La Quotidienne de la Croissance http://quotidienne-agora.fr Investir sur la croissance Fri, 04 Aug 2017 14:11:34 +0000 fr-FR hourly 1 Comment acheter des Bitcoins et s’en servir ? http://quotidienne-agora.fr/acheter-bitcoins/ http://quotidienne-agora.fr/acheter-bitcoins/#respond Fri, 28 Jul 2017 09:30:30 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70013 bitcoin

Je vous propose d'acquérir un peu de bitcoins, cette monnaie virtuelle qui affole les marchés. A l'instant où je rédige ces lignes, le cours est de 2 300 euros pour 1 bitcoin.

Rappelons que le Bitcoin n'est pas une monnaie gérée par des banques ni des Etats. Il s'agit d'une monnaie universelle autogérée par un système complexe et ultra-sécurisé par chiffrement. Lors d'une transaction, pour que celle-ci soit effective et sécurisée, les données chiffrées transmises vont transiter sous la forme de preuves mathématiques via des ordinateurs constituant un vaste réseau.

Durant cette transaction, tous les mouvements sont référencés dans un grand livre comptable partagé et rendu public sur le réseau Bitcoin. Comme il n'y a pas de serveur centralisé et que le Bitcoin n'appartient à personne, les ordinateurs qui réalisent les opérations de contrôle sont ceux de certains utilisateurs volontaires. Ils vont se rassembler pour contrôler l'exactitude des transactions.

Cette opération, baptisée "minage", permet également aux participants de toucher un faible pourcentage des transactions en échange de la puissance de calcul de leur ordinateur. Toutefois, il ne faut pas rêver : le minage de Bitcoins n'est pas une activité rémunératrice pour les particuliers. Elle nécessite une grande puissance de calcul et seuls les ordinateurs de grands sites industriels peuvent en tirer profit. Si vous souhaitez tout de même "miner", vous pouvez installer un logiciel spécialisé, comme Guiminer.

Voici pour le principe de fonctionnement aussi nébuleux que sérieux du réseau Bitcoin. Pour le particulier qui souhaite se lancer, la réalité est moins complexe. Comme il n'existe pas vraiment de distributeur de bitcoins ni de banques qui en commercialisent, dans un premier temps, il va falloir passer par un site ou une application. Cela vous permet de créer un portefeuille appelé Wallet. Il existe de nombreuses applications. L'une des plus simples à utiliser est Bitcoin Wallet pour Android, Airbitz Bitcoin Wallet pour iOS. Elle permet de définir un montant en euros, pour faire l'acquisition correspondante en Bitcoins.

Mais, plutôt qu'une application, je vous conseille d'utiliser un site spécialisé. Il permettra de ne rien conserver sur votre téléphone en cas de perte. Le seul souci d'un site, c'est son éventuel piratage. Mais celui-ci pourrait tout aussi bien arriver à votre banque.

Etape 1 – Créer un portefeuille

L'un des sites de référence pour créer un portefeuille est Blockchain.info. Un site sécurisé et facile d'accès pour un débutant. Le site mélange l'anglais et le français, car certains éléments sont traduits automatiquement mais pas d'autres.

Pour se lancer, il faut une connexion internet stable, un ordinateur, une feuille de papier, un crayon, un téléphone mobile chargé et une carte bancaire. Entre le moment où vous allez faire vos premiers pas et celui où vos premiers centimes en Bitcoins vont arriver, il va s'écouler une bonne demi-heure.

Une fois sur le site, cliquez sur Get started now. Pour créer votre compte, vous allez avoir besoin d'un identifiant et d'un mot de passe. Une fois que vous aurez rempli ces informations, cliquez sur Continuer. Le système va lancer plusieurs vérifications via un lien sur votre adresse e-mail et un code reçu par SMS.

Etape 2 – Blindez votre portefeuille

Ensuite, vous allez vous lancer dans la sécurisation de votre compte. Cette opération est bien plus longue qu'avec une banque. Cliquez sur Centre de sécurité. Vous allez ensuite recevoir un e-mail pour vérifier qu'il s'agit bien de vous.

