La Quotidienne de la Croissance http://quotidienne-agora.fr Investir sur la croissance Wed, 18 Oct 2017 12:18:25 +0000 fr-FR hourly 1 Le cours du Bitcoin fait une pause, mais l’ascension pourrait bientôt reprendre http://quotidienne-agora.fr/cours-bitcoin-bitmain/ http://quotidienne-agora.fr/cours-bitcoin-bitmain/#comments Wed, 18 Oct 2017 10:41:03 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70508 cours bitcoin 2017 euro

Le week-end dernier, le Bitcoin a franchi une étape importante en frôlant les 5 700 $. La cryptomonnaie semblait avoir du mal à dépasser les 5 000 $ en septembre. Mais depuis deux semaines, elle a franchi le cap et a poursuivi son ascension, pour ralentir un peu avant de pouvoir franchir les 6 000 $.

Le Bitcoin a ainsi donné une gifle à ses détracteurs, dont certains pontes de la finance, comme Jamie Dimon de JP Morgan, l'ex-président de la Fed Ben Bernanke ou encore la banque UBS.

Les crypto-convaincus ont poussé le cours du Bitcoin vers le haut malgré les sommations. Par ailleurs, le Bitcoin continue de consolider sa position de leader des cryptos, avec 54,7% du marché mardi 17 octobre, contre juste 39% en juin. Et ce pour une valeur totale de 80 milliards d'euros.

Ses détracteurs ont malgré tout marqué un point : certes, le Bitcoin progresse, mais parce que les investisseurs délaissent ses compétiteurs.

Excepté le Bitcoin, la valorisation des cryptomonnaies n'a pas encore retrouvé ses niveaux de début septembre :

cryptos cryptomonnaie 2017 graphique cours bitcoin 2017

Le repli vers le Bitcoin signale un retour vers la simplicité. Le Bitcoin fait moins de choses que ses compétiteurs. Il n'offre pas de "contrats intelligents" contrairement à l'Ethereum, ni d'anonymat contrairement à Monero ou d'autres.

Le Bitcoin ne sert à rien à part effectuer des transactions. Par ailleurs, les ralentissements de la blockchain entraînent des délais importants – souvent plus de 15 minutes et parfois plusieurs heures – dans la validation des transactions.

La mise à jour SegWit2x de la blockchain sur laquelle repose le Bitcoin – qui est entrée en action en août dernier – n'a pas encore permis de réduire ces délais dans les transactions. Lorsque les investisseurs se jetaient sur le Bitcoin début octobre, le temps de validation d'une transaction dépassait les sept heures...

Cours Bitcoin 2017 avg confirmation time crypto monnaie comment ça marche graphe

Malgré les limites du Bitcoin, le réseau continue de gagner en force et en sécurité...

La solidité du réseau Bitcoin repose sur sa puissance de calcul. Malgré les variations du cours, le scepticisme des financiers de Wall Street, ou la récente interdiction des IPO par la Chine, la puissance de calcul du Bitcoin n'a cessé de grimper. Regardez...

hash rate alltime blockchain bitcoin cours 2017 graphique

L'explosion du réseau a entraîné une amélioration de la capacité de "minage" – de production – de nouveaux Bitcoins.

Antminer S1, un processeur dédié au minage, a vu le jour en 2013 avec une puissance de calcul de 180 giga-hash/seconde (GH/s). Le modèle Antminer S9 qui est actuellement en vente dispose quant à lui d'une puissance de 14 000 GH/s.

Par ailleurs, la puissance de calcul d'un ordinateur portable de base tourne autour des 0,007 GH/s. La puissance de calcul du réseau Bitcoin équivaut à 7 000 milliards de portables, soit 1 000 par individu sur cette planète.

La contrepartie de cette explosion de la capacité de minage est l'augmentation des besoins en électricité. Les fermes de minage ont donc tendance à s'installer en Chine, un pays dans lequel l'électricité ne coûte presque rien.

Selon une analyse du blog Buy Bitcoin Worldwide, en juin 2017, la Chine possédait environ 71% de la puissance de calcul des fermes à Bitcoin. L'Inde arrive en deuxième position avec 4%. Les Etats-Unis ont juste 1% environ.

Si la Chine dispose d'électricité aussi bon marché, c'est grâce à ses réserves de charbon et de ses infrastructures qui approvisionnent tout le pays. Les mineurs de Bitcoin du reste du monde ne peuvent pas concurrencer la puissance chinoise.

Le site Quartz a décrit l'un de ces sites de minage, situé entre la Chine et la Mongolie :

Le Bitcoin consomme d'énormes quantités d'électricité. Les mineurs cherchent donc des endroits où l'électricité coûte peu cher. La mine Ordos a vu le jour en 2014, pour devenir la première mine de Bitcoin à grande échelle. Bitmain l'a achetée en 2015. Son électricité vient surtout de centrales à charbon.

[...] La facture d'électricité atteint les 39 000 $ par jour.

[...] Bitmain a aussi des mines dans d'autres régions chinoises, comme celle du Yunnan dans le sud, et la région autonome de Xinjiang dans l'ouest.

La courbe de la puissance de calcul ne montre pas d'hésitation...

Ces mines sont à la base du Bitcoin. La croissance de leur puissance de calcul croît de jour en jour...

Et Wall Street passe à côté.

Le cours du Bitcoin fait peut-être une pause depuis lundi mais la puissance de calcul sur laquelle repose le réseau – la clé derrière son succès – poursuit quant à elle son ascension.

Si le cours du Bitcoin continue de refléter l'explosion de la puissance de calcul, alors la cryptomonnaie pourrait rapidement partir à l'assaut des 6 000 $.
[NDLR : Sans puces, processeurs, et autres cartes graphiques, pas de Bitcoin. Ray Blanco vous propose donc le casse du siècle sur les cryptomonnaies en misant sur la technologie sur laquelle elles reposent. De potentiels gains à 3 chiffres à découvrir ici...]

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Les monnaies locales sont-elles faites pour vous ? http://quotidienne-agora.fr/monnaies-locales-usages/ http://quotidienne-agora.fr/monnaies-locales-usages/#respond Tue, 17 Oct 2017 09:30:48 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70502 monnaies locales

Nous avons découvert hier les monnaies locales complémentaires et leur usage prévu par le législateur et leurs créateurs. Elles sont très clairement conçues pour dynamiser l'économie locale, pas pour enrichir leurs utilisateurs.

Pourtant, l'inventivité des humains est sans limite et l'histoire de la monnaie est parsemée d'anecdotes inattendues.

Qu'il s'agisse de troc, de marché noir ou, comme en Chine, d'utiliser des jetons virtuels émis par le géant QQ pour acheter des biens réels (au grand dam des autorités qui voient d'un très mauvais oeil l'arrivée de ce marché parallèle), l'inventivité des consommateurs est infinie. Nous aimons échanger et commercer.

Avons-nous intérêt à le faire avec des monnaies locales ?

Pouvons-nous utiliser ce nouvel outil au-delà de sa fonction première dans notre propre intérêt ?

Le point de vue du consommateur

Nous avons vu que l'usage des monnaies locales est fortement teinté de considérations politiques.

Le législateur laisse ce nouvel espace de liberté à la société civile si son objet est le financement d'une politique sociale.

Cette problématique rappelle celle de l'Etat-actionnaire. Comment concilier les intérêts particuliers et ceux du groupe ? Dans le cadre des investissements à fonds perdus de l'Etat, le choix est simple : le consentement à l'impôt n'est pas une option.

Dans le cas des monnaies locales, la question est plus complexe. Bien sûr, l'utilisation d'une MLC plutôt que des euros lors de l'achat de produits locaux relève du choix de chacun. Mais le consommateur a-t-il intérêt à voir se raréfier l'offre de produits importés ? Utiliser des MLC pourrait bien se retrouver contraire à ses propres intérêts.

Vous pouvez habiter dans le Cantal, adorer le fromage, et apprécier tout autant une andouillette de Troyes ou des abricots de la Drôme. Cette homogénéité de l'offre commerciale n'est possible que parce que ces régions sont reliées par de solides infrastructures et une monnaie commune.

Le citoyen-acteur qui opte pour un paiement en MLC pour ses emplettes de denrées produites hors de la région doit donc avoir conscience que son achat n'est possible que si peu de ses congénères suivent son exemple. Si votre épicier fait la totalité de son chiffre d'affaires en MLC, il ne pourra plus se fournir que chez des producteurs locaux.

Trop encourager la consommation locale conduit à un renfermement rarement enrichissant pour les populations : les habitants des pays s'étant essayés à l'autarcie au siècle dernier peuvent en témoigner.

Se pose également la question de la liberté de commerce. Certaines associations de gestion des monnaies locales filtrent activement les points de vente autorisés à accepter leurs MLC. La relation vendeur/consommateur sort alors du cadre du libre consentement et devient soumise au bon vouloir d'un comité.

Dans ces situations, la MLC n'est plus un instrument de vie locale mais le choix d'intégrer un réseau de consommation limité à des points de vente considérés comme acceptable par un tiers.

