Quand Google et Facebook veulent vous fournir Internet

Rédigé le 7 juillet 2016 par | Nouvelles technologies Imprimer

Que diriez-vous si Google vous proposait un accès à Internet, très très haut débit et à des tarifs extrêmement préférentiels par rapport à ce que vous propose Orange, Bouygues ou Numericable ? Hésiteriez-vous longtemps ?

Après tout, vous utilisez déjà des produits Google en permanence : le moteur de recherche lui-même, YouTube, Gmail, Android ou encore Google Maps… Alors pourquoi ne pas aller un peu plus loin et demander à Alphabet, la maison mère de Google, de vous fournir aussi un accès à Internet ?

Les opérateurs télécoms traditionnels, principalement américains, sont aujourd’hui confrontés aux ambitions des géants de la Silicon Valley qui semblent bien décidés à transformer le secteur de l’accès à Internet. Deux annonces récentes sont venues confirmer les ambitions de ces nouveaux acteurs.

En avril dernier, lors de l’annuelle conférence F8, Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, a annoncé le lancement de deux projets destinés à faire passer nos connexions à Internet à la vitesse (très) supérieure.

L’autre nouvelle qui doit donner quelques inquiétudes aux acteurs traditionnels, c’est le rachat par Google du fournisseur d’accès à Internet Webpass.

Facebook ou la connexion pour tous, partout, dans les meilleures conditions

Parmi les nombreux chevaux de bataille enfourchés par le géant des réseaux sociaux, le meilleur accès Internet possible, pour tous, partout est un des plus emblématiques.

Pour Facebook, il y va bien sûr de sa croissance future. En 2015, 58% de la population mondiale n’avait pas accès à Internet. Soit environ 4,3 milliards de clients potentiels en moins pour le réseau de Zuckerberg.

Et beaucoup reste encore à faire pour les trois et quelques milliards de chanceux (même si cela se discute) qui ont déjà accès aux joies d’Internet. La multiplication des services offerts par Facebook, le développement de la vidéo, de l’intelligence artificielle ou encore, bientôt, de la réalité virtuelle ou augmentée nécessitent une meilleure bande passante, des connexions plus rapides, plus puissantes.

Pour toutes ces raisons, que partagent tous ceux qui se penchent sur l’avenir et le développement de la connexion à Internet, Facebook investit beaucoup, et depuis plusieurs années, dans le développement de nouvelles ou meilleures infrastructures de connexion.

Le réseau social avait fait parler de lui en 2013. En partenariat avec six acteurs majeurs des télécoms, Zuckerberg lançait alors le projet Internet.org destiné à établir un « nouveau droit de l’Homme », celui de la connectivité. Facebook s’est aussi doté d’un département consacré aux projets d’avenir et innovants – un équivalent du fameux Google X d’Alphabet – qui travaille, entre autres, sur des drones de télécommunication solaires ou encore sur des connexions à Internet via laser.

Aquila Aquila, le drone solaire de télécommunication de Facebook Source : Internet.org

Tout récemment, Zuckerberg a mis en avant deux nouveaux projets, destinés à améliorer la connectivité dans les centres urbains avec une prédilection pour les plus peuplés (là où réside les meilleurs « clients » de Facebook).

Le projet Terragraph devrait ainsi proposer des connexions Wi-Fi extrêmement rapides dans les zones urbaines ultra-denses. Si votre téléphone est équipé de la 3G ou 4G, vous avez certainement remarqué que, selon le lieu où vous vous trouvez, votre connexion est plus ou moins rapide. Et ce même en ville. La faute aux bâtiments et autres obstacles à la Wi-Fi. Pour résoudre ce problème, Facebook se propose de mettre en place un réseau d’émetteurs WiGig au maillage très serré.

Mais au fait, qu’est-ce que le WiGig ? Une nouvelle forme de Wi-Fi (qui n’a pas été développée par Facebook), au moins cinq fois plus rapide que celle qui prévaut actuellement, et qui propose – pour la première fois – un débit pouvant aller jusqu’à sept Gbits (sachant qu’actuellement, le débit maximum est officiellement de 1,2 Gbits et que, dans la pratique, il est bien inférieur).

Seul petit problème, un tel débit n’est tenable que sur une courte distance. C’est là que se propose d’intervenir FaceBook avec Terragraph : en installant des relais WiGig tous les 250 mètres, nous pourrions dans quelques années bénéficier d’une connexion Wi-Fi vraiment rapide. Et ainsi ne jamais quitter le giron de Zuckerberg.

L’autre projet développé par Facebook, c’est Aries, pour Antenna Radio Integration for Efficiency in Spectrum. Il s’agit cette fois d’une station Wi-Fi capable d’envoyer 24 flux différents en même temps mais surtout avec le meilleur coût économique et la moindre consommation d’énergie. Or la consommation énergétique des infrastructures télécoms devient de plus en plus cruciale.

Grâce à ses antennes Aries, Facebook pourrait proposer un débit dix fois supérieur à celui d’une antenne 4G classique, non seulement dans les centres urbains mais aussi dans les zones rurales qui ont été jusqu’à présent largement délaissées par les opérateurs télécoms.

Pour l’instant, Facebook n’envisage pas de se substituer aux opérateurs télécoms. En février dernier, le réseau social a ainsi lancé le Telecom Infra Project avec 300 partenaires dont Intel, Nokia, Deutsche Telekom ou SK Telecom. Un projet qui fait partie de celui plus global de l’Open Compute Project, et dont l’objectif est d’étendre et d’améliorer la connexion à Internet tout en mettant en place des infrastructures moins coûteuses, plus efficaces et moins gourmandes en énergie.

Les ambitions de Google vont encore plus loin, ce que je vous propose de voir demain dans la Quotidienne.

Mots clé : - -

Cécile Chevré
Cécile Chevré
Rédactrice en Chef de La Quotidienne Pro

Cécile Chevré est titulaire d’un DEA d’histoire de l’EPHE et d’un DESS d’ingénierie documentaire de l’INTD. Elle rédige chaque jour la Quotidienne de la Croissance, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance.

Laissez un commentaire