Misez sur la véritable automobile de demain

Rédigé le 24 mai 2017 par | Nouvelles technologies Imprimer

Comme nous l’avons vu hier, après une traversée du désert, le marché de l’automobile – en particulier en Europe – se reprend. Un des moteurs de cette reprise est l’innovation technologique. Voitures plus sûres, plus connectées, plus « vertes », plus autonomes incitent au renouvellement du parc automobile.

Misez sur le rêve, et sur ce qui est certain

Quel que soit le secteur, le mot innovation fait immédiatement rêver. C’est une promesse de renouveau, de rupture technologique et, in fine, de chiffre d’affaires accru. L’automobile ne fait pas exception. Impossible d’échapper à la déferlante d’actualité sur la voiture autonome et les espoirs qu’elle suscite.

Investir directement dans la voiture autonome est cependant risqué à plusieurs titres. Tout d’abord, si le marché est hyper-technologique, de nombreuses sociétés en manque de diversification s’y lancent.

Voici la liste, par ordre chronologique, des entreprises qui ont reçu l’autorisation du DMV américain (en charge des immatriculations et des problématiques routières) de faire rouler des voitures autonomes en Californie :

– Volkswagen Group of America – Mercedes Benz – Google – Delphi Automotive – Tesla Motors – Bosch – Nissan – GM Cruise LLC – BMW – Honda – Ford – Zoox, Inc. – Drive.ai, Inc. – Faraday & Future Inc. – Baidu Etats-Unis LLC – Wheego Electric Cars Inc. – VALEO North America, Inc. – NextEV Etats-Unis, Inc. – Telenav, Inc. – NVIDIA Corporation – AutoX Technologies Inc – Subaru – Udacity, Inc – Navya Inc. – Renovo Motors Inc – UATC LLC (Uber) – PlusAi Inc – Nuro, Inc – CarOne LLC – Apple Inc.

Vous reconnaissez bien sûr les grands constructeurs automobiles qui se sont lancés très tôt dans la Recherche & Développement pour pouvoir proposer au plus vite des voitures autonomes à leur catalogue.

D’autres, comme Uber, comptent sur les véhicules autonomes pour augmenter leurs marges dans le cadre de leur activité de transport – rien ne dit qu’Uber ait pour projet de commercialiser ses voitures.

Enfin, l’arrivée des grands noms de l’Internet comme Google, Baidu et Apple est symptomatique d’une industrie high-tech en mal d’idées de diversification.

Vous le voyez, la liste des acteurs est déjà longue. Choisir un champion en espérant qu’il sera le premier à mettre un véhicule autonome sur le marché relève plus du pari que de l’investissement. Avec une trentaine d’acteurs identifiés, vos probabilités sont les mêmes qu’en misant à la roulette au casino… avec un potentiel de gain bien plus faible !

L’autre point de vigilance est dans le contexte juridique. Que l’on parle de l’Amérique du Nord ou de l’Europe, la législation n’est toujours pas adaptée à la vente de véhicules autonomes. Le législateur est déjà extrêmement frileux quand il s’agit d’autoriser les constructeurs à effectuer les tests nécessaires à l’élaboration technique : l’autorisation de mise en circulation à grande échelle n’est pas pour demain.

La législation s’adaptera, c’est une certitude, mais le calendrier est pour l’instant inconnu. Ce risque législatif est d’autant plus important que rien n’empêche les grands groupes de faire jouer à fond leurs lobbyistes pour verrouiller le marché avec des lois sur-mesure.

Le dernier signal faible à prendre en compte est celui du désengagement des acteurs. Selon les dernières rumeurs californiennes, Apple aurait suspendu son projet de voiture autonome (sobrement nommé Titan). La raison ? Il serait difficile de s’improviser constructeur automobile. La gestion d’une chaîne de production de véhicules serait trop risquée pour l’entreprise la plus riche de la planète.

Cet abandon est une marque de pragmatisme de la part d’Apple. Bien sûr, la firme aurait les moyens de devenir ce qu’elle veut – y compris un constructeur automobile de renom. Sa trésorerie est d’ailleurs supérieure à la capitalisation boursière de tous les constructeurs existants. Elle pourrait donc sortir le chéquier et acquérir le savoir-faire qui lui manque. Malgré tout, elle a décidé de jeter l’éponge quant à la fabrication des véhicules.

Il est intéressant de voir que, pendant ce temps, Tesla continue à avoir l’ambition de devenir un constructeur de référence. Elle n’a, aujourd’hui, ni l’expérience en interne ni les moyens de l’acquérir.

Pour ne pas tomber dans le piège de l’investissement-casino, la prudence nous interdit de choisir un unique constructeur et d’espérer qu’il devienne le leader de la voiture autonome.

Je vous propose aujourd’hui un investissement à la fois ambitieux et sûr puisqu’il vise un acteur qui se trouve dans une position privilégiée. Déjà exposé au marché de l’automobile traditionnelle, il a la chance d’avoir fait ses preuves et de profiter de la reprise récente des immatriculations. Il investit également énormément en R&D et conçoit ses propres systèmes de conduite autonome adaptables à tous les véhicules.

Quels que soient les gagnants de la course à la voiture autonome, il y a de fortes chances que ses systèmes se retrouvent dans les modèles mis sur le marché. Après tout, les constructeurs ne sont pas masochistes : pourquoi prendre le risque de financer en interne de la R&D si des systèmes équivalents existent sur une étagère ?

En 2017, le métier de constructeur automobile est une activité de conception globale de véhicules et de logistique lourde. Les ingénieurs ne travaillent que sur les parties nobles des voitures, et la production en série des sous-systèmes est le plus souvent sous-traitée.

Si les constructeurs ne conçoivent pas les phares ni les ordinateurs de bord de leurs voitures, il y a fort à parier qu’ils ne concevront pas plus les électroniques de conduite autonome de leurs futures gammes. [NDLR : Et pour cela, ils feront appel à la valeur française que vous a recommandée Etienne dans le dossier spécial de NewTech Insider consacré au renouveau de l’automobile. Une valeur qui rend les voitures plus sûres et progressivement plus autonomes… et qui est déjà présente dans presque tous les véhicules produits en Europe. A découvrir dans NewTech Insider made in France !]

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Etienne Henri
Etienne Henri
Il sélectionne les dossiers d’investissement en financement participatif du service Profits Réels.

Etienne Henri est titulaire d’un diplôme d’Ingénieur des Mines. Il débute sa carrière dans la recherche et développement pour l’industrie pétrolière, puis l’électronique grand public. Aujourd’hui dirigeant d’entreprise dans le secteur high-tech, il analyse de l’intérieur les opportunités d’investissement offertes par les entreprises innovantes et les grandes tendances du marché des nouvelles technologies.

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