Une bien curieuse façon de responsabiliser les consommateurs.

Bou'sol

Le tout premier argument mis en avant pour l'usage du Bou'sol : le choix de vos lieux de consommation - Source : www.bou-sol.fr

Selon votre sensibilité personnelle, vous trouverez peut-être agréable de vous retrouver entre citoyens animés de mêmes valeurs, consommant des produits similaires issus de circuits de distribution courts... Ou, a contrario, vous considérerez aliénant le fait de ne pas pouvoir commercer librement avec un commerçant potentiellement consentant.

Les MLC vous sauveront-elles des dérives bancaires ?

Le regain d'intérêt pour les monnaies locales s'est accéléré après la crise financière qui a mis sous le feu des projecteurs la fragilité du secteur bancaire mondialisé.

Une grande partie de l'argumentaire en faveur des MLC est construit autour des effets néfastes de l'euro sur notre économie et la peur de l'effondrement de sa valeur.

Pourtant, chaque unité de monnaie locale est garantie au maximum par un euro et sa parité est, nous l'avons vu hier, imposée par la loi. Par conséquent, une unité de MLC ne pourra jamais valoir plus d'un euro.

Autrement dit, la planche à billet de la BCE érodera tout autant la valeur des monnaies locales.

Contrairement à la promesse souvent faite par leurs concepteurs, leur usage ne protège absolument pas de l'inflation que les banques centrales appellent de leurs voeux et qui lamine la valeur réelle de l'épargne.

Les MLC ne sont donc pas conçues pour être des réservoirs de valeur : leurs créateurs se présentent d'ailleurs souvent comme pourfendeurs de la spéculation. Cela ne vous surprendra pas d'apprendre que la notion d'investissement est également totalement absente du discours marketing.

Le découragement de l'épargne au sens large limite leur utilisation à un usage purement marchand : les monnaies locales sont conçues pour "brûler les doigts" de ceux qui les possèdent et pour être dépensées au plus vite.

En fin de compte, elles ont le même intérêt monétaire que des euros à taux d'intérêt négatif. Le cordon ne peut être coupé entre les MLC et l'euro.

Quiconque aurait proposé un tel concept de monnaie à taux d'intérêt négatif il y a 10 ans serait passé pour fou : c'est pourtant notre quotidien monétaire, et la situation ne changera pas tant que les banques centrales ne seront pas revenues à des pratiques normales. C'est, finalement, la politique surréaliste des banques centrales qui fait que le mode de fonctionnement des MLC ne choque plus.

Citoyen-investisseur, qu'avez-vous à y gagner ?

Nous sommes nombreux, aux Publications Agora, à déplorer l'usage quasi-exclusif de l'euro et du dollar dans les économies occidentales et les échanges internationaux.

Ces monnaies fiduciaires, dont les banques centrales font tout pour détruire la valeur depuis 10 ans, restent des références... tant que l'épée de Damoclès de l'hyperinflation ne se décroche pas.

L'Histoire aime à bégayer : les monnaies fiduciaires finissent toujours par avoir une valeur nulle.

Seuls les actifs tangibles continuent à s'échanger à des taux plus ou moins constants au fil du temps.

De ce constat vient de notre attachement maniaque pour l'or, les terrains, forêts et actions d'entreprises rentables. Certains poussent la suspicion envers les monnaies légales jusqu'à l'achat de Bitcoin et autres crypto-monnaies.

Toutes ces raisons incitent à voir l'arrivée de monnaies alternatives avec un oeil bienveillant. Après tout, pourquoi bouder son plaisir face à peu de libre-arbitre dans le choix des moyens de paiement au quotidien ? La loi du 31 juillet 2014 qui autorise la circulation des MLC fait preuve d'un libéralisme qui vire à l'anarchie !

Malgré tout, leur construction est décevante.

Que se passera-t-il pour les monnaies locales lorsque les actifs sous-jacents auront fondu ? Une fois les euros censés garantir la valeur de la MLC dépensés en projets solidaires, qu'adviendra-t-il de leur masse monétaire ?

Lorsque les associations chargées de leur gestion ne seront plus en mesure de garantir la convertibilité en euros, les utilisateurs prendront conscience que ces monnaies locales sont encore plus basées sur la confiance que l'euro tant décrié.

La convertibilité ne pouvant être maintenue à terme, les possesseurs de monnaies locales auront le choix entre un "bank run" pour être les premiers à en sortir ou une acceptation de bonne grâce de leurs pertes.

Pourquoi donc un citoyen prendrait-il la peine d'utiliser des MLC ? La seule raison qui résiste à une analyse poussée est l'effet de stimulation sur l'économie locale. Utiliser des MLC relève donc d'une démarche politique plus qu'économique, dont chacun appréciera la pertinence et les effets à long terme : ces questions sortent du cadre de nos analyses.

Le citoyen-investisseur soucieux de protéger son pouvoir d'achat et la valeur de son épargne ne s'encombrera pas de ces devises amenées à perdre, plus vite que l'euro, toute valeur marchande.

En attendant une évolution de la législation qui permettrait la naissance d'un super-euro alternatif garanti par des actifs tangibles, il faudra chercher ailleurs que dans les pièces et les billets la protection de son patrimoine.

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L’émergence des monnaies locales http://quotidienne-agora.fr/emergence-monnaies-locales/ http://quotidienne-agora.fr/emergence-monnaies-locales/#respond Mon, 16 Oct 2017 12:31:44 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70499 France euro

L'argent est la mesure ultime de la richesse matérielle. Que l'on parle d'immobilier, d'épargne, du coût d'une action ou de valeur espérée d'un investissement, le meilleur moyen d'exprimer une quantité de richesse reste son expression en unités monétaires.

Il y a quelques mois, en pleine période électorale, nous discutions dans la Quotidienne de la pertinence d'une sortie de l'euro. Le sujet n'avait pas manqué de déchaîner les passions, et à raison : quoi de plus important que l'unité dans laquelle nos économies et la valeur de notre travail sont représentés ?

La question d'un retour au franc n'étant plus d'actualité jusqu'à la prochaine échéance électorale, nous avons repris nos habitudes de paiement en euros. Pour les échanges internationaux, le dollar reste (pour l'instant) une unité de référence. Le Bitcoin, malgré la flambée de son cours, n'est utilisé que marginalement pour des transactions marchandes.
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Le calme semble donc revenu dans notre quotidien monétaire.

Pourtant, une nouveauté prend de plus en plus d'ampleur. Prenant à contre-pied la tendance de mondialisation des échanges, les monnaies locales font leur grand retour.

Utilisées par le passé lors des périodes de trouble monétaire lorsque la faible disponibilité des devises officielles ne permettait plus à l'économie du quotidien de fonctionner, elles reviennent aujourd'hui sur le devant de la scène parées de vertus sociales.

Qu'est-ce qu'une monnaie locale en 2017 ?

Oubliez le troc et le marché noir en période de guerre : les monnaies locales sont désormais encouragées par les pouvoirs publics et se présentent sous forme de cash comme de paiements dématérialisés. Il est possible de les posséder sous forme de billets dans son portefeuille mais aussi de les échanger grâce à des applications smartphone ou par SMS.

Les MLC (monnaies locales complémentaires) peuvent, depuis la loi du 31 juillet 2014, opérer au grand jour. Outre l'évidente limite territoriale, le texte de loi stipule que des titres de monnaies locales complémentaires peuvent être émis et gérés par des personnes dont l'unique objet social est l'économie sociale et solidaire.

Les pouvoirs publics comptent sur les MLC pour dynamiser les territoires de manière décentralisée et jouer un rôle de cohésion sociale. Il est fréquent que les administrations donnent un coup de pouce à l'usage de ces monnaies soit en les mettant en avant, soit en les acceptant comme moyen de paiement pour divers services comme c'est le cas à Boulogne-sur-Mer.

Le Bou'Sol, porté par la communauté d'agglomération, permet de voyager dans les transports en commun et d'accéder à certaines manifestations culturelles. Plus ambitieux, le département d'Ille-et-Vilaine prévoit même de verser une partie des allocations sociales dans sa monnaie, le "galléco".

Le succès du concept a été fulgurant : plus d'une cinquantaine de monnaies locales ont été créées sur le territoire et de nombreuses sont en phase de préparation.

Quels avantages des monnaies locales par rapport à l'euro ?

Contrairement aux époques précédentes où les monnaies locales apparaissaient spontanément par nécessité, nous sommes actuellement dans une période historiquement calme de faible inflation et d'excellente disponibilité de la monnaie.

L'intérêt de l'utilisation des MLC ne peut qu'être mesuré par rapport au recours à l'euro, notre monnaie nationale et officielle.

Passons donc rapidement sur l'aspect transactionnel : posséder une monnaie locale ne vous permettra jamais d'acquérir biens ou services introuvables en échange d'euros. Contrairement au Bitcoin, surtout utilisé pour les transactions illicites, les monnaies locales ont vocation à être utilisées à la place des euros lors d'échanges on ne peut plus classiques : achat à des commerçants locaux, paiement de petits services du quotidien, etc.

