L'uranium : +620% en 3,5 ans. Un marché explosif à ne manquer sous aucun prétexte

Rédigé le 16 novembre 2007 par | Nouvelles technologies Imprimer

Je n’entrerai pas dans la polémique du « pour ou contre » le nucléaire. A titre personnel, et probablement est-ce lié à mes origines allemandes, je suis profondément pour la défense de l’environnement, l’écologie, et la promotion du développement durable. Et pourtant, je suis pour le développement de l’énergie nucléaire. Schizophrénie ? Non, réalisme.
Mais chacun sur ce sujet est libre de penser ce qu’il veut. Là n’est pas aujourd’hui la question.

Regardez ! Ce marché est explosif
Avez-vous récemment suivi la tendance du marché de l’uranium ?
Mi-2003, le cours de l’uranium affichait un modeste 10 $ la livre.
En 2005, le prix moyen de l’uranium affichait déjà 28 $. Soit une hausse de 180% en moins de deux ans.
En 2006, il affichait 48 $ la livre en moyenne. Soit une nouvelle hausse annuelle de 71% de hausse.

620% de hausse en 3 en et demi !
Je continue. L’uranium cote aujourd’hui 72 $. Soit une nouvelle progression de 60% en 2006. 150% sur deux ans. 620% depuis 2003 !
Nous sommes donc bien face à une tendance de fond. Une gigantesque lame de fond qui bouleverse tout sur son passage. Ce ne sont pas de petits soubresauts de marchés, ni de simples aléas conjoncturels, auxquels nous sommes tous habitués.
En 2006, seuls le zinc et le nickel ont fait mieux que l’uranium, avec une hausse respective de 123% et 160%.

Voyez le graphique :

Une tendance de fond qui va se poursuivre, inéluctablement
Mieux maintenant : cette tendance a toutes les chances de se poursuivre en 2007. Le marché est déficitaire et le restera. Et je ne serais pas étonnée de voir le prix de l’uranium flirter avec les 100 $ d’ici un à deux ans. C’est plus que probable étant donnée la situation.

Qu’est ce qui soutient cette tendance ? me demanderez-vous.

L’offre d’uranium tout d’abord. Elle est insuffisante aujourd’hui, suite à un gros retard d’investissement dans les mines. Pendant des années, il n’était pas rentable d’investir dans ce secteur, le prix de la matière étant trop bas pour couvrir les coûts de production. Et de ce côté-là, il va falloir encore patienter quelques temps avant de voir arriver de nouvelles mines en activité… j’y reviens dans un instant.

De l’autre, une demande en très forte croissance.
Soyons réalistes. Nous n’en n’avons plus pour très longtemps avec notre pétrole. Tout le monde est d’accord là-dessus. Quant aux énergies alternatives, nous n’en sommes qu’aux balbutiements. A l’heure où je vous parle, l’avancée des technologies est telle que rien pour l’instant ne peut remplacer efficacement le pétrole hormis le nucléaire. Bien sûr, avec les années de recherche active, des solutions nouvelles apparaîtront certainement, je l’espère. Mais pour l’instant, force est de constater que le nucléaire est la seule vraie solution alternative viable, efficace, rentable et suffisamment puissante pour se substituer au pétrole.

Avantage supplémentaire qui milite en faveur de l’uranium : cette énergie n’émet que très peu de CO², cette terrible émanation de l’activité humaine qui à terme pourrait bien détruire une partie de l’humanité si nous n’arrivons pas à l’enrayer. Je pèse mes mots…
Comme le dit Jancovici que j’apprécie beaucoup et dont je vous conseille le dernier livre, la terrible tragédie de Tchernobyl a fait 10 000 morts. Affreux ! Mais une hausse de la température mondiale d’à peine quelques degrés ferait selon les scientifiques plus de 100 millions de morts !

Un marché en déficit chronique
Partout dans le monde, en Chine, aux Etats-Unis… même chez nous, on construit des centrales nucléaires. 220 projets en cours de réalisation à travers le monde à l’heure ou je vous parle !

La croissance de la demande est inéluctable. Irréversible. C’est une réalité, un fait, pas une hypothèse de travail. Imaginez la situation : la demande dépasse d’ores et déjà l’offre d’uranium de 40%. Pire, les mines en activité voient leur production décroître. Et les nouveaux projets miniers en cours sont loin de commencer leur production.
Que peut-il donc se passer d’après vous ? Effet de ciseau assuré !

Alors bien sûr on se met à creuser en Afrique, au Kazakhstan, en Australie (plus gros producteur), on pioche au Canada. Avec des cours qui s’envolent, l’affaire devient rentable. Et comme l’argent coule à flot sur notre bonne vieille planète, les liquidités injectées dans les projets d’exploration/extraction ne manquent pas.
Mais les déboires sont nombreux.

Ces dernières années, on arrivait tant bien que mal à combler le trop grand déficit d’offre par rapport à la demande en puisant dans les stocks d’uranium. Des stocks accumulés lentement mais sûrement pendant les 50 dernières années par les gouvernements ! Mais voilà, ces stocks s’épuisent… Alors on en vient même à recycler les têtes d’ogives nucléaires désarmées ! Et après ?

Des espoirs réduits à néant par un coup du sort
La société Cameco (plus gros producteur mondial d’uranium) portait à elle seule tous les espoirs. Sa mine de Cigar Lake au Canada devait enfin commencer à produire de l’uranium en 2008 et participer à réduire les tensions sur le marché de l’uranium. Ironie du sort, elle a été partiellement détruite il y a deux mois par une gigantesque inondation. Reportant le projet de plusieurs mois, voire de quelques années.

Voyez-vous, le marché de l‘uranium a donc toutes les chances de rester très tendu jusqu’en… 2013 ! C’est du moins mon humble avis. De nouvelles mines devraient alors enfin rentrer en activité et lever la pression sur le prix de l’uranium.

L’uranium nous réservera bien des surprises en 2007. Je n’en doute pas.

A ce titre, il faudra que nous portions notre attention cet été à la position du ministère de l’Energie des Etats-Unis. Il se pourrait bien qu’il veuille accroître ses réserves stratégiques d’uranium !

Je rencontre demain un financier, spécialiste du marché de l’uranium. Il investit dans les minières depuis 4 ans déjà. Les opportunités qu’il a vu passer (et dont il a profité) sont invraisemblables. Je ne manquerai pas de lui demander quelques conseils, comptez sur moi !

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Isabelle Mouilleseaux
Isabelle Mouilleseaux

Isabelle Mouilleseaux travaille aux Publications Agora. Passionnée depuis toujours par les marchés financiers, elle investit notamment dans les mines et sur le marché options US et connaît bien le marché des matières premières, ayant longtemps rédigé l’Edito Matières Premières.

Vous trouverez ses articles dans les e-letters Libre d’Agir, Agora Formation et Provoquez votre réussite.

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