Notre NOUVELLE Transaction de la Décennie !

Rédigé le 5 janvier 2010 par | La quotidienne Imprimer

Voilà, 2009, c’est terminé. Ouf ! Quelle année ! Nous n’avions pas autant ri depuis… eh bien… 2008. Des clowns à notre droite… des bouffons à notre gauche… quel cirque !

Le soir du réveillon, nous avons levé notre coupe de champagne en début de soirée, nous avons fait nos adieux à l’année qui se terminait, puis nous sommes allé nous coucher. Les enfants étaient plus en forme. Ils ont tous quitté l’appartement après 23h… chacun pour rejoindre sa fête du Nouvel An. Une fois le matin arrivé, nous avons jeté un oeil dans toutes les chambres, pour compter les corps. Oui, il y en avait bien quatre… ils avaient donc réussi à rentrer sains et saufs à la maison.

Ce matin, nous avons trouvé un café ouvert ; un refuge où trouver chaleur, convivialité et café au lait. Nous voilà donc assis dans Le Fétiche, en train de rassembler nos pensées ; nous vous souhaitons la bienvenue dans cette nouvelle année, cher lecteur.

Avant tout, regardons un peu en arrière… et voyons ce que 2009 a donné. L’année a été excellente pour l’or ; le métal jaune est à 1 100 $ environ à l’heure où nous écrivons ces lignes. Notez que l’année n’a pas été mauvaise pour les actions non plus. Le Nasdaq a grimpé de 45%. Le Dow de 20% environ.

Comme nous le prévoyions au début de l’année dernière, les actions ont rebondi. Nous n’avions pas prévu, en revanche, qu’elles iraient si haut, pendant si longtemps. Partout dans le monde, les places boursières ont grimpé… et grimpé encore. A la suite d’un krach boursier, un rebond est inévitable. Il est impossible de dire quelle ampleur il aura… ou quelle en sera la durée.

Mais un baiser reste un baiser… et un rebond reste un rebond. Aucun baiser ne dure éternellement. Il en va de même pour les rebonds. Nous devons donc anticiper que l’actuel prendra fin… probablement en 2010.

Si vous avez profité du rally boursier de 2009, bravo ! Maintenant, vendez vos actions. Oui, le rebond pourrait se poursuivre. Mais le risque n’en vaut pas la peine.

Et qu’en est-il du marché de l’or ? Le métal jaune a grimpé tous les ans, cette dernière décennie. C’était le placement le plus sûr pour votre argent — et de loin.

Est-ce que ça signifie que l’or grimpera en 2010 ? Nous en tiendrons-nous à notre Transaction de la Décennie pour les 10 prochaines années ? Sans vouloir nous vanter, cette transaction a été un grand succès. Même nous, nous avons été surpris. Notre amie Merryn Somerset Webb a écrit un article sur le sujet dans le Financial Times :

"En 2000, Bill Bonner, auteur de la lettre financière The Daily Reckoning, a annoncé sa transaction de la décennie. Elle était simple : vendez le dollar, achetez de l’or".

"Cela se révéla être un bon plan. En 2000, vous pouviez acheter une once d’or pour 280 $ (prix moyen sur l’année). A présent, il vous en coûterait 1 025 $. A l’époque, Bonner avait vu ce que la plupart des autres ignoraient. Il avait vu les Etats-Unis non comme une économie gérée avec soin et intelligence par le président de la Réserve fédérale à l’époque, Alan Greenspan, et sa passion pour les taux d’intérêt bas, mais comme une bulle de crédit massive, qui était sur le point d’éclater".

"Il voyait également une dette nationale massive et croissante, des déficits budgétaire et commercial, et une croissance rapide de la masse monétaire — autant de facteurs qui dévalueraient naturellement le dollar à long terme. Il considérait également que la bulle du crédit était mondiale plutôt que limitée aux Etats-Unis".

