Impression 3D, drones… est-il encore temps d'investir ?

Rédigé le 24 janvier 2014 par | La quotidienne Imprimer

Cher lecteur,

Hier, nous avons constaté que les attentes suscitées par une nouvelle technologie évoluaient selon une courbe – et qu’il était indispensable de la prendre en compte si vous souhaitez investir sur ces secteurs.

Cette courbe, la voici (à nouveau, puisqu’il sera plus facile de suivre mon explication avec le graphique sous les yeux).

Hausse et baisse des nouvelles technologies

L’impression 3D, victime de son succès ?
Comme vous pouvez le constater, l’impression 3D à destination des professionnels est dans la phase descendante de la courbe d’intérêt. L’impression 3D pour les particuliers s’approche quant à elle du pic d’attentes.

Dans NewTech Insider, Ray Blanco vous avait recommandé 3D SYSTEMS CORP, une des principales valeurs liées à l’impression 3D. En quelques mois, 3D Systems a gagné plus de 150%, si bien que la principale question qui se pose est la suivante : est-il encore temps de se positionner sur l’impression 3D, en particulier via 3D Systems ?

C’est un sujet sur lequel Ray revient dans ses suivis hebdos et voici en substance ce qu’il vous recommande.

A court terme, le potentiel de hausse d’une société comme 3D SYSTEMS semble s’essouffler. Une possible consolidation semble même en vue. Abonné à NewTech Insider, pas d’inquiétudes, vous avez protégé une partie de vos gains grâce à une prise partielle de bénéfice.

Reste, qu’à long terme, les technologies d’impression 3D sont amenées à changer les méthodes de conception, de fabrication de nombre d’entreprises mais aussi les modes de consommations des particuliers que nous sommes.

Du côté des particuliers, beaucoup reste encore à faire. Le prix des imprimantes 3D a notablement baissé en 2013 et plusieurs modèles sont maintenant accessibles dans les enseignes de grande distribution ou les magasins informatiques. L’amélioration de cette imprimante ainsi que leur capacité croissante à imprimer des objets de plus en plus complexes devraient porter le secteur dans les années qui viennent.

Du côté de l’impression 3D à destination des professionnels, là encore la tendance est à la complexification ainsi qu’à la conquête de nouveaux marchés. Un exemple parmi d’autres : les avions de combat supersoniques de la Royal Air Force, les Tornados, utilisent aujourd’hui des pièces imprimées en 3D.

Une possible consolidation du secteur de l’impression SD sera une seconde chance pour ceux d’entre vous qui auraient manqué la première vague d’engouement pour cette nouvelle technologie. Mon conseil : patience donc mais n’écartez pas l’impression 3D définitivement de votre portefeuille.

Drones, la diversification pour croître
Autre secteur qui a fait la une de l’actualité : les drones et autres robots capables de se déplacer de manière plus ou moins autonomes.

Par rapport à l’impression 3D, le pic d’attentes est un peu plus éloigné. Mais le secteur des drones est confronté aujourd’hui confronté à un problème de taille : la baisse de la demande venant de son principal client, l’armée. Le secteur de la défense représente en effet 40% des achats de robots à usage professionnel.

Jusqu’à présent, la croissance du secteur des drones était donc assurée par les drones militaires. Nous avons eu l’occasion d’en parler dans une précédente Quotidienne. En 2012, l’armée américaine avait ainsi investi 3 milliards de dollars dans des programmes de recherches sur les drones. Mais çà, c’était en 2012. Depuis les budgets militaires se réduisent comme peau de chagrin et la polémique sur l’utilisation de drones létaux contre des civils ne cesse d’enfler.

Tout cela pourrait au fond être une bonne chose. Le recul de la demande militaire (qu’il faut tout de même relativiser puisque l’armée américaine prévoit toujours de faire passer le nombre de ses drones de 8 000 à 20 000 d’ici 2020) est l’occasion pour le secteur de chercher de nouveaux débouchés.

Agriculture (surveillance des récoltes, meilleure gestion de l’irrigation, des entrants, de la lutte contre les nuisibles…), protection civile (surveillance des lieux publics pendant d’importants événements, lutte contre les incendies et autres catastrophes naturelles, recherche de victimes lors d’inondations, tremblements de terre ou avalanches…), communication (installation de réseaux de communication dans des zones isolées, remplacement des hélicoptères et autres moyens de transports pour des équipes de télévision ou de cinéma), surveillance de grands ouvrages (voies ferrées, autoroutes, ponts, barrages…), etc. Tous ces secteurs vont servir de relai de croissance.

Ma recommandation : ne vous laissez pas prendre par le flux et le reflux de l’hystérie collective sur les drones. Oubliez les déclarations fracassantes du PDG d’Amazon sur la livraison de colis par drones, et concentrez sur les entreprises innovantes qui sauront se diversifier et faire entrer ces engins dans notre quotidien.

D’ailleurs, si le potentiel des drones vous intéresse, jetez un oeil à la dernière recommandation de Ray dans le dernier numéro de NewTech Insider. Cette petite société américaine est pionnière dans le domaine et propose aujourd’hui des drones de plus en plus petits, autonomes, et bon marché capables de séduire d’autres acheteurs que la défense. Pour en savoir plus…

Dernier conseil : éviter les entreprises accros à la Fed
Mon dernier conseil pour aujourd’hui : évitez les sociétés trop dépendantes à la Fed.

Je m’explique. Quand vous faites vos recherches, n’oubliez pas de prendre en compte l’évolution des bénéfices par rapport au chiffre d’affaires. Ces dernières années, pour nombre d’entreprise, l’augmentation du chiffre d’affaires mais la baisse du bénéfice net est devenue la norme. La raison : la facilité à se financer les ont encouragé à se lancer dans des opérations marketing, de baisse de leurs prix ou encore de lancement de nouveaux produits qui ont fait gonfler leurs ventes, mais pas leur bénéfice. L’investissement sur la croissance future a été négligé.

Avec les menaces d’arrêt de la politique accommodante de la Fed, les marchés sont pris de doute et se demandent comment ces entreprises vont se débrouiller quand l’accès à la liquidité sera plus compliqué.

C’est exactement ce qui se passe avec IBM. Big Blue a annoncé une hausse de son chiffre d’affaires, de 2,34% sur un an, mais aussi un important recul de son bénéfice, qui passe de 29,3 milliards de dollars à 27,7. Conclusion, la plupart des analystes ont revu à la baisse leur recommandation, et ont passé IBM à vendre. Méfiance donc.

 

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Cécile Chevré
Cécile Chevré
Rédactrice en Chef de La Quotidienne Pro

Cécile Chevré est titulaire d’un DEA d’histoire de l’EPHE et d’un DESS d’ingénierie documentaire de l’INTD. Elle rédige chaque jour la Quotidienne de la Croissance, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance.

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