Guerre nucléaire : Il est Minuit moins 2,5 minutes sur l’Horloge de la Fin du Monde

Rédigé le 31 mars 2017 par | Indices & Actions Imprimer

La Terre vient juste de se rapprocher de la destruction totale, du moins, en théorie. Nous ne sommes pas les seuls à le dire : les meilleurs experts en science nucléaire sont du même avis. Les efforts déployés pour éviter cette calamité sont aussi une occasion d’investissement.

Cette année, nous célébrons le 70e anniversaire de l’Horloge de la Fin du Monde. Cette horloge a été créée par une revue, le Bulletin of the Atomic Scientists, en 1947, et devait fournir une représentation graphique rigoureuse du temps imparti avant la destruction nucléaire de la Terre, symbolisée par « minuit ».

L’horloge utilise l’analogie du décompte vers minuit pour dénoncer le danger qui pèse sur l’humanité du fait des menaces nucléaires, écologiques, pandémies, catastrophes climatiques, cyber-attaques et menaces technologiques.

L’aiguille des minutes bouge une fois par an. En 1947, au début de la Guerre froide, il était minuit moins sept, sur cette horloge.

En 1991, juste après la fin de la Guerre froide, l’horloge indiquait « minuit moins 17 minutes ». Ce temps affiché reflète le plus haut niveau de sécurité de toute l’histoire de l’horloge. Les risques et dangers qui menaçaient la vie sur Terre étaient au plus bas depuis 1947.

Pas plus tard qu’en 2010, l’horloge affichait un temps relativement confortable : « minuit moins 6 minutes ». Depuis, cela n’a cessé de se dégrader.

En 2012, l’horloge affichait « minuit moins 5 minutes » en raison de la montée des tensions au Moyen-Orient. En 2015, elle a avancé à « moins 3 minutes » en raison des programmes de modernisation de l’armement lancés par la Russie et les Etats-Unis.

Et puis le 26 janvier 2017, le Bulletin of the Atomic Scientists a fait une annonce sidérante : l’horloge affiche minuit moins deux minutes et demi (23:57:30).

C’était la première fois que l’horloge avançait de 30 secondes au lieu d’une minute complète. C’est également l’heure la plus proche du désastre jamais affichée par cette horloge depuis 1953, date à laquelle elle a affiché « minuit moins 2 » en raison de la décision des Etats-Unis de continuer leurs travaux sur la bombe à hydrogène, arme bien plus puissante que les bombes atomiques larguées sur le Japon en 1945.

Voici l’explication fournie par le Bulletin pour justifier ce dernier bond spectaculaire de leurs estimations du temps imparti avant la destruction du monde :

La Corée du Nord a réalisé deux nouveaux essais d’armes nucléaires, le second, réalisé en septembre, produisant deux fois plus de puissance explosive que le premier, réalisé en janvier. Pyongyang a également testé sans relâche des missiles, atteignant un rythme d’environ deux lancements par mois en 2016. Lors de sa déclaration du Nouvel An, en 2017, Kim Jong-un a déclaré qu’il réaliserait bientôt un test sur un missile de portée intercontinentale.

Le Conseil de Sécurité des Nations-Unis a voté de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord, en novembre 2016, en vue de limiter encore l’accès du pays aux liquidités, mais il n’existe aucune garantie que ces sanctions fonctionnent là où les autres ont échoué.

Parallèlement, la Russie construit de nouveaux missiles lancés à partir de silos, de nouveaux missiles nucléaires sous-marins de classe Borei, et un nouveau train lance-missiles, tout en repensant ses autres missiles intercontinentaux.

Quant aux Etats-Unis, ils avancent dans leur démarche de modernisation de chaque segment de leur « triade » nucléaire (les bombardiers, les missiles basés au sol et les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins), en ajoutant de nouvelles capacités, telles que des missiles de croisière de plus longue portée.

Tout en améliorant la capacité de survie de ses propres forces nucléaires, la Chine aide le Pakistan à construire des plateformes sous-marines. Et le Pakistan et l’Inde continuent de pousser la sophistication de leur arsenal nucléaire et d’augmenter le nombre d’armes qu’il contient.

Le Bulletin contient d’autres informations concernant la décision de faire avancer l’aiguille des minutes. Elles concernent notamment les doutes entourant l’accord nucléaire iranien, les menaces émanant du nouveau gouvernement Trump et les conflits en Syrie et en Ukraine.

Vous trouverez des informations complètes concernant l’historique, ainsi que le statut actuel de l’Horloge de la Fin du Monde, sur le site Internet du Bulletin.

La Corée du Nord, la principale menace ?

