Devez-vous vous laisser tenter par les ICO ?

Rédigé le 7 décembre 2017 par | A la une, Bitcoin et cryptomonnaies, Mode d'emploi, Nouvelles technologies Imprimer

Nous avons vu hier les avantages mais aussi les risques inhérents à un investissement qui a rencontré un énorme succès ces derniers mois : les levées de fonds en cryptomonnaies, dites aussi Initial Coin Offering (ICO). Nous les avons comparés avec les avantages du crowdfunding et, aujourd’hui, je vous propose de les confronter aux introductions en Bourse, les IPO.

L’exemple de l’ether

L’une des plus célèbre ICO n’est autre que celle qui donna naissance à l’Ethereum en 2014. Le projet visait à créer une nouvelle blockchain distincte de celle du Bitcoin. Pour la financer, l’équipe aurait pu passer par les acteurs traditionnels de la finance ou utiliser celle du crowdfunding (en equity comme détaillé hier).

Mais au lieu de cela, elle préféra proposer à tout intéressé d’obtenir les jetons de cette nouvelle cryptomonnaie, l’ether (ETH), en échange de bitcoins. La deuxième ICO de l’histoire commençait. Son succès a bouleversé le secteur des cryptomonnaies et sans nul doute initié l’ère des ICO que nous connaissons depuis le début de l’année.

L’opération a remporté un franc succès, avec plus de 18,4 millions de dollars. La blockchain de contrats intelligents (smart contracts) voit le jour et aujourd’hui, l’ethereum est la deuxième capitalisation du marché des cryptomonnaies derrière le bitcoin : proche des 45 milliards de dollars. Autre fait notable, la plupart des cryptomonnaies qui sont apparues par la suite, s’appuient sur cette nouvelle blockchain.

Pour les investisseurs, il aura fallu être patient pour récolter les fruits de l’ICO sur l’ether… mais les plus tenaces ont fait fortune. En effet, sur un an, le cours de l’ether a pris près de 5 000% !

Ethereum ETH cours courbe graphe 2017 2018

Vous l’aurez compris, l’ICO est une forme de levée de fonds spécialisée sur les cryptos et la blockchain, ce qui explique qu’elle soit souvent comparée à l’IPO, notamment en raison du caractère liquide qu’elle offrira aux investisseurs.

IPO vs. ICO

Une IPO (Initial Public Offering) est le passage pour une entreprise à une cotation sur les marchés financiers. Lorsqu’un dirigeant souhaite y recourir (et que la forme de sa société s’y prête), il va faire évaluer sa société et choisir d’émettre une certaine quantité de titres de celle-ci, à un certain prix, aux participants à l’IPO. A l’issue de celle-ci, les titres seront accessibles sur les marchés. Cela implique que la société ait une certaine ancienneté.

Le processus s’écoule sur plusieurs mois sous l’œil vigilant d’une autorité compétente : en France, l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) est chargée de veiller au bon déroulement des opérations.

La plus grosse introduction en bourse de l’histoire est celle de la société chinoise Alibaba Group qui en 2014, leva 25 milliards de dollars.

IPO marché américain statiqtiques 2017 trading IPO vs ICO

Cliquez sur le graphique pour l’agrandir

Ainsi, en levant des capitaux propres, l’entreprise pourra poursuivre son développement. Etre sous le feu des projecteurs implique pour l’entreprise un certain nombre de coûts financiers, qu’ils soient marketing, comptables ou juridiques, mais aussi, l’obligation de rendre public ses informations financières.

Pour l’investisseur qui y participe, il aura des titres de la société ayant valeur juridique (part contractuelle). Il pourra librement les échanger en bourse ou les conserver.

Au contraire des introductions en bourse, les entreprises qui ont recours aux levées de fonds sur la blockchain (ICO) font en sorte de ne pas tomber sous le joug de la réglementation qui affecte les titres cotés.

L’ICO panacée pour l’entrepreneur, danger pour l’investisseur

L’ICO combine des avantages évidents. Son caractère quasi-universel est encore plus flagrant que le crowd-equity (c’est d’ailleurs ce qui doit alerter…) car les mises de bases sont encore plus infimes pour participer. Qui dit accessibilité forte, dit présence de nombreux spéculateurs amateurs…

Elle présente aussi l’avantage d’apporter de la liquidité pour l’investisseur, comme c’est le cas pour l’IPO. Enfin, les délais sont très courts. En une poignée de jours, vos jetons peuvent être échangeables sur les places de marché de cryptomonnaies.

Les risques que représentent les ICO pourraient faire l’objet d’un article entier.

Les arnaques surviennent régulièrement : les entrepreneurs n’étant quasiment engagés en rien juridiquement, ils peuvent flouer les investisseurs purement et simplement et s’envoler dans la nature. Entre le 6 et 8 novembre de cette année, des investisseurs en ont fait la cruelle expérience sur une ICO à 374 000 $.

Parfois ce qui peut choquer, c’est la disproportion entre la levée de fonds souhaitée initialement par l’entreprise et la levée de fonds réalisée in fine. Une start-up qui aurait besoin de ne lever qu’un ou deux millions d’euros par exemple, peut se retrouver avec 20 millions de dollars sur les bras… alors que son activité est au stade d’amorçage et que son équipe de développeurs est réduite.

En comparaison, l’introduction en bourse d’une entreprise qui aurait suscité un engouement bien plus important que prévu, aura davantage les moyens de gérer un flux de cash plus important que prévu. Le marché punira certainement une entreprise survalorisée.

Vous êtes plutôt joueur ou prudent ?

Enfin, dernier élément à prendre en compte : quelle preuve aurez-vous sur les résultats de la start-up qui propose l’ICO ?

« Cette année, une ICO sur cinq s’est avérée être un échec », lit-on dans Les Echos. Pour autant, « pour une ICO sur deux, le gain est supérieur à 25% ».

L’ICO n’est décidemment pas faite pour tout le monde et pourtant elle s’est considérablement développée, alertant les différentes autorités régulatrices d’Etats comme la Chine, la Corée du Sud, le Canada ou les Etats-Unis… L’AMF s’y intéresse elle aussi de plus en plus.

Investir sur une bulle – ce que sont les cryptos et les ICO – est évidemment risqué. Dans le cas des ICO, rappelez-vous que vous ne détiendrez pas un titre juridique, mais de simples jetons qui n’auront comme seule valeur que celle que le marché voudra bien lui donner.

Par contre, comme dans toute bulle, les gains peuvent devenir énormes en quelques jours seulement… [NDLR : Dans Cryptos Trading, Lou Basenese a repéré ce qui pourrait être l’ICO phare de cette fin d’année. Un pari à tenter pour ceux d’entre vous qui veulent se lancer sur les ICO en limitant les risques. Pour en savoir plus, rendez-vous dans Cryptos Trading.]

 

Avec les Initial Coin Offering, démultipliez vos investissements sur les cryptomonnaies

Mots clé : - - - - - - - - - - -

Florian Darras
Florian Darras
Rédacteur pour La Chronique Agora

Florian est diplômé d’un master de droit des affaires et d’un master administration des entreprises (MAE).

Il suit avec grand intérêt l’essor du financement participatif en France depuis quelques années. Du côté emprunteur, il a participé au projet d’une levée de fonds.

Au sein des Publications Agora, il travaille aux côtés de Simone Wapler pour fournir solutions fiables et informations utiles aux épargnants français.

Laissez un commentaire