Avec une parité fixée par la Loi (1 unité de MLC = 1 €), les calculs sont faciles et les billets de monnaie locale substitués facilement aux euros en cas d'accord des deux parties lors d'une transaction.

Le pari que font les créateurs de monnaies locales est que les utilisateurs s'en serviront en priorité par rapport à l'euro lorsqu'ils auront le choix. Les faibles opportunités de dépense (tous les commerçants n'étant pas tenus de les accepter) font que les possesseurs de MLC auront tendance à s'en débarrasser à la première occasion.

La circulation de ces monnaies devrait par conséquent être bien plus rapide que celle de l'euro. Du fait de leur zone de validité géographiquement limitée, l'effet du sursaut de circulation monétaire sera concentré sur un territoire restreint. L'idée est d'encourager des achats de biens ou de services qui n'auraient peut-être pas eu lieu avec des euros.

Cycle des monnaies locales
Le circuit idéal d'une MLC pour ses concepteurs.
Infographie : ADECNS

Ces monnaies ont donc été autorisées par le législateur (et promues par leurs créateurs) dans une optique de dynamisation de l'économie locale.

Peut-on vraiment parler de monnaie ?

Les monnaies locales apportent leur lot de contraintes et de paradoxes. D'une part, la convertibilité depuis et vers des euros est pensée pour être possible sans être pratique. Il a longtemps existé (et il existe encore) des monnaies dont la conversion est coûteuse : il fermons-donc les yeux sur cette limitation.

Même l'ancrage territorial imposé peut être considéré comme une caractéristique plus que comme un problème. Après tout, le franc suisse est également une monnaie peu répandue dans le monde malgré son excellente réputation et personne ne conteste son statut de monnaie.

Ce qui limite la crédibilité de ces monnaies est le peu de visibilité sur les actifs qui garantissent leur valeur et le contrôle de leur masse monétaire. La loi impose pour les MLC le principe de dédoublement monétaire. Cela signifie que chaque unité de monnaie locale est garantie par un euro.

Or ces euros ne sont pas séquestrés : ils sont généralement placés dans des projets de l'économie sociale locale. Ici commence une des premières confusions sur la mission des monnaies locales : s'agit-il d'un financement (à fonds perdus, donc) de la solidarité locale, ou d'une monnaie dont la valeur se doit d'être la plus stable possible ?

Tout placement comporte un risque de défaut, et les projets considérés comme appartenant à l'économie "sociale et solidaire" n'ont, par définition, pas d'objectifs de rentabilité.

Ces considérations bassement matérielles sont rarement évoquées lors des communications qui accompagnent le lancement des MLC. L'accent est plutôt mis sur les bénéfices attendus pour l'économie locale.

Faites du bien à votre ville

Il existe probablement une monnaie locale près de chez vous. Si vous vous renseignez à son sujet, vous tomberez sur un champ lexical bien connu : "vert", "citoyen", "responsable" et autres mot-valise se trouvent à foison dans les communications des créateurs des MLC.

Ces termes font plus partie du paysage politique qu'économique. Ils ont pour mérite de classer immédiatement les conversations sur l'échiquier politique : vertus à brandir pour les uns, vices crispants pour les autres... Mais quelle est leur signification réelle ?

En admettant que la monnaie n'est qu'un outil, et que les monnaies locales n'apportent par construction pas plus d'opportunités que les euros pour leurs utilisateurs, peut-on réellement dire que l'usage de ces unités de valeur plutôt que la monnaie légale a un quelconque impact social ?

Plus probablement, c'est le comportement des citoyens plus que l'unité dans laquelle leur richesse est exprimée qui fait la société. Après tout, le billet le plus vert reste le dollar...

Nous verrons, dès demain, les conséquences que l'utilisation de ces monnaies peut avoir sur votre quotidien de citoyen, pour votre consommation comme vos investissements.

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Hyperloop, neurones artificiels et voitures autonomes : les nouvelles technologiques de la semaine du 9 octobre http://quotidienne-agora.fr/hyperloop-neurones-artificiels-voitures-autonomes/ http://quotidienne-agora.fr/hyperloop-neurones-artificiels-voitures-autonomes/#respond Fri, 13 Oct 2017 11:00:37 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70492 hyperloop

Le #1 du monde dans le stockage de data, Western Digital, vient de dévoiler une technologie permettant de décupler les capacités des disques durs (HDD). L’entreprise de la Silicon Valley pense pouvoir se servir de cette technologie pour multiplier par 40 la capacité des disques durs d’ici à 2025. La technique, MAMR, devrait permettre aux disques durs de conserver leur utilité malgré les avancées dans le "cloud computing".

General Motors, le #3 constructeur automobile au monde, vient d’acheter une start-up afin de rester dans la course aux véhicules sans conducteur. Le groupe, Strobe, travaille sur la création d’un laser permettant au véhicule de "voir" son environnement. Aujourd’hui, ces appareils coûtent cher, et sont trop complexes, créant des risques de fonctionnement. La start-up, sous la direction d’un professeur d'ingénierie à l’Université de Californie, Santa Barbara, se propose de commercialiser des appareils, moins complexes, plus efficaces, et à moins de 1 000 $.

Un programme à 100 millions de dollars, comprenant des universités américaines comme Harvard et Princeton, va essayer de "recréer un cerveau" sous la forme d'un logiciel. Pour commencer, le programme, du nom de MICrONS, va tenter de reproduire en détail le fonctionnement de 100 000 neurones dans une section de cerveau de rat, puis généraliser les découvertes pour arriver à la représentation d’un cerveau.

Le gouvernement des Pays-Bas vient d’inviter à tester la technologie "hyperloop" de trains, la création d’Elon Musk, sur son sol. Deux start-ups du secteur, le néerlandais Hardt et l'américain Hyperloop One, ont annoncé l’intention de créer un terrain d’essai pour la technologie d’ici peu, mais n’ont pas encore choisi de pays d'accueil.

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Sommes-nous en train de passer à côté d’une flambée du pétrole ? http://quotidienne-agora.fr/flambee-petrole/ http://quotidienne-agora.fr/flambee-petrole/#respond Fri, 13 Oct 2017 10:30:35 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70489 pétrole

Serions-nous en train de passer à côté d'une flambée du pétrole ? C'est la question que je me pose, nourrie par les interrogations, voire les intuitions, de certains de mes collègues, et tout particulièrement celles de Dominic Frisby. Il y a quelques jours, Dominic vous disait qu'il soupçonnait un rebond du pétrole.

Plusieurs arguments vont dans son sens, et tout d'abord ce graphique qui illustre l'évolution des économies des pays émergents, ainsi que celle des pays dits développés.

Economies

Une évolution à mettre en parallèle avec le cours du pétrole (ici le Brent).

Brent

Le recul des économies émergentes a coïncidé, en 2015, avec l'effondrement du cours du pétrole. Le lien de cause à effet est partiel mais ne peut être complètement écarté. Le recul des émergents s'est accompagné de celui de leur demande en énergie, et donc en pétrole.

Face à cette demande en recul, ou du moins en ralentissement, la demande a explosé, via la spectaculaire reprise de la production pétrolière américaine et dans laquelle le pétrole de schiste a joué un rôle tout sauf mineur.

Mais voilà que les économies émergentes semblent se remettre sur les rails. Sans se lancer dans d'hasardeuses suppositions, nous pouvons donc en conclure que la demande devrait suivre le même chemin, celui de la hausse.

L'Arabie saoudite tente de reprendre la main sur les cours du pétrole

Autre point qui pourrait jouer en faveur d'une reprise des cours du pétrole : la volonté des producteurs – ou du moins d'une partie – de faire repartir les cours à la hausse. Evidemment, l'histoire récente nous prouve que vouloir n'est pas pouvoir.

Les efforts acharnés de l'Arabie saoudite – soutenue par la plupart des membres de l'OPEP mais aussi, depuis la fin de l'année dernière, par la Russie et d'autres pays producteurs – n'ont que peu porté leurs fruits. Malgré les quotas de production, le cours du Brent a stagné entre 50 $ et 55 $, avec quelques rechutes vers les 45 $.

Brent

C'est un échec que nous avons largement évoqué dans la Quotidienne et qui est en grande partie imputable à la course à l'abîme dans laquelle se sont lancés nombre de pays producteurs dont les Etats-Unis. Ils ont produit toujours plus de pétrole, à n'importe quel prix, au risque de frôler la faillite. L'offre s'est donc avérée pléthorique, et les cours du brut insolemment déprimés.

Mais l'Arabie saoudite ne baisse pas les bras. Elle a une excellente raison à cela : l'année prochaine elle prévoit d'introduire en Bourse un de ses principaux joyaux, Saudi Aramco, la compagnie nationale pétrolière. Cette IPO, qui devrait être une des plus grosses de l'histoire des marchés financiers, pourrait rapporter au bas mot 2 000 milliards de dollars à l'Arabie saoudite. Milliards que le pays a l'intention d'investir dans le développement de son économie, et la réduction de sa dépendance... à l'industrie pétrolière.

