La Quotidienne de la Croissance http://quotidienne-agora.fr Investir sur la croissance Mon, 26 Jun 2017 09:33:28 +0000 fr-FR hourly 1 Vous investissez dans le gold ? Cette année, il faudra vous armer de patience http://quotidienne-agora.fr/investissez-gold-patience/ http://quotidienne-agora.fr/investissez-gold-patience/#respond Mon, 26 Jun 2017 09:33:28 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=69869 gold

Voici un article sur le gold que je voulais écrire depuis longtemps...

Le métal jaune, si populaire fut un temps, n'inspire aujourd'hui plus que de l'apathie. Comme mes amis italiens aiment à le dire : "tout le monde s'en contrefiche."

Que s'est-il passé ?

Le bon vieux temps

Vous vous souvenez des années 2000 ?

Quelle décennie pour les amoureux de l'or !

"L'or est sous-évalué", disait-on au début de la décennie. "L'argent aussi – plus encore. Gordon Brown est fou d'avoir vendu à ces prix. Le marché ne peut aller que dans une seule direction : vers le haut".

"L'or ? L'argent ?", s'entendait-on alors répondre par nos interlocuteurs un peu confus. "Pourquoi en achèterais-je ? Pourquoi quiconque voudrait-il en acheter ? Et puis comment en acheter ? Je suis censé aller m'acheter un lingot, la bouche en coeur ?"

"Oui", répondiez-vous alors. Et vos interlocuteurs vous pensaient bon à enfermer.

Mais ensuite, le cours de l'or a augmenté. Celui de l'argent également. 15% une année, 20% la suivante. Vous étiez peut-être fou à lier, mais, il fallait bien l'admettre, vous aviez eu raison sur l'évolution du marché. Mais bon, les choses avaient déjà changé... et on avait déjà raté le coche.

"Vous n'y êtes pas du tout", disiez-vous ensuite en 2005. "Ce n'est pas trop tard. Il existe aujourd'hui de nouvelles manières d'acheter. Les fonds négociés en bourse, le commerce de lingots en ligne... vous avez l'embarras du choix. Vous devriez vraiment acheter. Mieux vaut investir une partie de votre patrimoine hors-système".

Autant hurler à la lune. Pourtant, tous les ans, le prix augmentait encore de 10, 15 ou 20%. Parfois plus encore. Quand on vous traitait de fou, vous vous contentiez de hausser les épaules et d'indiquer les chiffres. On ne peut pas nier les chiffres.

L'inflation des prix de l'immobilier semblait impossible à stopper, tout comme celle des cours de la bourse. Les prix de l'art et des autres objets de collection atteignaient des sommets proprement ridicules.

"Le système monétaire est cassé", avez-vous alors prévenu. "Il y a trop de dette. Nous avons abusé de l'effet de levier. C'est la fin des haricots".

"Cette fois, il a vraiment craqué", pensaient vos interlocuteurs. "Il paraît que le ciel va nous tomber sur la tête. Ha ha ha".

Et 2008 est arrivé.

A ce stade, vous n'aviez peut-être pas encore obtenu le statut de gourou de la finance, mais vous aviez prouvé que vous n'étiez pas aussi fou que ce que pensaient les gens. Soudain, on commençait discrètement à vous demander conseil – quand personne n'était à portée de voix. "Comment faire, alors, pour acheter de l'or ?"

Vous avez répondu. Et le marché a continué sa course haussière. Chaque année, de nouveaux gains. Chaque année, l'or faisait mieux que le S&P 500. Chaque année, en comparant l'or aux autres actifs depuis l'an 2000, on constatait que l'or faisait mieux.

Tout se passait exactement comme vous l'aviez prédit.

La fin de l'effet de mode

Et puis, quelque chose a changé.

Difficile de dire quoi. Mais depuis 2011/12, il semble que ce rêve doré ait pris fin. Au lieu d'augmenter de 10, 15 ou 20% par an, le cours de l'or recule d'autant.

Avec chaque nouvelle baisse du cours, les arguments des années 2000 semblent de plus en plus tirés par les cheveux. Beaucoup ont simplement choisi de quitter le navire. Avec chaque baisse de 10%, les cours de la bourse augmentent de 10%. Si l'on tient compte du coût de renonciation, les pertes, pour les propriétaires d'or, ont été immenses.

Puis, un génie de l'informatique appelé Satoshi Nakamoto a inventé le bitcoin, et l'a délibérément modelé sur l'or. Il fait tout ce que l'or était censé faire. Son cours augmente de plusieurs milliers de pourcents. Des disciples dévoués affirment qu'il sonne le glas des monnaies gouvernementales. Les gens l'utilisent même pour acheter et vendre des choses. Les jeunes l'adorent donc l'avenir l'adopte. Le bitcoin à 10 000 $ est pour demain, affirment-ils.

"Nous disions la même chose, pour l'or", marmonnent quelques ancêtres à barbe blanche en secouant la tête, dubitatifs. Ils savent qu'ils avaient raison. Et pourtant, cette monnaie du passé et de l'avenir n'était pas la bonne solution.

Comme l'improbable franchise Rocky, en 2016, l'or a fait son come-back. Le cours a recommencé à augmenter. Les entreprises minières ont connu une reprise plus belle encore. Les Anglais ont voté pour le Brexit, et la livre sterling s'est effondrée. A un moment donné, les propriétaires d'or britanniques ont vu la valeur de leur bien augmenter de près de 50%.

"Ils sont encore en train de perdre le contrôle", disaient les amoureux de l'or, qui ne marmonnaient plus et osaient à nouveau hausser le ton.

Mais les prix ne se sont pas maintenus. Fin 2016, les bénéfices n'étaient pas mauvais, mais négligeables par rapport au passé. L'or continue de n'aller nulle part en 2017, une petite hausse, une petite baisse... le prix, à l'heure où j'écris ces lignes, est de 1 245 $ de l'once, soit la même chose qu'en 2010.

Il fut un temps où la courbe, pour l'or, partait en bas à gauche pour finir en haut à droite. Aujourd'hui, elle commence au milieu et finit... au milieu. Ci-dessous, vous pouvez voir les quatre dernières années de stagnation frustrante. Les faux espoirs abondent, mais il n'y a pas non plus d'effondrement. C'est un investissement mortellement ennuyeux, qui ne va nulle part, alors qu'ailleurs, on peut gagner de l'argent.

gold

Dans la Tour Frisby, nous observons l'horizon en soupirant. Nous savons que les finances gouvernementales sont très loin de répondre aux standards minimum de sécurité. Nous savons qu'il y a trop de dette, que le prix des actifs est surévalué.

Nous savons que les assouplissements quantitatifs et les politiques à taux zéro ont maintenu en vie un système qui devrait être mort et enterré. Nous savons que les taux finiront par augmenter à nouveau. Nous savons que lorsque ce sera le cas, ce sera l'enfer sur Terre. Nous savons que l'heure de l'or reviendra, plus encore que par le passé.

Le problème est que nous ne pensons pas que cette heure est proche. Nous espérons nous tromper, mais c'est ce que nous pensons. Nous ne voyons pas de changement imminent à notre porte, ni de changement majeur dans l'humeur du marché.

Nous notons cependant que chaque nouveau point bas atteint par l'or est plus haut que le précédent. 1 120 $, puis 1 180 $, puis 1 200 $, puis 1 220 $... certains pourraient appeler ça une tendance à la hausse.

Mais nous notons également que ces mouvements ne sont pas confirmés par les minières, qui sont encore une fois en train de perdre du capital d'investissement, comme d'habitude. Pour un véritable marché haussier, les deux doivent aller de pair.

Nous pensons que la situation va continuer de stagner pendant un moment encore. Actuellement, le plus bas semble être fixé à 1 050 $. Peut-être allons-nous à nouveau atteindre ce genre de cours, (qui était de 250 $ en 1999 et 2001). Peut-être pas. La prochaine zone de soutien devrait être de 1 130 $ ou 1 140 $

Le point positif, c'est que 1 300 $ est une résistance, et que 1 380 en est une autre. Nous avons encore de la marge avant d'atteindre l'obstacle quasi-insurmontable des 1 500 $.

Je suis désolé de le dire, mais nous pourrions rester dans la situation actuelle pendant encore quelques années. Cela étant dit cet état de fait ne va pas durer éternellement. Rien ne dure éternellement.

Non, pardon.

Il y a bien une chose éternelle : l'or.

De par sa nature même, l'or est éternel. On ne peut par contre pas en dire autant de l'humeur du jour des investisseurs. A long terme, il y a des actifs qu'il est bien moins avisé de conserver.

Dominic Frisby

Cet article Vous investissez dans le gold ? Cette année, il faudra vous armer de patience est apparu en premier sur La Quotidienne de la Croissance.

]]>
http://quotidienne-agora.fr/investissez-gold-patience/feed/ 0
Les voitures électriques font la course en tête grâce au lithium http://quotidienne-agora.fr/voitures-electriques-lithium/ http://quotidienne-agora.fr/voitures-electriques-lithium/#respond Fri, 23 Jun 2017 09:30:35 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=69863 lithium

Les voitures électriques font la course en tête – et je vous propose aujourd'hui une manière inhabituelle d'analyser la situation.

Tout est question de batteries

Aujourd'hui, nous allons nous pencher sur l'avènement des véhicules électriques. Dans une prochaine Quotidienne, nous en apprendrons plus sur les matières premières qui l'ont permis... en "démontant" une batterie lithium-ion.

Pourquoi nous intéresser à la question du lithium-ion ?

