Grèce : les tensions restent vives

Rédigé le 26 avril 2010 par | La quotidienne Imprimer

Par Mathieu Lebrun (*)

Intervenir sur les marchés financiers en ce moment relève de la pure schizophrénie. En effet, l’investisseur sur actions/indices se trouve en ce moment tiraillé entre deux pulsions diamétralement opposées.

D’un côté, la situation des entreprises ne semble jamais avoir été aussi saine et profitable tandis que, de l’autre, les finances publiques de certains Etats n’ont jamais été jamais aussi tendues. Le cas grec, qui a de nouveau fait l’actualité en milieu de semaine — avec le début des discussions entre les autorités européennes, le FMI et la Grèce — en est l’illustration parfaite.

Un plan d’aide massif peu convaincant Faisons un petit retour en arrière sur les faits. Après plusieurs semaines de tergiversations, le 11 avril, l’Europe annonce s’être mise d’accord sur les modalités financières de l’aide accordée à la Grèce. En pratique, l’enveloppe est comprise entre 40 et 45 milliards d’euros dont environ 10 à 15 milliards apportés par le FMI. Le taux de financement tourne lui autour des 5%.

Le 12 avril, le problème semble alors résolu et les rendements sur le marché obligataire retombent autour des 6% dès le lundi matin. Cependant, alors que tout semblait réglé, les contrats de taux grecs — qui évoluent en sens inverse des rendements — ont depuis repris leur chute, propulsant symétriquement les rendements des emprunts d’Etat sur de nouveaux records historiques tutoyant presque les 8,5% ! Comme si la communauté financière n’était pas convaincue de la pertinence de ce soutien….

Rendement des taux grecs à 10 ans

Le CDS sur la Grèce s’envole… Conséquence logique de ce mouvement sur l’obligataire, les CDS (ou Credit Default Swap) sur la dette grecque s’envolent. Un CDS est une sorte d’assurance qui permet à son détenteur de se couvrir contre un défaut de paiement de l’actif sous-jacent. Ici l’Etat grec. Comme vous le constatez sur le graphique ci-dessous, le CDS grec à cinq ans évolue désormais non loin des 5%. Si cela ne vous parle pas, laissez-moi le formuler autrement : l’écart de rendement entre les obligations grecques et celles de l’Allemagne atteint près de 5% (le papier allemand étant considéré en Europe comme le moins risqué).

Les CDS grecs

L’indice grec en danger Dès lors sur le marché des actions, la situation est plus que dangereuse. Techniquement, comme le montre le graphique ci-dessous — pris sur une base journalière avec les cours de clôture –, l’indice de la Bourse d’Athènes, l’ASE (Athens Stock Exchange) teste dangereusement la borne basse de sa figure de consolidation en triangle symétrique. En conséquence, si le soutien venait à être rompu, une accélération à la baisse serait alors à envisager avec, en cassure des 920 points, une cible située sur les 855 points.

Indice de la Bourse d'Athènes (ASE)

En résumé, s’il y a bien une chose à éviter en ce moment c’est à mon avis en priorité les titres helléniques — sur lesquels d’ailleurs, la vente à découvert n’est pas autorisée. Cependant, à moyen terme, quand la situation redeviendra plus saine, c’est assurément là que les plus belles plus-values seront à rechercher. En effet, l’ASE évolue désormais à moins de 25% de ses points bas de mars 2009 alors qu’en comparaison le S&P 500 se situe à plus de 80% de ce même niveau.

S’il est évident que certains secteurs et valeurs détenus majoritairement par l’Etat (banques notamment) sont loin d’être sortis d’affaire, il y a assurément d’autres valeurs fortement internationalisées qui se trouvent injustement pénalisées. Je garde en tout cas l’idée en tête car, avec l’éventail de choix offert par les CFD, l’intervention sur ce marché est possible…

[NDLR : … Et quand ce sera le moment, les opportunités seront nombreuses tout ira alors très vite. Il faudra alors avoir déjà un compte CFD, et être déjà dans le train pour profiter des conseils de Mathieu. Pour avoir votre place dès maintenant, c’est ici]

(*) Mathieu Lebrun est un analyste professionnel aguerri. Il a commencé chez Fortis Banque puis a rapidement intégré la table de négociations sur devises au sein de la salle des marchés du groupe Natexis Banques Populaires.

En 2004, il intégrait un cabinet de conseil sur produits dérivés en tant qu’analyste technique et obtient le diplôme d’Analyse Technique délivré par la STA (Society of Technical Analysis). Il se forge alors une expérience sur les produits dérivés. Il participe régulièrement au Billet du Trader.

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Mathieu Lebrun
Mathieu Lebrun
Rédacteur en Chef d'Agora Trading

Mathieu Lebrun est analyste financier. Il commence sa carrière chez Fortis Banque pour intégrer la table de négociations sur devises au sein de la salle des marchés du groupe Natexis Banques Populaires. En 2004, il intègre un cabinet de conseil sur produits dérivés en tant qu’analyste technique et obtient son diplôme d’Analyste Technique délivré par la STA (Society of Technical Analysis).

Depuis près de 10 ans, il s’est forgé une solide expérience sur les marchés financiers. En juin 2013, il décide de créer un service de trading simple et efficace : Agora Trading. Pour ses abonnés, il combine à merveille sa lecture des différentes classes d’actifs et leur corrélation pour en tirer le meilleur. Vous pouvez ainsi vous positionner en toute simplicité, en exploitant des outils de trading ultra-efficaces, les certificats Turbos.

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Un commentaire pour “Grèce : les tensions restent vives”

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