Cette opération monstre, voulue par Mohammed ben Salmane, le fils et héritier du roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud, se doit d'être un succès. Pour cela, il faut que l'entreprise soit valorisée au mieux. Et donc que le cours du pétrole remonte.

Pour l'Arabie saoudite, une hausse des cours du brut devient donc plus que jamais nécessaire.

L'alliance Russie-Arabie saoudite ?

Pour cela, le pays, principal exportateur de pétrole au monde, a bien l'intention de reconduire les quotas de production, et donc de réduire l'offre. L'Arabie saoudite s'appuie de plus en plus manifestement sur un autre producteur de poids, la Russie. A eux deux, ces pays représentent 25% de la production mondiale.

Début octobre, ce rapprochement a pris la forme d'une visite officielle du roi saoudien, Salmane, en Russie, première visite du genre entre les deux pays. Cette visite n'allait cependant pas de soi alors que les points de désaccord, voire de conflit, entre les pays sont nombreux. L'Arabie saoudite peut par exemple reprocher à Moscou son soutien historiques avec l'Iran, l'ennemi. Quant à la Russie, elle n'apprécie que peu les liens entre Ryad et les Etats-Unis, ainsi que le soutien saoudien aux opposants sunnites à Bachar el-Assad en Syrie.

Mais Russie et Arabie saoudite ont aussi un intérêt économique commun : le pétrole. Les deux pays ont certainement discuté d'une nouvelle réduction de la production/exportation de brut, et comment convaincre les pays qui ont désespérément besoin de rentrées financières et de devises étrangères de les suivre. Des pays comme le Venezuela, ou même l'Iran, peuvent en effet difficilement se passer d'une baisse de leurs revenus pétroliers, même avec pour objectif à moyen terme de faire remonter les cours.

Nous verrons si Moscou et Riyad sont parvenus non seulement à s'entendre mais à élaborer une stratégie convaincante. Si c'est le cas, leurs tentatives pour faire repartir le pétrole à la hausse pourraient enfin être couronnées de succès.

La grande inconnue : la production américaine

Le scénario d'une hausse plutôt brutale des prix gagnerait encore en crédibilité si les Etats-Unis n'ajoutaient pas une nouvelle dose d'incertitude.

Malgré l'effondrement des cours du pétrole, les producteurs américains ont réussi à augmenter leur production au cours des deux dernières années, atteignant même tout récemment des records. Selon l'Agence américaine d'information sur l'Energie (EIA), la production américaine est ainsi passée de 8,94 millions de barils par jour en janvier dernier à 9,56 millions en septembre.

Cette augmentation de la production ne s'est pas faite sans efforts et sacrifices : des puits ont été fermés, les équipes réduites, les investissements réduits et certains petits producteurs ne s'en sont pas relevés.

Cependant, en concentrant leurs efforts sur les puits et les forages les plus rentables, en augmentant la production et en bénéficiant de l'assouplissement des règles régissant les exportations, les producteurs américains sont parvenus à contrecarrer les efforts de ceux qui misaient sur un fléchissement de l'offre pour faire repartir le cours du baril.

Toute la question est donc de savoir combien de temps la production et les exportations américaines pourront contenir les cours ?

Certains signes montrent un fléchissement prochain. Selon Ian Taylor, le PDG de Vitol, un des principaux traders de produits pétroliers de la planète, la production américaine devrait atteindre un pic l'année prochaine, pour ensuite décliner.

L'OPEP, quant à elle, a appelé cette semaine les producteurs américains à "prendre leurs responsabilités" et à réduire leur production pour encourager la reprise du cours du brut.

Qu'est-ce que cela signifie pour le pétrole, et pour vous ?

Difficile de croire que les producteurs américains vont réellement prêter attention aux demandes de l'OPEP. Cependant, l'accumulation des tensions du côté des producteurs (en Libye, au Venezuela, au Mexique, etc.), la volonté de l'Arabie saoudite de réussir brillamment l'introduction en Bourse de Saudi Aramco et l'entente stratégique avec la Russie pourraient parvenir à libérer le cours du baril de son carcan.

Je vous le disais Dominic fait le pari d'une hausse des cours du pétrole, il vous expliquait pourquoi ici. Dans Crise, Or & Opportunités, Graham Summers fait un pari similaire, même s'il mise sur une hausse somme toute modeste, vers les 60 $ d'ici la fin de l'année.
[NDLR : Pour profiter de cette hausse, Graham vous a proposé hier trois recommandations pétrolières, dont Haliburton. Recommandations complètes et détaillées à retrouver dans Crise, Or & Opportunités. Au moins vous ne pourrez pas dire que vous ne l'avez pas vu venir !]

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Le Bitcoin tente d’asseoir sa domination sur les cryptos en innovant http://quotidienne-agora.fr/bitcoin-domination-cryptos/ http://quotidienne-agora.fr/bitcoin-domination-cryptos/#comments Thu, 12 Oct 2017 09:30:09 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70480 bitcoin acheter crypto monnaie

Bitcoin et Ether ne sont que la pointe émergée de l'iceberg des cryptomonnaies. Le site coinmarketcap.com en recensait hier 1 157, mais leur nombre est plus important. Le graphique ci-dessous montre l'évolution des parts de marché des 10 principales cryptos :

cryptos bitcoin inscription acheter crypto monnaie

Source : coinmarketcap.com

Le Bitcoin représente le "gros" du marché actuel, avec 51%. Les autres lui arrivent à peine à la cheville. L'Ethereum représente 18,5%, Ripple 6,5% et le Bitcoin Cash 3,4%. Litecoin, Dash, et NEO pèsent entre 1% et 2%. Les autres – les centaines voire milliers d'autres cryptomonnaies – se partagent environ 12% du marché. En termes de capitalisation, elles ne pèsent pas plus lourd qu'une fourmi.

Domination du Bitcoin : les marchés préfèrent bâtir sur les bases de l'ancien

Les cryptomonnaies présentent une infinie variété de formes et de schémas. Le Bitcoin devait servir de maquette, de "preuve du concept". Ses descendants devaient le remplacer et continuer sa mission.

A la place, depuis juin dernier, le processus de fragmentation du marché a commencé à s'inverser. Le Bitcoin consolide à nouveau sa position dominante. Ses concurrents perdent du terrain.

La domination du Bitcoin rend les marchés perplexes. Avec tant d'innovation dans le secteur – tant de cryptos en cours de création, et de projets voyant le jour – les acheteurs devraient se désintéresser d'une cryptomonnaie qui fait figure de vétéran et partir à la quête de l'avenir.

Le Bitcoin n'a en effet pas d'autre utilité que de servir de monnaie. Il ne permet pas d'établir des "contrats"– les smart contracts que nous avons déjà évoqués dans ces lignes – contrairement à l'Ethereum ou Ripple. Il ne permet pas l'anonymat de transactions comme Monero ou Ethereum (avec la mise à jour Byzantium permettant de créer des 'zk-SNARKS' afin d'anonymiser les échanges).

Sur le terrain des cryptos, le Bitcoin offre peu d'innovation. Les créateurs de Litecoin et du Bitcoin Cash ont dupliqué le Bitcoin avec des modifications permettant d'accélérer les transactions, mais les investisseurs continuent à leur préférer l'ancien modèle. Comme si les acheteurs de voitures préféraient des voitures d'occasion au dernier modèle. Ou si les acheteurs de smartphones préféraient un Nokia datant de 1999 à l'iPhone 8.

Au cours du printemps dernier, le Bitcoin avait pourtant perdu du terrain, passant de 84% à 38% de de parts de marché entre le 8 mars et le 18 juin. Des monnaies comme Ethereum avaient au contraire pris de l'importance. L'anticipation d'un "hard fork" sur le Bitcoin avait alors mis le cours du Bitcoin sous pression. Et le 1er août, une partie de la communauté lançait un concurrent au Bitcoin, le Bitcoin Cash.

Ce nouveau Bitcoin s'est rapidement emparé d'environ 7% du marché des cryptos. Mais les utilisateurs ont peu à peu délaissé ce nouveau concurrent, pour se tourner de nouveau vers le Bitcoin. Le Bitcoin Cash a depuis perdu la moitié de sa part de marché, et le Bitcoin a retrouvé son élan, rebondissant des 38% pour reconquérir 52% du marché...

L'échec des tentatives de remplacement du Bitcoin illustre la focalisation des investisseurs sur une seule et unique cryptomonnaie.

Le Bitcoin tente d'innover

Les développeurs de Bitcoin ont depuis mis à jour la blockchain sur laquelle repose la cryptomonnaie, pour lui permettre de traiter plus de transactions en moins de temps. En plus d'accélérer le système, le changement devrait réduire de moitié les frais des transactions pour les utilisateurs.

Cette mise à jour est peu à peu adoptée par les utilisateurs. En gros, les mineurs et les principaux utilisateurs (les "noeuds") doivent choisir d'utiliser la mise à jour, du nom de SegWit.

