La Chine fait trembler Wall Street avec la dette américaine

Rédigé le 11 janvier 2018 par | Indices & Actions Imprimer

Cela fait partie de nos grands sujets pour 2018 : le retournement des marchés obligataires, c’est-à-dire la hausse des rendements des obligations.

Pour ceux d’entre vous qui ne seraient pas de grands familiers de ce marché, sachez qu’il est constitué par la dette des Etats (et des entreprises) qui sont des actifs très prisés, en particulier par les investisseurs professionnels.

La particularité des obligations est que plus elles sont recherchées, plus leur rendement baisse. Et, inversement, celles qui sont délaissées ou vendues voient leur rendement augmenter.

Le marché obligataire vient de vivre 10 ans de rendements au plus bas. Les obligations souveraines d’Etats comme les Etats-Unis, la France ou l’Allemagne étaient particulièrement prisées par les investisseurs. Cela a permis à ces pays de s’endetter sans limite et à très bas coût.

Ce coût a même pu être négatif, comme cela a été le cas avec l’Allemagne. Cela signifiait que les investisseurs payaient pour prêter à l’Allemagne… Nous sommes d’accord, c’est de la folie.

Folie, mais folie qui durait depuis des années, ce qui a permis, comme je vous le disais, aux Etats d’augmenter très sensiblement leur endettement. Nos économies sont devenues plus que jamais dépendantes de la dette.

Or, comme le rappelle régulièrement Simone Wapler dans La Chronique Agora, le marché obligataire semble s’être retourné en décembre dernier : le rendement de LA référence mondiale en terme d’obligations – les bons du Trésor américain à 10 ans – est reparti à la hausse.

Voici ce qu’en disait Simone hier dans La Chronique :

Bill Gross préside désormais aux choix d’investissement d’un plus modeste fonds actions de la société Janus Henderson.

Voici un récent tweet :

Marché baissier des obligations est confirmée aujourd’hui. Tendance long-terme de 25 ans cassée avec les bons du Trésor à cinq ans et à 10 ans.

Comme vous le savez, cher lecteur, dès décembre, nous attirions votre attention sur le marché obligataire.

Le monde est surendetté et ne peut supporter des taux d’intérêt plus élevés.

Tout notre monde repose sur le crédit et donc la dette. Mais tous les systèmes monétaires reposant sur la confiance et le crédit ont un vice inné, une tare dangereuse : le crédit a tendance à gonfler sans limite.

Or le crédit est de la dette.

La dette est due par des êtres humains dont la vie et la capacité de travail sont limitées.

Laisser gonfler le crédit sans limite débouche sur une société d’esclaves contrôlée par quelques nantis ou sur une extrême violence lorsque les esclaves se révoltent.

Les marchés actions semblent avoir, hier, pris conscience de ce qui se passait sur l’obligataire. Wall Street a clôturé en baisse après une information révélée par Bloomberg : la Chine réfléchirait à réduire ses achats de bons du Trésor.

Or la Chine est un des plus gros acheteurs de dette américaine au monde. Privée de l’un de ses plus grands soutiens, la dette américaine vacille, et les rendements augmentent (moins de demande, donc hausse des rendements).

Cette piqûre de rappel a fait tressaillir Wall Street hier, et les marchés européens ce matin. Mais ce n’est rien par rapport à ce que pourrait être leur réaction si les rendements s’envolaient vraiment.

Affaire à suivre, mais cela pourrait être, avec l’inflation, un des nuages à l’horizon de 2018.

Dans la Quotidienne du jour, ce sont cette fois deux de nos sujets d’investissements préférés pour cette année qui sont à l’honneur : l’intelligence artificielle et les cryptomonnaies.

James Altucher, qui est très officiellement un crypto-enthousiaste, vous explique pourquoi, selon lui, l’envolée du cours des cryptomonnaies est encore à venir. Ne perdez cependant pas de vue qu’une bonne grosse correction est plus que possible.

Avant cela, je vais vous parler des grandes ambitions de la Chine en matière d’intelligence artificielle. Si l’Europe et les Etats-Unis semblent mener l’innovation dans ce domaine, la Chine fait tout pour distancier ses concurrents, et mise dans le secteur avec son enthousiasme et ses moyens (énormes) habituels. Ne perdez donc pas de vue l’intelligence artificielle made in China !

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Cécile Chevré
Cécile Chevré
Rédactrice en Chef de La Quotidienne Pro

Cécile Chevré est journaliste depuis une dizaine d’années. Elle s’intéresse à tous les secteurs de l’économie qui sont en mouvement, des nouvelles technologies aux matières premières en passant par les biotech. Elle rédige chaque jour la Quotidienne de la Croissance, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance, ainsi que les Marchés en 5 Minutes.

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