Les lecteurs réguliers le savent, nous avons une opinion très positive des énergies propres. Il existe différents types de batteries.

Pour les applications reliées au réseau électrique, vous avez l'embarras du choix. N'importe quelle batterie, quelle que soit sa taille ou son poids, peut être branchée sur le réseau. Le coût et la stabilité, pour des applications non-mobiles, sont les facteurs clé.

Toute une quantité d'articles ont récemment montré qu'il s'agissait d'un marché très solide : Tesla a gagné des contrats en Australie, et le Royaume-Uni a, pour la première fois, fait l'expérience de prix négatifs pour l'électricité. De l'électricité gratuite pour recharger vos batteries, sir ? Why not !

Mais pour les voitures électriques, rien n'est plus pareil. Les voitures ont besoin de batteries légères et puissantes, et pour cela, une seule solution chimique domine le marché : le lithium-ion. Et nous avons besoin de plus en plus de lithium pour accompagner la croissance de ce marché.

Bien sûr, d'autres approches potentiellement viables existent, notamment les condensateurs, mais seul le lithium-ion est actuellement prêt à concurrencer les véhicules d'aujourd'hui, qui utilisent du carburant liquide.

La révolution des véhicules électriques en marche

Je pense que les nouvelles énergies vont progresser de manière exponentielle, et j'ai malgré tout été surpris par la rapidité avec laquelle les choses évoluent.

Il y a quelques mois, nous avons publié un article appelé Big short, qui sonnait le glas du diesel. J'étais sûr d'avoir raison, mais j'ai tout de même été choqué par la rapidité de la transformation. Si votre portefeuille dépend encore de ce carburant sale, il est temps de prendre les mesures qui s'imposent.

Les grandes nouvelles pleuvent, ces dernières semaines, dans le secteur des véhicules électriques, et elles soutiennent toutes mes prévisions. Volvo a abandonné le diesel. Pour aller plus loin encore, Smart vient de mettre aux ordures la totalité de ses moteurs à combustion interne – en tous cas pour ses véhicules en Amérique du Nord.

Et puis, Ford apporte tout son soutien aux véhicules électriques, avec des projets de voitures grand public, et quelques prévisions très enthousiastes sur l'adoption de cette technologie (70% de ses ventes en Chine devrait être des véhicules batteries ou hybrides d'ici 2025).

Ford a plusieurs trains d'avance sur General Motors, par exemple, qui se concentre encore sur des concepts produits en petite quantité et peine à atteindre les objectifs fixés par la réglementation.

Audi aussi parie gros sur les VE. Volkswagen, sa maison-mère, vacille toujours suite au dieselgate. Audi produit aujourd'hui une plateforme spécifique pour les motorisations électriques (e-tron) et modifie ses gammes actuelles pour y inclure des modèles électriques. Tous les feux sont au vert.

Les batteries ne se contentent pas de soutenir un passage rapide aux véhicules électriques, elles sont aussi responsables d'une toute nouvelle manière d'utiliser l'électricité au niveau mondial.

La révolution du solaire signifie que nous disposerons d'une grande quantité d'électricité à bas prix –mais pas nécessairement quand nous en aurons besoin. Même la Grande-Bretagne, où le ciel est souvent couvert, vient d'atteindre les 70% d'énergies vertes. Stocker toute l'énergie que le renouvelable sera bientôt capable de produire pour nous permettre d'allumer la lumière pendant les nuits sans vent sera un défi. Les batteries nous aident à y apporter une solution, et même si d'autres technologies de stockage devront encore être développées.

Heureusement, l'industrie automobile cherche activement des solutions à ce problème également. La presse a déjà beaucoup parlé de l'incursion de Tesla sur ce marché mais, aujourd'hui, Nissan et Mercedes-Benz se positionnent aussi dans le stockage à domicile. Nissan souhaite recycler des batteries de voitures électriques en fin de vie. Mercedes, quant à elle, soutien un système modulaire à forte capacité qui peut être précisément mis à l'échelle pour correspondre aux besoins d'un foyer.

Ce qu'il y a de fascinant dans le système Nissan, ce n'est pas la technologie que le constructeur utilise mais les questions commerciales qui la sous-tendent. Nissan permettra à ses clients de vendre l'électricité stockée sur le réseau même quand elle provient de leurs véhicules, une stratégie que Tesla a jusque-là rejetée.

Je pense que cette décision de Nissan est cruciale et pourrait constituer l'une des méthodes qui nous permettront de déployer un stockage énergétique de grande capacité dont nous avons grand besoin. Avec les progrès du renouvelable, il nous faudra sans doute des batteries de véhicules pour soutenir le réseau.

Il y a toujours une matière première qui alimente les technologies physiques. Comment, alors, utiliser au mieux la révolution des batteries ?

Il faut d'abord se pencher sur les matières premières qui les constituent. Mais avant cela, il faut se faire une idée de l'échelle.

Les batteries lithium-ion ne sont pas la seule solution chimique utilisée pour la fabrication de batteries. Sur le marché des batteries stationnaires, certains pensent que d'autres solutions chimiques vont l'emporter. Cumulus Energy Storage, par exemple, parie sur les batteries cuivre-zinc, une technologie ancienne et lourde, mais avantageuse du point de vue du coût et de la mise à l'échelle.

Les batteries haute-puissance et légères à base de lithium-ion sont cependant nécessaires pour votre téléphone portable, ou les voitures révolutionnaires de Tesla... et elles conviennent tout à fait pour les applications en réseau. Comprendre de quoi sont faites les batteries lithium-ion est donc la clé pour comprendre comment profiter des transactions sur les matières premières que cette révolution permet d'engendrer.

A bientôt dans La Quotidienne pour en savoir plus sur cette soif de batteries lithium-ion. En attendant, je crois savoir que Simone Wapler a mis du lithium en portefeuille de Crise, Or & Opportunités pour justement profiter de l'explosion de la demande... Pour en savoir plus, rendez-vous dans notre lettre d'investissement consacrée aux matières premières.

Cet article Les voitures électriques font la course en tête grâce au lithium est apparu en premier sur La Quotidienne de la Croissance.

]]>
http://quotidienne-agora.fr/voitures-electriques-lithium/feed/ 0
Faites face à l’épidémie d’opioïdes ! http://quotidienne-agora.fr/epidemie-dopioides/ http://quotidienne-agora.fr/epidemie-dopioides/#respond Thu, 22 Jun 2017 12:05:46 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=69859 Opioïdes

Les Etats-Unis sont victimes d'une nouvelle épidémie d'addiction et d'overdose due à une drogue tout à fait légale, prescrite par les médecins : les opioïdes, ces antalgiques qui imitent le fonctionnement de l'opium sur notre organisme.

Dans la Quotidienne d'hier, nous avons essentiellement évoqué le cas américain – le plus emblématique – mais l'épidémie d'opioïdes touche le monde entier. Selon les chiffres de l'OMS, 69 000 décès sont imputables chaque année à ces substances à travers le monde et 15 millions de personnes y sont dépendantes. "La majorité d'entre elles utilise de l'héroïne cultivée et fabriquée de manière illicite, mais une proportion croissante consomme des opioïdes délivrés sur ordonnance", note l'OMS.

En France, peu ou pas de chiffres officiels sur le nombre de décès dû à ces médicaments, mais on observe une forte augmentation des hospitalisations liées à une overdose d'opioïdes. Comme aux Etats-Unis, le profil type des "addicts" est très éloigné des clichés habituels sur les consommateurs de drogue : "en plus de ces augmentations de cas, ce qui nous préoccupe est que ce sont majoritairement des femmes, d'âge médian 60 ans, sans notion d'addiction ni de cancer ou de soins palliatifs", soulignait Nicolas Authier, chef du service de pharmacologie médicale du CHU de Clermont-Ferrand, et cité par Le Monde.

La réaction des pouvoirs publics

Face à l'augmentation du risque de décès, les pouvoirs publics ont commencé à réagir. Les Etats-Unis sont pionniers dans le domaine. Je vous disais hier que l'Ohio a intenté un procès contre des laboratoires pharmaceutiques. D'autres Etats s'en sont quant à eux pris – toujours par la voie judiciaire – aux distributeurs.

La réponse s'organise : financement de programmes de désintoxication et de substitution (le maire de New York a décidé en mars 2017 d'y consacrer 38 millions de dollars), interdiction de prescription de plus sept jours (au Massachussetts), mise en place d'un système de centralisation des prescriptions afin d'éviter les abus, etc.

Au niveau fédéral, Barack Obama avait proposé en 2016 un grand plan national doté d'un milliard de dollars pour lutter contre ces addictions... Plan qui n'a jamais été mis en place.

La FDA, l'autorité en charge de l'autorisation des médicaments aux Etats-Unis, ainsi que le Center for Disease Control and Prevention (CDC) participent eux-aussi à la lutte contre l'addiction aux opioïdes. Le CDC s'est par exemple lancé dans de grandes campagnes d'information sur les risques auprès des praticiens, les incitant à fortement réduire les durées de prescription.

Depuis 2014, le renouvellement des prescriptions ne peut en outre plus se faire par téléphone mais nécessite un nouveau passage chez le médecin (une mesure de bon sens...).

Enfin, la FDA a, en mars dernier, renforcé l'avertissement des risques et effets secondaires sur les boites des médicaments concernés.

Ces efforts, même si encore limités, ont eu quelques effets. Depuis 2013, le nombre de prescriptions est en légère baisse, ce qui ne signifie pourtant pas que l'épidémie régresse. En effet, de plus en plus d'utilisateurs se tournent vers le marché noir ou l'héroïne quand ils ne peuvent plus obtenir d'ordonnances officielles.

