Profitez du « Gorille Invisible » et mettez de l’or en portefeuille

Rédigé le 18 janvier 2016 par | Matières premières & Energie, Métaux précieux Imprimer

Vous avez peut-être déjà entendu l’expression suivante : « pratiquer la politique de l’autruche ».

On s’en sert pour décrire quelque chose comme le déni d’une personne, le refus de voir une réalité en face. C’est une métaphore que l’on emploie lorsque la plupart des gens préfèrent ignorer ou nier totalement une réalité déplaisante ou potentiellement nuisible.

Mais en fin de compte, la réalité en question se manifeste toujours en créant le chaos autour de ceux qui ont choisi de l’ignorer.

Mais avez-vous déjà entendu parler du Gorille Invisible ?

Le gorille invisible est le nom que des chercheurs en sciences sociales ont attribué à une forme de perception sélective.

Les gorilles invisibles représentent la perception sélective.

Autrement dit, nous voyons certains objets et d’autres non, en fonction de notre état d’esprit et de nos a priori. Si nous nous focalisons totalement sur un problème, notre cerveau se « ferme » à la perception d’autres événements afin de nous fournir la « bande passante mentale » suffisante qui nous permettra de résoudre le problème. Mais voilà, les choses que nous ne voyons pas sont peut-être plus importantes que celle sur laquelle nous nous focalisons. Et c’est ainsi que nous sommes pris de court par le gorille.

Au cours de l’expérience en question (menée en 1999 par les psychologues Daniel Simons et Christopher Chabris), on a demandé aux personnes testées de regarder une courte vidéo dans laquelle deux équipes se passaient un ballon de basket. Spoiler : la vidéo de l’expérience à l’origine de l’expression « gorille invisible » est visible en ligne ici. Faites le test, vous-même, avant de poursuivre la lecture de cet article qui traite des résultats.

Résumons l’expérience. L’une des équipes porte des t-shirts blancs et l’autre porte des t-shirts noirs. Les personnes testées doivent compter le nombre de passes effectuées par l’équipe en t-shirt blanc. C’est difficile car les équipes se passent deux ballons en faisant tout un tas de feintes. La vidéo commence et les personnes testées sont totalement concentrées sur les t-shirts blancs (les mouvements de l’équipe en t-shirt noir n’ont aucune importance).

A la moitié de la vidéo, un scientifique déguisé en gorille arpente le terrain de basket, regarde droit vers la caméra, se frappe la poitrine et quitte le terrain. Ce gorille est parfaitement visible pendant 9 secondes.

A la fin de la vidéo, on demande aux personnes testées combien de fois l’équipe en t-shirt blanc a passé le ballon (la réponse correcte est 15). Et c’est là que cela devient intéressant. Les organisateurs du test demandent aux personnes testées la chose suivante : « Mais avez-vous remarqué le gorille » ?

C’est surprenant, mais plus de 50% des personnes testées n’ont pas vu ce gorille ! Comment se fait-il que plus de la moitié des personnes ayant visionné cette courte vidéo n’ait pas vu un gorille parfaitement visible sur le terrain de basket ?

La réponse se trouve dans la notion de perception sélective. Les personnes testées se focalisaient totalement sur les t-shirts blancs. Leurs esprits étaient « fermés » à tout ce qui était noir (les joueurs vêtus de t-shirts noirs n’avaient aucune incidence sur le problème qu’ils tentaient de résoudre). Alors puisque leur esprit a nié la couleur noire, cela n’a pas seulement écarté les t-shirts noirs mais également le gorille noir ! Le gorille était « invisible » pour plus de la moitié des personnes testées, alors même qu’il était parfaitement visible sur la vidéo.

C’est intéressant, non ?

Mais en quoi cela vous affecte-t-il, en tant qu’investisseur ? Quel impact cette expérience du Gorille Invisible peut-elle exercer sur votre argent et sur la répartition de votre portefeuille ?

Réponse : la perception sélective ne se limite pas à des vidéos de basketball. Elle est solidement ancrée dans nos cerveaux.

Les gorilles invisibles sont partout et les investisseurs ne les voient pas, à moins de faire un gros effort afin de ne pas tenir compte de ce que Wall Street nous encourage à regarder. Il faut vous focaliser sur ce qui compte réellement dans le monde.

Par exemple, les investisseurs ont tendance à être obsédés par les mouvements de yoyo quotidiens du marché actions et par les décisions de politique monétaire prises par les banques centrales.

Wall Street et Washington veulent que nous nous focalisions sur les « t-shirts blancs », en matière d’actions et d’obligations.

Que veulent-ils vous empêcher de voir ? Quel est ce Gorille Invisible, sur les marchés internationaux ?

C’est l’or.

La réalité, en ce qui concerne l’or, est aussi évidente que le gorille de la vidéo.