Vous devez relever des mots clés, il y en a une dizaine. Ne les perdez pas, ils peuvent être demandés si le compte a subi une tentative de forçage ou si vous avez perdu votre mot de passe.

Après ce premier niveau, continuez à sécuriser votre compte en jumelant votre mobile. Pour cela, il faut installer une application baptisée Google Authentificator. Elle est disponible sur l'App Store et le Play Store. Désormais, lorsque vous chercherez à vous connecter à votre portefeuille, il faudra également saisir une clé chiffrée unique qui s'affichera dans l'application Google Authentificator.

Enfin, la dernière étape permet de bloquer toute intrusion provenant du réseau Tor. Activez cette option, car Tor offre des connexions chiffrées et anonymes qui sont souvent employées par les cybercriminels.

Etape 3 – Achetez des Bitcoins

Votre portefeuille est créé et sécurisé. Pour acheter des Bitcoins avec des euros, il faut passer par une bourse d'échange. Elle sert d'intermédiaire entre les possesseurs de Bitcoins et ceux qui désirent en acquérir. Des dizaines de services de ce type existent. Pour ne pas m'embêter, j'ai choisi celui proposé par le site : il s'agit de Coinify.com.

Dans la colonne de gauche, cliquez sur Buy Bitcoins. Saisissez un montant en euros. L'équivalent en Bitcoins s'affiche à droite. Ensuite, cliquez sur Buy Bitcoin. Vous allez pouvoir saisir votre numéro de carte bancaire, puis valider le paiement après avoir reçu un code par SMS. Sachez que la bourse d'échange va prendre une commission de 3% sur la somme demandée.

Etape 4 – Patientez...

Dans un premier temps, il ne se passe rien. Votre portefeuille n'indique rien. En revanche, votre compte en euros a lui été débité. Pas de panique : il faut patienter parfois plusieurs heures afin que le système complexe de vérifications des transactions confirme l'achat.

Après cela, vous disposez de vos premiers centimes de Bitcoins. Vous allez pouvoir constater que l'évolution des cours est rapide, mais en moyenne, vous ne gagnerez pas forcément beaucoup plus que ce que vous avez "placé". Notez également qu'il faudra attendre au moins une semaine avant de pouvoir acheter d'autres Bitcoins. C'est la durée nécessaire pour vérifier que votre compte bancaire n'est pas à découvert.

Etape 5 – Achetez avec des Bitcoins

Aujourd'hui, il reste difficile de faire ses courses et de régler en bitcoins. Mis à part s'initier à ce système, ou éventuellement se lancer dans une opération hasardeuse de spéculation, vous ne pourrez rien acheter de concret dans vos commerces de proximité habituels.

En réalité, seuls quelques sites Internet marchands acceptent les bitcoins. Ceci dit, il y en a de plus en plus chaque jour. Voici, en cliquant sur ce lien, la liste des boutiques françaises en ligne acceptant le règlement par bitcoins.

Pour réaliser un règlement, le plus simple est de télécharger l'application Blockchain sur votre mobile. Après l'avoir installée et avoir généré un code de quatre chiffres pour la sécuriser, elle est activée.

Maintenant, sur le site Web du marchand, au moment de régler l'achat, choisissez de payer en Bitcoins plutôt qu'avec la carte bancaire. Une fenêtre comportant un code QR apparaît. Avec votre mobile, via l'application Blockchain, touchez l'icône symbolisant un code QR en haut à droite et scannez ce code affiché sur l'écran de l'ordinateur pour valider le paiement. La fenêtre se ferme, la commande est terminée.

Vous voici tombé dans l'univers des cryptomonnaies ! Pour aller plus loin, c'est ici

Sylvain Biget

Première parution dans Libre D'agir le 25 juillet 2017

Cet article Comment acheter des Bitcoins et s’en servir ? est apparu en premier sur La Quotidienne de la Croissance.