Quelles conséquences pour l'industrie pharmaceutique ?

Procès et recul des prescriptions ont, pour l'instant, peu de conséquences sur les grands groupes pharmaceutiques, dont les sources de revenus ne dépendent pas uniquement des ventes d'antalgiques. La situation est plus compliquée pour les laboratoires spécialisés dans cette classe de médicaments. Face aux attaques légales et au recul des ventes, ces laboratoires cherchent à se diversifier. Un des cas les plus emblématiques est celui de Purdue Pharma, le laboratoire derrière l'OxyContin. Régulièrement attaqué devant les tribunaux (le laboratoire a par exemple été condamné en mai dernier à payer 20 millions de dollars au Canada pour défaut d'information sur les risques de dépendance), il a vu ses ventes d'OxyContin baisser de 40% entre 2010 et 2016 sur le marché américain.

Face à la baisse de ses ventes, le laboratoire aurait – selon des procès en cours – fermé les yeux sur le marché noir qui s'est développé et a, cette fois les yeux grands ouverts, mis en place une stratégie de conquête de nouveaux marchés en Amérique latine, en Asie, ou encore au Proche et Moyen Orient, et en prônant l'utilisation d'opioïdes dans le cas de douleurs chroniques.

D'autres voies sont aussi explorées – et ce sont celles qui nous intéressent le plus en tant qu'investisseurs. Premièrement, les laboratoires développent de nouvelles formes d'opioïdes qui limitent leur détournement. C'est le cas par exemple d'une biotech que vous a recommandé Ray Blanco dans FDA Biotech Trader. Pour accentuer les effets des opioïdes, certains usagers dépendants les réduisent en poudre pour les inhaler ou se les injecter. Une des solutions consiste donc à créer des comprimés qui se dissolvent mal ou qui sont difficilement réductibles en poudre.

Autre possibilité, développer des antalgiques présentant des risques moindres de dépendance. Un exemple parmi d'autres, celui de l'oliceridine développé par la petite biotech américaine Trevena. Cet antalgique reproduit les effets des opioïdes mais avec des effets secondaires (en particulier sur la dépression respiratoire). Ce médicament pourrait être utilisé sur les douleurs modérées à sévères, du moins s'il est accepté par la FDA qui vient de lui accorder le statut de " Breakthrough Therapy", réservé aux traitements particulièrement innovants.

D'autres biotech s'intéressent au potentiel thérapeutique du cannabis – malgré l'important débat de société que la plante suscite –, soit en utilisant des extraits de la plante soit en imitant synthétiquement les effets – de préférence en éliminant les substances psychoactives (avec des faibles niveaux de THC) et en réduisant le risque de dépendance. Ces médicaments pourraient s'avérer efficaces pour accompagner les patients souffrants de douleurs chroniques et afin de limiter l'usage des opioïdes forts aux douleurs les plus aigües.

Plusieurs médicaments ont déjà été autorisés aux Etats-Unis et dans le reste de l'Europe. En France, le seul médicament autorisé (depuis 2014), le Sativex, attend toujours un accord sur son prix pour être officiellement commercialisé. Ce médicament à inhaler pourrait être prescrit à des patients souffrant de sclérose en plaques afin de réduire les douleurs liées aux spasmes musculaires qui accompagnent la maladie.

La recherche dans le domaine n'en est qu'à ses débuts et pourrait, à terme, être une alternative aux opioïdes. Le Time rapportait que dans les Etats américains qui ont légalisé les usages thérapeutiques du cannabis, les prescriptions d'opioïdes avaient sensiblement chuté.

Qu'est-ce que cela signifie pour vous ?

Face au risque que représente la dépendance aux opioïdes, pouvoirs publics, médecins mais aussi l'industrie pharmaceutique doivent donc s'adapter, non seulement pour réduire les usages abusifs de ces médicaments (une démarche pédagogique qui est proche de celle qui est mise en place pour réduire les prescriptions d'antibiotiques) mais aussi pour trouver d'autres moyens de gérer la douleur.

Lors de sa campagne présidentielle en 2016, Donald Trump avait déclaré vouloir mettre fin à l'épidémie d'opioïdes qui frappe les Etats-Unis. Elu président, il a effectivement mis en place une commission chargée d'étudier le problème et les solutions possibles. Le budget 2018 – et les fonds consacrés à cette lutte – seront particulièrement scrutés. Sans financement public et engagement politique fort, cette épidémie ne pourra en effet pas être combattue

Quoi qu'il en soit, la FDA semble bien décidée à favoriser les nouvelles générations d'antalgiques, en facilitant le processus d'essais cliniques ou en accélérant celui d'autorisation et de mise sur les marchés. Une excellente nouvelle pour les biotech qui oeuvrent dans le secteur.
[NDLR : Nouveaux opioïdes, antalgiques dérivés du cannabis... de nouveaux champs de recherche s'ouvrent aux biotech, et Ray Blanco a sélectionné les meilleures d'entre elles pour en profiter. A découvrir dans FDA Biotech Trader]

 

Cet article Faites face à l’épidémie d’opioïdes ! est apparu en premier sur La Quotidienne de la Croissance.

]]>
http://quotidienne-agora.fr/epidemie-dopioides/feed/ 0
Opioïdes : Participez à la nouvelle guerre contre la drogue http://quotidienne-agora.fr/opioides-guerre-contre-drogue/ http://quotidienne-agora.fr/opioides-guerre-contre-drogue/#respond Wed, 21 Jun 2017 10:22:33 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=69853 Opioïdes

Les Etats-Unis font face à un nouveau danger de santé public : l'addiction aux antidouleurs, et tout particulièrement à ceux appartenant à la catégorie des opioïdes. Une véritable épidémie qui touche toutes les couches de la société, tuent des dizaines de personnes par an... et a des répercussions sur l'industrie pharmaceutique.

Quelques chiffres d'abord pour mesurer l'ampleur d'un phénomène qui n'a rien d'anecdotique. En 2015, sur les 50 000 Américains décédés d'une overdose, 35 000 ont été victimes d'une overdose d'opioïdes et 15 000 d'une overdose d'un opioïde qui leur avait été prescrit par leur médecin. A comparer aux 38 000 décédés sur la route. Entre 1999 et 2015, 180 000 décès sont dus à cette addiction.

Ces morts dissimulent une inquiétante réalité : la progression de l'addiction aux opioïdes. Au moins 2 millions d'Américains seraient dépendants à ces antidouleurs. A cela il faut ajouter les quelques 600 000 qui sont accros à l'héroïne. Le lien entre les deux ne doit rien au hasard : 80% des consommateurs réguliers et dépendants de l'héroïne ont commencé par consommer des antidouleurs avant de passer à l'héroïne, souvent plus facile à obtenir qu'un médicament vendu sous ordonnance.

Comme le disait Barack Obama en 2016, voici un véritable problème de santé publique.

Les opioïdes : des tueurs de douleurs, tueurs tout court

Les opioïdes dont vous connaissez certainement certains noms – codéine, oxycodone, méthadone, morphine, hydrocodone, lopéramide, tramadole – sont des dérivés ou produits synthétiques imitant l'opium. Ils sont très utilisés pour combattre les douleurs aigües ou chroniques puisqu'ils agissent sur des récepteurs opiacés essentiellement présents dans le cerveau, et qui peuvent agir sur la douleur, le stress ou l'humeur. Ils peuvent aussi servir à combattre les addictions à d'autres drogues.

Le problème est que ces médicaments peuvent créer à la fois un effet d'accoutumance (il faut alors augmenter la dose pour obtenir les mêmes effets) et de dépendance. Rassurez-vous, si votre médecin vous prescrit des opioïdes pendant une courte période de temps, il y a peu de risque que vous deveniez dépendant de ces petites pilules. Par contre, le risque grandit sensiblement avec les prescriptions à long terme et sur des personnes à risque.

Les risques de dépendance se sont encore aggravés avec l'augmentation de l'efficacité de ces médicaments. Le fentanyl, responsable du décès du chanteur Prince, est par exemple 100 fois plus puissant que cette bonne vieille morphine, qui passerait presque pour de la poudre de perlimpinpin par comparaison. De quoi redéfinir la frontière entre médicament et stupéfiant (le fentanyl est d'ailleurs classé dans cette catégorie dans nombre de pays).

Si les opioïdes tuent, c'est essentiellement parce qu'ils sont des dépresseurs respiratoires, à savoir qu'ils ralentissent la respiration, parfois jusqu'à l'arrêt respiratoire complet... et la mort. Ces effets dépresseurs sont encore accentués par la consommation simultanée d'alcool et/ou d'autres drogues et/ou de somnifères.

La dépendance aux opioïdes accentuent en outre la prise de risques. Les effets psychotropes sur le cerveau sont à l'origine de nombreux accidents puisqu'ils modifient aussi bien l'humeur que la perception. L'usage de la seringue – pour augmenter les effets, certains usagers fument, sniffent, s'injectent les médicaments, voire même mâchent les patchs les contenant – ouvre quant à elle la porte à d'autres risques (partage de seringue, transmission de maladies telles que le HIV, etc.)

Voilà donc un tableau fort sombre pour une épidémie qui touche une partie de plus en plus large de la population américaine et mondiale. En effet, les accros aux antidouleurs ne correspondent pas vraiment au profil type des usagers des précédentes épidémies de drogues, comme celle de crack, qui ont frappé les Etats-Unis au cours des dernières décennies. Pour dire les choses clairement, ils sont majoritairement blancs, aisés, insérés socialement – et les femmes sont particulièrement touchées. Des "desperate housewives" qui carburent à l'oxycodone, au rythme parfois de 40 à 50 comprimés par jour.

