La crise économique : un sursis dans notre marche vers le Peak Oil…

Rédigé le 23 octobre 2008 par | Indices & Actions Imprimer

Vous avez l’impression que les investisseurs ne savent plus quoi faire ? C’est un sentiment partagé par beaucoup. Il semble que l’idée d’une récession mondiale synchronisée n’apparaisse que maintenant aux investisseurs…

Qu’en est-il des minières Rio Tinto et BHP ? Commencent-elles à être survendues ? On pourrait le croire… Il y a eu une forte odeur de désespoir, d’appels de marge et de capitulation dans l’air. Mais ce n’est pas le cas. Pas encore…

BHP, à 25,80 $ par action, s’échange à 5,7 fois les bénéfices estimés pour 2009 L’entreprise ne prévoit aucun signe de baisse de ses bénéfices, même si les investisseurs semblent clairement l’anticiper. BHP dispose a 4,2 milliards de dollars de trésorerie (un pactole !) et 12,6 milliards de dollars de dettes.

Rio s’échange à 66 $, soit seulement 5,3 fois ses bénéfices estimés pour 2009 Elle possède 2,4 milliards de dollars de trésorerie. Rio a 43,8 milliards de dollars de dettes, dont 40 milliards utilisés pour financer l’opération de rachat d’Alcan.

Goldman Sachs et la Chine font trébucher les minières Goldman Sachs vient de réduire ses prévisions de bénéfices 2009 pour Rio, citant Tom Albanese qui, plus tôt la semaine dernière, disait que les producteurs d’acier chinois réduiraient la demande en minerai de fer. Les investisseurs se sont aussitôt inquiétés de la conjoncture chinoise et ont réagi fortement, faisant baisser Rio de 16% et BHP de 13%.

Pourtant, les investissements sont maintenus N’oubliez pas que Rio n’a pas dit qu’elle gelait toutes les dépenses d’investissement. Elle étudie les projets à court terme mais ne revoit pas les objectifs de dépenses d’investissement à long terme. L’entreprise croit encore que la demande en métaux de base et en matières premières justifie de dépenser des milliards sur de nouveaux projets. Pareil pour BHP.

Le problème se pose sur le court terme Parce qu’il lui est impossible de vendre les actifs comme prévu, l’entreprise va devoir rembourser avec son cash flow une partie de la dette qui arrive à échéance en 2009. Cela signifie moins d’argent disponible pour les actionnaires. Et vous savez ce qu’on dit : vous devez dépenser de l’argent pour en gagner. Si vous dépenser de l’argent pour rembourser de l’argent, vous ne gagnez pas d’argent…

Notre avis ? Rio et BHP sont mal partis pour 2009 Nous nous penchons rarement sur les blue chips. Mais Rio et BHP sont mal partis pour 2009. Et nous ne serions pas surpris que ces valeurs atteignent de nouveaux planchers sur le marché. Mais dans notre portefeuille Robinson Crusoé, composé d’actions que vous rêveriez d’avoir si vous deviez rester sur une île déserte les dix prochaines années, l’une de ces entreprises au moins, si ce n’est les deux, seraient sur la liste. Car qui dit correction dit opportunité.

La récession mondiale : un sursis dans l’attente du Peak Oil A long terme — du moins avant que nous ne soyons tous morts — nous pensons que la récession mondiale sonne comme un sursis pour tous ceux qui n’ont pas pris le Peak Oil au sérieux.

Certes, la demande pour le brut va ralentir. Un monde moins occupé nécessite moins d’énergie. Mais ne croyez pas que cela va durer. La production pétrolière actuelle provient de puits de pétrole découverts il y a des décennies. Il en va de même pour les autres matières premières. Nous récoltons le butin d’explorations antérieures. Mais nous n’arrivons pas à renouveler les réserves.

Ne croyez pas que cela va durer Quand la demande augmentera de nouveau — dans un mois, dans un an, dans deux ans (l’économie finira bien par repartir un jour !) –, nous devrons à nouveau affronter la dure réalité : la production des principaux puits de pétrole mondiaux diminue, alors que la demande sera à nouveau en forte augmentation du fait du développement des marchés émergents. Ceci est vrai pour la plupart des matières premières.

Le Peak Oil est devant nous. Les opportunités aussi Les marchés émergents étant actuellement confrontés aux craintes d’une récession, le problème du Peak Oil et de l’insuffisance des ressources ne sont plus vraiment d’actualité. Ce qui se répercute d’ailleurs sur les valeurs pétrolières et minières dont les cours boursiers chutent.

Cela vous offre une chance inespérée pour vous pencher sur ces entreprises. De notre point de vue, les prix de l’énergie et des matières vont de nouveau monter, et beaucoup, dans les années à venir. Même si pour l’instant encore, nous n’avons probablement pas atteint le creux de la vague…

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Dan Denning
Dan Denning
Rédacteur en Chef de Strategic Investor

Dan Denning est spécialisé dans des actions peu connues mais au potentiel gigantesque. Dan écrit également dans Strategic Trader Alert, un service e-mail consacré aux actions qui évoluent très vite.

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