"Il lui semblait donc sensé de détenir la seule devise non-fiduciaire qui existe — l’or. Bonner a eu une bonne décennie, avec des rendements de 400% et plus. La question désormais est la suivante : en aura-t-il une autre ?"

"Je soupçonne que oui. Pourquoi ? Parce qu’il a l’intention de suivre la même transaction de la décennie au cours des 10 prochaines années".

"C’est parfaitement raisonnable : rien n’a changé depuis qu’il a prononcé sa première recommandation d’achat aurifère — sinon l’ampleur de la dévaluation monétaire qui se produit dans le monde. Les taux d’intérêt sont toujours ultra-bas un peu partout, [il y a] l’assouplissement quantitatif, sans parler de l’augmentation vertigineuse des niveaux de dettes nationales — les arguments sont assez souvent repris en ce moment".

"Il y a une autre raison de soupçonner que cette décennie pourrait tourner à l’avantage de Bonner : lui comme les autres fanatiques de l’or ne sont plus seuls à accumuler de l’or — les banques centrales sont devenues acheteuses nettes pour la première fois depuis de nombreuses années, et les gestionnaires de fonds commencent à envisager l’idée que l’or pourrait les couvrir contre un grand nombre de choses désagréables"…

Merryn a raison. Un grand nombre de choses désagréables nous attendent. L’or peut vous en protéger.

En revanche, elle se trompe quant à notre Transaction de la Décennie. Depuis notre conversation, notre point de vue a évolué. L’or restera en très bonne place dans notre portefeuille… mais pas dans notre Transaction de la Décennie pour les 10 prochaines années. Pourquoi ? Parce que nous pensons que l’économie américaine suivra la même voie que celle du Japon.

Le Japon est entré dans une période de ralentissement en 1990. Il en est sorti… puis y est re-rentré… puis en est ressorti… puis y est re-rentré. En termes de quantité de richesse détruite — au moins sur le papier — c’était le pire désastre de l’histoire humaine. La valeur de l’immobilier a baissé de 87% dans certaines villes. Les actions sont passées d’un sommet de 39 000 pour le Nikkei Dow à 7 000 environ en 2009… leur point le plus bas de ces 27 dernières années.

Pourquoi une performance aussi abyssale ? Comme nous le disons souvent, si on veut vraiment faire un beau gâchis, il faut le soutien du contribuable. Pour empêcher la correction, les contribuables japonais ont versé plus d’argent que tout autre pays auparavant. Résultat : la correction a été ralentie, retardée et prolongée sur plus de deux décennies.

A présent, les économistes américains observent le Japon… non pas avec inquiétude, mais avec admiration. Ils commencent à croire que le modèle japonais est la voie à suivre… parce que cela a empêché l’accroissem

ent du chômage et une crise plus grave.

Voici ce que nous en pensons.

Maintenant que l’économie américaine est entrée dans un processus de désendettement similaire à celui qui a affecté le Japon, la même sorte de "remèdes" sera inévitablement employée… menant plus ou moins aux mêmes résultats.

Nous vous passerons les détails pour ce matin. Vous en entendrez assez dans les jours, les semaines et les mois qui viennent — c’est promis !

Non, ce matin, nous nous intéresserons à notre Transaction de la Décennie pour les 10 prochaines années. Bien entendu, elle compte deux côtés — l’achat et la vente. Nous n’avons pas eu de problème pour trouver quoi mettre du côté de la vente. Durant une période de désendettement, quasiment tout baisse. Nous aurions pu nous en tenir aux actions américaines, par exemple. Elles continueront probablement à chuter… comme elles l’ont fait au Japon.

Mais qui sait ? Les valeurs américaines viennent de connaître leur pire décennie depuis les années 30. Quelles sont les probabilités de les voir en vivre une autre ? Nous n’en savons rien. Mais ce que nous recherchons, pour le côté "vente" de notre Transaction de la Décennie, est quelque chose qui vient de connaître la meilleure décennie de son histoire… quelque chose qui grimpe depuis si longtemps que les gens pensent qu’elle grimpera éternellement… quelque chose que tout le monde veut avoir.