De la lutte contre la douleur à la lutte contre la dépendance

Comment en est-on arrivé là ? Une réponse est certainement à aller chercher du côté de l'explosion des prescriptions d'antidouleurs. 250 millions de prescriptions de ce genre enregistrés en 2012, contre moins de 80 millions deux décennies avant.

En France, comme le rappelle Le Monde, "entre 2004 et 2015, le nombre de patients traités par un opioïde fort a augmenté de 74% (environ 500 000 personnes). Quelque 13 millions de boîtes de médicaments de trois opioïdes forts (sulfate de ­morphine, oxycodone et ­fentanyl patch) ont été vendues en 2015, une hausse de 45% par rapport à 2009".

Nombre d'opioïdes dit "forts" (les plus puissants), qui étaient jusque-là réservés à des cas limités comme les douleurs cancéreuses, ont vu leur champ de prescription étendu, par exemple aux douleurs du dos. De plus en plus de médecins américains ne prescrivent plus de paracétamol mais passent directement à l'hydrocodone.

Ces prescriptions se sont accompagnées d'un marketing intense des laboratoires pharmaceutiques qui ont par exemple distribué gratuitement des millions de pilules d'opioïdes auprès des médecins.

L'Etat de l'Ohio a ainsi décidé de poursuivre cinq entreprises pharmaceutiques, les accusant d'avoir minimisé les risques de dépendance auprès des pharmaciens et des patients via des plaquettes d'informations ou des sites Internet. L'Ohio est particulièrement concerné puisque le nombre de décès par overdose d'opioïdes y a augmenté de 30% entre 2015 et 2016

Aujourd'hui, le marketing des entreprises pharmaceutiques spécialisées dans les antidouleurs s'étend bien au-delà de leurs marchés traditionnels que sont les Etats-Unis, l'Europe ou le Japon. Amérique latine, Chine, Moyen-Orient... autant de nouveaux marchés où tout reste à faire, comme le soulignait une enquête de Courrier International :

Pour mener à bien cette expansion mondiale, ces entreprises, regroupées sous le nom collectif de Mundipharma, utilisent quelques-unes des méthodes controversées de marketing qui ont fait de l'OxyContin un best-seller pharmaceutique aux Etats-Unis. Au Brésil, en Chine et ailleurs, les sociétés mettent en place des séminaires de formation dans lesquels on encourage les médecins à surmonter leur 'opiophobie' et à prescrire des antalgiques. Elles sponsorisent des campagnes de sensibilisation qui poussent les gens à solliciter un traitement médical de leurs douleurs chroniques. Elles vont même jusqu'à proposer des ristournes aux patients afin de rendre plus abordables les opioïdes sur ordonnance.

L'enjeu est important, particulièrement pour les laboratoires spécialisés dans la gestion de la douleur.

Les ventes de ces médicaments ont suivi la même courbe de progression que celle des prescriptions : 282 millions de vente en 2012 contre 112 millions en 1992. Le chiffre d'affaires des pharmas en a lui aussi profité :

Opioïde
Source : Les Echos

Le marché mondial des opioïdes, dans lequel les Etats-Unis représentent 60% et l'Europe 20%, devrait passer d'environ 35 milliards de dollars en 2015 à plus de 41 milliards en 2021. Ce qui laisse entrevoir une poursuite de la hausse des cas de dépendance et de morts par overdose.

Face à ce danger, les pouvoirs publics s'organisent... et c'est ce que je vous propose de voir dès demain, dans la Quotidienne. Nous en profiterons pour nous intéresser aux conséquences pour les laboratoires pharmaceutiques et à l'investissement sur les solutions qui existent.

Cet article Opioïdes : Participez à la nouvelle guerre contre la drogue est apparu en premier sur La Quotidienne de la Croissance.

]]>
http://quotidienne-agora.fr/opioides-guerre-contre-drogue/feed/ 0
Les 12 travaux du Brexit http://quotidienne-agora.fr/12-travaux-brexit/ http://quotidienne-agora.fr/12-travaux-brexit/#respond Tue, 20 Jun 2017 10:38:20 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=69844 brexit

Les discussions sur la mise en place du Brexit ont commencé hier. Du côté européen, Michel Barnier est chargé de mener les discussions tandis que David Davis défendra le point de vue britannique. Deux ex-ministres (pour la France et le Royaume-Uni) qui doivent régler ce qui s'annonce comme un épique divorce.

Les discussions sont censées aboutir en mars 2019 et il faudra bien deux ans pour parvenir à un accord sur tous les points soulevés par la séparation entre le Royaume-Uni et l'UE. Tout ou presque va y passer : aspects juridiques, judiciaires, financiers, commerciaux, diplomatiques.

L'objectif est d'éviter un Brexit sans accord... ce qui poserait problème aux partenaires commerciaux que sont le Royaume-Uni et l'UE.

Le relatif échec de Theresa May aux élections législatives anticipées a rebattu les cartes. Jusque-là, les Britanniques étaient en position plutôt forte face aux Européens. Mais l'effritement de la position de May, partisane d'un "hard Brexit" change la donne et la première journée de négociation a démontré que les Européens avaient repris la main.

Michel Barnier est en effet parvenu à imposer aux Britanniques le calendrier et la méthode choisis par les Européens. A savoir une négociation en deux temps. Dans un premier temps, UE et Royaume-Uni devraient se mettre d'accord sur les conditions du "divorce" pour, dans un second temps de discussions, fixer les nouvelles relations post-rupture. Les Britanniques auraient quant à eux souhaité mener de front les deux discussions.

Trois groupes de travail vont être formés, illustrant bien les principaux points d'achoppement des discussions de divorce. Tout d'abord celui qui doit fixer le sort et le statut des émigrés (des trois millions d'Européens qui vivent outre-Manche mais aussi du million de Britanniques qui vivent sur le continent). Le Royaume-Uni propose une solution "généreuse", à savoir le maintien de leurs droits, à la nuance près qu'ils passeraient sous régime juridique britannique, alors que May avait jusque-là laissé entendre que ces droits seraient limités. L'UE souhaite quant à elle qu'ils demeurent sous celui de la Cour de justice de l'UE. Pour les citoyens britanniques établis en Europe, l'UE souhaite un maintien de leurs droits actuels.

Deuxième groupe de discussion : l'argent. L'UE souhaite que le Royaume-Uni règle la note de ce qu'elle lui doit. Une facture estimée entre 40 et 100 milliards d'euros que Londres ne voit pas avec grand enthousiasme.

Le troisième groupe concernera les "autres sujets du Brexit", formulation aussi floue que large qui recouvre nombre de discussions comme le déménagement des agences européennes situées à Londres (c'est le cas, par exemple, de l'Agence européenne des médicaments) ou encore les procès impliquant les deux parties au moment du divorce, etc.

Reste un autre point, très compliqué, celui des frontières, et tout particulièrement celle qui passe en Irlande. Ce sujet, particulièrement épineux, sera directement traité par deux assistants de Barnier et de Davis.

L'Irlande du Nord a en effet majoritairement voté pour le "Remain" (le maintien dans l'UE). Un Brexit impliquerait probablement le retour d'une frontière physique entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande, qui, indépendante, resterait dans l'UE. Le rétablissement de cette frontière n'est souhaité ni par Londres ni par Dublin ni par Bruxelles (pour des raisons financières, commerciales, pratiques mais aussi et surtout pour préserver le processus de paix entre les deux parties de l'île). La possibilité d'une réunification de l'Irlande est donc de plus en plus régulièrement évoquée... sans être une solution parfaite. En effet, la République d'Irlande exige que l'Irlande unifiée adhère automatiquement à l'UE (comme ce qui s'était passé au moment de la réunification allemande).

Si Européens et Britanniques parviennent à se mettre d'accord sur ces points, il leur faudra ensuite attaquer une autre discussion ardue : celle des rapports commerciaux entre l'UE et le Royaume-Uni, de l'accès au marché unique, etc.

Vous l'aurez compris, ces discussions vont durer... et il faudra être Hercule pour parvenir à tenir le calendrier des discussions d'ici mars 2019.

Ces discussions vont, comme vous l'explique Jim Rickards dans La Quotidienne, peser sur l'économie et la stabilité du Royaume-Uni. La déflagration de cette deuxième phase du Brexit pourrait être bien plus dangereuse que le vote de l'année dernière.

Un mot des marchés qui, hier, ont terminé dans le vert. A Wall Street, la hausse a été une nouvelle fois portée par le secteur technologique... et tout particulièrement par celui des biotech. Si vous suivez des recommandations de Ray Blanco dans FDA Biotech Trader, son service d'investissement sur les biotech, vous n'avez pu manquer l'envolée, parfois de plus de 6% en quelques heures, des biotech que vous avez en portefeuille.

Cette bonne humeur se maintient ce matin sur le CAC 40, qui gagne 0,40% en fin de matinée.

 

Cet article Les 12 travaux du Brexit est apparu en premier sur La Quotidienne de la Croissance.

