Investir dans les objets connectés

Rédigé le 9 mars 2016 par | Nouvelles technologies Imprimer

Vous souvenez-vous de l’arrivée d’Internet à votre domicile ? Si vous faites partie des pionniers, vous vous souvenez de la douce musique du modem lorsque vous vous connectiez et des pages qui mettaient plusieurs secondes à s’afficher. Peut-être avez-vous franchi le cap avec l’arrivée de l’ADSL, et avez pu naviguer bien plus rapidement.

Avec l’arrivée des smartphones, tout s’est encore accéléré. La connexion à Internet a cessé d’être liée à un ordinateur, et ces petits appareils nous permettent aujourd’hui de surfer sur le Web, relever nos emails, voire réserver un billet d’avion en quelques secondes depuis n’importe où.

L’accès permanent à Internet a permis à de nouveaux usages d’émerger, et façonne également notre comportement de citoyens-consommateurs.

De nombreux pans de l’économie sont bouleversés par la connectivité permanente : les services de mise en relation comme Uber et Airbnb n’ont de sens que si les acteurs (fournisseurs de service et clients) peuvent être joints à tout moment.

Connecter les objets…

Après avoir connecté les hommes, la tendance est à la connectivité des objets.

Si vous avez un smartphone, vous faites déjà partie des possesseurs d’objets connectés. Ils sont de plus en plus nombreux : montre intelligente, dispositifs paramédicaux (podomètre, pèse-personne) et alarmes sont autant d’appareils électroniques qui gagnent à être connectés à Internet.

Le passage d’un objet du quotidien en un objet connecté bouleverse son usage. La connexion d’un objet à un serveur informatique vous permet de le consulter à tout moment de la journée, d’effectuer des actions à distance (par exemple en mettant en marche le chauffage de votre résidence secondaire quelques jours avant votre arrivée) voire de confier vos données à un algorithme (avec les podomètres connectés, vous recevez sur votre téléphone encouragements ou réprimandes selon l’activité physique que vous avez eu au cours de la journée).

Les industriels ont bien compris que les clients raffolent de ce contrôle accru sur leurs objets et à quel point les objets connectés deviennent addictif une fois que leur usage a été accepté par l’utilisateur.

L’intérêt industriel est donc double. D’une part, le passage d’un objet classique à un objet connecté oblige bien souvent à remplacer son ancien produit, augmentant mécaniquement le taux de renouvellement.

D’autre part, leur côté addictif fidélise les clients avec une vitesse et une intensité jamais atteintes auparavant.

Etes-vous capable aujourd’hui de donner la marque de votre pèse-personne ? Probablement pas si c’est un modèle classique.

Si vous optez pour une balance connectée, vous verrez son logo s’afficher sur votre smartphone plus d’une dizaine de fois par semaine. Sans le savoir, vous vous imprégnerez au quotidien de sa marque et deviendrez bien vite un ambassadeur.

Les objets connectés pour l’investisseur

Vous avez sûrement remarqué pendant les fêtes que les objets connectés envahissent les têtes de gondole des magasins high-tech et celles des grandes surfaces. Les industriels ont tous dans leurs cartons au moins un modèle connecté de leur produit-phare, et votre assurance vous a peut-être même déjà proposé un pèse-personne ou un mouchard kilométrique connectés – pour votre bien, évidemment.

Evolution du nombre de recherches sur "Objets connectés" dans Google entre 2007 et 2015 Evolution du nombre de recherches sur « Objets connectés » dans Google entre 2007 et 2015 Cliquez sur le graphique pour l’agrandir

Aucun doute : la tendance est là. Alors, comment en profiter en tant qu’investisseur ?

La première chose à savoir est que nous sommes bel et bien face à une mode. Il est trop tôt pour dire si elle mérite le qualificatif de bulle, mais vous devez faire preuve de toute la vigilance possible lorsque vous décidez d’investir dans un domaine technologique.

