Investissez sur le renouveau de l’automobile

Rédigé le 23 mai 2017 par | Nouvelles technologies Imprimer

L’automobile a façonné nos sociétés occidentales. La possibilité de déplacements individuels sur de grandes distances indépendamment des contraintes des transports en commun a permis aux travailleurs d’aller chercher des emplois éloignés de leur domicile et aux vacanciers de partir plus loin, plus souvent.

Notre économie et nos villes se sont développées autour de l’usage quotidien de la voiture individuelle. Puis, avec sa diffusion dans une part de plus en plus large de la population, posséder une automobile est devenu banal.

Tous les véhicules du marché devenant capables de transporter plusieurs passagers d’un point A à un point B à vitesse comparable, les acheteurs ont cessé de se focaliser sur l’aspect fonctionnel.

Dans les trajets travail/domicile du quotidien (qui représentent la majorité des kilomètres parcourus par les Français) rouler dans une antique Twingo ou à bord d’une Mercedes flambant neuve ne change absolument rien en termes de temps de trajet. La fiabilité des voitures a tellement progressé que tous les modèles, même les plus bas-de-gamme, sont capables de traverser la France de part en part sans nécessiter d’autres interruptions que deux ou trois arrêts à la pompe.

La voiture a progressivement quitté le rôle d’outil pour prendre celui de symbole de réussite sociale. Quoi de plus impressionnant que de montrer à son voisin ou à son beau-frère une voiture fraîchement ramenée de chez le concessionnaire lorsqu’elle représente un ou deux ans de ses revenus ?

voitures

Dans les années 1960, une voiture était avant tout un moyen de transport. Au XXIème siècle, l’aspect fonctionnel a totalement disparu du discours Sources : Renault, Audi

La fin du plaisir de conduire ?

La montée en gamme des véhicules a été le moteur du marché de l’automobile sur toute la fin du XXème siècle, jusqu’à saturation. L’augmentation de la densité de population dans les métropoles a engorgé les axes de circulation. Aller travailler en voiture a cessé d’être un plaisir. Pour l’automobiliste contraint à ce mode de déplacement, les trajets sont devenus synonyme de frustration : coût, pollution, temps perdu, risque d’accident…

Une partie de plus en plus importante de la population s’est détournée de l’automobile pour préférer les déplacements à pied, à vélo ou en transports en commun pour les trajets du quotidien. Depuis la fin des années 1970, le nombre de permis de conduire de catégorie B est en baisse quasi-continue. Seuls 760 000 permis ont été délivrés en 2013, un chiffre jamais vu depuis 1963.

Ce changement dans les habitudes de déplacement a profondément bouleversé l’image de la voiture chez les jeunes actifs. Préférant éviter de s’enfermer dans un habitacle pour les trajets travail/domicile, cette catégorie de la population ne voit plus l’objet comme un achat désirable ou même nécessaire. Avec la perte de cette utilité fonctionnelle, la voiture a aussi perdu son rôle de marqueur de statut social.

La voiture ne fait plus partie des sujets de discussion de prédilection des jeunes urbains, et pour cause : ils n’en ont jamais eu et ne comptent souvent pas en acheter à court terme ! Ce sujet n’étant plus au centre de leurs préoccupations, ils sont moins sensibles aux traditionnelles images de marque lorsqu’ils passent à l’achat. Pourquoi acheter une Mercedes ou une BMW alors qu’une petite citadine fera l’affaire ? L’achat d’une voiture n’est plus un plaisir anticipé des mois à l’avance mais une dépense qui ne sera faite que lorsqu’elle est inévitable pour des raisons de changement de mode de vie.

Les nouvelles générations achètent et renouvellent leurs véhicules comme leur électroménager domestique, ce qui explique le marasme dans lequel les constructeurs automobiles se trouvent depuis une quinzaine d’années.

Le marché automobile touché par les subprime

Vous vous souvenez sans doute de la faillite et de la nationalisation de General Motors en 2009. La crise des subprime et la baisse d’activité mondiale ont été les éléments déclencheurs qui ont conduit au dépôt de bilan… mais la cause première des difficultés reste la baisse de l’activité du géant. Entre 2000 et 2009, le volume de vente du constructeur aux Etats-Unis s’était effondré, passant de cinq à deux millions d’unités annuelles.

Pour les actionnaires et les créanciers de GM, la perte a été lourde. Suite au dépôt de bilan, le groupe a été nationalisé à l’été 2009. La nouvelle entité, libérée de ses dettes, a connu une nouvelle introduction en Bourse fin 2010. Après des milliards de dollars de perte sèche, les investisseurs ont pu – timidement – revenir sur le dossier.

L’histoire a failli se produire à l’identique en France. En 2012, alors que l’effet de la crise des subprime commençait à s’estomper et que le CAC 40 débutait sa remontée fantastique, le groupe PSA s’enfonçait en pleine tourmente. Entre baisse des ventes, fermetures d’usines, dépréciations d’actifs et rumeurs de faillite, les marchés ne donnaient pas cher du constructeur.

