentes études, les taxes sur la vente de cannabis pourraient rapporter entre trois à 10 milliards de dollars par an au gouvernement canadien et aux provinces…

Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

Une telle légalisation va évidemment profiter aux entreprises canadiennes spécialisées dans le cannabis. Du moins à certaines d’entre elles.

Une légalisation canadienne entraînera à la fois une véritable effervescence boursière sur les sociétés cotées mais aussi un bouillonnement de création de petites entreprises. Certaines d’entre elles vont prospérer, d’autres être rachetées par des grands groupes, d’autres enfin vont tout simplement disparaître.

En effet, parmi les sociétés cotées, peu nombreuses sont celles qui disposent d’une réelle activité, d’un business model confirmé, d’un marché solide et de réelles perspectives. Beaucoup ne sont rien d’autres qu’une parfaite illustration de ce qu’est une bulle. Il faudra donc être particulièrement vigilant et être plus exigeant que jamais.

Si le marché canadien du cannabis est donc une excellente occasion d’investir, il est aussi un véritable piège pour les investisseurs mal préparés.

Les producteurs – ceux qui seront capables de cultiver des plants correspondant aux normes de qualité imposées par la loi – feront partie des bénéficiaires. Une des sociétés canadiennes les plus solides sur le marché du cannabis est Canopy Growth (WEED : TSX). Principal producteur de cannabis (pour l’instant thérapeutique) autorisé, il bénéficiera de l’extension de son marché avec l’autorisation du cannabis récréatif. Attention, cependant, après un emballement avec son introduction en Bourse qui a porté l’action à près de 13 dollars canadiens, elle n’en vaut plus 7,57 $.

Enfin, et vous vous en doutez, l’expérience canadienne sera suivie de près par tous les Etats qui réfléchissent sur l’attitude à adopter face au cannabis. Alors que le tout répressif montre ses limites, l’exemple canadien pourrait accélérer le mouvement de légalisation aux Etats-Unis, mais aussi en Europe. [NDLR : Dans NewTech Insider, Ray Blanco suit de près ce qui se fait sur le marché canadien du cannabis pour vous proposer les meilleures opportunités d’investissement. Il vous recommande déjà 3 valeurs américaines pour profiter du mouvement de légalisation aux Etats-Unis. La révolution verte est en marche…]

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Ray Blanco
Ray Blanco
Rédacteur en Chef de NewTech Insider et FDA Biotech Trader

Ray Blanco était le genre d’enfant qui reste des heures dans sa chambre tous les soirs, programmant des codes dans son ordinateur Timex Sinclair 1000.

Au collège, alors que la plupart des autres gamins étaient dehors à jouer au ballon, Ray était dans sa cave, tentant de construire ce qu’on appelle une « Chambre de Wilson » — un appareil ultra-refroidissant permettant de détecter les particules de radiations ionisantes.Puis il s’est mis à explorer les domaines de la robotique… de l’avionique… de la génomique… de la biotechnologie… Devenir plus intelligent, c’est ainsi que Ray s’amusait.

Et aujourd’hui, il combine sa passion de la technologie avec ses connaissances et son savoir-faire dans les domaines de la finance et des marchés boursiers au sein de la lettre NewTech Insider, dont il est co-rédacteur.

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