Les objets connectés sont à la fois nouveaux et prometteurs. Cela signifie qu’en ce moment, les industriels dépensent énormément en Recherche & Développement sur ce sujet et que peu de modèles sont réellement commercialisés en masse. Cela signifie également qu’il est difficile de dire quel sera le niveau de rentabilité une fois ces produits mis sur le marché.

N’oubliez pas que votre premier devoir d’investisseur est d’abord de ne pas perdre d’argent.

En juin 2015, le leader mondial des appareils connectés pour la santé Fitbit a fait son IPO (introduction en bourse) sur le New York Stock Exchange.

Cette société américaine fondée en 2007 a vendu plus de 20 millions d’objets connectés depuis sa création. Ses produits vont du bracelet podomètre au pèse-personne, en passant par les montres intelligentes. Ils sont régulièrement primés par la presse high-tech.

En mars 2015, la société s’est offert une belle publicité lorsque Barrack Obama s’est affiché avec un podomètre Fitbit lors d’une conférence de presse. Un modèle de success-story à l’américaine, donc ? Peut-être, mais certainement pas pour les investisseurs qui ont souscrit à l’IPO.

Cours de l'action Fitbit depuis son introduction en bourse Cours de l’action Fitbit depuis son introduction en bourse

Après avoir grimpé jusqu’à 50 $, l’action Fitbit s’échange maintenant dans les 12 $, son plus bas historique. Elle ne présente aucun signe de retournement à moyen-terme.

L’action de ce spécialiste des objets connectés a été malmenée et les perspectives ne sont pas reluisantes malgré les millions de produits vendus.

Si les pure-players du secteur sont massacrés en bourse et peinent à être rentables, comment gagner de l’argent en investissant sur ce marché ?

Ne cherchez pas à miser sur le bon cheval, investissez dans l’hippodrome

Il ne fait aucun doute que les objets connectés sont en train d’inonder le marché des produits de grande consommation. Dans les prochains mois et les prochaines années, ils vont devenir omniprésents dans nos foyers.

En revanche, la rentabilité des entreprises qui les commercialisent est tout sauf évidente.

La stratégie que je vous propose aujourd’hui est de ne pas chercher à trouver la pépite mais de préférer un investissement plus large. Personne ne peut dire aujourd’hui si Fitbit et Parrot seront durablement rentables. Il existe une entreprise qui, pourtant, gagne de l’argent à chaque fois qu’un objet connecté est commercialisé. Il s’agit d’ARM, qui conçoit les puces électroniques au coeur de la quasi-totalité de ces produits.

Fondé en 1990, le britannique a longtemps été considéré comme le parent pauvre d’Intel et AMD. Depuis l’arrivée des smartphones en 2008, tout a changé pour la société. Si l’action s’échangeait à 3,84 $ cette année-là, le cours a été décuplé jusqu’à dépasser les 50 $ l’année dernière. En repli vers les 40 $ en ce moment, l’action ARM Holdings est un moyen défensif d’investir dans les objets connectés.

Cerise sur le gâteau, on parle même d’une possible incursion de la société dans le marché des équipements serveur du Cloud d’ici à 2020. Une ouverture à ce marché lucratif représenterait un relais de croissance supplémentaire pour la société. [NDLR : Dans NewTech Insider, Ray Blanco a fait un choix très similaire : pour miser sur le développement des objets connectés, mais aussi la voiture autonome ou encore le développement de l’intelligence artificielle, il vous propose d’investir sur un des leaders des micro-processeurs. Sans ses puces, pas d’ordinateurs performants, pas de réalité virtuelle, pas de smartphones… Une recommandation à découvrir dans NewTech Insider]

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Etienne Henri
Etienne Henri
Il sélectionne les dossiers d’investissement en financement participatif du service Profits Réels.

Etienne Henri est titulaire d’un diplôme d’Ingénieur des Mines. Il débute sa carrière dans la recherche et développement pour l’industrie pétrolière, puis l’électronique grand public. Aujourd’hui dirigeant d’entreprise dans le secteur high-tech, il analyse de l’intérieur les opportunités d’investissement offertes par les entreprises innovantes et les grandes tendances du marché des nouvelles technologies.

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