Pendant ce temps Renault, son concurrent historique, tentait péniblement de remonter la pente après ses plus bas de 2009. Si la situation n’était pas aussi grave que chez Peugeot, le cours de Renault avait tout de même été divisé par 10 entre 2007 et 2009.

Même si la faillite a été évitée, voir un titre perdre 90% de sa valeur reste une expérience douloureuse pour un investisseur. Ceux qui ont eu le courage de ne pas jeter l’éponge sont aujourd’hui récompensés. La situation des constructeurs automobiles s’améliore sensiblement, les années de disette s’éloignent et les bilans repassent dans le vert.

La fin de la traversée du désert

Vous connaissez ma prudence quand il s’agit de surveiller la rentabilité des entreprises avant d’y investir. Si l’embellie du secteur n’avait été due qu’à un tour de passe-passe administratif comme la faillite de General Motors suivie d’une résurrection boursière quelques mois après, je ne vous conseillerais pas d’investir dans l’automobile.

Force est de constater que le secteur, dans son ensemble, va fondamentalement mieux. Les ventes de voitures particulières neuves ont progressé de plus de 5% en 2016. Au niveau européen, le nombre de voitures vendues dépasse les 14,6 millions – un nombre très proche du niveau d’avant-crise.

Globalement, l’amélioration touche de manière équivalente notre marché national et le marché européen. Cette similarité des situations est très rassurante sachant que notre pays est champion des subventions et primes en tout genre qui viennent fausser le jeu de l’offre et de la demande.

Or, vous le savez, les subventions ont tendance à disparaître du jour au lendemain. Dans le cas de l’automobile, où les primes d’Etat ont pu représenter plusieurs milliers d’euros au plus fort de la débauche d’argent public, ces subventions font et défont le marché national.

Il ne s’agit pas ici de nier en bloc les bienfaits du Keynésianisme. Lors des périodes de grosses primes à la casse, les subventions ont très certainement sauvé nos constructeurs nationaux. Nous pouvons donc nous féliciter de leur caractère à la fois important et temporaire.

Les phases de fortes subventions sont toutefois un drapeau rouge quand il s’agit d’investir dans un secteur. Une industrie habituée à vivre sous perfusion étatique se trouve en grande difficulté lorsque la manne se tarit.

Ce n’est, heureusement, plus que marginalement le cas sur notre marché français. Les chiffres européens, représentant des économies bien plus variées, viennent valider ce constat.

Le meilleur reste à venir

Les bonnes nouvelles de ces derniers mois sont d’autant plus positives qu’elles ne concernent que le renouvellement dit naturel du parc automobile. La crise des subprime, dont nous sentons encore les effets, est arrivée il y a une dizaine d’années. Les voitures ont continué à vieillir pendant ce temps. Sachant que l’âge moyen d’un véhicule particulier est d’un peu moins de neuf ans, il est logique que les commandes reprennent d’autant plus fort qu’elles avaient été retardées par les acheteurs.

Ce qui fait de l’automobile la cible idéale de vos investissements, c’est que de nombreuses innovations sont dans les cartons et ne demandent qu’à arriver sur le marché.

Avec ces nouveautés, les clients retrouveront la tentation de remplacer leurs véhicules toujours fonctionnels par des modèles plus récents… Un phénomène que le secteur n’avait pas vu depuis la fin des années 90 et la relative stagnation des gammes.

Un phénomène qui est en outre soutenu par la multiplication des innovations technologiques dans le secteur automobile. Voitures plus sûres, de plus en plus autonomes, de plus en plus connectées, de moins en moins polluantes. Autant de promesses qui vont inciter les automobilistes à changer de modèle.

Demain, je vous propose d’étudier comment en profiter en misant sur les technologies les plus prometteuses.

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Etienne Henri
Etienne Henri
Il sélectionne les dossiers d’investissement en financement participatif du service Profits Réels.

Etienne Henri est titulaire d’un diplôme d’Ingénieur des Mines. Il débute sa carrière dans la recherche et développement pour l’industrie pétrolière, puis l’électronique grand public. Aujourd’hui dirigeant d’entreprise dans le secteur high-tech, il analyse de l’intérieur les opportunités d’investissement offertes par les entreprises innovantes et les grandes tendances du marché des nouvelles technologies.

2 commentaires pour “Investissez sur le renouveau de l’automobile”

  1. Je vous prie de bien vouloir me desabonner de votre site internet ‘LA QUOTIDIENNE DE LA CROISSANCE’ – quotidienne-angora.onesignal.com SVP !
    J’ai deja fais cette demande la semaine derniere mais sans succes.

    Cordialement,

    Nathalie Nuber

  2. Bonjour, nous aurions besoin que vous nous communiquiez l’adresse e-mail avec laquelle vous vous êtes abonnée à cette newsletter. Il semblerait qu’il ne s’agisse pas de celle avec laquelle vous nous écrivez ce commentaire, celle-ci n’apparaissant pas dans notre liste d’abonnés. Nous pourrons ainsi remédier à ce problème. Cordialement.

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