Qu’est-ce qui répond à une telle description ? Eh bien, ce qui s’en approche le plus, c’est la dette du Trésor US. Les rendements baissent (ce qui signifie que le prix de la dette grimpe) depuis 1983. A présent, en dépit d’une offre qui semble aller tout droit vers la stratosphère, la demande pour les divers bons du Trésor US n’a jamais été aussi forte. De plus… si notre analyse de l’économie américaine est la bonne… la quantité de dette du Trésor US continuera à grimper en flèche pendant de nombreuses années. Des déficits de 1 000 à 2 000 milliards de dollars par an deviendront banals.

Combien de temps avant que le marché de la dette américaine s’effondre ? Combien de temps avant que l’hyperinflation… ou un défaut de paiement… ne mette les investisseurs en déroute ? Nous n’en savons rien, mais on peut raisonnablement parier que ça pourrait se produire au cours des 10 prochaines années.

Du côté vente, donc… nous mettons la dette du Trésor US.

Et du côté achat ? Ah… voilà une chose qui nous a donné du mal. Alors que de nombreuses choses semblent susceptibles de baisser, on n’en trouve guère qui semblent destinées à grimper. Voyons voir… qu’est-ce qui a été mis à mal, calomnié, battu, et insulté durant les 20 dernières années ou plus ? Qu’est-ce que les gens ne veulent pas ? Que pensent-ils voir baisser… peut-être éternellement ?

C’est évident… les actions japonaises !

Voici donc notre Transaction de la Décennie :

Vendez la dette du Trésor US, achetez des actions japonaises.

Insensé, n’est-ce pas ?

Peut-être pas. La dette du Trésor US grimpe depuis 27 ans. Les actions japonaises baissent depuis 20 ans.

Cela signifie-t-il que nous abandonnons l’or ? Pas du tout. Nous restons avec l’or. Aurus eternis, ou quelque chose du genre. Le métal jaune, c’est ce qu’on achète lorsqu’on pense que les autorités financières sont dans le pétrin. Ce qui ne fait guère de doute à nos yeux. Nous continuerons donc à acheter et détenir de l’or… jusqu’à ce que le système financier explose.

Mais à 1 100 $ l’once, l’or est bien évalué. Il n’est pas bon marché. Il grimpe depuis 10 ans ! A ce niveau, c’est une assurance contre une catastrophe monétaire et une spéculation sur le moment et la forme de l’explosion. Il vaut la peine d’être détenu et conservé. Et utilisé pour protéger votre argent.

Sauf que la transaction de la décennie est un moyen de gagner de l’argent… en achetant/vendant deux actifs opposés, qui sont à des valorisations extraordinaires. Ce n’est pas une spéculation sur ce qui pourrait se passer. C’est simplement un pari sur le phénomène appelé "retour à la moyenne". Les choses déséquilibrées tendent à revenir à l’équilibre…

Si nous avons raison, au cours des 10 prochaines années, l’investissement le plus populaire de 2009 — la dette du Trésor US — passera de mode. L’investissement le moins populaire de 2009, en revanche — les actions japonaises — surprendra tout le monde en montrant enfin des signes de vie.

Quoi qu’il en soit, cette transaction présente un risque assez bas. Quelles sont les chances de voir grimper la dette du Trésor US ? Quelles sont les chances de voir les actions japonaises baisser ? Bien entendu, nous n’en savons rien… les choses déséquilibrées peuvent devenir encore plus déséquilibrées. Mais nous comptons sur le temps pour rétablir la situation. Et nous espérons vivre assez longtemps pour pouvoir vous gratifier du traditionnel "on vous l’avait bien dit".

Meilleurs voeux pour 2010. Bonne année !

Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

Les commentaires sont fermés !