Twitter versus les matières premières

Rédigé le 30 juin 2016 par | Matières premières & Energie Imprimer

Enfin ! Le secteur des matières premières est devenu moins hostile pour les investisseurs. Un nouveau marché haussier semble s’annoncer… et il prendra sans doute de l’ampleur au cours des deux prochaines années.

Au cours des cinq dernières années, le secteur des commodities a maltraité chaque dollar qui osait croiser son chemin. Mais il y a quelques mois, la maltraitance a cessé… et le secteur est devenu une destination très accueillante et amicale pour les investisseurs.

Le CRB Index of Commodity Prices a grimpé de 25% par rapport à ses récents plus bas tandis que de nombreuses valeurs liées aux matières premières ont doublé voire triplé au cours des derniers mois. Mais même après ce grand rally, la plupart des investissements liés aux commodities restent bien en dessous de leurs plus hauts de 2011. En fait, le rally de cette année a seulement permis au secteur de passer de niveaux extrêmement bas à des niveaux très bas. Les actions liées aux matières premières offrent encore un fort potentiel de hausse.

Twitter vs. les matières premières

Pour mettre les choses en perspective, il faut revenir à un article que j’avais écrit le 6 novembre 2014, intitulé « Que vaut Twitter ? » A l’époque, le secteur des matières premières était dans le même état de ruine que Londres après la Seconde Guerre mondiale.

Je proposais alors le trade suivant : vendre les titres très valorisés de Twitter pour acheter les titres moins valorisés de huit entreprises qui exploitent des ressources naturelles.

Voici ce que j’écrivais :

Au cours actuel [le 6 novembre 2014] de 40,37 $, la capitalisation boursière de Twitter (NYSE:TWTR) vaut environ 25 milliards de dollars…

Mais mérite-t-il son statut de petit prodige et sa considérable capitalisation boursière ?

Peut-être. Mais pour s’amuser, comparons le très valorisé Twitter avec quelques « anges déchus » du secteur des matières premières. Voyons ce que nous pourrions acheter avec une valeur Twitter.

Au cours d’hier, Twitter vaut 24,8 milliards de dollars.

Maintenant, cherchons où investir dans le secteur des commodities, là où les valeurs très mal en point ne manquent pas. Même les « blue chips » du secteur sont au plus bas.

Fort de 24,8 milliards de dollars, l’investisseur Twitter-phobique pourrait acheter la totalité des entreprises suivantes :

Teck Corp. (NYSE: TCK. Capitalisation boursière : neuf milliards de dollars) – l’entreprise de ressources naturelles la plus diversifiée du Canada Cameco Corp. (NYSE: CCJ. Capitalisation boursière : 6,7 milliards de dollars) – L’un des plus grands producteurs d’uranium au monde, il représente 15% de la production mondiale. Royal Gold Inc. (Nasdaq: RGLD. Capitalisation boursière : 3,8 milliards de dollars) – L’une des plus grandes entreprises de royalties sur les métaux précieux au monde Pan American Silver Corp. (Nasdaq: PAAS. Capitalisation boursière : 1,3 milliard de dollars) – L’une des plus grandes et des plus rentables compagnies minières d’argent au monde Ormat Technologies (NYSE: ORA. Capitalisation boursière : 1,3 milliard de dollars) – L’un des plus grands producteurs indépendants au monde d’électricité géothermique Lindsay Corp. (NYSE: LNN. Capitalisation boursière : un milliard de dollars) – Leader mondial dans la fourniture d’équipements pour la gestion agricole de l’eau et de produits pour les infrastructures routières Aegion Corp. (Nasdaq: AEGN. Capitalisation boursière : 0,7 milliard de dollars) – Leader mondial dans la réhabilitation de systèmes de canalisations, ainsi que de ponts, de tunnels et autres infrastructures Sprott Inc. (OTC: SPOXF. Capitalisation boursière : 0,5 milliard de dollars) – Gérants d’actifs alternatifs spécialisé dans le secteur des ressources naturelles.

Valeur boursière totale cumulée : 24,3 milliards de dollars.

Il y a seulement quatre ans [en 2010], ces huit valeurs représentaient une capitalisation boursière totale de 64 milliards de dollars ! Appelons-les donc notre portefeuille « Etourdissant et Confus ».

Pour chacune de ses valeurs, le carnage a été terrible. Le graphique ci-dessous montre à quel point chacune d’entre elles a dégringolé par rapport à son plus haut record [jusqu’au 6 novembre 2014]…

Le marché anti-hausse

Malgré cet effondrement boursier, les valeurs de notre portefeuille « Etourdissant et Confus » ont réussi à faire beaucoup mieux que Twitter en matière de bénéfices.

Sur les 12 derniers mois, le résultat opérationnel de Twitter s’affiche à –un milliard de dollars. Oui, vous avez bien lu : cette superstar des réseaux sociaux a engendré une perte de résultat opérationnel de 950 millions de dollars au cours des 12 derniers mois.

Sur la même période, les entreprises de notre portefeuille « Etourdissant et Confus » affichent un résultat opérationnel de 495 millions de dollars. Cela peut ne pas sembler beaucoup mais, au moins, c’est un chiffre positif.

Résultat : Twitter est une valeur chouchou du marché qui perd de l’argent. Alors que le secteur des ressources naturelles est rempli de parias qui gagnent de l’argent…

Que s’est-il passé depuis 2014 ?

Durant les quelques mois qui ont suivi la publication de cet article, Twitter a continué son irrésistible ascension tandis que les valeurs d’entreprises qui exploitent des ressources naturelles continuaient leur dégringolade. En d’autres termes, le trade que je proposais était ce qu’on peut poliment qualifier de « précoce ». Et de manière moins polie « complètement erroné ».

Mais aujourd’hui, les marchés financiers ont rendu le verdict opposé. La capitalisation boursière cumulée de ces huit valeurs atteint le double de celle de Twitter.

Fait intéressant, ce résultat est entièrement dû à une mauvaise performance de Twitter plutôt qu’à une bonne performance du secteur des commodities.

Twitter vacille

Autrement dit, même après le grand rally de cette année, la capitalisation boursière cumulée de ces huit valeurs est légèrement inférieure à celle de fin 2014. Pour retrouver leur plus-haut, la valeur de ces entreprises devra tripler.

De la marge pour un rally

Fin 2014, la perspective d’un revirement dans le secteur des ressources tenait plus de l’espoir que de la réalité. Mais ce revirement tant espéré est enfin arrivé.

La vente par capitulation qui a fait effondrer les valeurs de matières premières tout au long de 2015 semble s’être essoufflée depuis le début le début de l’année. Le secteur semble enfin haussier.

Certes, certaines entreprises liées aux commodities s’en sortiront mieux que d’autres. Par exemple, les métaux précieux vont probablement continuer à monter. D’un autre côté, les matières premières économiquement sensibles comme le cuivre resteront sans doute à la traîne.

Mais globalement, un nouveau marché haussier des valeurs de matières premières et de ressources naturelles est en préparation

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Eric J. Fry
Eric J. Fry
Rédacteur en Chef d'Apogee Research

Eric J. Fry  s’occupe d’Apogee Reserch, une publication en ligne réservée aux investisseurs professionnels et aux fonds de couvertures. Eric est un spécialiste de l’analyse des actions internationales depuis plus d’une vingtaine d’années. Il est l’auteur du premier guide sur les certificats de dépôt américains.

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