Ils ne veulent même plus des belles françaises !

Rédigé le 27 octobre 2015 par | Indices & Actions Imprimer

3 380 milliards de dollars… C’est le montant, en valeur, des fusions-acquisitions depuis le début de l’année.

Si, par rapport à la même période de 2014, la hausse enregistrée est de 35%, c’est surtout un montant historique. Du jamais vu !

Fusaq

Et le 4e trimestre devrait afficher de nouveaux records puisque les deux premiers acteurs mondiaux de la bière devraient se rapprocher. Anheuser-Bush InBev, brasseur belgo-brésilien et accessoirement numéro 1 mondial du secteur, va s’offrir son premier concurrent, le Britannique SAB Miller.

L’opération est titanesque et se chiffre à 105 milliards de dollars (92 milliards d’euros) – soit la capitalisation boursière de l’Oréal…

Si la fusion est validée par les autorités de régulation, la nouvelle entité vendra alors une bière sur trois dans le monde.

Un peu moins colossal, le rachat d’EMC, le numéro 1 mondial du stockage de données, par Dell, frise aussi le record. A 67 milliards de dollars (59 milliards d’euros), c’est le rachat le plus cher du secteur technologique. L’opération devrait entériner le repositionnement de Dell sur le marché des services, du "software", beaucoup plus porteur que celui du "hardware" et des PC, en forte décroissance.

Curieusement (quoi que, encore une singularité française sans doute), ce gigantisme des fusions-acquisitions outre-Atlantique ne concerne pas encore la France : sur les neuf premiers mois de l’année, le volume de ces opérations s’est rétracté de 43% !

Pourtant, le capital des entreprises du CAC 40 est loin d’être verrouillé, et elles sont même plutôt nombreuses à avoir un tour de table atomisé. Je pense à Danone, Pernod Ricard, Publicis, ou encore Schneider, Technip et Valeo : de belles proies pour un géant américain… qui n’en ferait qu’une bouchée.

Pour autant, les groupes étrangers en quête de croissance externe ne se bousculent pas aux portes des sociétés françaises en dépit de valorisations nettement inférieures à celles pratiquées aux Etats- Unis. Peut-être redoutent-ils une croissance atone…

… Peut-être ont-ils aussi en mémoire la volée de bois vert que s’est pris General Electric suite à son opération sur Alstom, notre cher gouvernement ayant voulu défendre les intérêts français paraît-il.

Pour l’heure, nos belles sociétés n’intéressent donc pas les acheteurs potentiels. Je n’y vois pas un très bon signe car je crains que la France soit désormais synonyme de rigidité administrative, gouvernementale et économique à l’étranger.

Enfin, il y a un peu d’espoir : le cabinet Baker & McKenzie anticipe que les opérations de rapprochement devraient repartir à la hausse en France sur 2016 et 2017.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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