La hausse du maïs… et ses effets secondaires

Rédigé le 27 octobre 2010 par | Nouvelles technologies Imprimer

Les feuilles sont en train de virer au rouge et or. L’air se rafraîchit. Les jours raccourcissent peu à peu. C’est l’automne. Ce qui signifie qu’il est temps de parler récoltes, en particulier pour le maïs.

Le maïs a fait parler de lui sur les marchés, ces derniers temps Ce que certains ont appelé « un choc de récoltes » l’a fait grimper de 6% en un jour : le département de l’Agriculture américain a abaissé ses projections de récolte de près de 4%, ce qui a pris le marché par surprise. Et c’est là seulement l’une des raisons pour lesquelles le prix du maïs est passé de 3,30 $ le boisseau en juillet dernier… à 5,30 $ le boisseau actuellement.

Les actions des secteurs corrélés à l’agriculture bougent Les actions de la majeure partie des entreprises basées sur l’agriculture réagissent de manière proportionnelle.

Dans le secteur de l’engrais par exemple, les actions grimpent en flèche, tout comme les actions d’entreprises d’équipement pour l’irrigation comme Lindsay.

En revanche, le marché passe à tabac les actions des producteurs de viande. Tyson Foods, notamment, a adopté la théorie qu’une hausse des prix du maïs signifie une hausse des prix du fourrage pour le bétail, les moutons, les porcs et la volaille. Donc une baisse des marges pour les entreprises du secteur.

La demande de maïs est exceptionnelle La récolte de maïs américaine reste franchement honorable, à 12,7 milliards de boisseaux. C’est la troisième plus grosse récolte de l’histoire. Mais la demande frôle elle aussi des niveaux record. C’est la raison pour laquelle l’offre reste tendue.

Selon l’USDA, le stock de maïs américain devrait chuter de 47%. Cela signifie que les Etats-Unis vont avoir les réserves de maïs les plus faibles depuis le milieu des années 90. Or les Etats-Unis ont moins de terres agricoles en jachère qu’à l’époque, ce qui signifie qu’il ne sera pas aussi facile de remplacer les réserves perdues par une production américaine accrue.

Toutes les céréales sont touchées Le mouvement ne touche pas seulement le maïs. Le soja a grimpé de presque 7% et le blé de 9%. Ce qui touche une culture en touche d’autres. Elles sont toutes en compétition, les agriculteurs affectant ses terres à l’une ou l’autre selon leur rentabilité respective. Ainsi, si plus d’agriculteurs plantent du maïs, cela signifie qu’il y en aura moins qui planteront du soja.

Et la possibilité d’une crise alimentaire comme celle de 2008 plane toujours.

Certains pensent qu’elle est déjà là. Une partie des plus gros exportateurs de céréales, comme la Russie et l’Ukraine, a imposé des restrictions sur les exportations. Pendant ce temps, de nombreux gros importateurs de céréales du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord commencent à accumuler des réserves. Ce scénario ressemble à celui que nous avons vécu en 2008.

Mon avis en tant qu’investisseur ? Je pense donc que nous verrons une augmentation des plantations de maïs l’année prochaine. Ce sera bon pour les valeurs du secteur des engrais et du matériel agricole, puisque les agriculteurs vont en avoir besoin.

Un vieux dicton sur les matières premières nous rappelle que le remède à des prix élevés, ce sont des prix élevés. Le marché va nous apporter beaucoup de grain à moudre l’année prochaine. Je pense que le maïs sera moins cher au printemps qu’il ne l’est aujourd’hui.

Le prix de la viande va continuer de grimper, comme cette année. Les cours du boeuf sont déjà au plus haut depuis un quart de siècle. Ecartez vous de cette filière, les marges trinquent.

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Chris Mayer
Chris Mayer
Rédacteur en Chef de Capital & Crisis et Crisis Point Trader

Chris Mayer s’occupe de la lettre d’information Capital & Crisis, ainsi que du système de trading Crisis Point Trader. Ses analyses pertinentes et précises des problématiques financières ont été reprises souvent dans de nombreuses publications, et notamment dans le très réputé Grant’s Interest Rate Observer.

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