Les fous volants ou l’avenir du transport aérien

Rédigé le 6 juillet 2016 par | Nouvelles technologies Imprimer

Aujourd’hui, nous allons nous pencher sur l’avenir des machines volantes. Je vais en venir directement au fait, parce je sais bien qu’une question vous obsède : « Où est mon jetpack ? »

Jetpack Source : http://jetpackaviation.com

Les jetpacks existent depuis les années 1950 environ. L’idée n’était pas brillante à l’époque… et ils ne se sont pas beaucoup améliorés aujourd’hui. J’ai donc bien peur que la réponse ne soit : « ce n’est pas demain la veille ».

Vous n’aurez pas non plus de sac à dos-hélicoptère, autre appareil assez ridicule qui existe depuis les années 1940, bien qu’il existe des applications potentielles pour la défense et pour les services d’urgence. Si vous voulez en apprendre plus sur ce genre de projets, vous pouvez faire des recherches sur le GEN H-4, le plus petit hélicoptère qui ait été développé par la société japonaise Gen.

GENH4 Source : http://www.gen-corp.jp

On en fait toujours un peu trop quand on se met à parler du futur. Comme le dit la célèbre citation : « Nous voulions des voitures volantes, on nous a donné 140 caractères ».

Les voitures volantes, un futur très passé

Mais il n’est pas complètement impossible que vous puissiez un jour conduire une voiture volante. Je vous explique…

Les voitures volantes ont en fait été inventées il y a un peu moins de cent ans, et des prototypes ont été construits quelques années plus tard – un modèle a été produit régulièrement dans les années 1960.

Aerocar III Aerocar III Source : Wikipedia

Malheureusement, leur progrès a toujours été freiné par le fait que le concept est idiot. Une voiture n’est (par définition) pas un avion. Combiner les deux moyens de transport pose de tels défis en termes de design que vous ne pouvez finir qu’avec un avion très médiocre, qui fait aussi une très mauvaise voiture.

L’un des soucis majeurs des voitures volantes – et des jetpacks, d’ailleurs – est lié à la physique la plus élémentaire. Si vous êtes pressé d’arriver quelque part, il faut y aller vite. C’est ce que permettent de faire nos gros avions, qui volent haut. Nous avons aujourd’hui l’habitude de voler à des centaines de kilomètres à l’heure pour un prix très bas. Et c’est ce qui rend l’idée d’une voiture volante assez attrayante…

Malheureusement, ce n’est vraiment pas si simple. A basse altitude, l’air est beaucoup plus dense, et offre donc beaucoup plus de résistance. C’est particulièrement problématique lorsqu’un gros avion est nécessaire pour transporter un seul passager. Ainsi, une voiture volante, quelle que soit sa vitesse, consommerait des tonnes d’essences. La voiture volante de vos rêves n’est donc pas très douée pour faire ce qu’un avion fait parfaitement, à savoir voler très loin, très vite.

Une autre raison qui la rend vraiment très peu pratique est que vous aurez besoin, au départ et à l’arrivée, d’une piste de décollage et d’atterrissage de taille conséquente.

Si vous avez besoin d’une forme de transport personnel volant plus gérable, vous pouvez essayer le Lilium. C’est un jet particulièrement futuriste, qui décolle à la verticale.

Lilium Source : http://lilium-aviation.com/

Si (quand ?) les fabricants auront réglé les problèmes d’autorisations, vous pourrez (théoriquement) être autorisés à décoller depuis un terrain de la taille d’un gros jardin, voler un peu moins de 500 km à 400 km/h, et atterrir sur un autre bout de terrain de la même taille. Ce n’est, certes, pas une voiture volante, mais elle vous permet de bénéficier des mêmes caractéristiques pratiques. Bien sûr, vous aurez quand même besoin d’un permis de pilotage…

Et les drones, alors ?

« Et les drones, alors ? » me demanderez-vous. « Je pourrais sans doute me suspendre à une sorte de très gros quadricoptère ! ». Eh bien, oui. EHang Inc. a mis au point un prototype de drone que vous pouvez utiliser pour vous déplacer.

Ehang Source : John Locher/Associated Press

Si vous désirez une forme de transport personnel très chère et pas pratique du tout, mais que vous n’êtes pas du genre à vous acheter une Rolls Royce, vous pouvez investir dans l’un de ces appareils.

Mais vous ne pouvez pas l’utiliser pour voler, bien entendu – il y a des réglementations à respecter, figurez-vous ! C’est le problème que le Lilium permet de résoudre : il s’agit d’un avion conventionnel, avec pilote – les autorités savent donc dans quelle catégorie le classer.

Cette insistance de la part de personnes qui cherchent à nous empêcher de faire des choses spectaculairement dangereuses dans des appareils volants a été un vrai frein pour l’innovation en matière d’aviation.

Imaginez un peu devoir demander à la Direction générale de l’Aviation civile une autorisation pour mettre à jour les applis de votre téléphone, avoir besoin d’une licence de pilotage pour regarder Netflix ou devoir présenter un plan aux contrôleurs du trafic aérien pour jouer à Angry Birds… l’adoption s’en trouverait nettement ralentie et nous serions encore tous en train d’utiliser des téléphones Nokia.

Quel avenir pour le transport aérien ?

Mais les choses changent. L’arrivée généralement acceptée des voitures autonomes signifie que nous pouvons nous attendre à des évolutions similaires dans le domaine des voyages aériens.

En principe, il est nettement plus facile de concevoir un avion autonome qu’une voiture autonome parce que des enfants en bas âge ne décident pas soudain de se jeter sous les roues d’un avion à 20 000 pieds.

De plus, une bonne partie de la technologie d’automatisation a déjà bien été testée sur les aéronefs commerciaux.

Reste que des problèmes de bruit, de consommation de carburant, de piste d’atterrissage, etc. garantissent que le transport routier personnel restera la solution la plus laborieusement pratique pendant un bon moment encore.

Mais je pense qu’il est possible qu’une sorte d’Uber-copter puisse devenir disponible dans l’avenir. Si votre vision du futur se base principalement sur The Jetsons, il est possible que vos rêves deviennent réalité.

Comment en profiter ?

L’une des entreprises qui aide à rendre tout cela possible est Intelligent Energy (IEH:LSE) dont les piles à combustible sont spécifiquement conçues pour les drones, et leur permettent un temps de vol plusieurs fois supérieur à ceux que permettent actuellement les batteries.

Bien sûr, nous allons voir arriver une grande quantité de nouvelles technologies et de nouvelles approches dans le domaine du transport aérien ; et l’émergence d’appareils qui font rêver. Mais n’oubliez pas que beaucoup de technologies de science-fiction de ce type ont été testées pendant des décennies, sans que l’on parvienne à une adoption de masse, ni même que l’on s’en approche.

Pour conclure, donc, j’ai bien peur de devoir vous annoncer que le jetpack, ce n’est pas pour demain.

Mais nous pourrions voir arriver une nouvelle génération d’avions relativement pratiques mais conventionnels dans relativement peu de temps, et ce même s’ils seront sans doute onéreux.

Au-delà, il y a une possibilité réaliste pour que vous puissiez, un jour, voler dans un quadricoptère destiné au transport personnel. Mais ce jour ne sera pas avant quelques années. [NDLR : Avant de pouvoir disposer d’un avion autonome et personnel, ou d’une voiture volante, vous profiterez des avancées en matière de voiture autonome. La voiture de demain est déjà dans NewTech Insider et vous pouvez en profiter dès maintenant…]

Andrew Lockley

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