Automobile et roquefort : les deux priorités d'Obama

Rédigé le 22 janvier 2009 par | La quotidienne Imprimer

En période de crise et de déroute des actions, les marchés deviennent aussi intéressants à observer qu’un documentaire animalier… dans lequel un petit mammifère végétarien, un opossum par exemple, ferait une entorse à son régime pour se tailler un bon steak dans la cuisse d’un lion.

Ainsi, Fiat a pris une participation à hauteur de 35% dans le capital du géant Chrysler. Bon, évidemment, le repas du constructeur italien risque d’être un peu faisandé car Chrysler ne vaut plus grand-chose…

Les constructeurs automobiles, c’est la crise dans la crise. L’état d’urgence est déclaré et les gouvernements multiplient les plans de relance, dont l’industrie automobile est l’un des principaux bénéficiaires. Traitement de faveur ?

L’industrie automobile est un symbole pour les Etats-Unis, presque l’enfant chéri d’un pays attaché à ce secteur industriel historique. C’est une tradition associée à des marques — General Motors, Ford, Chrysler — mais aussi à des villes emblématiques — Detroit, Chicago et toute la Rust Belt, dont est originaire Barack Obama. Bref, le mythe du cowboy en quête de grands espaces et GM, même combat.

Plus concrètement, 10% de l’emploi américain dépend de l’industrie automobile. Combatifs et bien organisés, les syndicats automobiles ont empêché une délocalisation massive de la production, vers le Mexique par exemple.

Comme l’explique Michel Blanchot dans le nouveau numéro de MoneyWeek, aujourd’hui en kiosque, la faillite de GM serait une véritable catastrophe : "Pour reprendre une interrogation largement employée à propos des banques : ‘Is GM too big too fall ?’ Que perdrait la collectivité si l’entreprise périclitait ? Beaucoup."

"Hormis les emplois, GM a émis ou a été l’objet d’émission de nombreux produits dérivés, type CDS. Sa disparition pourrait générer des turbulences de l’ampleur de celles qu’a engendrées la disparition de Lehman Brothers, à savoir la perte de la contrepartie à tous ces produits émis, avec pour corollaire des conséquences imprévisibles."

A MoneyWeek, nous n’avons pas encore trouvé la pilule du bonheur qui nous rendrait optimistes sur l’avenir des plans de relance, en particulier de ceux destinés à l’industrie automobile mais, dans notre dernier numéro, nous vous proposons deux voies à suivre pour tirer votre épingle du jeu. Dans le cahier Bourse de La Vie Financière, nous avons sélectionné des valeurs françaises qui vont profiter des plans de relance européens et américains.

Et même si le secteur automobile, comme les Shadoks, pompe sans fin les milliards, nous vous expliquons dans notre dossier pourquoi le secteur des voitures hybrides va être un des seuls à vraiment profiter des aides gouvernementales.

Et parce qu’il est bon de conclure en se recentrant sur les priorités de l’économie, voici le titre d’un article qui était à la une du Figaro Economie hier : "le roquefort, premier différend commercial à gérer pour Obama". Revenons aux vraies valeurs…

Cécile Chevré
Cécile Chevré
Rédactrice en Chef de La Quotidienne Pro

Cécile Chevré est journaliste depuis une dizaine d’années. Elle s’intéresse à tous les secteurs de l’économie qui sont en mouvement, des nouvelles technologies aux matières premières en passant par les biotech. Elle rédige chaque jour la Quotidienne de la Croissance, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance, ainsi que les Marchés en 5 Minutes.

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