Il ne faut jamais abandonner la chasse aux bonnes idées

Rédigé le 31 août 2012 par | La quotidienne Imprimer

▪ Il y a quelques semaines, j’étais assis dans un restaurant chinois à Honolulu en compagnie de nouveaux amis. Comme cela arrive souvent, la conversation dévia sur l’investissement. L’un de mes compagnons de tablée nous exposa son investissement préféré : les Philippines.

Cela peut sembler un peu tiré par les cheveux mais la preuve m’a été démontrée au cours du repas. Le marché boursier philippin est celui qui a enregistré parmi les meilleures performances au monde cette année. Son économie est l’une des rares économies asiatiques qui croîtra plus vite cette année que l’année dernière. Le peso philippin est la monnaie qui a enregistré la meilleure performance par rapport au dollar cette année, avec un accroissement de 5%.

L’homme qui met en avant l’idée des Philippines est un ex-banquier, entre autres. Il a des intérêts et des liens à Manille. Ces vingt dernières années, il s’y est rendu des douzaines de fois et s’émerveille des changements.

« On voit des grues partout » raconte-t-il. « De nouveaux immeubles, des magasins, des restaurants. C’est incroyable. Jamais je n’aurais pensé voir ça. »

Les ingrédients habituels sont en fermentation, comme la levure dans la pâte à pain, ce qui fait croître la région : une population jeune, des ressources minières importantes (et non encore exploitées) et un changement de gouvernement.

Concernant la jeunesse de la population, l’âge moyen est seulement de 22,9 ans. Il semble que tous les pays en plein boom que j’ai visités en Asie, du Cambodge à la Mongolie, ont une population jeune. L’avantage est que la plus grande partie de la population est en âge de travailler et de tels pays évitent donc les défis démographiques auxquels doivent faire face les pays occidentaux vieillissants.

Ensuite vient la richesse minière. Il y a près de 7 000 îles qui constituent les Philippines. Les forces géologiques qui ont créé ces îles ont également apporté de riches minerais en surface, où ils peuvent être exploités. Selon certaines estimations, la richesse minière des Philippines atteint 2000 milliards de dollars, elle est peut-être aussi importante que celle d’Indonésie. L’or, le cuivre, le nickel, le minerai de fer — tout est là sous forme de gisements immenses et inexploités. Des milliards de dollars de nouveaux plans d’exploitation n’attendent qu’à être approuvés.

La troisième force au travail est un changement au niveau gouvernemental. Le président actuel Benigno Aquino est arrivé au pouvoir en 2010. Entre autres, il a fortement encouragé les investissements pour des infrastructures indispensables. Le gouvernement a validé des projets de construction de routes pour une valeur de 1,1 milliard de dollars.

Le gouvernement encourage également la construction d’infrastructures comme des aéroports et un réseau ferroviaire avec des partenariats public-privé conçus pour assurer un rendement cible aux investisseurs. Les plus grandes entreprises du pays construisent de nouvelles tours de bureaux, des immeubles résidentiels et des centres commerciaux. Les industriels chinois, cherchant à échapper aux fortes hausses des coûts chez eux, considèrent les Philippines comme une alternative.

D’un point de vue souveraineté, les finances philippines sont sur une bonne tendance. Le pays est noté par les agences juste en-dessous de la note « opportunité d’investissement ». Il a des réserves de monnaie supérieures à ses dettes externes. L’analogie serait une entreprise riche en liquidités, ayant plus de cash que de dettes. Jusqu’à présent, une obligation d’Etat à 10 ans rapporte environ 6%. Ajoutez à cela une progression de 5% de la monnaie et, si vous êtes un investisseur qui travaille en dollar, vous obtenez un profit de 11% gagnant par rapport au S&P.

Toutefois, les actions philippines sont encore un meilleur investissement. L’ETF iShares coté en Bourse sous le symbole boursier EPHE et qui consiste en actions philippines est en hausse de 25% cette année.

Pas mal, n’est-ce pas ?

A présent, qui sait si tous ces éléments vont tenir ensemble ? Selon mon expérience, ces marchés frontières ont tendance à tenir la distance. Un an de miracles n’est pas la norme. Les Philippines n’ont pas connu de boom économique depuis la période qui a précédé la crise asiatique de 1997. Cela a donc mis du temps à venir.

Toute cette histoire montre à nouveau combien notre planète est une balle géante d’opportunités en permanente évolution. De nouvelles opportunités apparaissent lorsque d’autres disparaissent.

Tout au long de ma carrière d’investisseur, j’ai appris que cela payait de ne jamais cesser de chercher. Il ne faut jamais abandonner la chasse aux bonnes idées.

L’un de mes explorateurs préférés est Roy Chapman Andrews, qui dirigeait les expéditions d’Asie centrale en Mongolie dans les années 1920. (J’ai récemment lu une excellente biographie d’Andrews intitulée Dragon Hunter alors que je voyageais moi-même à travers le pays.) Andrews avait une devise que j’aime beaucoup. Il disait : « Il y a toujours une aventure au coin de la rue… or le monde est rempli de coins de rue ! »

Echangez le mot « aventure » contre celui d' »opportunité » et vous obtenez une devise d’investissement à laquelle vous référer.
[Chasser les bonnes idées, en particulier dans les pays émergents, c’est justement l’objectif de Jean-Claude Périvier dans Défis & Profits. Les profits vous attendent… mais où ? Les réponses sont ici…]

Première parution dans la Chronique Agora le 29/08/2012.

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Chris Mayer
Chris Mayer
Rédacteur en Chef de Capital & Crisis et Crisis Point Trader

Chris Mayer s’occupe de la lettre d’information Capital & Crisis, ainsi que du système de trading Crisis Point Trader. Ses analyses pertinentes et précises des problématiques financières ont été reprises souvent dans de nombreuses publications, et notamment dans le très réputé Grant’s Interest Rate Observer.

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