Les trois bombes à retardement qui vont encore faire baisser les marchés

Rédigé le 23 janvier 2009 par | La quotidienne Imprimer

Un boom ! C’est ce que promet La Tribune d’hier aux entreprises qui ont cédé aux sirènes des fusions-acquisitions : "Cette bombe qui menace les marchés financiers". Après des années d’acquisitions euphoriques et pas forcément judicieuses (rappelons-nous simplement le sinistre et révélateur exemple de Vivendi sous l’ère Messier), les entreprises sont à l’heure du jugement dernier.

Simone Wapler aime d’ailleurs fustiger le leurre des fusions-acquisitions et l’illusoire appât de la synergie : "Fin 2007, Royal Bank of Scotland, attirée par les fumets — pourtant déjà en état de décomposition avancée — d’ABN Amro, rachète une partie du groupe financier pour 27 milliards d’euros. Aujourd’hui, RBS, avec sa part ingurgitée d’ABN, ne vaut plus que 5 milliards d’euros. Sans l’aide de l’Etat britannique, la banque aurait déjà explosé en vol."

A MoneyWeek, nous sommes habitués aux engins explosifs et incendiaires en tout genre : cela fait des années que Bill Bonner a repéré les bombes à retardement qui menacent l’économie et votre patrimoine : immobilier, actions américaines, dollar…

Nous pensons aussi que les marchés sont un dangereux terrain de grandes opérations, truffé de mines anti-entreprises. Pour nous, le marché n’est donc pas seulement menacé par les conséquences de la politique de fusion-acquisition à tout-va de ces dernières années, il l’est aussi par deux bombes à retardement supplémentaires : les résultats des entreprises et l’explosive question des dividendes.

La saison des résultats trimestriels est ouverte. Le tableau de chasse des mauvais résultats sera bien plus important que prévu par les analystes. Certains avaient fait preuve d’un optimisme de commande. Les résultats devraient s’aligner sur la déprimante réalité.

Autre bombe dont nous entendons déjà le tictac menaçant : les dividendes. Jusqu’à présent, le consensus voulait que les dividendes soient intouchables ; ils seraient versés sur la même base malgré la crise. Conséquence : certains clament à cor et à cri que les actions sont redevenues attractives grâce à leurs dividendes, et qu’il est temps de réinvestir sur le marché actions.

Sur quoi fondent-ils leurs conseils ? Sur l’idée que les dividendes seront identiques alors que l’action est dévaluée. Les rendements deviennent alors — artificiellement — très attractifs. Un exemple : un dividende d’un euro sur une action de dix euros offre un rendement de 10%. Abracadabra, cet euro se transforme en rendement de 20% quand l’action ne cote plus que cinq euros. Mathématique mais… utopique et naïf. Car les entreprises vont très certainement baisser — voire supprimer — leurs dividendes. Selon La Tribune, Société Générale va reculer l’annonce du montant de ses dividendes à la mi-février. Un peu de répit avant l’hallali ?

Les marchés vont continuer à baisser, entrainés dans leur chute par ces trois bombes : les fusions-acquisitions, les résultats trimestriels et les dividendes ; mais, à MoneyWeek, nous jouons les démineurs. Si vous voulez vous laisser tenter par des actions impliquées dans une fusion-acquisition, Ingrid Labuzan préconise prudence et précaution : "Il n’existe quasiment qu’une situation dans laquelle un investisseur particulier peut bénéficier d’une fusion-acquisition : s’il possède déjà des actions des entreprises concernées. Et, de préférence de la proie dont le cours a souvent tendance à monter après l’annonce d’une OPA ou d’une OPE…". Pour lire la suite de son article, cliquez-ici.

Dans notre prochain dossier, nous vous expliquerons comment profiter d’une catégorie d’investissement qui résistera à l’explosion des trois bombes à retardement : les obligations des entreprises. Avec des rendements deux fois plus élevés que les obligations d’Etat, elles constituent en ce moment une excellente affaire. Rendez-vous dans le prochain MoneyWeek

Cécile Chevré
Cécile Chevré
Rédactrice en Chef de La Quotidienne Pro

Cécile Chevré est journaliste depuis une dizaine d’années. Elle s’intéresse à tous les secteurs de l’économie qui sont en mouvement, des nouvelles technologies aux matières premières en passant par les biotech. Elle rédige chaque jour la Quotidienne de la Croissance, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance, ainsi que les Marchés en 5 Minutes.

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