Le marché du brut implose

Rédigé le 29 novembre 2007 par | Nouvelles technologies Imprimer

Que se passe-t-il sur le marché pétrolier ? Rien ne va plus.
Le temps capitaine ! Le temps perd la tête. Des températures d’une fin de printemps au beau milieu de l’hiver ! On n’avait jamais vu ça

Conséquences : les stocks de brut gonflent à vu d’il. Et la demande faiblit. Voilà les deux premiers responsables de la chute des cours.

Parfait pour ma facture énergétique de cet hiver, me direz-vous. Certes ! Mais le marché du pétrole, lui, en pâtit.
Vous voulez que je vous dise mon sentiment ? Le brut va repasser sous la barre des 50 $. Il est midi quand je vous écris, et le cours flirte dangereusement avec ce seuil critique depuis ce matin. Nous sommes descendus jusqu’à 50,12 $.

Il y a un troisième responsable à mon avis. Rien de très fondamental… Je pencherais plutôt pour les spéculateurs et autres traders qui scrutent les graphiques et jouent le baril à la baisse depuis l’été dernier. Voyons cela de plus près

Que nous dit l’analyse graphique ?
Depuis son plus haut niveau atteint l’été dernier (78 $), le baril s’inscrit dans une tendance baissière qui l’a fait reculer jusqu’à son seuil de soutien fort à 55,67 $. Ce seuil qui avait pourtant relativement bien résisté pendant quelques semaines a été enfoncé la semaine dernière lors du recul brutal du cours du pétrole. Un recul de 20% en 3 semaines ! Le cours retrouve aujourd’hui ses niveaux du printemps 2005.

Et il est probable que cela continue. Le nouveau seuil des 52,54 $ a eu bien du mal à résister ces dernier jours, et nous venons aujourd’hui de passer outre. Que va-t-il se passer ?

Il se peut que nous assistions dans un premier temps à un rebond vers les 55,67 $, avant de repartir à nouveau à la baisse. Avec un premier objectif à 49,40 $, puis 46,20 $ et pourquoi pas jusqu’à 41,85 $.

Pour repartir à la hausse il faudrait passer franchement au dessus du seuil des 55,67 $ enfoncé la semaine dernière. Nous pourrions alors viser les 62,80 $ à nouveau. Mais je n’y crois pas trop. Je vais vous dire pourquoi tout de suite

Voilà en tout cas pour la partie graphique de l’analyse.

Venons en à la partie psychologique
Car à court terme, la chute pourrait bien se poursuivre. Pourquoi ?

Le baril à 50 $ est un seuil psychologique important. Et croyez moi, les spéculateurs n’ont qu’un objectif en tête : passer en dessous des 50 $.

Quel intérêt ?

Gagner gros ! Ils savent très bien que les ordres stop ont massivement été programmés sous ce seuil des 50 $. Si le barrage venait à rompre, les programmes de vente se déclencheraient aussitôt, entraînant le baril dans un tourbillon baissier qui pourrait le faire rapidement chuter jusqu’à 46,20 $, voire plus bas encore. Jack pot pour les hedge funds en perspective !

Le bonheur des uns faisant le malheur des autres, les journaux titreront aussitôt sur le krach du baril et la panique des investisseurs. Je vois assez bien le tableau

Si jamais cela devait arriver, gardez votre sang froid et observez froidement la situation. Si le brut devait passer sous les 46,20 $, préparez vous à intervenir. Son prochain objectif sera les 41,85 $.

Ceci constituerait sans aucun doute une des Grandes Opportunités d’achat de 2007. Un achat sur repli à ne pas manquer

Et si les caprices de la météo s’inversaient ?
Il y a effectivement quelque chose dont personne ne parle

Que se passe-t-il quand l’hiver est étonnement doux ? Les mers se réchauffent

Et que se passe-t-il quand les mers se réchauffent ? El Niño se réveille. Il se pourrait que cet été soit marqué par des ouragans plus violents qu’habituellement L’avenir nous le dira.

En attendant, personne n’y pense. Alors laissons les analystes voir rouge sur les marchés du brut, les hedge funds s’en mettre plein les poches et les journalistes colporter l’idée de panique. Attendons de voir si ce «sell-off » final a bien lieu. Et si c’est le cas, sautons sur l’opportunité.

Quant à savoir si le brut ira à nouveau taquiner les 78 $, il faudra attendre la saison des ouragans au plus tôt.

Quoi qu’il en soit, si vous réussissez à vous positionner au bon moment et sur repli, vous aurez fait une bonne affaire. Car à moyen terme, le brut ne peut que remonter

Comme le notait Philippe Béchade dans la Chronique Agora, « le pic de volatilité baissière qui se matérialise depuis le 3 janvier pourrait bien marquer la phase ultime d’un phénomène de capitulation finale, prélude à un fort rebond technique des cours du brut ».

Nous sommes d’accord sur ce point !

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Isabelle Mouilleseaux
Isabelle Mouilleseaux

Isabelle Mouilleseaux travaille aux Publications Agora. Passionnée depuis toujours par les marchés financiers, elle investit notamment dans les mines et sur le marché options US et connaît bien le marché des matières premières, ayant longtemps rédigé l’Edito Matières Premières.

Vous trouverez ses articles dans les e-letters Libre d’Agir, Agora Formation et Provoquez votre réussite.

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