]]>
http://quotidienne-agora.fr/12-travaux-brexit/feed/ 0
Préparez-vous au Brexit II ! http://quotidienne-agora.fr/preparez-brexit/ http://quotidienne-agora.fr/preparez-brexit/#respond Tue, 20 Jun 2017 09:30:08 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=69841 brexit

Les marchés ont été choqués, le 23 juin 2016, lorsque les électeurs britanniques ont choisi de sortir de l'Union européenne. C'est ce que l'on a appelé le "Brexit". Quelques heures à peine après les résultats officiels, la livre sterling (GPB) a plongé de 13% face au dollar et l'or a flambé de 8% en dollars, et encore plus en livres sterling.

Nous faisions partie des quelques personnes qui avaient préparé les investisseurs à ce choc. Au cours des jours qui ont précédé le vote, nous avons vivement recommandé à nos lecteurs de Trades Confidentiel de parier sur la baisse de la GPB et d'acheter de l'or. Ceux qui l'ont fait ont réalisé des gains très rapidement (47% en une semaine).

A présent, un nouveau séisme politique et économique est sur le point de frapper le Royaume-Uni. Considérez qu'il s'agit d'un Brexit II. Les chocs de marché seront aussi importants que le premier Brexit, il y a près d'un an. Et les opportunités de réaliser d'énormes gains au Royaume-Uni sont actuellement aussi importantes que pendant le Brexit.

Le FTSE, survivant du Brexit acte I

Au cours des mois qui ont suivi le vote du Brexit, les marchés se sont stabilisés, comme c'est souvent le cas après un choc. La livre sterling a chuté face au dollar de 1,49 $ (le jour du vote) à 1,21 $ quelques mois plus tard. Depuis, elle s'échange au sein d'une fourchette serrée d'environ 1,20 à 1,30 $.

Le FTSE 100, le principal indice actions britannique, a également chuté immédiatement après le premier vote du Brexit. Le FTSE 100 a chuté de 6 338 points à 5 982 points quelques jours plus tard, soit un plongeon de 5,6%.

Mais ensuite, les actions ont sonné la fin de l'alerte. Le FTSE a rapidement récupéré ses pertes avant de revenir à son niveau d'avant-Brexit, quelques jours plus tard à peine. Les marchés ont vu que le Brexit n'était pas un processus instantané, mais qu'il se négocierait sur des années.

Le Premier Ministre qui avait déclenché le référendum du Brexit, David Cameron, a rapidement démissionné après le vote, et un nouveau gouvernement conservateur a été formé, sous la direction de Theresa May.

Depuis l'été dernier, le FTSE a atteint un nouveau plus-haut historique de 7 547 points et s'échange toujours très près de ce niveau, au moment où je rédige ces lignes. Ce plus-haut représente une hausse époustouflante de 26% en moins d'un an, par rapport aux plus-bas du Brexit. Cette hausse s'est basée sur une croissance britannique qui a dépassé les attentes, une inflation plus faible que prévu, et des signes indiquant que Theresa May avait les négociations du Brexit bien en main.

FTSE 250

Le choc des élections législatives

En fait, le gouvernement de Theresa May était si sûr de sa popularité et de la force de l'économie britannique que, le 18 avril, des élections anticipées ont été convoquées pour se dérouler le 8 juin. Conformément au système parlementaire, Theresa May n'avait pas besoin d'organiser des élections avant 2020, mais pouvait en déclencher à tout moment : c'est ce que l'on appelle des élections anticipées.

Theresa May a déclenché ces élections pour avoir les coudées plus franches, lors des futures négociations du Brexit avec l'Union européenne. Les négociations débutent ce jour même, le 19 juin. Elles devraient durer deux ans, pour s'achever en 2019. De nombreuses questions épineuses doivent être négociées, notamment l'accès au marché unique européen, l'immigration, et le prix du "divorce" que le Royaume-Uni devra payer à l'Union européenne en échange de cet accès.

Le parti conservateur de Theresa May avait une faible majorité de 17 sièges, avant l'élection anticipée. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a secrètement encouragé Theresa May à tenir des élections afin d'augmenter sa majorité et de renforcer son pouvoir de négociation.

Dans la mesure où l'économie britannique allait bien et que le marché actions s'envolait vers de nouveaux plus-hauts historiques, on estimait que la popularité de Theresa May la propulserait vers une victoire écrasante et lui offrirait le levier nécessaire pour faire passer auprès des électeurs certains coûts indigestes du Brexit.

Au départ, les choses se sont passées comme prévu. Fin avril et début mai, les sondages indiquaient que les conservateurs étaient partis pour gagner avec une très large majorité. Theresa May semblait prête à devenir le Premier ministre britannique le plus puissant depuis Margaret Thatcher, la "Dame de Fer".

Mais tout a mal tourné. Les conservateurs ont fait passer des allègements fiscaux et des réformes du système de santé qui ont donné l'impression de favoriser les riches et de pénaliser les pauvres. Plusieurs députés conservateurs ont été rattrapés par des scandales et des conflits d'intérêt. Theresa May elle-même a mené une campagne sans éclat, et a donné une impression de faiblesse, lors des trois attentats mortels.

Le plus surprenant, c'est que Jeremy Corbyn, du parti travailliste, et opposant de Theresa May, s'est révélé un candidat bien plus efficace que prévu. Si l'on compare avec les Etats-Unis, il a pris des airs de Bernie Sanders, un vieux progressiste de gauche, extrêmement populaire auprès des jeunes électeurs.

L'élection elle-même a été un désastre pour les conservateurs de Theresa May. Ils ont perdu des sièges et n'ont pas réussi à maintenir leur majorité au parlement. Pour Theresa May, la seule façon de conserver le pouvoir, c'est de former une coalition gouvernementale avec le petit parti irlandais DUP (Democratic Unionist Party of Northern Ireland), qui a remporté 10 sièges lors de l'élection.

Avec les 318 sièges des conservateurs, les 10 sièges de DUP offrent une coalition de 328 sièges : à peine plus que les 326 sièges nécessaires pour que Theresa conserve le contrôle du parlement.

Bien que les marchés aient vu venir ce résultat en fonction des enquêtes d'opinion menées juste avant le 8 juin, ses conséquences réelles et ses conséquences sur le marché n'ont pas encore été saisis. Les ondes de choc de ce "Brexit II" seront aussi importantes que celles du premier Brexit, en 2016, mais se développeront dans le temps cette fois.

Comment les investisseurs peuvent-ils profiter aujourd'hui de cette crise politique et économique en jeu au Royaume-Uni ?

Le royaume désuni

Le premier problème, c'est que cette coalition conservatrice avec le DUP ne sera rien d'autre qu'un mariage de raison, dans le cadre duquel le DUP acceptera de voter certaines mesures clés avec les conservateurs, tout en maintenant une distance par ailleurs, et sans constituer de coalition formelle. Dans ce cas, cela diminuera énormément la capacité de Theresa May à négocier fermement le Brexit, car elle courra toujours le risque de perdre le soutien du DUP et de devoir convoquer de nouvelles élections.

Le plus menaçant, pour Theresa May, c'est que les leaders de son propre parti lui reprochent d'avoir convoqué des élections anticipées, dès le départ, ainsi que sa campagne désastreuse. Ils vont peut-être tenter de la remplacer par un autre leader du parti, peut-être bien le nationaliste Boris Johnson, parfois décrit comme le "Donald Trump du Royaume-Uni".

L'avènement de Johnson envenimerait les pourparlers du Brexit et ferait peut-être perdre au Royaume-Uni un grand nombre des avantages commerciaux qu'il détient avec l'Union européenne, ce qui pénaliserait les sociétés et les actions britanniques.

L'Europe n'est pas restée sans rien faire, tandis que ce drame se jouait. La solide victoire d'Emmanuel Macron, en France, et la hausse de popularité d'Angela Merkel, en Allemagne, ont donné lieu à la plus étroite coopération franco-allemande jamais constatée depuis des années. Avec ce front uni Macron-Merkel, on a encore plus de raisons de penser que les négociations du Brexit ne se passeront pas bien, pour le Royaume-Uni.

Jeremy Corbyn, le leader travailliste, attend en coulisse. Si l'alliance du DUP et des conservateurs se défait, ou si Theresa May est remplacée par l'un des dirigeants conservateurs, de nouvelles élections suivront presque forcément. Dans ce cas, la nouvelle popularité de Corbyn pourrait provoquer une victoire absolue des travaillistes. Le résultat, ce serait une augmentation des impôts, des taux d'intérêts et une intense pression sur les actions britanniques.

Indépendamment du scénario qui se déroulera, les marchés vont faire face à une incertitude, au cours des prochains mois. En soi, c'est une raison justifiant un recul du cours des actions. Les marchés peuvent s'adapter à presque tous les états de choses, mais ils ont beaucoup de mal à intégrer l'incertitude. Ces tentatives provoquent presque toujours une baisse des cours, à mesure que les investisseurs couvrent leurs paris ou se tournent vers les liquidités.

Une économie qui ralentit, des marchés trop hauts

Indépendamment de l'incertitude politique interne régnant au Royaume-Uni, et des nuages qui assombrissent les négociations du Brexit, l'économie britannique semble ralentir rapidement. L'augmentation moyenne des revenus masque une extrême disparité quoi favorise les riches et laisse de côté les travailleurs britanniques. Les prix de l'immobilier se calment, l'inflation augmente et la croissance a beaucoup ralenti.

