Quel est le prix de l’indépendance ?

Rédigé le 2 février 2011 par | La quotidienne Imprimer

Tels des mouches sur des ânes, les médias ont changé de cible. Adieu la Tunisie, l’Egypte remplit maintenant écrans de télévision et colonnes de journaux.

Aucun expert n’avait vu venir les troubles sociaux qui allaient éclater en raison de la folle politique d’endettement suicidaire de l’Occident.

Personne, sauf nous. Nous étions les seuls à mettre en garde contre les dangers d’imprimer la fausse monnaie, de l’inflation qui, nécessairement, en découlerait. Du retour des émeutes de la faim. Inlassablement depuis deux ans, depuis que ces folles mesures de sauvetage de la croissance par l’usage exclusif de la dette ont commencé, nous en dénonçons les effets pervers.

Cette inflation — voulue par nos grands apprentis sorciers de banquiers centraux– spolie les pauvres qui dépensent tout ce qu’ils gagnent pour se nourrir. Elle va bientôt spolier les « riches », c’est-à-dire ceux qui dépensent moins que ce qu’ils gagnent car ils ne se fient pas nécessairement à l’Etat-providence.

Maintenant, en 1 mot comme en 100, savez-vous ce qui va se passer ? Les Etats-Unis ne peuvent pas lâcher le canal de Suez, axe majeur du pétrole, pas laisser filer l’Egypte, leur tête de pont vers l’Iran, l’Irak, l’Afghanistan et autres pays contre lesquels ils mènent la « Guerre contre personne ». Cette expression de Bill Bonner désigne la Guerre contre le terrorisme, plan de relance décidé après le 11 septembre 2001. La Guerre contre personne est interminable et ruineuse. Le déficit va donc encore s’alourdir de nouvelles dépenses militaires. Ben Bernanke va multiplier les opérations de quantitative easing pour tenter de s’en tirer. Le dollar va encore se déprécier. Cette impression de fausse monnaie va continuer à propager l’inflation… Les troubles vont continuer…

Cette histoire va mal se terminer, nous le disons et le répétons, sans honte. Mais c’est très mal vu dans l’économie de la dette administrée par les Etats-providence.

Nous allons passer d’un monde absurde dans lequel les économies dites développées empruntent pour survivre, un monde dans lequel les emprunteurs font leur loi et les créditeurs la subissent en prêtant gentiment à un monde plus logique. Dans ce monde, les créditeurs reprendront le dessus, feront valser l’euro et le dollar. Les pauvres ne seront pas immédiatement plus riches, mais les riches le seront beaucoup moins. La misère se supporte bien mieux quand elle est partagée.

Et voici qu’un lecteur nous apostrophe au travers des boyaux d’Internet :

SCANDALEUX !

C’est le qualificatif que j’accorde à votre démarche de stress-tests des fonds euros d’assurance-vie.
– C’est scandaleux de faire payer (bien cher d’ailleurs) une information que l’on est en droit d’attendre de votre journal, dans le cadre de l’abonnement normal, en lieu et place de votre sempiternelle rubrique nécrologique de l’économie. Pour une fois qu’on pouvait avoir de vrais conseils, c’est raté.

– C’est scandaleux de votre part d’utiliser votre journal, payant, comme simple support publicitaire à la vraie information.
Souhaitant que cela vous interpelle,
GT

Nous haïssons le mot interpeller (assez judiciaire, genre « sommation interpellative »). Mais nous aimons bien les invectives.

Ce monsieur pense donc que pour 17 euros par trimestre, on peut publier et poster rentablement 81 pages de tableaux chiffrés, de commentaires et d’analyses. Il pense probablement que la « vraie information » n’a pas à être payée à son vrai prix, c’est un « droit ». Après tout, c’est vrai, n’importe qui habitant en ville se voit fourrer dans les mains trois quotidiens gratuits tous les matins.

