Qu'est ce qui rend l'investissement agricole si difficile ?

Rédigé le 30 janvier 2013 par | Nouvelles technologies Imprimer

Les cendres fument encore, et le marché recommence déjà à s’inquiéter. Le secteur actuellement sous tension, c’est tout le marché du blé. Vous vous souvenez probablement, ce dernier a été durement éprouvé cet été, alors que les Etats-Unis connaissaient une de leur période de sécheresse les plus dure depuis 50 ans.

On efface pas facilement les séquelles du climat, qui plus est lorsque les terres touchées fournissent 9% du blé mondial. C’est ce que découvrent actuellement les marchés. Les plantations de blé d’hiver souffrent de la pauvreté des sols, alors que les réserves hydriques ont déjà touché des seuils particulièrement bas. Qui plus est, l’hiver doux n’a pas aidé à reconstituer les réserves.

Le marché est donc tendu. Mais au-delà des conséquences de la sécheresse sur les cours des céréales, je veux vous parler aujourd’hui des différentes manières de profiter du marché de l’agriculture. Fondamentalement haussier, et alors que le blé nous offre une nouvelle fois une perspective positive, le marché n’est pas facile à appréhender.

Je vous propose d’abord de faire un petit état des lieux du marché agricole. Vous verrez, si les opportunités sont difficiles à dénicher, elles existent tout de même, et pourraient même s’avérer exceptionnellement profitables.

Le blé, la céréale rebelle
A l’automne 2012, les cours des principales matières agricoles ont commencé à redescendre des cimes qu’elles avaient atteintes pendant l’été. L’ETF Amundi Commodities S&P GSCI Agriculture perdait ainsi 12% entre mi-septembre et décembre 2012.

Toutefois à partir de décembre, le blé a repris sa marche en avant, laissant derrière lui le soja et le maïs. C’est alors que les marchés se sont aperçu des conséquences à long terme de la sécheresse. Selon l’Observatoire américain de la sécheresse, 5,5% du territoire américain avait été touché par une sécheresse extrême.

Territoires les plus affectés par la sécheresse de juillet 2012

Cours de Fronterra Shareholders' Fund (FSF) de novembre 2012 à janvier 2013

Ainsi pour l’USDA, l’agence de l’agriculture américaine, « les semis de blé américains, en sommeil depuis novembre, sont dans les pires conditions depuis 1985 ». Au niveau local, certains Etats connaissent des conditions dramatiques. Dans l’Oklahoma par exemple, 92% des surfaces souffrent actuellement d’un manque d’humidité.

La Russie enfonce le clou
Comme si les Etats-Unis n’y suffisaient pas, la Russie est en train de vivre à son tour des conditions extrêmes. Le winter kill, cette vague de froid qui détruit tout sur son passage, est plus vigoureux que les années précédentes sur le territoire russe. Résultat, 9% des surfaces cultivées actuellement seraient victimes de cet événement climatique.

Aujourd’hui, les marchés s’inquiètent des quantités de blé qui seront disponibles cet été pour les récoltes. Une chose est sûre, c’est que les stocks sont déjà très faibles. Ils devraient s’établir à un niveau atteint seulement deux fois au cours des 50 dernières années, pour représenter 7,9% de la consommation mondiale. Et malheureusement, il ne faudra pas attendre de miracle de la prochaine récolte.

Comme le relevait le journal Les Echos la semaine dernière, seulement 125 millions de tonnes de blé seraient disponibles cette année à l’exportation, contre 164 millions l’année précédente.

Comment jouer la tendance haussière des céréales ? Je reviens régulièrement sur le marché de l’agriculture, les événements climatiques semblant se donner le mot pour ne jamais laisser un moment de répit aux cours. Pour bien investir dans l’agriculture, il faut d’abord savoir une chose : les titres sur l’agriculture sont rares !

Ils ne sont pas rares dans l’absolu, mais rares en comparaison des autres secteurs des matières premières que sont l’énergie et les métaux. A titre d’exemple, il existe 1 419 sociétés minières listées sur la place de Toronto !

Or dans l’agriculture, il faut savoir que 85% de la production mondiale est le fait de petites exploitations, qui ne sont, bien entendu, pas cotées. C’est pourquoi les quelques groupes cotées déchaînent les passions. Rappelez-vous, en fin d’année, j’étais revenu dans l’Edito Matières Premières sur la vague d’achat de sociétés de taille moyenne par les leaders du secteur.

Le paysage est pourtant en train d’évoluer. Deux pistes s’ouvrent petit à petit à nous.

C’est une tendance de fond, les petits producteurs se regroupent, et parfois décide de se lister. Ce fut le cas l’année dernière des agriculteurs dans le manioc au Mozambique, ou des agriculteurs de la région anglaise de Midlans. En Nouvelle-Zélande, la coopérative laitière Fronterra a même réussi à lever 525 millions de dollars en introduisant le fonds Fronterra, qui réplique les performances du fonds, en Bourse.

Cours de Fronterra Shareholders’ Fund (FSF) de novembre 2012 à janvier 2013

Cours de Fronterra Shareholders' Fund (FSF) de novembre 2012 à janvier 2013  

Pour le directeur de Masdar Farming, l’agriculture est « la dernière grande industrialisation ». Alors que cette tendance s’étalera encore sur les 20 à 30 prochaines années, ce secteur m’apparaît effectivement comme le plus prometteur pour profiter de la hausse des besoins agricoles.

Mon conseil
Je vous ai donné les deux pistes les plus prometteuses pour profiter du marché agricole. Je vous recommande de regarder d’abord du côté des fournisseurs d’équipements agricoles. Etant à mi-chemin entre agriculture et industrie, les résultats de ces compagnies sont moins soumis aux aléas climatiques qui règnent désormais en maître sur le secteur de l’agriculture. Ainsi les producteur d’engrais, à l’image de SQM, ou les semenciers, comme Syngenta, font partie des secteurs les plus attirants actuellement.

[NDLR : Pronostiquant que certaines valeurs seront en première ligne pour répondre au manque d’eau, Matières à Profits s’est positionné sur une valeur de l’irrigation dès la fin de la sécheresse aux Etats-Unis. Leader de son marché, cette valeur est actuellement choyée par les investisseurs du NYSE. Bientôt en portefeuille, cette valeur vous permettra de profiter de la hausse du marché américain, et du mouvement d’industrialisation des campagnes dans le monde. Pour en savoir plus, abonnez-vous à Matières à Profits]

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