La production mondiale annuelle d’or est d’environ 2 000 tonnes. La Chine, l’Inde, l’Iran et la Russie à eux seuls en ont acheté environ 3 000 tonnes par an depuis 7 ans. L’industrie de la joaillerie en absorbe environ 1 000 tonnes par an. (Je considère les bijoux, sous leur forme décorative, comme des lingots : c’est ce que j’appelle « la richesse qui se porte »).

Des milliers de tonnes supplémentaires sont acquises par des pays autres que les « Big 4 » dont je viens de parler, et par des particuliers très futés, en Europe, en Asie et en Amérique Latine. (Les citoyens américains ne comprennent pas bien l’or et ne sont pas de gros acheteurs).

Cet excès d’acquisitions par rapport à la production signifie que les stocks existants, entreposés dans les chambres fortes de Londres, New York et d’ailleurs se vident rapidement. De véritables ruptures de stock d’or physique et l’impossibilité flagrante de livrer ce dernier guettent les banques et les négociants.

Dans ma lettre Trades Confidentiels, nous nous servons de la probabilité inverse (également appelée Théorème de Bayes) afin de tester nos hypothèses relatives aux marchés financiers. En mathématiques, cette formule ressemble à ce qui suit :

Théorème de Bayes

Cette formule énonce que nous améliorons notre interprétation initiale en la réactualisant via de nouvelles informations non biaisées. – La partie gauche de l’équation représente notre hypothèse de départ. – Le numérateur, en haut, à droite de l’équation, représente les informations réactualisées. – Le dénominateur, en bas, à droite de l’équation, représente les autres possibilités, notamment de quelles façons nous pourrions nous tromper.

A mesure que nous réactualisons le numérateur, en implémentant de nouvelles informations que nous recevons, la fraction s’accroît et la solidité de notre hypothèse se renforce.

Une fois que l’on atteint le niveau de 60% (voire plus) sur cette hypothèse, nous considérons qu’il s’agit d’une « Croix de Kissinger ». Une Croix de Kissinger survient lorsque nous disposons de suffisamment d’informations nous permettant de prendre une décision avisée tout en ayant encore le temps d’agir. C’est quelque chose que j’ai appris, personnellement, d’Henry Kissinger, il y a plus de 30 ans.

En fin de processus, vous disposez toujours d’informations parfaites, mais vos choix se sont envolés. Au début du processus, votre marge de manoeuvre est totale mais les informations sont maigres. La Croix de Kissinger, c’est ce moment idéal où les informations sont solides et votre marge de manoeuvre est encore importante.

A présent, combinons ces outils afin d’illustrer de quelle façon nous obtenons pour vous de puissants résultats.

Notre hypothèse, c’est que l’or physique se raréfie de plus en plus malgré les manipulations liées à « l’or-papier ». Des données le confirmant (provenant de Russie, Chine, Iran, Inde) s’accumulent au niveau du numérateur de notre fraction, conférant à notre hypothèse une probabilité de type Croix de Kissinger de plus de 60%.

Quid du timing ? Est-il trop tard pour investir sur l’or ? C’est ici qu’intervient notre Gorille Invisible.

Les investisseurs ont été conditionnés pendant 40 ans à ne pas songer à l’or. On leur a raconté que c’était une « relique barbare ». On leur a dit « qu’il n’y avait pas assez d’or pour y adosser un étalon monétaire ».

Cela vous dit quelque chose ?

Ces bobards émanant de Washington et de Wall Street, c’est un peu comme ces scientifiques qui disent aux personnes testées de se préoccuper uniquement des t-shirts blancs et d’ignorer les t-shirts noirs. Ou bien, en l’espèce, d’ignorer les t-shirts couleur or et de passer à côté d’un gorille en or.

J’ai rarement vu une meilleure configuration pour investir sur l’or : les stocks d’or physique se font rares. Les comptes sur marge sont shorts (jouent la baisse). Les actions liées à l’or se sont effondrées.

Et personne n’y prête attention.

La boîte à outils que nous utilisons pour réaliser nos analyses (le Théorème de Bayes, la Croix de Kissinger et des outils de comportementalisme, comme le gorille invisible) nous indique qu’il s’agit là d’un excellent point d’entrée pour ceux qui souhaitent investir sur l’or.

Notre analyste Gaël Deballe a déniché la meilleure façon de jouer cette carte. Une recommandation à retrouver dans Trades Confidentiels.

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Jim Rickards
Jim Rickards
Rédacteur en chef de Strategic Intelligence

James G. Rickards est le rédacteur en chef d’Intelligence Stratégique, la toute nouvelle lettre d’information lancée par Agora Financial aux Etats-Unis. Avocat, économiste et banquier d’investissement avec 35 ans d’expérience sur les marchés financiers de Wall Street, Jim est également l’auteur de Currency Wars et de The Death of Money, deux ouvrages devenus best-sellers du New York Times. Enfin, Jim est également chef économiste pour le fonds d’investissement West Shore Group.

Il est également rédacteur en Chef de Trades Confidentiels et Alerte Guerre des Devises.

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