Maïs, cuivre, zinc

Rédigé le 29 novembre 2007 par | Nouvelles technologies Imprimer

Le boom du maïs tire les marchés du soft à la hausse Vous vous souvenez du fameux discours sur l’Etat de l’Union de Bush le mois dernier ? Stratégie affichée : réduire la dépendance énergétique du pays en diminuant la consommation d’essence classique de 20% grâce au recours rapide et massif à l’éthanol (produit à base de maïs).

Dans les jours qui suivirent, un vent de folie a soufflé sur la bourse de Chicago.  Et pour cause… Si j’en crois le journal économique La Tribune, cela signifie « Quintupler les carburants alternatifs d’ici à 2017 ». Et donc « distiller en éthanol des quantités d’épis supérieures… à la totalité de la récolte actuelle aux États-Unis ». Des besoins hallucinants !

Du coup, tout le secteur était en ébullition et a profité de cet « effet maïs ». A commencer par le soja à partir duquel on peut aussi fabriquer de l’essence végétale (je reviendrai plus en détail sur ce marché pour vous bientôt). Mais aussi les céréales.

Le maïs devient tellement cher que les éleveurs commencent à remplacer le maïs par le blé dans l’alimentation du bétail. Attention à la perte en qualité de la viande ! L’avoine et le sorgho ont aussi été impactés.

L’alimentation animale devenant plus chère, que va-t-il se passer ? Le prix de la viande pourrait bien être tiré à la hausse aussi.

Un mois après, quelle est la situation ? Le vent s’est calmé. Certes, nos matières agricoles se portent bien, mais elles sont revenues sur leur soudaine envolée de fin janvier. Je serai toutefois plus nuancée pour le maïs, qui reste très proche de son plus haut (415 cents le boisseau contre 399,75 aujourd’hui) et à qui je prédis un bel avenir dans les mois qui viennent.

Le marché s’est assagi pour les autres céréales et oléagineux. Faut-il craindre maintenant un vrai contrecoup, à l’image de ce qui s’est passé pour le sucre brésilien les derniers mois ?

Le scénario était assez similaire : décision politique de développer fortement l’éthanol à base de sucre (20% des voitures circulent à l’éthanol au Brésil). Du coup, les agriculteurs ont massivement planté de la canne à sucre et des betteraves. Et là…  patatras ! L’édifice s’écroule.  Le cours du sucre s’est effondré en perdant presque la moitié de sa valeur en 1 an.

Concernant le maïs, il est certain que l’offre va augmenter. L’aubaine est trop belle pour les producteurs, ce qui rééquilibrera le marché pour l’instant très déséquilibré. Mais je reste positive sur le maïs à moyen terme. Et je n’imagine pas qu’il puisse subir une forte chute des prix pour le long terme.

Encore un fond spéculatif pris au piège à son propre jeu Je veux faire un point rapide sur le cuivre qui a perdu 10% en 10 jours et 7% dans la seule journée de mercredi dernier. Il cote actuellement 5 225 $ la tonne.

Vous vous souvenez d’Amaranth, ce fameux fond d’investissement qui a perdu plus de 6 milliards de dollars à la vitesse de l’éclair l’été dernier en jouant les hydrocarbures à la légère. C’est au tour de Red Kite Metals, un fond spéculatif spécialisé sur les matières premières, de nous faire froid dans le dos.

Ce hedge fund a pris de plein fouet la chute du zinc et du cuivre (le premier a perdu 34% en un peu plus de deux mois, le second quelque 25% sur la même période). Du coup, il s’est mis à vendre massivement ses positions la semaine dernière, ébranlant les marchés sur son passage. Le fonds aurait tout de même presque perdu le tiers des capitaux qui lui auraient été confiés. Vous imaginez un peu la catastrophe ?

Quelle leçon en tirer ? Cher lecteur, ce sont ces spéculateurs qui rendent nos marchés des matières premières fortement volatils. C’est la raison pour laquelle il faut toujours jouer une tendance de fond à long terme sur ces marchés, et éviter les allers-retours à court terme. C’est en tout cas ma façon de voir les choses et d’investir.

Quelle tendance pour le cuivre et le zinc ? Le marché a depuis repris ses esprits et le vent de panique s’est dissipé. Mais les cours sont toujours orientés à la baisse pour l’instant. Pourtant, les niveaux des stocks restent très bas. Certes. Mais cela ne suffit pas.

En effet, le cuivre pâtit toujours d’une reconstitution progressive des stocks et le zinc souffre des ventes de la Chine.

A votre avis, reste-t-il encore des spéculateurs sur ces marchés pour jouer ces métaux à la baisse ? Difficile à dire… A mon avis, il ne doit plus en rester beaucoup. Quand nous en serons arrivés à ce point, nous le saurons rapidement. Car ces mêmes spéculateurs inverseront alors leurs positions pour jouer cette fois à la hausse, et nous devrions assister à un… rebond.

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Isabelle Mouilleseaux
Isabelle Mouilleseaux

Isabelle Mouilleseaux travaille aux Publications Agora. Passionnée depuis toujours par les marchés financiers, elle investit notamment dans les mines et sur le marché options US et connaît bien le marché des matières premières, ayant longtemps rédigé l’Edito Matières Premières.

Vous trouverez ses articles dans les e-letters Libre d’Agir, Agora Formation et Provoquez votre réussite.

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