Le potentiel de l'Alaska

Rédigé le 27 décembre 2007 par | Nouvelles technologies Imprimer

Byron King

Je suis en Alaska et j’étudie les roches
Je me suis rendu dans cette région glaciale pour participer à un voyage d’étude géologique, où nous observons les roches, les minéraux et les ressources énergétiques… depuis la péninsule de Kenai, au sud, jusqu’à Prudhoe Bay et l’océan Arctique au nord.

Je suis en compagnie d’un groupe de géologues incroyablement intelligents et doués — parmi lesquels le célèbre Gil Mull, qui faisait partie de l’équipe de Richfield Oil (devenue ARCO), qui a découvert le champ de pétrole de Prudhoe Bay et ses 15 milliards de barils en 1967.

Prudhoe Bay ! Rappelez-vous…
Dévoilons tout de suite la fin de l’histoire du premier puits dans la région de Prudhoe Bay : l’une des plus grandes trouvailles pétrolières de l’histoire…

Gil et son équipe ont foré dans une calotte gazeuse de 90 mètres, au sommet d’une structure profondément enterrée, reposant sur des dizaines de mètres de grès et de conglomérat saturés de pétrole.

Plusieurs mois plus tard, lorsqu’ils ont foré le puits de confirmation — 11 km environ sur le flanc de la structure, ils ont trouvé plus de 120 mètres de colonne pétrolière dans les roches. Vous imaginez ?

Ca a simplement coulé…
Gil nous a décrit comment, durant une opération de forage, ils ont retiré la sonde du tube de forage ; et, dit-il, "ça a simplement coulé — du sable, des cailloux et du pétrole, à 82°C environ, coulant et fumant sur la plateforme de forage".

Oui, Gil a eu la chance de faire partie du groupe qui a trouvé le plus grand champ de pétrole jamais découvert aux Etats-Unis ou au Canada — 10 milliards de barils environ, pensait-on à l’époque (on sait à présent qu’il était bien plus vaste, frôlant les 15 milliards de barils).

Un puits au fin fond de l’Alaska ? Impossible !
Si le champ de Prudhoe Bay a été développé, c’est uniquement à cause de sa taille. S’il avait été plus petit, cela aurait été impossible car non profitable. Tout simplement parce qu’il n’y avait aucune infrastructure en place dans cette région sauvage et éloignée de tout. Nous sommes au fin fond de l’Alaska !

Un chantier pharaonique
L’étape suivante fut de construire une route et le pipe-line adjacent — ce qui nécessita une loi de la part du Congrès US et un total de 11 milliards de dollars de 1970.

Pourrions-nous faire la même chose aujourd’hui ? Et cela en vaudrait-il la peine ? Pour reformuler la question, d’où viendront les prochains 15 milliards de barils de pétrole brut… et combien coûteront-ils ?

L’extraction du brut coutera de plus en plus cher
Dans un monde où les ressources pétrolières sont en déclin constant, tandis que la demande augmente sans cesse, la hausse des prix du pétrole semble inévitable… surtout lorsqu’une grande partie de ces ressources repose à des centaines de mètres sous des terres inhospitalières.

Il faudra creuser de plus en plus profond, dans des contrées de plus en plus lointaines, sous les mers et sous la glace… Y compris lorsque les champs seront relativement petits. Et pourtant, malgré les infrastructures à mettre en place, ce sera rentable.

Comment est-ce possible ? Tout simplement parce que les prix du brut seront de plus en plus élevés.

Bref : le pétrole brut continuera pour l’instant encore de jaillir, mais il ne sera pas bon marché. En d’autres termes, les prochains litres d’essence ne seront pas aussi économiques que les précédents.

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Byron King
Byron King
Avocat

Byron King est diplômé de l’Université de Harvard et exerce actuellement la profession d’avocat à Pittsburgh, en Pennsylvanie.

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