Les actions britanniques ont l'air d'être considérablement surévaluées, si l'on se base uniquement sur les fondamentaux économiques. Si l'on intègre totalement l'impact des turbulences politiques et des difficultés à venir liées aux négociations du Brexit, il semblerait qu'elles soient deux fois plus surévaluées.
[NDLR : Gaël Deballe a identifié l'une des meilleures façons de profiter de cette nouvelle crise du Brexit qui se prépare au Royaume-Uni. Les indices boursiers britanniques, qui ont battu des records, devraient chuter violemment en raison de l'incertitude politique et d'un ralentissement économique. Un pari sur un choc boursier outre-Manche qui est à retrouver dans Trades Confidentiels…]

Cet article Préparez-vous au Brexit II ! est apparu en premier sur La Quotidienne de la Croissance.

]]>
http://quotidienne-agora.fr/preparez-brexit/feed/ 0
Amazon se paie du bio avec Whole Foods http://quotidienne-agora.fr/amazon-bio-whole-foods/ http://quotidienne-agora.fr/amazon-bio-whole-foods/#respond Mon, 19 Jun 2017 10:26:43 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=69834 Amazon

Vendredi soir, le Nasdaq concluait la semaine en petite baisse, contrairement au Dow Jones et au S&P 500. Les valeurs technos semblent encore sonnées pour le petit krach du 9 juin dernier, ou elles avaient été entraînées (vers le bas) par Apple.

Etienne Henri revient justement sur ce sell-off. L'explication officielle – une déception sur le contenu du prochain iPhone 8 – n'a pas dû vous convaincre... et vous avez bien raison. Comment expliquer alors ce plongeon des valeurs technologiques alors que le secteur se porte particulièrement bien depuis le début de l'année ? Réponse dans la Quotidienne du jour.

Vendredi dernier, Amazon annonçait le rachat, pour 13,7 milliards de dollars, de la chaîne américaine de magasins d'alimentation biologique Whole Foods. Cette acquisition, la plus importante jamais réalisée par le groupe de Jeff Bezos, n'a pas manqué d'attirer l'attention des marchés – la nouvelle a fait plonger le cours des grands noms américains de la grande distribution (dont Wal-Mart) – et des commentateurs.

En mettant la main sur les magasins – plutôt haut de gamme – de Whole Foods, Amazon fait une entrée très remarquée dans le domaine du physique. Le groupe d'e-commerce cherche en effet à se faire une place dans la vente de produits alimentaires après avoir étendu sa domination sur les livres, les CD, les jeux vidéo, l'électronique, etc. Mais pour le frais, Amazon se heurte encore aux chaînes de magasin traditionnelles, et à leurs sites de livraison en ligne.

Jeff Bezos ne cache plus son ambition en la matière. Le groupe ne cesse d'améliorer ses délais de livraison pour proposer plus de frais. Son groupe a aussi ouvert quelques magasins "en dur" mais, avec l'acquisition de Whole Foods, Amazon passe vraiment à la vitesse supérieure.

Reste à savoir ce que Bezos fera de cette nouvelle carte. Whole Foods vend en effet moins depuis que toutes les principales enseignes américaines se sont aussi mises à vendre du bio.

Cette acquisition, qui annonce un raid dans le secteur de l'alimentation, donne un peu plus de crédibilité au scénario que j'évoquais la semaine dernière : celui d'enquêtes pour violation des lois anti-trusts. Plus Amazon grandit, plus le groupe se diversifie et devient hégémonique aussi bien pour l'e-commerce que les magasins physiques, plus sa position sera contestée et attaquée.

Un mot du CAC 40 en hausse de près d'1% au moment où j'écris ces lignes. Certains évoquent un rattrapage des marchés européens par rapport à Wall Street. A voir...

Cet article Amazon se paie du bio avec Whole Foods est apparu en premier sur La Quotidienne de la Croissance.

]]>
http://quotidienne-agora.fr/amazon-bio-whole-foods/feed/ 0
Sell-off du 9 juin sur Apple et le Nasdaq : une mine d’informations et un cri dans la nuit http://quotidienne-agora.fr/sell-off-apple-nasdaq/ http://quotidienne-agora.fr/sell-off-apple-nasdaq/#respond Mon, 19 Jun 2017 09:30:52 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=69829 Apple

Le 9 juin dernier, les indices américains ont connu un trou d'air inattendu. Les valeurs technologiques, locomotives de la hausse des indices depuis des mois, ont décroché. La valeur la plus scrutée, Apple Inc, a bien sûr plongé la tête la première. Les analystes se sont tournés vers l'actualité de la firme de Cupertino pour expliquer cette baisse et, par extension, celle de toutes les valeurs du secteur.

Il est naturel de tenter d'expliquer à chaud ce type d'événements. Après tout, une baisse d'une telle ampleur en pleine torpeur printanière doit avoir une raison évidente.

La raison qui a été retenue quasi-unanimement par la presse économique est l'annonce d'une limitation (toute relative) des performances du prochain iPhone 8. Apple sera contrainte de s'approvisionner à la fois chez Qualcomm et Intel pour acheter les puces qui serviront de modem sur ce futur modèle.

Seul problème : les puces Intel sont sensiblement moins rapides que celles proposées par Qualcomm. Pour éviter un effet de loterie chez les acheteurs avec des téléphones plus rapides que d'autres, Apple aurait décidé de brider la vitesse pour assurer des performances identiques à tous les exemplaires produits.

Soyons clair : cette révélation est un non-événement qui ne justifie en rien un décrochage du titre – encore moins une vente massive de toutes les valeurs technologiques.

Pourquoi cette raison n'en est pas une

Apple est le plus grand vendeur (en valeur) de smartphones au monde. La diversification de ses sous-traitants est plus qu'une option : il s'agit d'un impératif industriel.

Dépendre d'un seul fabricant pour un composant aussi important que le modem du téléphone serait une faute majeure. La firme à la pomme en fait l'amère expérience depuis des années avec sa dépendance à Samsung sur d'autres composants-clé (processeur, mémoire, écrans).

Il est donc légitime qu'Apple ne confie pas l'intégralité de ses commandes de modems à Qualcomm, d'autant que les deux sociétés sont en délicatesse devant les tribunaux.

Les marchés auraient dû, en toute logique, saluer cette décision qui va dans le sens d'une plus grande robustesse de la chaîne d'approvisionnement.

La défiance des marchés serait-elle alors due à la crainte de voir les consommateurs bouder l'iPhone 8 en représailles ? Cet argument ne tient pas une seconde. Savez-vous qui est le fondeur du processeur interne de votre téléphone ? De quelle marque est son modem ? Qui a fabriqué son écran LCD ou OLED ? Probablement pas. Moi non plus, et les milliards d'autres acheteurs d'iPhone n'en ont cure.

Imaginer un quelconque boycott de l'iPhone 8 parce que les consommateurs ne pourraient bénéficier de la vitesse améliorée des modems Qualcomm relève du fantasme : à part les technophiles, personne ne sait même la quantifier ! Vous noterez que je vous épargne d'ailleurs les chiffres exacts qui n'apportent strictement rien au débat.

Dernier argument, et non des moindres : ce n'est pas la première fois que l'iPhone aura les performances du plus faible de ses composants. Apple a toujours essayé, dans la mesure du possible, de diversifier les fournisseurs.

Certaines fois, le marketing a décidé de laisser tout le potentiel des composants s'exprimer. D'aucuns ont crié au scandale car il était impossible lors de la commande de savoir quel modèle l'acheteur obtiendrait. Apple a gagné des fortunes sur ces iPhones.

D'autre fois, le marketing a décidé de brider les composants pour avoir des performances exactement identiques. D'aucuns ont crié au scandale et à l'obsolescence programmée. Apple a gagné des fortunes sur ces iPhones.

Au final, aucun acheteur ne se souciera de savoir quel modem est dans son iPhone 8. Un réseau qui va "très vite" est suffisant pour déclencher l'acte d'achat. Le bénéfice d'Apple sur les prochaines années ne dépend pas de ça — ceux des autres GAFA, encore moins.

Et si la raison du décrochage était plus simple ?

Un décrochage-test

Une autre hypothèse est que la hausse des valeurs technologiques commence à manquer de carburant. Nous n'avons de cesse, aux Publications Agora, de vous mettre en garde contre les valorisations extrêmes du secteur.

Le cycle va, fatalement, s'inverser et les actions retrouver des multiples plus raisonnables. Quand ? Là n'est pas la question. Nous n'allons pas vous conseiller de liquider toutes vos positions et vous enfermer dans un bunker en espérant timer le marché.

Nous pouvons simplement prendre acte que la hausse effrénée marque le pas. Amazon, Apple, et Facebook ont déjà pris 35% cette année.

Si vous êtes investisseur centré sur la valeur, vous n'avez probablement pas pris part à cette phase maniaque des marchés. Si vous êtes plus téméraire, bravo : vous pouvez aujourd'hui être fier d'être resté en position.

Le marché nous offre aujourd'hui une information intéressante pour qui possède un portefeuille d'actions technologiques : la chute des valeurs le 9 juin était inversement corrélée à leur performance sur les 12 derniers mois.

En d'autres termes, les actions qui ont le plus chuté sont celles qui s'étaient le mieux comporté par le passé.

Quelles leçons en tirer ?

Nous savons désormais qu'en cas de turbulences, les Blue Chips qui ont fait la hausse de ces derniers mois ne protègeront pas la richesse de leurs actionnaires.

Si vous êtes mal à l'aise face aux valorisations actuelles, la dernière chose à faire serait d'arbitrer en faveur des grosses valeurs technologiques. Je ne parle pas uniquement des GAFA : sur la journée, Netflix et AMD ont perdu 5% et Nvidia a creusé ses pertes jusqu'à 6%.