Il y a aussi des journaux payants qui publient des dossiers appelant à investir encore dans des contrats d’assurances-vie, comme très récemment un grand quotidien économique national. Ceux-là n’ont pas de rubrique nécrologique de l’économie. Dans leurs colonnes, tout va bien et tout ira toujours mieux demain. Dans l’économie de la dette, le principal capital c’est la confiance. Il faut le préserver à tout prix. Tant pis si cela conduit à la ruine, à ne voir venir aucune crise.

Nous pensons autrement, mais c’est impopulaire. Notre dossier va au-delà de l’information, il s’agit d’analyse, de prospective et de conseils. Son prix est celui de l’indépendance.
[Et pour ceux d’entre vous qui veulent en savoir plus sur les dangers qui pèsent sur votre assurance-vie… et surtout comment vous en protéger, c’est ici…]

Pour aller plus loin aujourd’hui :
– Si vous l’avez manqué, je vous recommande l’excellent article que Jean-Claude Périvier a consacré aux révoltes en Egypte et au risque de contagion au reste de la région. Un article à lire sur moneyweek.fr

– Alors que tous les regards sont tournés vers l’Egypte, les médias et les investisseurs en oublient presque les problèmes de dettes de l’Europe. Mais pas nous ! Les valeurs espagnoles, irlandaises, portugaises ou grecques ont été massacrées en 2010. Parfois à juste titre et parfois de manière complètement injustifiée. Dans le prochain numéro de MoneyWeek, Arnaud Lefebvre revient sur ces valeurs qui méritent que vous vous intéressiez de près. Le temps de faire vos emplettes — à bon compte — est venu. 4 valeurs pleines de promesses à découvrir dès jeudi dans le nouveau MoneyWeek.
[3 numéros d’essai gratuits pour vous permettre de profitez de MoneyWeek pendant 3 semaines, et découvrir nos recommandations, nos thématiques d’investissement et nos dossiers. Pour les recevoir, c’est ici…]


Photo : tedeytan – Flickr

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Simone Wapler
Simone Wapler
Rédactrice en Chef de Crise, Or & Opportunités et de La Stratégie de Simone Wapler

Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l’ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu’elle met au service des abonnés.

Elle aborde les marchés avec l’œil du professionnel, de l’ingénieur, de l’industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d’avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles — un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l’offre et de la demande.

Pour en savoir plus sur Crise, Or & Opportunités et La Stratégie de Simone Wapler.

Visitez le site officiel de Simone Wapler : www.Simone Wapler.fr

Pas de commentaire pour “Quel est le prix de l’indépendance ?”

  1. Bien que très occupé par ailleurs, je ne peux m’empêcher de réagir à la lecture de cet article.
    A l’instar du lecteur cité dans votre article, je souhaite donner mon avis sur votre supplément payant concernant les risques des assurances-vie.
    Mais ce n’est pas pour critiquer le fait que l’article soit payant. Bien que je ne l’ai encore que survolé (je le lirai en détail ce week-end), il me semble regorger d’informations claires et pratiques.
    Non, je voulais juste vous dire que je comprends parfaitement qu’un article aussi riche (sans jeu de mots) et complet soit proposé à la vente au lieu d’être gratuit.
    Je ne connais pas votre « business model » comme on dit dans les milieux autorisés, mais ce qui est certain, c’est que ce ne sont pas les 17 € trimestriels pour l’abonnement à Moneyweek qui vous permettent de vivre.
    Je ne sais pas si ce lecteur énervé est abonné à Moneyweek (apparemment oui), mais le coût de l’abonnement est dérisoire comparé à la qualité des articles – que ce soient des recommandations d’investissement, des informations macro-économiques, des articles techniques, etc. Donc que vous gagniez un peu d’argent en vendant ce supplément est tout à fait normal.
    De toute manière, toute est question de rendement : payer 110 € pour un article qui vous permettra de gagner beaucoup plus – ou du moins de ne pas en perdre beauocup plus – est un excellent marché pour le lecteur.
    Par ailleurs, si mon témoignage pouvait être porté à la connaissance de cet irascible lecteur, je lui dirais que depuis que j’ai commencé à lire La Chronique Agora il y a 10 ans de ça environ, j’ai soit économisé, soit gagné, vraiment beaucoup d’argent :
    • en sortant de la Bourse avant le krach de 20078/2008 grâce à vos alertes sur les risques des prêts subprime (fin 2006 ou début 2007, bien avant que cette information passe au 20h de TF1) – quelques milliers d’euros sauvegardés
    • en investissant dans l’or physique bien avant que la question de l’intérêt de cet investissement fasse, lui aussi, les gros titres – j’en suis à environ 100% de gain
    • en suivant vos judicieux conseils au sujet du boom des matières premières
    • en évitant le risque des dettes souveraines grâce à vos alertes précoces
    • etc.
    Les quelques euros que je paye chaque trimestre pour l’abonnement à Moneyweek et à la Lettre de Marc Mayor, ainsi que le paiement des rapports spéciaux sur les terres rares (chapeau !) ou le lithium, sans parler du supplément en question, me semblent vraiment bien peu comparé à l’intérêt (toujours sans jeu de mots 😉 de vos écrits.
    Bref : merci, ne vous laissez pas démoraliser par les ingrats grincheux de service, et continuez !

