Le maïs s'envole toujours plus haut

Rédigé le 29 novembre 2007 par | Nouvelles technologies Imprimer

Le constat : la flambée des cours Le cours de notre céréale flambe. 235 cents le boisseau le 17 août dernier. 400 cents aujourd’hui, soit 70 % de hausse en 5 mois. Un cours qui n’avait pas été atteint depuis plus d’une décennie. C’est en effet en juillet 1996 que le boisseau avait atteint 548 cents.

70 % de hausse ! … Seuls les zinc, nickel et cuivre auront fait mieux en 2006 !

Jamais la demande de maïs n’a été aussi forte. Pourquoi ?

La demande de maïs explose Voici pourquoi :

* Tout d’ abord la population mondiale croît et s’enrichit, notamment en Inde et Chine, mais aussi sur les continents américains : or, le maïs sert à l’alimentation humaine (vos corn flakes, les tortillas…) et à l’alimentation du bétail.

Et si la population mondiale croît, par ricochet, il en va de même des élevages de bétail nourris au maïs. Vous me direz que Chinois et Indiens mangent peu de maïs. Peut être… mais les poulets dont ils ingurgitent des quantités astronomiques se nourrissent de maïs !

* Ensuite, la demande d’éthanol s’envole. Je vous rappelle que les Américains font de l’éthanol avec le maïs. Ethanol qui vise à remplacer progressivement l’essence dans les réservoirs automobiles. Ceci pour lutter contre la pollution, l’effet de serre et la disparition progressive du brut.

Deux chiffres : La consommation d’éthanol devrait croître de 33 % en un an. Les récoltes américaines engloutissent aujourd’hui 20 % de la production nationale de maïs contre 6 % seulement en 2000. Et G. Bush veut développer cette filière et y mettra les moyens. Donc la tendance va se poursuivre.

L’offre de maïs vacille * Tout d’ abord : la dernière récolte américaine est très moyenne, du fait d’une baisse des surfaces cultivées. Or les USA ont un rôle clef sur ce marché, puisqu’ ils produisent 40 % du maïs mondial et représentent 70 % des exportations mondiales de maïs.

Parlons des exportations. La part du maïs américain exporté devrait fondre comme neige au soleil, car le surplus de maïs autrefois exporté est aujourd’hui de plus en plus réorienté vers la production d’éthanol américain.

* Côté Chine, même tendance. La production nationale suffit à peine à satisfaire la demande. Et le pays va rapidement devenir importateur net de maïs. Ce qui va creuser davantage encore le déficit mondial.

* La sécheresse en Argentine et en Australie réduit encore l’offre, qui va être déficitaire pour la 6ème fois consécutive. Sauf que cette fois ci, les stocks sont très bas…

L’Argentine a d’ ailleurs décidé d’arrêter d’exporter son maïs pour le réserver à la consommation nationale. L’idée étant de se protéger de l’inflation sur les prix. L’Inde pourrait bien suivre cet exemple.

Des stocks au plus bas Conséquence de la baisse de la production et de la forte restriction des exportations des producteurs : les stocks mondiaux de maïs s’effondrent et sont tombés à leur plus bas historique.

Je résume : une demande qui s’envole, une offre qui se réduit comme peau de chagrin, des stocks au plus bas ! C’est un cocktail explosif qui explique la flambée du maïs.

Ajoutez à cela une pincée de spéculation, et le cours s’envole. (Le maïs étant l’un des marchés « matières premières » les plus liquides qui soient).

Le maïs : star en 2007 ? Je pense que le cours va continuer de monter. Et pourrait passer les 500 cents, pour se rapprocher de son record de 1996, à 548 cents le boisseau. Tous les éléments sont en place pour y arriver.

Que nous dit l’analyse graphique ? Première chose à savoir : il existe une ligne de support très très ancienne autour des 180 cents le boisseau.

Deuxième chose à savoir : lors du dernier rally enregistré en 2004, le cours du maïs avait atteint les 335 cents le boisseau. Depuis ce plus haut, le cours était reparti à la baisse non loin des 180 cents et a essayé à plusieurs reprises de passer la résistance (plafond) des 265 cents, en vain.

Nous avons enfin franchi les 265 cents en octobre dernier. Et dans la foulée nous avons explosé le cours de 335 cents, record enregistré en 2004. Prochain objectif : le record de 1996 : 548 cents !

Quelques informations tout de même :

Tout d’ abord, les seuils de 265 cents et 335 cents sont maintenant des supports.

Ensuite, il serait bon que nous assistions à un pull back (un repli temporaire, pour reprendre son souffle et repartir de plus belle). C’est plus sain si nous voulons construire une tendance de fond à la hausse solide. L’idéal serait donc un repli vers les 335 cents pour repartir à la hausse ensuite. Ce serait le moment idéal pour vous, d’entrer sur ce marché si vous le souhaitez. L’idée étant ensuite de viser les 548 cents. Soit un potentiel de hausse de plus de 50 %.

En revanche, si jamais le seuil support de 335 cents était enfoncé, nous pourrions alors assister à une correction qui ramènerait le maïs autour des 265 cents.

NB : il existe des certificats sur le maïs si vous souhaitez entrer facilement sur le marché du maïs.

Mots clé : - - - - - - -

Isabelle Mouilleseaux
Isabelle Mouilleseaux

Isabelle Mouilleseaux travaille aux Publications Agora. Passionnée depuis toujours par les marchés financiers, elle investit notamment dans les mines et sur le marché options US et connaît bien le marché des matières premières, ayant longtemps rédigé l’Edito Matières Premières.

Vous trouverez ses articles dans les e-letters Libre d’Agir, Agora Formation et Provoquez votre réussite.

Les commentaires sont fermés !