Ce que l'intelligence artificielle aurait pu faire pour la Grèce

Rédigé le 1 juillet 2015 par | Macro éco et perspectives Imprimer

Cher lecteur,

L’information ne vous a certainement pas échappé : la Grèce n’a pas remboursé le FMI.

Dans Agora Trading, Mathieu Lebrun faisait le point sur ce que signifiait ce non-remboursement :

La notion de défaut vis à vis du FMI est importante. A la mi-juin, l’agence de notation Standard & Poor’s avait rappelé qu’une absence de remboursement d’un Etat auprès d’un de ses créanciers publics (comme par exemple une banque centrale ou donc le FMI) n’était pas à proprement parler un défaut de paiement. On joue ici sur les termes entre défaut et arriéré/retard de paiement.

En effet, Christine Lagarde n’actera l’absence de remboursement qu’en fin de mois, lors du conseil d’administration du FMI (d’ici là, le gouvernement grec pourrait potentiellement avoir régularisé sa situation).

Mais plus que vis-à-vis de la sphère publique donc, la terminologie est surtout essentielle pour les autres détenteurs de dettes privés, avec le corollaire des CDS sur la dette du pays qui se déclencheraient dans le cas d’un défaut (avec les banques européennes qui seraient alors en première ligne).

J’en viens à regretter que l’intelligence artificielle ne soit pas encore tout à fait au point et qu’elle ne serve pas plus à nos politiques pour prendre leurs décisions.

Que se serait-il passé en 2010 si on avait soumis le cas grec à une machine intelligente ?

Elle aurait pris en considérations les faits et chiffres. Elle aurait noté que la dette grecque dépassait les 120% du PIB et aurait certainement pris en considération l’environnement économique pas évidentes (répercussions du krach de 2007, ralentissement économique aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis, euro fort…) pour en conclure que le pays aurait dû mal à non seulement rembourser cette dette mais toute dette supplémentaire.

Notre intelligence artificielle aurait-elle fait grands cas des plus ou moins supposés « crimes » de la Grèce ? Je n’en sais rien mais je suis certaine qu’elle aurait privilégié les faits et chiffres évoqués plus haut : la Grèce ne peut pas rembourser une dette atteignant les 120% du PIB.

La solution qu’aurait très certainement proposée notre intelligence artificielle ? La restructuration. Méthode certes radicale mais qui aurait évité, par amputation, le phénomène de gangrène.

Malheureusement, nous avons laissé à des humains la gestion de la crise grecque. La gangrène a progressé, la dette dépasse les 175% du PIB, la Grèce est au bord de la faillite, du Grexit. La monnaie unique a mis à bas le principe d’union et de solidarité. Et nous ne savons toujours pas quoi faire de la dette grecque (petit indice : cela serait pas mal d’enfin la restructurer…).

Si je vous parle d’intelligence artificielle ce n’est bien sûr pas uniquement pour le plaisir de m’énerver un peu plus sur la catastrophique gestion du dossier grec depuis 2010 mais aussi pour celui de vous parler des dernières nouvelles sur le front de l’intelligence artificielle. C’est ce que nous allons voir tout de suite.

Cécile Chevré

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Cécile Chevré
Cécile Chevré
Rédactrice en Chef de La Quotidienne Pro

Cécile Chevré est titulaire d’un DEA d’histoire de l’EPHE et d’un DESS d’ingénierie documentaire de l’INTD. Elle rédige chaque jour la Quotidienne de la Croissance, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance.

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