  2. erratum : lire « quelques dizaines de milliers d’euros sauvegardés », et non « quelques milliers »

  3. Merci pour votre commentaire !

    Comme le rappelle Simone Wapler dans son article, ce rapport sur les assurances vie a nécessité plusieurs semaines de travail, d’investigations et de synthèse. Nous espérons qu’il répondra à toutes vos attentes sur le sujet.

    Cordialement,

    Cécile Chevré

  4. Mercredi 2 février 2011 :

    Le Caire a connu aujourd’hui des scènes dignes d’une guerre civile entre pro et anti-Moubarak. Ils se sont affrontés aux abords de la place Tahrir, alors que l’armée restait quasiment l’arme aux pieds.

    Jets de pierre, coups de bâton, de barres de fer, de couteaux et même une charge à cheval et en dromadaire. Des violences inouïes.

    Les pro-Moubarak ont commencé à manifester ce matin ; ils ne s’étaient pas exprimés jusqu’à présent.

    Partisans acharnés du raïs ou opposants ralliés, Grégoire Lecalot, notre envoyé spécial, les a rencontrés.

    http://www.france-info.com/monde-afrique-2011-02-02-batailles-rangees-dans-les-rues-du-caire-513174-14-18.html

    Égypte : 611 blessés et 1 mort (officiel).

    Un appelé de l’armée a été tué et plus de 600 personnes ont été blessées aujourd’hui dans les violents affrontements qui ont opposé des pro et des anti-Hosni Moubarak place Tahrir au Caire, a annoncé la télévision publique, citant le ministre de la Santé.

    D’après le ministre de la Santé, « 611 personnes ont été blessées dans les événements de Tahrir », a indiqué la télévision dans un bandeau.

    Le porte-parole du ministère de la Santé, Abderrahmane Chahine, avait auparavant annoncé qu’un appelé des forces armées égyptiennes avait été tué dans les affrontements, et 403 personnes blessées.

  5. Mercredi 9 février 2011 :

    Moody’s pointe le risque d’une restructuration des dettes périphériques.

    Un analyste de Moody’s a fait valoir hier que les pays « périphériques » de la zone euro, comme la Grèce, le Portugal et l’Espagne, avaient du mal à stabiliser leur niveau de dette et il a averti que le risque de restructuration avait augmenté.

    Les marchés ruminent cette idée depuis des semaines au sujet de la dette grecque, dont le niveau paraît peu supportable.

    Certains opérateurs se sont même positionnés sur les obligations grecques de très longue maturité pour contourner un risque qu’ils jugent imminent.

    Lundi 7 février, Jean-Claude Trichet a souligné qu’un rachat de titres grecs avec une décote profiterait aux intervenants qui ont pris des paris à la baisse sur les obligations en question.

    Le marché évoque dès lors l’hypothèse d’un échange de titres contre d’autres ayant une maturité plus longue.

    http://www.lesechos.fr/journal20110209/lec2_marches/0201135796702-moody-s-pointe-le-risque-d-une-restructuration-des-dettes-peripheriques-.htm

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