Sur les marchés actions, les lendemains difficiles d’une hausse double

Rédigé le 7 mars 2017 par | Indices & Actions Imprimer

Cher lecteur,

C’est irritant, c’est perturbant et je préférerai mille fois enterrer le sujet mais il faut bien revenir sur cette histoire de bulle.

Intuitivement, tous les investisseurs savent bien qu’une période de hausse sans interruption est suivie d’une phase de chute des marchés. Cette phase peut être une correction (le temps que les investisseurs prennent leurs bénéfices) ou un krach d’ampleur variable.

L’ampleur de cette baisse est d’ailleurs généralement liée à celle de la hausse qui l’a précédée.

Or, nous sommes dans une phase particulièrement haussière (qui a commencé avec l’élection de Donald Trump en novembre dernier) d’un grand mouvement haussier (qui lui, a débuté en 2009). Comme il existe de la crème double (ou du gras double), nous sommes en présence d’une hausse double.

Voilà qui nous pèse un peu sur l’estomac.

Bien sûr, nous avons envie que cela continue, que les indices enchaînent des records, que nos investissements soient tous dans le vert. Mais difficile d’ignorer qu’au bout du chemin haussier, il y a un trou.

De quelle ampleur pourrait être ce trou ? Un petit fossé ? Un simple nid de poule ? Un canyon ? Pas facile à dire mais Jim Rickards va tout de même nous donner quelques pistes de réflexions dans la Quotidienne du jour.

Autre question peut-être encore plus ardue : quand verrons-nous le bout de ce chemin haussier ? Je ne vais pas me risquer à faire d’hasardeuses prédictions mais disons que nos rédacteurs sont tous sur le qui-vive.

Commençons avec Mathieu Lebrun, qui exprimait ses inquiétudes vendredi dernier dans Agora Trading :

Sur les indices américains, nous avons atteint de grosses zones cibles (cf. les 2 400 points du S&P 500) de manière unidirectionnelle (sans même évoquer la série haussière journalière jamais connue du Dow, Wall Street vient plus largement d’aligner une sixième semaine de hausse d’affilée). Trop rapidement à mon goût.

Bref, couplé à un segment obligataire qui retombe en zone basse, je pense qu’un retour de bâton guette.

Gilles Leclerc était tout aussi prudent hier au sujet des indices américains et c’est ce qu’il vous disait hier dans La Bourse au quotidien :

Les records historiques sont battus presque quotidiennement. A ce rythme, une baisse journalière en baisse de 0,2% s’apparentera bientôt à un krach…

Plus sérieusement, cette percée haussière des indices est tout à fait sans précédent. Le Dow Jones a pris 3 000 points en ligne droite (plus de 17%), sans aucune consolidation intermédiaire depuis l’élection de Trump.

D’un point de vue graphique, à 21 000 points, le mouvement est devenu extrêmement tendu. Même les plus « bullomaniacs » des commentateurs et analystes commencent à se poser de sérieuses questions. Je ne sais pas trop qui (à part des algos ou les traders intraday) peut continuer à se porter acheteur sur les niveaux actuels. D’un autre côté, comme les baissiers se font invalider à chaque tentative, ils restent cantonnés dans leur bunker à attendre la fin du bombardement. C’est sans doute le plus sage à faire.

Il n’en reste pas moins que les signes d’excès se multiplient. Sans rentrer dans des considérations trop techniques, leur signature est désormais facilement identifiable par les graphes.

La suite est à lire ici

Gilles en tire deux conclusions :

1. si le Dow Jones peut continuer jusqu’aux 22 000 points mais présente de très clairs indices d’excès haussier ;
2. attention au CAC 40 !

Vendredi dernier j’ai commencé à couvrir mon portefeuille CAC 40 comme je vous l’expliquais. Car si les indices US ultra-forts se retournent, alors le CAC 40, qui lambine, risque de dérouiller.

Avec les échéances (électorales entre autres), je cherche avant tout à protéger et à sécuriser mes gains. Restez prudent et ne succombez pas à la folie haussière !

Voilà pour le CAC 40. Et pour les autres indices européens ? Mathieu, dans La Bourse au quotidien, rappelait que le cas Deutsche Bank pesait lourdement sur le DAX :

Deutsche Bank chutait de plus de 5% sur les 18€, après l’annonce d’une nouvelle augmentation de capital de 8 milliards d’euros. La première banque allemande compte également introduire en Bourse sa filiale de gestion d’actifs et modifier sa structure capitalistique afin de renforcer ses fonds propres.

Mais en ce début de semaine, ce nouvel appel au marché ne plaît évidemment pas, ce qui pèse en particulier sur le DAX. Personnellement, et comme je vous le disais déjà durant la hausse de mercredi dernier, je continue à penser que le support ascendant en place sur le DAX va finir par céder.

Mathieu a toujours en portefeuille son trade sur une chute du DAX. Il est encore temps d’en profiter, dans La Bourse au Quotidien-PRO.

Comme je vous le disais hier dans Les Marchés en 5 Minutes, ces inquiétudes ne reposent pas sur rien mais peut-être péchons-nous par excès de prudence :

Peut-être nous inquiétons-nous pour rien. Peut-être les marchés ont-ils le ressort pour poursuivre cette hausse débutée début novembre. Peut-être peuvent-ils reprendre leur ascension presque sans reprendre leur souffle.

Oui, peut-être, mais quand tous nos rédacteurs de Gilles à Mathieu en passant par Eric Lewin ou Philippe Béchade craignent au mieux une pause au pire une correction, il serait inconséquent de ma part de ne pas vous en parler.

Je passe maintenant la plume à Jim qui vous explique que selon lui, un krach nous attend. Mais un petit. Rassuré ?

Bonne lecture, bons investissements et à demain.

Cécile Chevré

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Cécile Chevré
Cécile Chevré
Rédactrice en Chef de La Quotidienne Pro

Cécile Chevré est titulaire d’un DEA d’histoire de l’EPHE et d’un DESS d’ingénierie documentaire de l’INTD. Elle rédige chaque jour la Quotidienne de la Croissance, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance.

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