Pourquoi Google ne veut plus de Boston Dynamics

Rédigé le 25 mars 2016 par | Nouvelles technologies Imprimer

Cher lecteur,

Aujourd’hui, les marchés sont fermés, ce qui nous offre une pause bienvenue

La Quotidienne va quant à elle être consacrée à un sujet qui agite les méninges et les esprits en ce moment : les robots.

Il y a quelques jours, on apprenait, grâce à Bloomberg, qu’Alphabet (c’est-à-dire Google) cherchait à vendre Boston Dynamics.

Boston Dynamics ? Mais oui, ce fabriquant de robots acquis par Google fin 2013. Mais aussi le créateur du robot Atlas que je vous présentais il y a quelques jours via une vidéo qui a fait énormément parler d’elle (et que vous pouvez retrouver ici…).

Un peu plus de deux ans après avoir mis la main sur Boston Dynamics, pourquoi Alphabet cherche-t-il à s’en débarrasser ?

Etrange, non, alors que nous parlons tous de révolution robotique et alors que les robots sont censés bientôt envahir notre quotidien. Etrange aussi alors qu’Alphabet s’est donné comme mission de sauver le monde, via les projets regroupés dans Google X. Les robots ne feraient donc pas partie de cette grande oeuvre ?

Plusieurs raisons ont été avancées pour expliquer cette défection de Google. Tout d’abord des arguments financiers et de gouvernance d’entreprise. Boston Dynamics ne serait jamais vraiment parvenu à s’intégrer dans la nébuleuse Alphabet, et ferait plus figure de franc-tireur. Possible effectivement…

Mais l’autre raison avancée plus ou moins ouvertement par les dirigeants d’Alphabet, c’est… la fameuse vidéo dont je vous parlais plus haut. Elle a été vue plus de 10 millions de fois et… a suscité un certain effroi, apportant de l’eau au moulin de ceux, de plus en plus nombreux, qui s’élèvent contre les risques de la robotique à « figure humaine », de l’intelligence artificielle, etc.

Pour Alphabet, qui cherche à se présenter comme une entreprise oeuvrant pour le bien de l’humanité, des robots qui, au mieux, créent un certain malaise et, au pire, engendrent une véritable réaction de rejet, c’est un gros problème.

Voilà qui expliquerait que Boston Dynamics soit à vendre.

C’est pourquoi la réflexion menée par mon collègue britannique Nick O’Connor m’a semblé particulièrement intéressante. Sommes-nous prêts à laisser un robot s’occuper d’un malade ? D’une personne âgée ? D’un enfant ? La question peut sembler être de la science-fiction mais, comme nous allons le voir, le Japon se transforme en laboratoire géant pour les robots soignants sur fond de vieillissement accéléré de sa population.

Les besoins existent donc. Mais sommes-nous prêts à franchir le pas ?

Bonne lecture, excellent week-end. Nous nous retrouvons mardi car, lundi, la Quotidienne fait relâche.

Cécile Chevré

Mots clé : - -

Cécile Chevré
Cécile Chevré
Rédactrice en Chef de La Quotidienne Pro

Cécile Chevré est titulaire d’un DEA d’histoire de l’EPHE et d’un DESS d’ingénierie documentaire de l’INTD. Elle rédige chaque jour la Quotidienne de la Croissance, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance.

Laissez un commentaire