La guerre des devises fait rage. Le yen en est la nouvelle victime

Rédigé le 2 mai 2016 par | Indices & Actions Imprimer

Ce matin, les bourses européennes ouvrent en petite hausse. Reprise de souffle après la forte baisse de vendredi dernier ? C’est bien possible, car comme le disait Gilles Leclerc dans La Bourse au Quotidien, techniquement le CAC 40 est encore orienté à la baisse. Cette nuit, le Nikkei, le principal indice japonais, perdait plus de 3% alors que le yen était au plus haut face au dollar depuis 18 mois. La guerre des devises n’est pas morte, et c’est ce que vous répète Jim Rickards.

Les actuelles fluctuations des devises sont à rapprocher d’un accord qui s’est tenu il y a quelques semaines entre les Etats-Unis, la Chine, le Japon, l’Europe et le FMI, et connu sous le nom d’Accord de Shanghai.

Quel était le but de cet Accord ? Explications de Jim :

La Chine et les Etats-Unis subissant tous deux un ralentissement, il était temps de faire intervenir un nouveau changement sur le front des guerres des devises. Le problème consistait à trouver un moyen de déprécier le yuan sans provoquer l’effondrement des places boursières internationales. Christine Lagarde ne voulait pas une réplique de ce qu’il s’était produit en août 2015 et en janvier 2016.

L’objectif de cette réunion, à Shanghai, était d’élaborer un plan offrant un répit à la Chine sans provoquer pour autant une crise mondiale. Les traders se focalisaient de façon obsessionnelle sur le cours croisé yuan/dollar (symbole CNY/USD). L’idée du clan des cinq était donc que si le CNY/USD restait inchangé, les marchés ne s’apercevraient pas tout de suite de ce qu’il se passait…

La solution consistait donc à agir aux Etats-Unis, en Europe et au Japon tandis que la Chine, elle, ne ferait rien.

Il a donc été décidé que l’Europe et le Japon resserreraient leur politique monétaire et renforceraient leurs monnaies. Les Etats-Unis assoupliraient leur politique monétaire et affaibliraient le dollar. La Chine maintiendrait son peg avec le dollar de sorte que le cours CNY/USD demeurerait inchangé.

Un euro et un yen renforcés simultanément reviennent à affaiblir le yuan, du point de vue de la Chine. Les échanges commerciaux de la Chine avec l’Europe et le Japon réunis sont plus importants que ses échanges avec les Etats-Unis. Le renforcement de l’euro et du yen offre un répit important à la Chine. Parallèlement, si le dollar s’affaiblit, cela signifie que le yuan s’affaiblit également puisque le peg est maintenu.

C’est l’essence même de l’Accord de Shanghai. La Chine ne touche à rien mais bénéficie d’une considérable dévaluation sur le front des guerres des devises. Personne ne remarque rien car le cours CNY/USD demeure stable. Et voilà !

Mais la conséquence de cet accord est violente pour l’euro, et surtout pour le yen, poursuit Jim :

Pour l’Asie, les conséquences de l’appréciation du yen et de la dépréciation du yuan ne sont pas difficiles à cerner. Les bénéfices des entreprises japonaises vont être pénalisés de deux manières. Les exportateurs japonais seront pénalisés car leurs produits reviendront plus chers aux acheteurs étrangers. Les multinationales japonaises seront pénalisées car les recettes réalisées à l’étranger devront être converties en yen. C’est un double coup de malchance, pour la bourse japonaise.

C’est exactement ce à quoi nous assistons en ce moment : la force du yen pénalise l’économie, et la bourse japonaises. Jim vous explique comment profiter de ce nouveau rapport de forces sur le marché des devises… et c’est ici.

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Cécile Chevré
Cécile Chevré
Rédactrice en Chef de La Quotidienne Pro

Cécile Chevré est titulaire d’un DEA d’histoire de l’EPHE et d’un DESS d’ingénierie documentaire de l’INTD. Elle rédige chaque jour la Quotidienne de la Croissance, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance.

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