L’Islande, de la crise à la reprise

Rédigé le 24 mai 2016 par | Macro éco et perspectives Imprimer

L’Islande connaît un boom économique retentissant. Si vous avez l’intention d’investir à l’étranger, il est particulièrement bon d’entreprendre en Islande. Le pays surfe sur un quasi plein emploi (moins de 1,9% en février 2016), une croissance de 4% en 2015 et qui devrait atteindre 4,2% cette année. Une situation qui contraste avec la crise sans précédent traversée par le pays il y a quelques années.

En 2008, l’Islande était prise de plein fouet par la crise économique mondiale. L’Etat a nationalisé les grandes banques du pays et les dettes de l’île étaient neuf fois supérieures à son PIB. La situation était telle que certains estimaient que l’Islande allait devenir le premier Etat en faillite totale à cause des conséquences de la crise des subprime.

Face à l’urgence, le pays a sollicité un prêt de 2,1 milliards de dollars auprès du FMI et a, en outre, obtenu deux milliards supplémentaires d’autres pays (dont la Russie). En octobre 2015, l’Islande annonçait qu’elle avait complètement remboursé le FMI. En parallèle, le pays a mis en place des mesures assez radicales : dévaluation monétaire, pacte de stabilité, austérité, tout ceci avec le soutien d’une majorité de la population.

L’Etat islandais reste fortement endetté et les traces de la crise perdurent, mais la forte consommation des ménages et le plein emploi favorisent l’essor économique actuel du pays.

L’Islande, une base de données ?

Ayant retrouvé le chemin de la croissance économique, l’Islande cultive ses atouts, dont celui de sa position géographique.

Des ingénieurs italiens en informatique y voient notamment une opportunité pour l’accueil de zones de stockage de données.

A l’heure du réchauffement global et des questions environnementales, ces bases de données génèrent une forte empreinte carbone. Les faibles températures du pays permettent d’éliminer un certain nombre de besoins en système de refroidissement pour les datacenters. En outre, l’électricité – d’origine géothermique ou hydroélectrique – y est très bon marché. Depuis le début des années 2010, l’Etat islandais favorise l’installation des datacenters sur ses terres, en particulier via des réductions de TVA.

Cinéma, aviation, tourisme, l’Islande se diversifie

Symbole de ce renouveau, Iceland Air, principale compagnie aérienne du pays, a posé ses valises à l’aéroport d’Orly. En difficulté pendant la crise, la compagnie renoue avec les projets ambitieux. Depuis le début de l’année, c’est la quatrième nouvelle destination qu’Iceland Air va desservir.

Le secteur aérien se porte bien et… le tourisme aussi. Fort de ses paysages naturels, de ses volcans, ses sources d’eaux chaudes et de ses traditions culturelles, l’Islande attire les touristes du monde entier.

Le tourisme a d’ailleurs grandement contribué au redressement du pays. Du fait de la dépréciation monétaire, les prix défiaient toute concurrence. Les emplois créés dans l’hôtellerie, la restauration et les transports ont contribué à la baisse du chômage. Aujourd’hui, cet attrait ne faiblit pas. 700 000 touristes visitent l’Islande chaque année – soit le double de la population locale – et contribuent à hauteur de 6% au PIB du pays.

L’Islande attire aussi les réalisateurs de films. Depuis 2010, on ne compte pas moins de seize tournages de films et séries sur le territoire islandais. Parmi eux, Thor 2, Interstellar ou encore Game of Thrones.

Enfin, l’industrie de la pêche, qui représente tout de même 25% des exportations islandaises, demeure un secteur pourvoyeur d’emplois et d’investissements. Dans son rapport de 2016, la Coface soulignait que l’accord de libre-échange signé avec la Chine en 2014 devrait soutenir les exportations islandaises.

A l’instar de la mythologie nordique, la crise islandaise a fait office de Ragnarök. Une destruction quasi-totale de l’économie du pays, mais une renaissance novatrice et porteuse qui tend à un avenir prometteur fait de renouveau.

Arthur Vernassière

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