Le graphique ci-dessous montre l'adoption de SegWit pour les transactions Bitcoin. De 0% lors de l'activation de la mise à jour le 23 août dernier, l'adoption a atteint environ 10% des transactions aujourd'hui. Bref, pour environ 10% des transactions aujourd'hui en Bitcoin, la mise à jour SegWit entre en jeu.

transactions bitcoin inscription

Et l'adoption devrait se poursuivre.

La mise à jour SegWit est un modèle pour l'avenir des blockchains, et crée une distinction entre Bitcoin et ses rivaux.

En effet, comme nous l'avons vu, les utilisateurs n'ont pas eu d'obligation de déployer SegWit tout de suite après son lancement.

En comparaison, l'équipe derrière Ethereum ne fonctionne pas par l'adoption "petit à petit". Lorsque des développeurs d'Ethereum, sous la direction de leur chef, Vitalik Buterin, propose une mise à jour, le réseau Ethereum doit immédiatement l'adopter. Sinon, leurs transactions ne sont plus enregistrées par la blockchain. Le fonctionnement d'Ethereum oblige donc les utilisateurs à choisir tout de suite.

Une mise à jour de ce genre, Metropolis/Byzantium, aura lieu le 17 octobre.

Nous avons là deux fonctionnements totalement opposés pour faire accepter les mises à jour. Et le renforcement de la domination de Bitcoin depuis la mise en place de SegWit semble indiquer la préférence des utilisateurs pour ce genre de "mise à jour en douceur", en comparaison à la méthode "tout ou rien" d'Ethereum.

L'adoption de SegWit pourrait alimenter la hausse du Bitcoin

L'adoption de SegWit par le réseau Bitcoin a encore du chemin à faire... Elle démontrerait la capacité des développeurs derrière le Bitcoin à innover, sans pour autant démolir et recommencer à partir de zéro comme le fait l'équipe de Buterin pour Ethereum.

Le succès de SegWit pourrait redonner de l'élan au cours du Bitcoin, lui permettant de dépasser à nouveau les 5 000 $.

Je vous le disais, SegWit ambitionne d'accroître la capacité du réseau à traiter des transactions, réunies dans des "blocs" – d'où le nom de blockchain. Pour cela, la taille des blocs a été augmentée.

blocks acheter crypto monnaie

Reste que, pour l'instant, SegWit n'a pas encore fait ses preuves.

Voici le nombre de transactions traitées par seconde, depuis un an.

segwit acheter crypto monnaie

Source : blockchain.info

L'introduction de la mise à jour SegWit en août n'a pas (encore ?) fait s'envoler la capacité de traitement de la blockchain Bitcoin. Avec juste 10% d'adoption, le réseau blockchain pourrait avoir besoin de plus de temps pour voir l'effet de SegWit. En théorie, en utilisant SegWit à 100%, quatre fois plus de transactions par seconde pourraient être traitées.

Si SegWit fait décoller la vitesse du réseau, la nouvelle pourrait avoir un impact de taille sur le monde des cryptos, renforçant le poids de Bitcoin, et créant une ruée vers les projets du type SegWit pour le Bitcoin comme pour les autres cryptos.

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Bien investir sur le Bitcoin en luttant contre l’émotion la plus dangereuse http://quotidienne-agora.fr/investir-bitcoin-regret/ http://quotidienne-agora.fr/investir-bitcoin-regret/#respond Wed, 11 Oct 2017 09:30:45 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70459 bitcoin

Si seulement j'avais investi dans le Bitcoin, à l'époque... Admettons que quelqu'un vous parle d'une occasion d'investissement qui vous permettrait de transformer une petite somme – quelques centaines de livres sterling, ou quelques heures de travail – en des dizaines de millions.

Imaginez ensuite que vous ayez été trop occupé pour y accorder suffisamment d'attention, ou que vous n'ayez simplement pas été intéressé, ou que vous ayez pensé que l'idée était mauvaise... et que vous ayez laissé passer cette occasion.

Une occasion qui est ensuite devenue une réussite stellaire, une occasion qui restera sans doute sans nul autre pareil pendant votre vie. Une occasion qui vous aurait permis, à vous et à vos héritiers, de vivre dans le luxe pendant des générations et des générations.

Comment vous sentiriez-vous ?

Sans doute un peu comme beaucoup d'autres gens aujourd'hui. Parce qu'une occasion de ce genre vient de nous passer sous le nez... "Non, rien de rien, non, je ne regrette rien..." Ah oui, mais si. Le Bitcoin.

x24 000 pour le Bitcoin

Ce week-end, j'ai cherché dans mes e-mails les occurrences du mot "Bitcoin". Je voulais voir quand il était apparu pour la première fois dans ma boîte : la date correspondrait probablement à peu de choses près à la première fois que j'en ai entendu parler.

Il s'avère que c'était en décembre 2010. Une lettre d'information à laquelle j'étais abonné au temps jadis a posté un lien vers un article de Keir Thomas, sur le site web de PC World (et pourquoi pas ?).

Je l'ai parcouru rapidement, je me suis dit que l'idée semblait bonne, mais j'étais si concentré sur ce que je faisais d'autre à l'époque que je ne m'y suis pas intéressé de plus près.

Le cours du Bitcoin à l'époque était de 0,23 $. Il a aujourd'hui été multiplié par plus de 24 000 (à l'heure où j'écris ces lignes, un bitcoin vaut environ 4 700 $).

Si j'avais parié 100 livres, j'en aurais aujourd'hui 2,4 millions.

Si j'en avais parié 1 000, j'en aurais 24 millions.

Si j'en avais parié 10 000, j'en aurais 240 millions !

Et ainsi de suite.

Juste là, dans cet article de PC World, on proposait la plus belle occasion d'investissement que nous verrons au cours de nos vies.

Je pourrais bien sûr m'en vouloir terriblement – et croyez-moi, c'est le cas – de ne pas avoir prêté à cette affaire autant d'attention que j'aurais dû. Mais il n'est tout simplement pas possible de lire, de digérer entièrement et de prendre les mesures adéquates pour la pléthore d'informations qui se retrouvent sur notre bureau au quotidien.

En l'espace d'un an environ, j'ai fini par en apprendre un peu plus, mais j'étais très investi dans l'or à l'époque, donc je ne me suis jamais positionné sur le Bitcoin aussi complètement que ce que j'aurais dû. Et puis, son prix ne cessait de doubler, passant de 1 $ à 2 $, de 2 $ à 4 $, de 10 $ à 20 $...

J'avais vu tant de petites capitalisations doubler et tripler avant de perdre 95% de leur valeur que j'étais, d'instinct, réticent à l'idée de me mettre en chasse sur un marché aussi volatile. D'une certaine manière, c'est ce que l'on appelle de l'auto-discipline.

Si seulement j'avais su à l'époque ce que je sais aujourd'hui ! Même à 100 $, c'était l'occasion d'une vie !

En vérité, l'une des raisons pour lesquelles j'ai écrit mon livre sur le Bitcoin* est que je m'en voulais de ne pas avoir investi autant que ce que j'aurais dû. Le livre était une manière de me rattraper.

Je vous ai parlé de ma propre expérience, mais le monde est plein d'histoires similaires. Je reçois chaque jour des e-mails et des messages disant : "si seulement j'avais acheté du Bitcoin..."

Mais qu'en est-il de ceux qui ont vu la lumière, fait le grand saut et se sont positionné tôt, tout en faisant confiance à MtGox ? Cette terrible affaire a permis le vol de 900 000 bitcoins (aujourd'hui d'une valeur de 4,2 milliards de dollars). Le plus grand hold-up de l'Histoire. Comment ces gens-là se sentent-ils ?

Qu'en est-il des gens qui ont acheté à 0,5 $ et vendu à 5 $, en pensant qu'ils étaient des génies parce qu'ils avaient décuplé leur mise ?

Et les disques durs perdus, et les clés égarées ?

Quelques mois après ce premier article – c'est-à-dire au printemps 2011– l'un des auditeurs de mon podcast m'a envoyé un e-mail en disant que je devrais m'intéresser au Bitcoin. A ce moment-là, il coûtait 0,75 $. Je lui ai parlé hier. Je lui ai rappelé cet e-mail, et je lui ai demandé combien il avait investi à l'époque.

Il m'a fait un récit qui a définitivement annihilé tous les regrets que je ressentais jusque-là. Il minait des Bitcoins sur son ordinateur portable au travail. Quand il rentrait chez lui le soir, il laissait son ordinateur tourner, et miner des bitcoins pendant la nuit. Il finit par accumuler une belle somme.

Mais lorsqu'il quitta son travail, son entreprise reprit son ordinateur et formata son disque dur. Tous ces Bitcoins ! Disparus !

Ce que vous auriez pu gagner : toute une vie de regrets amers (et un bateau à moteur).

Du FOMO au SSAS

Tous les marchés haussiers génèrent une frustration de n'avoir pas assez investi. Le Bitcoin, qui a connu une croissance sans égal, a généré une frustration sans nulle autre pareille.

Lorsque l'on observe constamment les cours, on se voit constamment rappeler les prix auxquels on aurait pu acheter ou vendre. En d'autres termes, on se voit constamment rappeler ses propres erreurs.

