Un marché en surchauffe : l’immobilier

Rédigé le 4 avril 2017 par | Macro éco et perspectives Imprimer

Les marchés sont toujours sans véritable tendance. Hier, Wall Street a clôturé la séance en petite baisse et, ce matin, le CAC 40 hésite autour de l’équilibre.

Un secteur est quant à lui en franche hausse : celui de l’immobilier. Les prix explosent, les acheteurs sont sur les dents et la presse n’hésite pas à parler de surchauffe. D’autant plus étonnant que les périodes pré-électorales sont généralement peu favorables à l’immobilier (acheteurs et vendeurs se demandant à quelle nouvelle sauce fiscale ils seront mangés par le prochain gouvernement).

« Récemment, Le Monde faisait état d’un emballement des prix de l’immobilier. Les ventes ont bondi de 15% en France (17% à Paris) et les prix sont en progression d’environ 5%« , notait Simone Wapler dans La Chronique.

« Selon le quotidien, ce serait dû au fait que ceux qui achètent pour la première fois sont plus nombreux puisque le crédit n’est pas cher (merci M. Mario Draghi de la BCE) et que de nombreux investisseurs « sécurisent leur épargne en achetant de l’immobilier ».

Oui, les taux bas permettent l’inflation des riches : actions, obligations, immobilier sont en hausse« .

Outre la baisse des taux, une seconde explication est à aller chercher du côté de la politique immobilière de l’Etat français, et c’est ce que remarque Olivier Myard dans La Chronique :

Sur l’ensemble d’une vie, les Allemands dépensent en moyenne 15% de leur budget pour se loger, que ce soit en location ou à l’achat, tandis que les Français y consacrent 25%. C’est en moyenne 10% des revenus des ménages qui échappent ainsi aux dépenses de consommation et aux investissements dans l’appareil productif.

Certaines raisons de ce surcoût sont connues de longue date mais d’autres sont peu analysées.

La première cause de la valorisation excessive de la pierre en France tient tout d’abord à une offre insuffisante face aux besoins de logement. Avec les lois du marché, ce déséquilibre passager aurait dû se corriger de lui-même par l’arrivée de nouveaux biens, les constructeurs comme les investisseurs voulant profiter de l’aubaine.

Pourtant, les politiques publiques n’ont jamais vraiment réussi à atteindre cet objectif de construction suffisante, même si l’excuse de la rareté du foncier dans les zones tendues est recevable.

Taux bas + échec de la politique de logement de la France, voilà ce qui expliquerait la frénésie immobilière actuelle.

Frénésie qui ne concerne pas seulement le marché de l’immobilier mais aussi la pierre d’investissement, c’est-à-dire les SCI et OCPI. Là encore, c’est Simone qui remarquait l’anguille sous la roche, toujours dans La Chronique :

L’Autorité des marchés financiers et l’Autorité de contrôle prudentiel s’alarment du succès des placements collectifs en immobilier et appellent les distributeurs de ces produits à respecter certaines règles concernant la commercialisation. Comprenez : dire clairement à l’épargnant par l’odeur du rendement alléché que perte il peut y avoir même dans l’immobilier.

Un cas classique de l’Etat interventionniste qui non seulement a créé un problème (en l’occurrence le manque de rendement) mais prétend protéger les gens contre eux-mêmes (le manque de discernement quant à leur épargne).

La croissance de la collecte des SCPI et des OPCI a été très importante en 2016. Jugez-en vous-même : +30% pour les premières et +66,4% pour les secondes par rapport à 2015.

En cela, ceux qui épargnent ont fait montre d’une certaine clairvoyance. Pourquoi souscrire à de la dette française au travers d’un contrat d’assurance-vie d’un faible rendement et pourquoi s’aventurer sur des marchés financiers soufflés en concurrence avec M. Mario Draghi de la BCE et ses 80 Mds€ par mois de « placements » ?

« Selon l’Aspim, les SCPI ont servi un rendement de 4,63% en 2016. En revanche, leur liquidité est moindre que celle d’autres grands produits d’épargne », indique L’Agefi. Certes, la liquidité de la pierre a des limites…

Un conseil ? Si vous souhaitez acheter, attendez le second semestre. Selon Le Monde, le calme pourrait revenir…

Deuxième conseil, si vous souhaitez vendre, transmettre, acheter, sortir d’une indivision ou établir une déclaration ISF, il est indispensable d’évaluer au plus juste votre bien. Reste à savoir comment faire… et comment appliquer les bonnes cotes ou décotes. C’est ce que vous propose de découvrir Fabrice Coletto dans un Rapport Spécial consacré au sujet. A lire avant de déclarer vos impôts

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Cécile Chevré
Cécile Chevré
Rédactrice en Chef de La Quotidienne Pro

Cécile Chevré est journaliste depuis une dizaine d’années. Elle s’intéresse à tous les secteurs de l’économie qui sont en mouvement, des nouvelles technologies aux matières premières en passant par les biotech. Elle rédige chaque jour la Quotidienne de la Croissance, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance, ainsi que les Marchés en 5 Minutes.

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