La stratégie de momentum, qui consiste à acheter les meilleurs titres de la cote en espérant que la hausse se poursuive, va devenir très dangereuse. M. le Marché nous a prouvé qu'il est prêt à faire des plus gros gagnants les plus gros perdants. La fuite vers la valeur, réaction naturelle lorsque les turbulences apparaissent, ne s'est pas faite en faveur des entreprises high-tech les plus populaires.

De là à penser que les grosses mains savent très bien que ces entreprises relèvent plus du casino que de l'investissement, il n'y a qu'un pas...

La stratégie qui consiste à n'investir que par le biais d'ETF, pourtant réputée prudente, risque aussi d'être mouvementée au cours des prochains mois. Comme la valeur des indices américains est désormais tirée par les quelques stars qui les composent, tout décrochage à la baisse des grosses capitalisations se retrouvera aussitôt dans la valeur des ETF.

Aujourd'hui, la plupart des valeurs sont chères et le stock-picking demande un travail minutieux. Il existe encore de belles valeurs sur les marchés, et même pourquoi pas au-dehors de la cote. Le plus important désormais est de ne pas rester accroché aux stars de la cote alors que la nervosité commence à monter.
[NDLR : Laissez des spécialistes des nouvelles technologies vous guider dans votre choix de valeurs : Etienne Henri, pour les valeurs françaises, et Ray Blanco, pour le Nasdaq, sélectionnent les valeurs les plus prometteuses. Des valeurs qui innovent mais disposent encore d'un beau potentiel de hausse sur les marchés. Une poignée de valeurs sélectionnées avec attention... et qui sont à découvrir dans NewTech Insider.]

Le moment est donc opportun pour faire le ménage dans son portefeuille de valeurs en gardant à l'esprit la manière dont les marchés se sont comportés lorsque les opérateurs ont redécouvert le mot "baisse".

La Bourse a ceci de fantastique qu'elle offre toujours des opportunités et des informations à qui veut bien les voir. Prudence, donc, d'autant que ce qui pouvait initialement passer pour un flashkrach commence à ressembler, une semaine après, à un point haut...

Alphabet

Le titre Alphabet sur 3 mois : le sommet du 8 juin s'éloigne petit à petit...

Cet article Sell-off du 9 juin sur Apple et le Nasdaq : une mine d’informations et un cri dans la nuit est apparu en premier sur La Quotidienne de la Croissance.

]]>
http://quotidienne-agora.fr/sell-off-apple-nasdaq/feed/ 0
Trains autonomes : il y a-t-il un pilote dans le TGV ? http://quotidienne-agora.fr/trains-autonomes-pilote-tgv/ http://quotidienne-agora.fr/trains-autonomes-pilote-tgv/#respond Fri, 16 Jun 2017 10:35:13 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=69823 Trains autonomes

Le transport ferroviaire ne fait pas partie de nos sujets de prédilection à La Quotidienne. N'y voyez là aucun désamour profond mais plutôt une relative indifférence face à un thème sur lequel les évolutions se font rares.

Le rail est au transport ce que les centrales à charbon sont à la production électrique : une technologie mature, éprouvée, irremplaçable mais — soyons honnêtes — un peu ennuyeuse.

Depuis les débuts des Rockefeller, le principe du train n'a que peu évolué. Les trains transportant marchandises et personnes sont, depuis près de deux siècles, constitués de wagons tirés par une locomotive sur des rails.

Bien sûr, les trains vont de plus en plus vite. L'arrivée du TGV en France et d'autres lignes à grande vitesse en Asie peuvent d'ailleurs nous laisser croire que les locomotives électriques sont une évolution majeure de la fin du XXème siècle. En réalité, ce concept date des années 1840 !

L'utilisation de locomotives à vapeur puis Diesel durant la majorité de notre ère industrielle a été plus dictée par des considérations pratiques et économiques que technologiques.

Pourtant, le transport ferroviaire pourrait bien être à l'aube d'une mini-révolution. Ironie du sort, c'est la voiture individuelle (qui a fait beaucoup d'ombre au transport ferré ces 50 dernières années) qui offre au rail les nouvelles technologies nécessaires.

Le train rafle la mise à la voiture

Nous traitons régulièrement, dans La Quotidienne et NewTech Insider, des progrès autour de la voiture autonome. Ils sont constants, importants... et personne n'en voit la fin.
[NDLR : Dans le dernier numéro de NewTech Insider, Ray Blanco vous recommande justement une ex-star des nouvelles technologies qui est en plein come-back grâce à l'autonomisation grandissante de nos véhicules. Son créneau ? Les logiciels qui équipent ces voitures... et leur sécurité pour éviter que quelqu'un puisse prendre le contrôle de votre voiture. Une recommandation qu'il est plus que temps de mettre en portefeuille avant que son cours ne s'envole. Pour en savoir plus, rendez-vous dans le tout nouveau numéro de NewTech Insider]

Alors que la voiture autonome ne pointe toujours pas le bout de son nez et que les contraintes réglementaires restent son épée de Damoclès, l'industrie ferroviaire a vu dans cet effort de R&D un gigantesque vivier de technologies.

Les opérateurs ont donc décidé il y a quelques années d'étudier la possibilité de faire rouler des locomotives autonomes. Les résultats des premières études ont été plus que surprenants : non seulement cet objectif est tout à fait réaliste, mais il pourrait en plus être atteint à court terme.

Au printemps, la SNCF a annoncé le lancement du projet "Transport terrestre Autonome en Sécurité dans son environnement" (TAS). Sous forme d'un partenariat entre laboratoires de recherche, industriels, et l'opérateur ferroviaire national, TAS a pour objectif de faire avancer l'état de l'art des locomotives autonomes.

Une évolution à marche forcée

Le projet TAS se concentre sur l'automatisation des tâches d'observation. Le repérage de la signalisation, des objets sur les voies et d'éventuelles anomalies sur les trains qui se croisent est une tâche épuisante pour les conducteurs. Elle est pourtant critique pour la sécurité des biens et des personnes.

C'est donc tout naturellement l'observation (au sens large) qui bénéficierait la première d'un remplacement de l'homme par la machine.

La bonne nouvelle est que les briques technologiques sont déjà prêtes. Caméra ultra-haute définition, repérage LASER, micro-processeurs de traitement parallèle... Tous ces composants ont déjà été développés pour la voiture autonome.

Les ingénieurs n'ont qu'à se pencher sur ce réservoir de technologies et faire leur marché. Cette disponibilité des briques de base permet d'annoncer un calendrier surréaliste : les premières expérimentations sont prévues pour 2019. Elles permettront de valider la fiabilité des systèmes de conduite en présence d'opérateurs humains. Les premières rames totalement autonomes sont quant à elles annoncées pour 2023.

Cette rapidité ferait rêver plus d'un Google ou Uber qui se battent avec la validation de leurs véhicules autonomes depuis des années.

Quelques maigres défis à relever

Les défis de l'élaboration d'un train autonome ne sont rien par rapport à ceux des véhicules routiers. Les trains ont le premier l'avantage de circuler sur des rails, ce qui enlève l'aspect aléatoire de la conduite automobile.

Ils n'ont qu'un nombre très réduit de destinations possibles par rapport à une voiture lâchée sur les routes de France, et n'ont de toute façon pas le choix quant à leur itinéraire qui est imposé par le réseau ferroviaire.

Il n'y a donc aucun obstacle technologique qui empêche de mettre en service très rapidement des locomotives autonomes.

La question n'est, en fait, pas dans la faisabilité technique mais dans la robustesse d'un tel réseau.

La première inquiétude concerne les obstacles sur la voie. Si la question est légitime, le sujet n'est pas si critique qu'il y paraît. Un conducteur humain de locomotive n'a de toute façon pas beaucoup de marge de manoeuvre lorsqu'il voit un obstacle. Le "coup de volant" n'est pas une option sur des rails ; la seule chose à faire est d'enclencher un freinage d'urgence et de gérer l'éventuel impact après-coup.

Bien sûr, une locomotive ne fera pas sensiblement mieux (la physique est formelle, un train lancé à pleine vitesse ne s'arrête pas facilement). Elle ne fera pas non plus bien pire.

Qui plus est, ce sont les TGV qui ont vocation à être automatisés les premiers. Avec leurs lignes (normalement) sécurisées, ils sont moins sujets aux obstacles inattendus que les trains circulant sur le réseau ferré classique.

TGV

Les TGV pourraient rouler automatiquement dès 2023.
Crédit : SNCF

La seconde inquiétude concerne la sécurité informatique. Qui dit trains autonomes dit pilotage informatisé. Qui dit informatique dit possibilité d'intrusion donc de prise de contrôle. Un train "hacké" par un passager pourrait faire des dégâts considérables s'il était projeté à pleine vitesse dans une gare.

Si, comme le veut la tendance du tout-connecté, la SNCF opte pour un pilotage centralisé, les risques seront d'autant plus grands. Il suffirait alors à des personnes malintentionnées de pénétrer un seul système informatique pour pouvoir prendre le contrôle de tous les TGV du territoire. Une perspective un peu inquiétante, vous en conviendrez... et qui donnera du travail aux ingénieurs chargés de sécuriser le système informatique.

Quels avantages pour nous ? Pour la SNCF ?

La bascule vers des locomotives autonomes aura de multiples avantages pour les passagers. La conduite des trains sera plus souple. Vu les temps de réactions bien meilleurs des machines et la possibilité pour les trains de communiquer entre eux, les exigences en terme d'espacement entre trains pourront être relâchées. Cela se traduira par une augmentation de la capacité des voies de circulation qui permettra une fréquence de circulation plus élevée.