C'est un petit peu comme une rediffusion permanente du jeu télévisé Bullseye, où le présentateur, Jim Bowen, montrait aux concurrents, quelques secondes après qu'ils aient perdu, les prix qu'ils auraient pu gagner s'ils avaient joué un peu mieux. "Vous auriez pu rentrer chez vous avec ceci", disait-il aux joueurs déprimés, avant de leur montrer des voitures, des safaris au Kenya et autres lots du même acabit.

En anglais, on parle de FOMO, pour fear of missing out, la crainte de passer à côté de quelque chose.

Il nous faudrait le même genre d'acronyme pour les situations de ce genre. Nous allons donc en inventer un : le RDNPAAI, ou regret de ne pas avoir assez investi, ce n'est pas facile à dire... disons plutôt le "SSAS" pour "si seulement j'avais su".

Le SSAS n'est pas une émotion constructive. Elle est source d'amertume. Elle crée des gens ennuyeux. Elle crée une mentalité de victime. Comme le disent les psychologues du sport, "ne vous préoccupez que de ce sur quoi vous avez une influence", ou comme me le dit mon agent sans arrêt "contrôle ce qui est contrôlable".

La seule chose que vous pouvez influencer aujourd'hui, c'est le présent et l'avenir – pas le passé. Il faut passer à autre chose.

Mais les êtres humains sont comme ils sont, et nous continuons malgré tout à nous en vouloir pour nos erreurs.

La réalité, c'est que si j'avais acheté 1 000 livres de bitcoins à l'époque où un bitcoin ne valait que 0,23 $, je les aurais vendus trop tôt, ils auraient été volés (je me suis d'ailleurs effectivement fait voler quelques bitcoins, mais c'est une histoire que je vous raconterai un autre jour)... j'aurais pu faire toute une quantité d'erreurs.

Les chances pour que j'aie conservé tous mes bitcoins sans exception jusqu'à aujourd'hui sont extrêmement faibles. La même chose est vraie pour toutes les autres personnes qui ressentent le syndrome du SSAS en regardant le cours du Bitcoin. Un milliard de choses auraient pu aller de travers, même si votre achat, au départ, était une bonne idée.

Je pense donc que le message de notre lettre d'aujourd'hui est tout simple : regardez autour de vous, regardez devant vous, regardez votre situation actuelle et oui, regardez le passé.

Mais quand vous le ferez, rendez-vous compte que même si vous n'aviez pas commis telle ou telle erreur, cela aurait ouvert la voie à un million d'autres erreurs. Le scénario idéal n'est jamais la réalité.

Soyez rationnel, et montrez un peu de compassion envers vous-même.

Ne vous complaisez pas dans le SSAS.

[NDLR : pour engranger jusqu'à 300% de plus-value avec les cryptomonnaies sans même y toucher, suivez les conseils de notre spécialiste de la blockchain ici.]

 

*Bitcoin: The Future of Money? Amazon

 

 

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Hydrocarbures vs. énergies renouvelables à l’ère Trump http://quotidienne-agora.fr/hydrocarbures-energies-renouvelables-trump/ http://quotidienne-agora.fr/hydrocarbures-energies-renouvelables-trump/#respond Tue, 10 Oct 2017 10:49:50 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70452 énergies renouvelables Donald Trump, le président des hydrocarbures

Il y a quelques mois, Ray Blanco et Gerald Celente dénonçaient dans NewTech Insider une grosse erreur commise par Trump. Vous pourriez me répondre, lecteur malicieux, qu'en la matière nous avons largement l'embarras du choix. Il est vrai.

Mais revenons à l'erreur qu'évoquait Ray : le choix délibéré de privilégier les énergies traditionnelles aux énergies renouvelables, plus ou moins vertes puisque le nucléaire est parfois inclus dans cette catégorie.

La position de Trump sur l'énergie est en effet très claire : le pétrole, le gaz et le charbon sont rois.

Donald Trump, le président des hydrocarbures

Depuis l'élection du 45e président américain, les changements sont sensibles. Trump a autorisé les controversés pipelines Keystone XL et Dakota Access. En août dernier, il a en outre signé un décret destiné à accélérer l'approbation et la construction de nouveaux pipelines. Le prochain sur la liste pourrait être un pipeline permettant d'exporter les hydrocarbures américains vers le Mexique, mur ou pas, illustrant la plus globale politique d'ouverture des exportations énergétiques voulue par le président.

En avril, par décret, Donald Trump a de nouveau autorisé les forages (ainsi que l'exploitation minière et la pêche) dans des eaux jusque-là protégées, ouvrant la voie, par exemple, aux forages en Arctique. Au passage, il a ordonné un audit des zones – terrestres cette fois – protégées par l'Antiquities Act, loi datant de 1906, et qui avait abouti à la création de parcs et monuments nationaux, dans lesquels certaines activités – comme l'exploitation minière et des hydrocarbures – étaient interdites. Avec évidemment dans l'idée de revenir sur cette interdiction au nom de la sacro-sainte indépendance énergétique des Etats-Unis.

Le président américain a aussi ouvertement mis en scène son soutien à l'industrie du charbon – rappelons au passage que les Etats-Unis sont le deuxième pollueur de la planète, après la Chine.

En mars dernier, il annonçait, dans la lignée d'une politique mettant l'accent sur l'indépendance énergétique, l'examen du Clean Power Plan instauré en 2015 par Barack Obama pour obliger, entre autres, les centrales à charbon à réduire leurs rejets de gaz à effet de serre.

Examen qui a abouti, le 9 octobre, à l'abrogation de ce Plan. En l’abrogeant, Trump a affirmé mettre fin à "la guerre contre le charbon". Et effectivement, après plusieurs années de fort déclin, la production de charbon aux Etats-Unis est légèrement repartie à la hausse sur les six premiers mois de l'année.

charbon - Donald Trump, le président des hydrocarbures

En parallèle, l'Agence de protection de l'environnement –dont l'administrateur, Scott Pruitt, nommé par Donald Trump et considéré comme climatosceptique, a soutenu le retrait américain de l'accord de Paris ainsi que l'abrogation du Clean Power –  a vu son budget réduit de 30%, et le financement de la recherche sur de nouvelles sources d'énergies ou le renouvelable est freiné.

Le président américain n'est pourtant pas complètement opposé aux énergies renouvelables, surtout si elles lui permettent de tenir des promesses de campagne. En juin 2017, Trump suggérait sur une boutade de financer la construction du mur avec le Mexique par l'installation de panneaux solaires.

Le solaire victime d'une guerre commerciale contre la Chine ?

Plus que l'abrogation du Clean Power Plan, l'industrie solaire américaine craint d'être la victime collatérale de la guerre commerciale que mène Donald Trump contre la Chine. Le président américain réfléchirait en effet à surtaxer les importations de modules photovoltaïques en provenance de l'empire du Milieu (et du Mexique).

A part quelques rares exceptions, la grande majorité de l'industrie solaire est opposée à une telle mesure qui ferait flamber les prix des panneaux solaires, mais aussi celui du prix de revient de l'énergie solaire (qui augmenterait de 50%), et risquerait très logiquement de ralentir les nouvelles installations. Certaines études estiment que ces nouveaux tarifs empêcheraient l'installation de plus de 40 GW d'ici 2022.

L'industrie solaire a déjà mis en garde contre les conséquences de telles barrières tarifaires sur le secteur, soutenue par plusieurs gouverneurs et sénateurs. Les opposants à ces tarifs douaniers mettent en avant le risque de perte de près de 88 000 emplois dans le secteur. La bataille est engagée. Réponse définitive d'ici la fin de l'année.

La marche inéluctable des énergies renouvelables

Malgré l'opposition de Trump, les grandes tendances ont la peau dure. Les énergies renouvelables progressent, et pas seulement aux Etats-Unis.

Début octobre, l'Agence internationale de l'Energie (AIE) publiait un rapport prédisant une croissance de 43% des énergies renouvelables d'ici cinq ans au niveau mondial. Quelque 920 gigawatts d'énergie solaire devraient ainsi être ajoutés. Signalons en outre que les prévisions de l'EIA sont historiquement prudentes et régulièrement revues à la hausse, ce qui permet d'imaginer que cette progression du renouvelable pourrait être encore plus importante qu'anticipée par ce rapport.

Je vous le disais, la croissance du renouvelable est une tendance de fond, et tenace. En 15 ans, la capacité de production via des énergies renouvelables a été multipliée par huit.

Autre chiffre important : en 2016, ces énergies représentaient déjà deux-tiers des nouvelles capacités de génération d'électricité installées à travers le monde, preuve que les Etats, les entreprises et les particuliers ont de plus en plus le réflexe de se tourner vers le renouvelable pour augmenter leur capacité de production d'électricité.

