Les marchés actions se font peur avec l’inflation

Rédigé le 5 février 2018 par | Indices & Actions Imprimer

La semaine boursière commence sur la même note – inquiète voire amère – que s’est terminée la précédente.

Vendredi dernier, le Dow Jones a décroché de 2,54%, du jamais vu depuis l’annonce de la victoire du camp du Brexit. Le Nasdaq perdait quant à lui 1,96% et le S&P 500 2,13%.

La cause de cette dégringolade : la hausse de salaires aux Etats-Unis. Ils ont progressé de 2,9% en janvier, contre 2,5% en décembre. En parallèle, le taux de chômage reste plutôt stable, un peu au-dessus des 4%.

Sur le papier, c’est donc plutôt une bonne nouvelle pour l’économie américaine… mais pas pour les marchés. Ceux-ci ont leur logique propre.

Jusqu’à présent, et malgré la politique ultra-accommodante de la Fed, la reprise économique aux Etats-Unis et l’importante baisse du chômage, les salaires n’avaient que peu progressé. Plusieurs raisons étaient avancées dont la multiplication du travail à temps partiel.

Or la théorie économique veut que la croissance s’accompagne d’une inflation mesurée et d’une hausse des salaires. L’absence de ce dernier point a permis à la Fed de poursuivre une politique accommodante et de relever ses taux à rythme mesuré, très mesuré. Pour les marchés, c’était l’assurance de pouvoir s’alimenter avec de l’argent bon marché, et donc une excellente raison de poursuivre leur marche haussière.

Mais si la hausse des salaires se confirme, l’inflation devient de plus en plus probable : la hausse des salaires va entraîner une hausse de la consommation, et donc des prix en général – du moins sur le papier.

Les marchés craignent donc que la Fed déclenche une logique infernale – du moins pour eux. Jerome Powell, flairant l’inflation, pourrait relever ses taux avec plus de vigueur que Yellen. Et ainsi couper définitivement le robinet de liquidités qui alimentait les marchés actions.

Pire, la hausse des taux de la Fed pourrait se répercuter sur les rendements des bons du Trésor et autres dettes étatiques… et déstabiliser un peu plus de le marché obligataire.

Il y avait donc de quoi montrer sa mauvaise humeur vendredi dernier, et les marchés se sont parfaitement acquittés de cette tâche.

Le message en direction de la Fed est clair : ne déconnez pas… sinon, on vous déclenche un krach à la 2008.

Wall Street fixant le tempo des marchés mondiaux, cette nuit les Bourses asiatiques ont fermé en forte baisse et les Bourses européennes ont ouvert dans le même état d’esprit. Le CAC 40 s’approche dangereusement des 5 300 points.

Vendredi matin, dans La Bourse au Quotidien, Gilles Leclerc vous mettait en garde contre la rupture des 5 430 points. Et le CAC a clôturé à 5 364 points. Autant dire que le support des 5 430 a volé en éclats, et que ce n’est pas le meilleur des signaux.

Gilles vous guide dans cette période de turbulences dans La Bourse au Quotidien… et Simone Wapler vous propose six mesures d’urgence à prendre pour vous protéger du décrochage des marchés actions et obligataires.

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Cécile Chevré
Cécile Chevré
Rédactrice en Chef de La Quotidienne Pro

Cécile Chevré est journaliste depuis une dizaine d’années. Elle s’intéresse à tous les secteurs de l’économie qui sont en mouvement, des nouvelles technologies aux matières premières en passant par les biotech. Elle rédige chaque jour la Quotidienne de la Croissance, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance, ainsi que les Marchés en 5 Minutes.

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