Enfin, avantage non négligeable dans notre bonne vieille France, les TGV automatiques fonctionneront même durant les grèves. Les voyageurs apprécieront d'arriver en gare avec la certitude que leur train partira.

Pour la SNCF, l'augmentation de trafic se traduira par une amélioration de la rentabilité du réseau. La conduite plus fluide se traduira par une baisse de la consommation électrique moyenne, offrant des économies supplémentaires. De quoi faire renouer durablement la SNCF avec les bénéfices...

Avec l'arrivée imminente des locomotives autonomes, le rail s'offre une révolution inattendue qui pourrait rendre ce moyen de transport à nouveau pertinent face à la voiture et au car.

Le plus beau est que nous n'avons que quelques années à patienter avant de monter dans les premiers TGV autonomes et, pourquoi pas, regarder le paysage défiler à 300km/h dans la voiture de tête. Une vision que, pour l'instant, seuls les conducteurs peuvent s'offrir.

Cet article Trains autonomes : il y a-t-il un pilote dans le TGV ? est apparu en premier sur La Quotidienne de la Croissance.

]]>
http://quotidienne-agora.fr/trains-autonomes-pilote-tgv/feed/ 0
La Fed a-t-elle tiré sa dernière cartouche pour 2017 ? http://quotidienne-agora.fr/fed-derniere-cartouche/ http://quotidienne-agora.fr/fed-derniere-cartouche/#respond Thu, 15 Jun 2017 10:35:55 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=69819 Fed

Hier, la Fed a peut-être tiré sa dernière cartouche de l'année en relevant ses taux, une deuxième fois depuis celle de mars dernier. Ils vont maintenant évoluer entre 1% et 1,25% contre 0,75% et 1%. La Banque centrale américaine a plusieurs fois exprimé sa volonté de relever ses taux par trois voire quatre fois en 2017 mais elle risque de se heurter à l'inflation.

En effet, officiellement, l'inflation demeure extrêmement faible aux Etats-Unis. Les derniers chiffres font même état d'un recul des prix à la consommation (-0,1% contre +0,2% attendu, et +0,1% hors alimentation et énergie). La Fed elle-même a dû revoir à la baisse ses prévisions d'inflation qui devrait atteindre 1,6% cette année, contre 1,9% prévu jusqu'en mars dernier. Or la Banque centrale affiche un objectif à 2%.

"La mesure de l'inflation préférée de la Fed, le Core PCE deflator d'une année sur l'autre, est passé de 1,6% en mars à 1,5% en avril. Ce n'est pas une baisse extrême et la Fed l'a qualifiée de "transitoire" (chaque donnée que la Fed n'aime pas et qui ne rentre pas dans son plan est "transitoire"). Ce chiffre de l'inflation s'écarte pourtant de l'objectif de la Fed fixé à 2%. L'écart entre 2% et 1,5% peut s'accroître dans les mois à venir ; cette baisse de l'inflation pourrait très bien être persistante et non pas transitoire", analysait récemment Jim Rickards.

Pourquoi l'absence d'inflation est-elle un problème ? En quoi contrarie-t-elle les plans de la Fed ?

A ce point de notre réflexion, il faut faire le lien entre la politique monétaire d'une banque centrale et la hausse des prix. Généralement, à une inflation en hausse est associée une politique monétaire plus restrictive (hausse des taux) afin de contenir la hausse des prix. Une (bonne petite) inflation est aussi théoriquement signe d'une économie en croissance, qui se porte bien.

Tout aussi théoriquement, l'inflation fait son retour quand le plein-emploi est à portée de main. Pour attirer les candidats (ou conserver leurs salariés), les employeurs ont en effet tendance à augmenter les salaires, mais aussi le prix de leurs produits... ce qui incite à une hausse générale des prix.

Aux Etats-Unis, le chômage atteint un plus de 16 ans, à 4,3%.

Chômage

Evolution du taux de chômage aux Etats-Unis entre janvier 2009 et janvier 2017

Où est l'inflation ?

Comment expliquer que de l'inflation on ne voit toujours pas la queue ? Plusieurs explications sont possibles, et elles ne s'excluent pas entre elles.

Premièrement, le taux de chômage est fortement sous-estimé. Qu'il soit sous-estimé, ce n'est un secret pour personne : le travail à temps partiel, même très partiel, et la catégorie des chercheurs d'emploi découragés (des chômeurs qui auraient renoncé à chercher un emploi) permettent de faire baisser artificiellement le taux de chômage. Cette sous-estimation pourrait être plus importante encore, ce qui expliquerait – en partie du moins – la faiblesse de l'inflation.

Autre possibilité, l'économie américaine ne va pas si bien que cela. Effectivement, les derniers chiffres montrent un ralentissement qui ne devrait pas surprendre ceux d'entre vous qui suivent les analyses de Simone Wapler, Bill Bonner ou Jim Rickards. Tous dénoncent une reprise américaine en trompe-l'oeil.

Voici ce que disait par exemple Jim dans Alerte Guerre des Devises :

L'économie américaine est à la fin d'un cycle d'expansion et s'affaiblit déjà alors que la Fed a commencé ce cycle de resserrement monétaire. Vous avez des indications quant à cette faiblesse économique dans l'aplatissement de la courbe des rendements, la stagnation du marché boursier (depuis le 1er mars), la baisse des ventes d'automobiles, les défauts sur les prêts automobiles et les crédits à la consommation, la baisse du nombre de prêts et l'incertitude générale qui règne à cause de la confusion politique à Washington.

Hypothèse suivante : la Fed est responsable de la faiblesse de l'inflation, inflation qu'elle appelle pourtant de ses voeux. 10 ans de politique monétaire extrêmement accommodante ont profondément modifié le fonctionnement de l'économie américaine. Cette mutation est observable, entre autres, via deux phénomènes.

Le premier d'entre eux est que la politique ultra-accommodante de la Fed n'a pas profité à l'économie réelle mais aux actions. Pas besoin de m'étendre sur ce point : nous sommes tous conscients de la corrélation étroite entre hausse des marchés boursiers et politique de la Fed.

La hausse des marchés actions a économiquement bénéficié à une poignée d'entreprises et de personnes, mais elle n'a pas entraîné une création massive et généralisée d'emplois, ou une toute aussi généralisée hausse des salaires. Pour caricaturer : la hausse de Wall Street a profité à des banquiers d'affaires, des traders, quelques investisseurs... mais pas à l'épicier du coin.

Les nouvelles technos, responsables de la faiblesse de l'inflation ?

Ensuite, la politique de la Fed a mis entre les mains des investisseurs et des entreprises beaucoup d'argent gratuit ou presque. Cet argent a afflué dans de nombreux secteurs mais avec une prédilection marquée pour les entreprises de nouvelles technologies.

Ces dernières années ont été marquées par l'apparition ou le spectaculaire développement d'entreprises comme Uber, AirBnb, Facebook, etc. L'argent s'est aussi investi dans l'intelligence artificielle, la robotisation... Autant d'innovations technologiques qui ont pour objectif d'améliorer les processus, de les rendre plus rapides, et moins coûteux. Autant d'innovations qui contribuent donc à modifier la structure d'une économie et de l'emploi.

Prenons un exemple : le développement d'Uber. La société a certes créé beaucoup d'emplois, tout particulièrement de chauffeurs, mais ce sont des emplois peu ou mal payés – les récents conflits sociaux aux Etats-Unis ou en France l'illustrent.

Des sociétés comme Uber, ou Airbnb et tout ce que l'on appelle la "Uber-économie" utilisent les possibilités d'Internet pour alléger tout le processus de leur entreprise. Elles ont certes besoin de quelques développeurs, mais tout le reste de la structure est réduit à son strict minimum pour limiter les coûts.

Ces sociétés tendent aussi à faire disparaître des emplois (dans l'hôtellerie par exemple dans le cas d'Airbnb) ou encore les intermédiaires.

Qu'est-ce que cela signifie pour la Fed, et pour vous ?

Revenons à la Fed et à sa politique monétaire. Je vous le disais en introduction, nous pourrions, hier, avoir assisté à la dernière hausse des taux pour 2017, et ce malgré la volonté affichée par Janet Yellen de les relever une troisième fois d'ici la fin de l'année. L'absence d'inflation et la faiblesse un peu plus marquée de l'économie américaine plaident pour le statu quo ou une politique de resserrement monétaire des plus modérée.

La hausse des marchés boursiers ayant été très largement nourrie par la politique accommodante de la Fed, cette hausse pourrait donc se poursuivre encore quelques mois, du moins si la Fed ne va pas trop loin dans son autre objectif pour les mois à venir : à savoir réduire son bilan, ce qui revient à un resserrement monétaire.

Un arrêt ou un ralentissement de la politique de resserrement monétaire risque de pénaliser les banques et les assurances – un secteur qui piquait du nez d'ailleurs hier, des deux côtés de l'Atlantique – mais favoriser des secteurs, comme celui de l'immobilier, qui prospèrent en période de taux et d'argent bon marché.
[NDLR : Comment profiter de ce changement de politique monétaire par la Fed ? Jim Rickards prend les choses en main dans Alerte Guerre des Devises et vous propose des paris adaptés au changement qui se prépare à la Fed. Pour en savoir plus sur sa méthode, sa stratégie et ses gains, c'est ici...]

Cet article La Fed a-t-elle tiré sa dernière cartouche pour 2017 ? est apparu en premier sur La Quotidienne de la Croissance.

]]>
http://quotidienne-agora.fr/fed-derniere-cartouche/feed/ 0