A l’heure actuelle, une des principales menaces vient de la République démocratique populaire de Corée, communément appelée Corée du Nord.

La Corée du Nord a accompli des avancées majeures en matière de missiles de courte et moyenne portée, et elle travaille sur un missile balistique intercontinental (ICBM), susceptible d’atteindre Los Angeles et une bonne partie du reste des Etats-Unis, à partir de son territoire.

La Corée du Nord possède un stock de plutonium et d’uranium hautement enrichi (HEU) susceptibles d’être convertis en armes nucléaires. Elle a également accompli des progrès en matière de miniaturisation et de renforcement de ces armes afin de les convertir en têtes nucléaires et de les placer sur les missiles. L’objectif est clairement affiché : pouvoir frapper le sol américain.

Le seul élément déclencheur, dans ce scénario cauchemardesque, c’est l’intention. Dernièrement, le gouvernement nord-coréen a diffusé un film de propagande montrant des attaques de missiles sur des bases et cibles militaires américaines. Le film montrait également le leader nord-coréen, Kim Jong-un, fêtant en compagnie de l’état-major de son armée la réussite des tests réalisés avec les missiles.

Kim Jong-un a également menacé de réduire les Etats-Unis en « cendres », via des attaques nucléaires. Les Etats-Unis n’ont pas pris cela à la légère. Le secrétaire d’Etat américain, Rex Tillerson, a déclaré que les efforts diplomatiques menés pour freiner les ambitions nord-coréennes au cours des mandats de Clinton, Bush fils et Obama, avaient échoué et que le temps de la diplomatie était révolu.

Tillerson a été clair : si nécessaire, les Etats-Unis s’engageraient dans une guerre préventive contre la Corée du Nord afin de stopper son programme nucléaire. Tillerson a également refusé d’écarter la possibilité de fournir des armes nucléaires aux alliés des Etats-Unis, notamment au Japon et à la Corée du Sud, afin de dissuader la Corée du Nord sur le plan régional.

La technologie pour éviter la guerre ?

Parce que ces scénarios désastreux ne vont pas forcément se réaliser. L’Histoire démontre que les pays responsables trouvent le moyen de faire reculer les aiguilles de l’Horloge de la Fin du Monde.

Pour éviter d’atteindre Minuit, une des possibilités est de consacrer davantage de dépenses à la Défense et à la technologie, notamment en Recherche & Développement.

Souvenez-vous que l’horloge était à « Minuit moins 2 minutes » en 1953 mais qu’elle a reculé à « Minuit moins 17 minutes » en 1991. On le doit à de fortes dépenses engagées sur la triade nucléaire à la fin des années 1950 et dans les années 1960, et à l’émergence des défenses anti-missile dans les années 1970 et 1980. C’est l’Initiative de Défense Stratégique de Ronald Reagan, également connue sous le nom de « Guerre des Etoiles », qui a favorisé l’effondrement de l’Union soviétique et contribué à gagner la Guerre froide.

Certes, le monde est assez dangereux, à l’heure actuelle. Mais il est également vrai que les plans ambitieux de Trump concernant les dépenses liées à la Défense, pourraient atténuer la menace provenant de l’Iran et de la Corée du Nord, et améliorer les relations avec la Russie.

Les Etats-Unis ont déjà fait face à ce type de menace, par le passé, sans recourir à la guerre mais à la technologie. Les États-Unis ont inventé les têtes multiples (MIRV) et les missiles antibalistiques (ABM) dans les années 1970 afin de réduire l’avantage des Soviétiques en matière de capacité d’emport des missiles. Cela a abouti aux traités de non-prolifération de l’armement nucléaire, forçant ainsi le mauvais génie de la guerre nucléaire à retourner dans sa lampe. C’est ce type de développement qui a conduit à l’effondrement de l’Union soviétique et modifié l’heure affichée sur l’Horloge de la Fin du Monde.

Les meilleurs prestataires de défense, aux Etats-Unis, travaillent dur, à l’heure actuelle, sur de nouvelles technologies susceptibles de neutraliser la menace nord-coréenne. Et Trump devrait encore accroître les financements fédéraux qui leur sont attribués.

Il existe des contrats colossaux de plusieurs milliards de dollars sur plusieurs années, actuellement classés confidentiels, et que Wall Street n’a donc pas intégrés dans la valorisation des actions. Ces nouvelles technologies trouvent également des applications dans le secteur civil, ce qui confère encore plus de valeur à la recherche et au développement à long terme.
[NDLR : Le secteur de la Défense s’impose déjà comme un des grands gagnants de la présidence Trump… Retrouvez Jim et ses recommandations pour profiter de cette nouvelle donne dans Intelligence Stratégique]

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