Parmi les énergies renouvelables, certaines ont plus la cote que d'autres. Selon l'AIE, l'éolien et surtout le solaire font la course en tête. A elles-seules, elles représenteront 80% de la hausse des énergies renouvelable d'ici 2022.

renouvelable

La Chine a ainsi multiplié par 800 ses capacités de production solaire en 10 ans. Elle devrait installer entre 920 et 1150 GW supplémentaires d'ici cinq ans. Le solaire gagne donc du terrain face au charbon, principale source d'électricité dans l'empire du Milieu, puisque les capacités solaires vont atteindre 50% de celles des centrales charbon.

Mais revenons aux Etats-Unis. Même si la croissance de l'énergie renouvelable va, au cours des cinq prochaines années, être portée par la Chine et l'Inde, les Etats-Unis reste le second marché à la croissance la plus forte pour les énergies renouvelables.

En mars dernier, et pour la première fois, solaire et éolien ont fournis 10% de la production électrique américaine et cette part devrait augmenter dans les années qui viennent. En Iowa, le solaire et l'éolien assument déjà 37% de la production de l'Etat.

En outre, plusieurs Etats se sont désolidarisés du retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris, et ont décidé de respecter les engagements pris. En juin dernier, l'Etat de New York, de Washington ainsi que la Californie annonçaient leur décision de former une "alliance pour le climat" et de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 26% à 28% par rapport à 2005.

La Californie est d'ailleurs en train de s'imposer comme un des principaux moteurs de la révolution énergétique aux Etats-Unis, autant dans le développement des énergies renouvelables que dans le soutien aux motorisations hybrides, électriques ou à hydrogène.

Certaines villes se sont quant à elles fixées d'ambitieux objectifs en matière de renouvelable, qui devrait fournir 33% de la consommation d'électricité de Los Angeles d'ici 2020, et la moitié de celle de New York d'ici 2025.

De nombreuses grandes entreprises, comme Alphabet, General Motors ou encore Bank of America se sont engagées dans le même sens. La banque d'affaires a ainsi prévu de réduire significativement sa production de gaz à effet de serre, sa consommation d'eau et de se fournir à 100% d'électricité d'origine renouvelable d'ici 2020. Evidemment ce genre d'annonce doit beaucoup à l'effet de publicité, mais illustre aussi le mouvement vers le renouvelable et l'engagement de tous les acteurs économiques.

Le poids croissant des énergies renouvelables est d'ailleurs économique. Selon les données du Département de l'Energie publiée début 2017, le secteur solaire employait 374 000 personnes, contre 187 000 pour le charbon. En 2016, les embauches dans le secteur solaire ont progressé de 25% par rapport à 2015. Un élément de poids en faveur des énergies renouvelables.

Qu'est-ce que cela signifie pour vous ?

Progression des énergies renouvelables, Etats et villes qui s'engagent, progression des ventes de voitures électriques...

Si l'abrogation du Clean Power Plan va ralentir le déclin du charbon, cette décision ne devrait pas, à terme, bouleverser l'évolution du paysage énergétique américain – et mondial – et son virage vers un mix intégrant plus de renouvelable.

Les grandes tendances tracées par le tout récent rapport de l'AIE témoignent de la progression des investissements dans le solaire et l'éolien, et ce à travers la planète. C'est donc une tendance forte, sur laquelle nous allons continuer de miser.
[NDLR : Dans NewTech Insider, Ray Blanco est persuadé que Donald Trump fait une erreur stratégique en ne mettant pas l'accent sur le solaire. Il vous a donc proposé de miser sur une entreprise qui exploite des centrales solaires, et qui sait prendre soin de ses actionnaires.
Une recommandation à retrouver parmi les valeurs technologiques sélectionnées par Ray dans NewTech Insider]

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IPO d’Adeunis : un bon pari pour les objets connectés ? http://quotidienne-agora.fr/ipo-adeunis-objets-connectes/ http://quotidienne-agora.fr/ipo-adeunis-objets-connectes/#respond Mon, 09 Oct 2017 09:30:40 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70414 Adeunis

Les introductions en Bourse sur la place parisienne sont toujours un temps fort pour les investisseurs français. Rares sont les moments où nous avons l'occasion de financier l'économie réelle en finançant directement des entreprises. Le dossier d'Adeunis présente des qualités peu communes, surtout dans le secteur de l'innovation technologique.

La semaine prochaine, Adeunis fera son entrée sur Euronext Growth (la nouvelle dénomination d'Alternext). La société est spécialisée, depuis près de 20 ans, dans les transmissions sans fil. Elle est une référence de longue date sur le marché des objets connectés – un secteur en pleine expansion sur lequel elle intervenait avant même qu'il ne soit populaire.

Faut-il, avant le 10 octobre, souscrire à cette IPO ?

Adeunis : des objets communicants avant l'heure

Fondée dans les années 2000 dans le bassin technologique grenoblois (à quelques centaines de mètres de Soitec et autres STMicroelectronics), la société a construit son expertise autour de la communication radio.

Ses premiers produits étaient des modules de radiofréquence proposés aux industriels pour rendre leurs systèmes électroniques communicants. Un vrai positionnement de précurseur à une époque où l'ADSL arrivait tout juste dans les foyers et réserver un billet de train par Internet plutôt que par Minitel représentait le summum de la modernité !

Quelques années plus tard, la société a étoffé son catalogue en concevant ses propres systèmes communicants principalement centrés autour de la transmission de voix.

Sa gamme, toujours axée B2B, couvrait différents marchés : échanges entre arbitres lors de matchs de football, opérateurs sur des chantiers de travaux publics, communication sur sites nucléaires et lors d'intervention de secourisme... Adeunis savait répondre, à une époque où la communication par radio était balbutiante, aux besoins d'une clientèle exigeante en termes de qualité de service.

En 2015, l'entreprise a décidé de mettre cette expertise dans la transmission radio au service du marché de l'Internet des Objets (IoT).

Fidèle à sa stratégie historique, elle a commencé par développer des modules à destination des industriels.

Aujourd'hui, elle fait appel au marché pour développer sa propre gamme d'objets connectés et, à terme, valoriser les données collectées.

Une IPO accessible à tous

La forme choisie pour l'IPO est on ne peut plus classique pour une introduction sur Euronext. La société compte lever un montant d'environ 8,42 millions d'euros pouvant être porté à environ 9,69 millions d'euros, prime d'émission incluse, en cas d'exercice intégral de la Clause d'Extension et à 11,14 millions d'euros en cas d'exercice intégral de la Clause d'Extension et de l'Option de Surallocation.

Les actions sont proposées dans une fourchette indicative de 10,11 € à 12,35 €. La souscription des particuliers se fait sur deux tranches, la tranche prioritaire étant limitée à 250 titres par souscripteur.

En parallèle de cette souscription ouverte aux particuliers, un placement est proposé aux investisseurs institutionnels.

Vous pouvez donc raisonnablement espérer être servis pour un montant de l'ordre de 2 500 € si vous souscrivez à l'IPO avant le 10 octobre.

Les rares qualités d'Adeunis

Le dossier d'Adeunis présente des qualités peu communes, surtout dans le secteur de l'innovation technologique.

Elle a tout d'abord une formidable réputation en terme d'excellence technologique – je n'ai cessé d'entendre les louanges de cette entreprise de toutes parts depuis sa création, qu'elles viennent de collaborateurs heureux ou de partenaires satisfaits.

Elle peut se vanter, ensuite, d'avoir déjà une expertise industrielle dans les objets communicants.

Le label "IoT" est une sorte de sésame pour les entreprises en mal de croissance et en recherche de fonds. On ne compte plus les start-ups qui s'engouffrent dans cette mode et atteignent des valorisations délirantes sans avoir eu le moindre euro de chiffre d'affaires.

Adeunis, de son côté, étoffe tout simplement sa gamme autour d'un savoir-faire à la fois technique et commercial.

Mettons-nous un instant à la place des prospects. Si vous êtes un acteur majeur du BTP souhaitant proposer une offre de bâtiment connecté, opterez-vous plutôt pour l'expertise d'une entreprise spécialiste de l'électronique B2B depuis plus de 15 ans ou pour une start-upcréée depuis six mois qui n'a encore conçu aucun produit ?

La réponse ne fait aucun doute : Adeunis possède la légitimité que seul le temps peut apporter.

Enfin, elle a le mérite de jouer intelligemment avec les subventions publiques. Alors que l'activité de Recherche & Développement est critique dans son secteur, la part des subventions reste stable sur les derniers exercices à moins de 6% du chiffre d'affaires.

Cette modération du recours à l'argent public est un signe de maturité. Nombre de ses concurrents vivent sous perfusion de crédits d'impôts et autres subventions. Ils peuvent donc investir et recruter à tour de bras... tant que la manne n'est pas tarie.

De son côté, Adeunis ne doit pas sa survie au bon vouloir de l'Etat. Cette autonomie est rassurante pour les futurs investisseurs.

Un profil financier plus inquiétant

L'aspect économique du dossier est, de son côté, moins reluisant.

La croissance n'est actuellement pas au rendez-vous. Adeunis n'arrive pas à profiter de la surchauffe qui touche le secteur des objets connectés depuis plusieurs années.

