Bien investir sur le Bitcoin en luttant contre l’émotion la plus dangereuse

Rédigé le 11 octobre 2017 par | A la une, Bitcoin et cryptomonnaies, Nouvelles technologies Imprimer

Si seulement j’avais investi dans le Bitcoin, à l’époque… Admettons que quelqu’un vous parle d’une occasion d’investissement qui vous permettrait de transformer une petite somme – quelques centaines de livres sterling, ou quelques heures de travail – en des dizaines de millions.

Imaginez ensuite que vous ayez été trop occupé pour y accorder suffisamment d’attention, ou que vous n’ayez simplement pas été intéressé, ou que vous ayez pensé que l’idée était mauvaise… et que vous ayez laissé passer cette occasion.

Une occasion qui est ensuite devenue une réussite stellaire, une occasion qui restera sans doute sans nul autre pareil pendant votre vie. Une occasion qui vous aurait permis, à vous et à vos héritiers, de vivre dans le luxe pendant des générations et des générations.

Comment vous sentiriez-vous ?

Sans doute un peu comme beaucoup d’autres gens aujourd’hui. Parce qu’une occasion de ce genre vient de nous passer sous le nez… « Non, rien de rien, non, je ne regrette rien… » Ah oui, mais si. Le Bitcoin.

x24 000 pour le Bitcoin

Ce week-end, j’ai cherché dans mes e-mails les occurrences du mot « Bitcoin ». Je voulais voir quand il était apparu pour la première fois dans ma boîte : la date correspondrait probablement à peu de choses près à la première fois que j’en ai entendu parler.

Il s’avère que c’était en décembre 2010. Une lettre d’information à laquelle j’étais abonné au temps jadis a posté un lien vers un article de Keir Thomas, sur le site web de PC World (et pourquoi pas ?).

Je l’ai parcouru rapidement, je me suis dit que l’idée semblait bonne, mais j’étais si concentré sur ce que je faisais d’autre à l’époque que je ne m’y suis pas intéressé de plus près.

Le cours du Bitcoin à l’époque était de 0,23 $. Il a aujourd’hui été multiplié par plus de 24 000 (à l’heure où j’écris ces lignes, un bitcoin vaut environ 4 700 $).

Si j’avais parié 100 livres, j’en aurais aujourd’hui 2,4 millions.

Si j’en avais parié 1 000, j’en aurais 24 millions.

Si j’en avais parié 10 000, j’en aurais 240 millions !

Et ainsi de suite.

Juste là, dans cet article de PC World, on proposait la plus belle occasion d’investissement que nous verrons au cours de nos vies.

Je pourrais bien sûr m’en vouloir terriblement – et croyez-moi, c’est le cas – de ne pas avoir prêté à cette affaire autant d’attention que j’aurais dû. Mais il n’est tout simplement pas possible de lire, de digérer entièrement et de prendre les mesures adéquates pour la pléthore d’informations qui se retrouvent sur notre bureau au quotidien.

En l’espace d’un an environ, j’ai fini par en apprendre un peu plus, mais j’étais très investi dans l’or à l’époque, donc je ne me suis jamais positionné sur le Bitcoin aussi complètement que ce que j’aurais dû. Et puis, son prix ne cessait de doubler, passant de 1 $ à 2 $, de 2 $ à 4 $, de 10 $ à 20 $…

J’avais vu tant de petites capitalisations doubler et tripler avant de perdre 95% de leur valeur que j’étais, d’instinct, réticent à l’idée de me mettre en chasse sur un marché aussi volatile. D’une certaine manière, c’est ce que l’on appelle de l’auto-discipline.

Si seulement j’avais su à l’époque ce que je sais aujourd’hui ! Même à 100 $, c’était l’occasion d’une vie !

En vérité, l’une des raisons pour lesquelles j’ai écrit mon livre sur le Bitcoin* est que je m’en voulais de ne pas avoir investi autant que ce que j’aurais dû. Le livre était une manière de me rattraper.

Je vous ai parlé de ma propre expérience, mais le monde est plein d’histoires similaires. Je reçois chaque jour des e-mails et des messages disant : « si seulement j’avais acheté du Bitcoin… »

Mais qu’en est-il de ceux qui ont vu la lumière, fait le grand saut et se sont positionné tôt, tout en faisant confiance à MtGox ? Cette terrible affaire a permis le vol de 900 000 bitcoins (aujourd’hui d’une valeur de 4,2 milliards de dollars). Le plus grand hold-up de l’Histoire. Comment ces gens-là se sentent-ils ?

Qu’en est-il des gens qui ont acheté à 0,5 $ et vendu à 5 $, en pensant qu’ils étaient des génies parce qu’ils avaient décuplé leur mise ?

