Les Fintech, de la start-up à la licorne

Rédigé le 19 mai 2016 par | Nouvelles technologies Imprimer

Hier, nous avons vu que les Fintech, ces entreprises qui conjuguent technologie et finance, colonisent tout le spectre des activités bancaires et ont un seul et même dessein : révolutionner notre rapport à l’argent, et l’usage que l’on en fait, via des services de nouvelle génération à bas coûts, faciles d’accès et de meilleure qualité.

Pour damer le pion aux vieux de la vieille, cette nouvelle garde de l’industrie financière joue à plein la carte technologique…

Les Fintech, des alternatives aux banques…

Un atout de pointe qui va de pair avec l’émergence d’une nouvelle manière de consommer, symptomatique d’une « génération Y » en pleine ascendance.

En effet, le nombre d’individus nés à l’ère du numérique – entre le début des années 1980 et le milieu des années 1990 pour être précis – est en passe de supplanter celui des « baby boomers« . Ils devraient même représenter 75% de la population active mondiale d’ici à 2025, selon une étude de Bank of America Merill Lynch publiée en juin 2015.

Etude qui estime par ailleurs que le secteur financier sera l’un des plus perturbés par le phénomène dans les trois à cinq prochaines années.

Il faut dire que son fonctionnement, jugé trop opaque, et les événements de 2008, ont contribué à entacher la réputation des acteurs traditionnels du secteur. De fait, la méfiance s’est installée à mesure que les attentes de cette nouvelle génération de consommateurs ont évolué : ils veulent des services plus simples, plus fiables, moins chers et clairement 2.0.

Avec les alternatives offertes par les Fintech, les occasions de faire l’impasse sur les banques ne manquent pas.

Weeleo, par exemple, propose de s’affranchir des bureaux de change, et des frais exorbitants qu’ils prélèvent sur les transactions, en favorisant l’échange de devises entre particuliers.

Fundshop, pour sa part, permet aux épargnants de prendre directement la main sur la gestion de leur épargne (notamment leur assurance-vie !) via un robot leur dispensant des conseils personnalisés basés sur des algorithmes traquant en continu les grandes tendances de marché.

Bankin’ centralise, sur une seule et même application, l’ensemble de vos comptes (même éparpillés dans différentes banques) afin de vous aider à mieux gérer vos finances au quotidien.

Les exemples sont nombreux et cela prendrait bien trop de temps de tous vous les détailler ici – ce n’est d’ailleurs ni le but ni le propos.

Retenez simplement que les Fintech insufflent un vent d’innovation sur un secteur bancaire qui en avait grandement besoin – ce qui n’est pas pour déplaire aux investisseurs dont l’intérêt pour ce secteur va croissant…

… qui aiguisent bien des appétits

En effet, selon Innovate Finance, les Fintech ont bénéficié de 12,5 milliards de dollars d’investissements en 2015, contre 12,2 milliards en 2014.

Mais le marché est encore difficile à réellement appréhender. D’une étude à l’autre les chiffres varient. En effet, selon une autre étude, réalisée par le cabinet Accenture et publiée mi-avril 2016, les Fintech auraient capté pas moins de 22,3 milliards de dollars d’investissements en 2015, contre 9,6 milliards en 2014 ; soit une progression de 75%.

Plus impressionnant encore, en France, ils ont grimpé de 750% entre 2014 et 2015, passant de 22 millions de dollars à 189 millions…

En fait, peu importe les divergences, retenez simplement que les investissements explosent. Une explosion qui se reflète clairement dans les valorisations. Pourtant rares, et c’est pour cela qu’on les appelle ainsi, les licornes, ces start-ups valorisées à au moins un milliard de dollars, pullulent dans le secteur. S’il est difficile de les dénombrer – certains parlent d’une quarantaine, d’autres d’une vingtaine –, elles couvrent toutefois l’ensemble des activités bancaires et financières.

Mais, dans son The Pulse of Fintech, 2015 in review, le cabinet KPMG relève que c’est dans le paiement et le prêt que l’on y trouve la plus forte concentration. Et c’est d’ailleurs ce segment qui rafle la majeure partie des investissements réalisés dans le secteur. C’est également l’un des premiers à amorcer une vague de concentration.

Tenez, dans le prêt par exemple, la plateforme Len10 a annoncé, courant avril 2016, le rachat de son concurrent Finsquare pour accélérer son développement dans le prêt aux entreprises. Si son montant est encore tenu secret au moment où j’écris ces lignes, tous les observateurs du secteur s’accordent d’ores et déjà à dire que l’opération lance la concentration du segment du crowdfunding

Si les Fintech commencent à se racheter entre elles, les banques aussi ont commencé à croquer dans le gâteau. Dans le paiement, par exemple, le Crédit Mutuel Arkéa est monté en septembre 2015 à 86% du capital de la cagnotte en ligne Leetchi. Coût de l’opération : plus de 50 millions d’euros.

Ce rachat n’est pas anodin mais bien symptomatique du bouleversement qui affecte actuellement le secteur bancaire. En fait, les banques – et même les fonds d’investissement – se rendent bien compte que les règles du jeu sont en train de changer. Loin d’être fugaces et filantes, les Fintech sont bel et bien les étoiles montantes d’un paysage bancaire en pleine restructuration. [NDLR : Les Fintechs s’apprêtent à modifier en profondeur le secteur de la banque et de la finance… pour le plus grand bonheur et bénéfice des investisseurs qui auront su miser sur les plus prometteuses d’entre elles. Eric Lewin a sélectionné pour vous une Fintech, spécialiste des paiements numériques. Une valeur à très fort potentiel de croissance, et de gains. A retrouver dans Mes Valeurs de Croissance dans le dossier spécial Fintech d’Eric]

Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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