Le chiffre d'affaires est en stagnation depuis trois exercices. Le résultat d'exploitation, lui, est en chute libre : il est passé de -587 k€ au 31 mars 2015 à -1 005 k€ au 31 mars 2017.

Comme je vous le disais plus haut, l'IPO a pour objectif de financer le virage dans l'Internet des Objets. Ce relai de croissance devrait, selon les prévisions de la direction, faire exploser le chiffre d'affaires et faire passer le compte de résultat dans le vert.

Ces ambitions, tout à fait classiques, ne sont pour l'instant confirmées par aucune tendance.

Toutes les sociétés qui parlent d'IoT dans leurs prévisions mentionnent un marché annuel de plusieurs milliards d'euros et promettent d'en capter quelques miettes.

C'est vrai, mais c'est oublier que le terme d'objets connectés englobe téléphonie, ordinateurs, fusées, voitures et caméras de vidéo-surveillances.

A part EDF, aucune entreprise ne peut raisonnablement espérer profiter de la croissance de ces secteurs si différents.

Avec ce pivot qui reste pour l'instant très théorique, Adeunis retombe dans un travers classique des start-ups : l'annonce de profits futurs qu'aucun élément tangible ne vient actuellement confirmer. Sans compter que, malgré son expertise dans les radiofréquences, Adeunis ne sera pas, même après son IPO, capitalisée pour écraser le marché mondial de l'électronique communicante de l'IoT.

L'annonce d'une future valorisation des données collectées est également un drapeau rouge pour l'investisseur prudent. La promesse de valoriser des données est, en 2017, l'équivalent de la promesse de rendre des services web rentables en l'an 2000 grâce à la publicité.

L'histoire nous a déjà a montré comment ces vœux pieux se concrétisent...

Si vous décidez de participer à l'IPO, soyez bien conscient que vous investissez dans une société actuellement non rentable qui décide de se diversifier dans un secteur très (voire trop) à la mode où la concurrence est féroce et les possibilités de bénéfices bien hypothétiques.

Vous financerez par conséquent plus une promesse de croissance façon start-up que le développement d'une entreprise reconnue dans son domaine d'origine.

Ce dossier est donc particulièrement risqué et spéculatif malgré toutes les qualités d'Adeunis.
[NDLR : Où sont les dossiers de valeurs ? Quels investissements pour retrouver du rendement ? Simone Wapler vous propose d'explorer, très simplement, le non-coté pour miser sur des start-ups innovantes, avant la ruée des investisseurs. Découvrez ici les pépites qu'elle a sélectionnées...]

 

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OneWeb veut révolutionner l’Internet haut débit http://quotidienne-agora.fr/oneweb-internet-haut-debit/ http://quotidienne-agora.fr/oneweb-internet-haut-debit/#respond Fri, 06 Oct 2017 09:30:49 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70399 OneWeb Révolution internet

Hier, nous avons vu que nous étions de plus en plus nombreux à vouloir couper le cordon, celui de notre ligne téléphonique, de notre télévision câblée... ou encore celui de notre connexion Internet.

Mais comment se passer de cette connexion filaire à Internet ? La question ne relève pas seulement d'une "câblo-phobie", elle concerne aussi la moitié de la population mondiale qui n'a pas accès à Internet en grande partie parce qu'elle vit dans des régions dans lesquelles les infrastructures ne permettent pas l'établissement d'une connexion classique.

Économiquement, comme je vous le disais hier, il est irréaliste d'envisager connecter des lieux isolés, où la population est faible.

Heureusement, il existe une solution : la connexion via satellite.

La solution des satellites

L'idée d'utiliser les satellites a plus d'un demi-siècle, mais elle n'a jamais été assez perfectionnée pour connecter le monde à l'Internet à grande vitesse.

Les premières fusées suffisamment développées pour alimenter l'idée de placer des objets en orbite furent mises au point un peu après la Seconde Guerre mondiale.

L'auteur de science-fiction Arthur C. Clarke émit alors la théorie que trois satellites, placés à la bonne orbite, pourraient servir de relais radio et couvrir ainsi la Terre entière. A la bonne altitude, ils pourraient rester stationnaires par rapport à la surface terrestre, tout en maintenant un contact "visuel" les uns avec les autres. A eux trois, ils permettraient alors à la planète entière de communiquer par radio.

Les idées de Clarke furent testées au début des années 1960, avec les premiers satellites de communications, comme Telstar.

Aujourd'hui, il y a beaucoup de satellites sur ces orbites, vers 35 000 kilomètres d'altitude. Ils sont gros, et font à peu près la taille d'un bus scolaire.

35 000 kilomètres, c'est une longue distance qui ne permet pas de communiquer instantanément. Peu importe la qualité de la technologie : nous dépendons toujours de la vitesse de la lumière. Et il faut environ une demi-seconde à un signal radio pour atteindre le satellite et revenir à la surface. C'est trop lent... et trop cher.

Mais la technologie a changé. Grâce à la miniaturisation des circuits, nous pouvons construire des satellites de communication plus petits que jamais. Les toutes dernières technologies de radiofréquences permettent des connexions nettement plus rapides à partir de satellites à plus basse altitude.

OneWeb veut révolution la connexion par satellite

Une nouvelle génération de satellites pourrait révolutionner la manière dont des millions de personnes se connectent à Internet, et c'est précisément le projet d'une entreprise appelée OneWeb, basée à Arlington en Virginie.

OneWeb a été fondée en 2012 par Greg Wyler, entrepreneur et inventeur technologique, lauréat 2015 du Prix de l'innovation Arthur C. Clarke.

OneWeb tente de concrétiser une idée que Wyler a eue il y a des années déjà... rendre Internet accessible partout dans le monde.

Wyler a déjà connu de grands succès dans le domaine des communications par satellite. Avant le lancement de OneWeb, il a fondé O3b Networks. Aujourd'hui, l'entreprise exploite 12 satellites qui proposent un accès à Internet dans des zones rurales en Afrique.

Wyler a également travaillé chez Google, et aidé le géant technologique à développer de nouvelles technologies satellitaires.

La mission de OneWeb est d'amplifier cette idée et d'étendre l'accès à Internet gratuit au monde entier via satellites. Le projet de OneWeb ne se différencie pas que par la taille. Les satellites auront une orbite nettement plus proche de la surface terrestre – à seulement 1 200 kilomètres. Les connexions seront donc nettement plus rapides, et capables de faire concurrence aux réseaux terrestres.

Au sol, les gens pourront faire monter des antennes de réception sur les écoles, les maisons, voire les voitures. Les navires en mer ou les avions pourront se connecter à grande vitesse. Les émetteurs-récepteurs devraient atteindre des vitesses de téléchargement situées entre 50 et 100 Mo par seconde. Les vitesses de mise en ligne devraient être la moitié de cela... soit le double de la vitesse moyenne aux Etats-Unis actuellement.

Et tout cela devrait aussi être nettement moins onéreux. La mise en orbite de transmetteurs aériens auxquels tout le monde pourra se connecter sera nettement moins chère que l'installation de centaines de millions de kilomètres de câbles en fibre optique.

Il y a de la place dans le ciel, mais il y a tout de même une chose rare qui est nécessaire au fonctionnement d'une constellation de satellites de communication : la bande passante.

Heureusement, OneWeb a gagné son combat pour l'utilisation de portions qui lui permettront de garantir une connectivité à grande vitesse.

En juin 2017, la Commission fédérale des communications, aux États-Unis, a autorisé OneWeb à accéder au marché américain avec une constellation de plus de 700 satellites. C'est la toute première autorisation reçue pour une constellation de ce type. OneWeb a déjà des relations avec les plus grands services de lancement de fusées.

Depuis sa création, l'entreprise soigne ses relations avec SpaceX, l'entreprise d'Elon Musk, et travaille avec Arianespace. Virgin Galactic lancera aussi des satellites OneWeb, ce qui n'a rien d'étonnant étant donné que Virgin Group était, avec Qualcomm, l'un des premiers investisseurs de l'entreprise de Wyler.

Même Blue Origin, une entreprise aérospatiale lancée par Jeff Bezos, a signé un contrat avec OneWeb pour des lancements à partir de 2020.

Mais il ne sera sans doute pas nécessaire d'attendre que la nouvelle fusée de Blue Origin soit disponible en 2020. OneWeb a l'intention de commencer à lancer sa constellation l'an prochain. Si tout se déroule comme prévu, l'entreprise pourrait commencer à proposer un accès rapide à Internet dans quelques mois.

J'aimerais pouvoir vous dire que vous pouvez investir dans des actions OneWeb dès aujourd'hui, mais l'entreprise n'est pas cotée en Bourse. Vous pouvez cependant acheter une part de cette entreprise capable de révolutionner le marché en investissant dans l'une des entreprises les plus innovantes que je connaisse...
[NDLR : Une valeur qui est au coeur de la dernière recommandation de Ray dans NewTech Insider. Vous y découvrirez aussi les trois valeurs "pelles et pioches" que Ray a choisies pour vous faire profiter de la bulle cryptos, blockchain et Bitcoin. Pour en savoir plus...]

 

 

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