Et les disques durs perdus, et les clés égarées ?

Quelques mois après ce premier article – c’est-à-dire au printemps 2011– l’un des auditeurs de mon podcast m’a envoyé un e-mail en disant que je devrais m’intéresser au Bitcoin. A ce moment-là, il coûtait 0,75 $. Je lui ai parlé hier. Je lui ai rappelé cet e-mail, et je lui ai demandé combien il avait investi à l’époque.

Il m’a fait un récit qui a définitivement annihilé tous les regrets que je ressentais jusque-là. Il minait des Bitcoins sur son ordinateur portable au travail. Quand il rentrait chez lui le soir, il laissait son ordinateur tourner, et miner des bitcoins pendant la nuit. Il finit par accumuler une belle somme.

Mais lorsqu’il quitta son travail, son entreprise reprit son ordinateur et formata son disque dur. Tous ces Bitcoins ! Disparus !

Ce que vous auriez pu gagner : toute une vie de regrets amers (et un bateau à moteur).

Du FOMO au SSAS

Tous les marchés haussiers génèrent une frustration de n’avoir pas assez investi. Le Bitcoin, qui a connu une croissance sans égal, a généré une frustration sans nulle autre pareille.

Lorsque l’on observe constamment les cours, on se voit constamment rappeler les prix auxquels on aurait pu acheter ou vendre. En d’autres termes, on se voit constamment rappeler ses propres erreurs.

C’est un petit peu comme une rediffusion permanente du jeu télévisé Bullseye, où le présentateur, Jim Bowen, montrait aux concurrents, quelques secondes après qu’ils aient perdu, les prix qu’ils auraient pu gagner s’ils avaient joué un peu mieux. « Vous auriez pu rentrer chez vous avec ceci », disait-il aux joueurs déprimés, avant de leur montrer des voitures, des safaris au Kenya et autres lots du même acabit.

En anglais, on parle de FOMO, pour fear of missing out, la crainte de passer à côté de quelque chose.

Il nous faudrait le même genre d’acronyme pour les situations de ce genre. Nous allons donc en inventer un : le RDNPAAI, ou regret de ne pas avoir assez investi, ce n’est pas facile à dire… disons plutôt le « SSAS » pour « si seulement j’avais su ».

Le SSAS n’est pas une émotion constructive. Elle est source d’amertume. Elle crée des gens ennuyeux. Elle crée une mentalité de victime. Comme le disent les psychologues du sport, « ne vous préoccupez que de ce sur quoi vous avez une influence », ou comme me le dit mon agent sans arrêt « contrôle ce qui est contrôlable ».

La seule chose que vous pouvez influencer aujourd’hui, c’est le présent et l’avenir – pas le passé. Il faut passer à autre chose.

Mais les êtres humains sont comme ils sont, et nous continuons malgré tout à nous en vouloir pour nos erreurs.

La réalité, c’est que si j’avais acheté 1 000 livres de bitcoins à l’époque où un bitcoin ne valait que 0,23 $, je les aurais vendus trop tôt, ils auraient été volés (je me suis d’ailleurs effectivement fait voler quelques bitcoins, mais c’est une histoire que je vous raconterai un autre jour)… j’aurais pu faire toute une quantité d’erreurs.

Les chances pour que j’aie conservé tous mes bitcoins sans exception jusqu’à aujourd’hui sont extrêmement faibles. La même chose est vraie pour toutes les autres personnes qui ressentent le syndrome du SSAS en regardant le cours du Bitcoin. Un milliard de choses auraient pu aller de travers, même si votre achat, au départ, était une bonne idée.

Je pense donc que le message de notre lettre d’aujourd’hui est tout simple : regardez autour de vous, regardez devant vous, regardez votre situation actuelle et oui, regardez le passé.

Mais quand vous le ferez, rendez-vous compte que même si vous n’aviez pas commis telle ou telle erreur, cela aurait ouvert la voie à un million d’autres erreurs. Le scénario idéal n’est jamais la réalité.

Soyez rationnel, et montrez un peu de compassion envers vous-même.

Ne vous complaisez pas dans le SSAS.

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*Bitcoin: The Future of Money? Amazon

 

 

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Dominic Frisby
Dominic Frisby

Dominic Frisby intervient régulièrement dans MoneyWeek et dans la Quotidienne avec pour sujets de prédilection l’or, les matières premières et les cryptomonnaies. C’est un investisseur privé, qui avoue un intérêt marqué pour les minières aurifères juniors. Il est l’auteur des livres Bitcoin: the Future of Money? and Life After The State.

Un commentaire pour “Bien investir sur le Bitcoin en luttant contre l’émotion la plus dangereuse”

  1. Merci pour votre article, excellent!

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