Quand votre collègue sera un robot…

Rédigé le 4 février 2014 par | La quotidienne Imprimer

La robotique industrielle est en train de connaître une révolution technologique qui devrait lui ouvrir de nouvelles parts de marché dans les usines : la collaboration homme-machine.

Jusqu’à très récemment, hommes et robots ne collaboraient pas.

La principale raison à cela ? Ces énormes bras articulés sont dangereux pour l’homme ; ils sont donc le plus souvent isolés de leurs collègues humains par des cages ou des grilles. Autant dire que pendant des années, l’idée de voir travailler des hommes main dans la pince avec des robots relevait de la science-fiction.

Graphe robot industriel

Les progrès en matière « d’intelligence robotique » ouvrent une voie nouvelle, celle de la collaboration.

Aujourd’hui, les robots sont capables d’identifier la présence d’un humain, de le contourner ou bien d’arrêter leur geste quand celui-ci s’approche de lui. Ils savent aussi s’adapter à des changements de contexte, à des imprévus… Plus légers, plus petits, ils sont programmés pour effectuer des gestes plus lents et précis qui leur permettent d’être sans danger pour leurs collègues humains.

C’est le cas par exemple de Baxter, un robot d’1m82 fabriqué par la société bostonienne Rethink Robotics, et qui est capable d’accomplir des tâches industrielles simples et répétitives, mais surtout de travailler côte à côte avec des humains.

Robot Baxter

Baxter est ainsi prévu pour effectuer des mouvements plutôt lents et surtout pour s’arrêter dès qu’un humain s’approche trop près de lui. Un écran de contrôle lui servant de tête indique son « humeur » à ces collègues : s’il n’a pas compris la tâche qui lui a été assignée, s’il est en plein travail, s’il est prêt à passer à une autre tâche, etc.

Cet écran facilite la communication avec ses collègues : Baxter regarde la tâche qu’il accomplit ou se tourne vers vous si vous le touchez.

Dernier atout – et non des moindres – de ce robot : sa capacité à apprendre rapidement de nouvelles tâches, sans avoir besoin de recourir à un ingénieur. Grâce à ses caméras intégrées, Baxter peut en effet reproduire les gestes d’un employé et ainsi acquérir de nouvelles compétences. Prix d’achat de ce robot : autour de 22 000 $, ce qui lui permet d’être accessible à des sociétés de taille moyenne et surtout de faire tomber le coût de la main-d’oeuvre autour de 4 $ de l’heure, soit à peu près celui d’un ouvrier chinois.

Evidemment, Baxter n’est pas l’unique exemple de ces robots industriels nouvelle génération. Harvey de Harvest Automation, un robot capable de soulever et transporter des pots de 7 à 10 kg chez les pépiniéristes de gros, éviter les obstacles, et tout cela sans l’intervention d’un opérateur qualifié.

Robot Harvey

L’importance fondamentale de la robotique collaborative n’a pas échappé aux Etats qui soutiennent financièrement la recherche et l’investissement des entreprises dans ce sens.

Aux Etats-Unis, la National robotic initiative lancée par Barack Obama en 2011 en a fait une de ses priorités.

De ce côté-ci de l’Atlantique, le projet européen Saphari (Safe and autonomous physical human-aware robot interaction) travaille à la fois à la création de robots industriels capables de travailler avec des humains et, pour les robots de service, sur des machines qui entreraient en contact direct avec les patients. Le chemin est encore long avant que les robots puissent parfaitement intégrer l’environnement humain, mais la recherche dans le domaine est prometteuse.

Enfin, du point de vue normatif, la norme ISO 10218 définit des critères de sécurité pour une collaboration homme-machine dans le cadre industriel. Critères qui définissent par exemple l’amplitude et la vitesse des bras articulés de ces robots.

Une nouvelle phase de la robotique industrielle est en marche et c’est sur cette tendance forte à l’automatisation que je vous propose d’investir ce mois-ci dans Défis & Profits. J’ai choisi pour vous une société spécialisée dans la robotique et qui est une des premières à proposer des robots répondant à la norme ISO 10218, dont le parcours boursier et financier est exemplaire et qui, en outre, est présente dans les pays émergents qui sont aujourd’hui les plus gros consommateurs de robots industriels. A découvrir ce mois-ci dans Défis & Profits.

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Cécile Chevré
Cécile Chevré
Rédactrice en Chef de La Quotidienne Pro

Cécile Chevré est journaliste depuis une dizaine d’années. Elle s’intéresse à tous les secteurs de l’économie qui sont en mouvement, des nouvelles technologies aux matières premières en passant par les biotech. Elle rédige chaque jour la Quotidienne de la Croissance, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance, ainsi que les Marchés en 5 Minutes.

Un commentaire pour “Quand votre collègue sera un robot…”

  1. Baxter est sorti il y a 2 ans, c’est ce qu’on appelle une nouvelle fraîche ! En revanche en France nous sommes toujours en retard et ce, de façon quasi-irrattrapable: les socialistes sont en train de concocter une taxe sur les robots qui va tuer dans l’œuf tout progrès possible au nom du socialisme, c’est à dire pour tous ceux qui auront la carte du parti et qui penseront comme eux ( les autres? quels autres? on est en démocratie, non ?)

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