]]>
http://quotidienne-agora.fr/acheter-bitcoins/feed/ 0
Pouvez-vous vous fier au Bitcoin ? http://quotidienne-agora.fr/pouvez-fier-bitcoin/ http://quotidienne-agora.fr/pouvez-fier-bitcoin/#respond Thu, 27 Jul 2017 09:30:50 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70009 bitcoin

Le point de vue de Ronald-Peter Stöferle et Mark J. Valek (Incrementum Liechtenstein AG) à propos de l'année écoulée sur l'or est désormais célèbre. Le rapport annuel "In GOLD we TRUST" ne se limite néanmoins pas à l'or. Il est également l'occasion pour les auteurs d'aborder de nombreux sujets connexes dont cette année un qui m'intéresse particulièrement et sur lequel je souhaite revenir aujourd'hui : l'essor des cybermonnaies.

Ce sujet est particulièrement d'actualité (même s'il est vrai que le marché des cryptos n'est pas vraiment réputé pour son calme !) puisque la sévère correction qui a fait suite au plus haut atteint par le Bitcoin le 12 juillet dernier est venue rappeler aux intervenants trop hardis que dans un marché haussier, nous sommes tous des génies !

5 raisons de s'intéresser au Bitcoin

C'est la question à laquelle Stöferle et Valek ont consacré les pages 113 à 120 de leur dernier opus. Il est à noter que cela n'est pas la première fois que les deux Autrichiens s'intéressent aux cryptomonnaies puisqu'ils avaient déjà abordé le sujet sous l'angle de leur caractère "antifragile", en comparaison avec l'or.

Le 1er juin 2017, à la publication du dernier rapport, le Bitcoin cotait 2 400 €. En dépit de la forte croissance du prix, les auteurs estiment qu'"une exposition au bitcoin reste une bonne décision en 2017", et ce pour cinq raisons.

Tout d'abord, comme l'or, le Bitcoin fait l'objet de "caractéristiques fondamentales et statistiques uniques" et constitue à ce titre une "classe d'actif" en tant que telle. "La corrélation entre l'or et le bitcoin ayant été faible et légèrement négative", ces deux classes d'actifs présentent des propriétés différentes et ont chacune leur place dans une stratégie de diversification de portefeuille.

Par ailleurs, il n'est pas exclu que malgré la forte croissance du cours, le public se retreigne encore vis-à-vis de l'achat de Bitcoin. Pourquoi donc ? En vertu du paradoxe d'Ellsberg, selon lequel les investisseurs préfèrent "les rendements faisant l'objet de probabilités de distribution connues plutôt que ceux faisant l'objet d'une probabilité de distribution inconnue".

Le Bitcoin n'étant coté que depuis quelques années, "il n'y a tout simplement pas assez de données pour réaliser des analyses statistiques". On peut donc émettre l'hypothèse que les cours sont biaisés à la baisse du fait de "l'aversion à l'ambigüité" des investisseurs.

Ensuite, la popularité et l'utilisation de Bitcoin ont fortement augmenté au cours des dernières années. Les auteurs ne font pas ici référence aux 125 000 commerçants qui acceptent les règlements en bitcoins, mais aux poids lourds que sont le New York Stock Exchange, sur lequel est entrée en 2014 la plateforme d'échanges américaine Coinbase, ou encore aux cours spécialement dédiés au bitcoin dispensés à Stanford, Princeton et dans une dizaine d'autres universités américaines depuis 2016.

Les taux d'intérêt négatifs constituent une autre raison pour détenir du Bitcoin. La cyberdevise constitue "une alternative aux devises fiat inflationnistes dont la détention implique des frais". L'offre de Bitcoin est fixée à 21 millions et la cyberdevise peut-être "stockée gratuitement".

Je rejoins le constat des auteurs, à la nuance près que le stockage gratuit, en particulier sur une plateforme d'échange sujette au risque de piratage, n'est pas la meilleure solution. Un portemonnaie physique comme le Ledger Nano S coûte dans les 70 €. Si la question des solutions de sécurisation des cryptomonnaies vous intéresse, je vous recommande cette vidéo dans laquelle le Youtuber et chef d'entreprise Hasheur présente plusieurs solutions.

Bitcoin et société sans cash

Enfin, dans un contexte où la société sans cash se rapproche doucement mais sûrement, le recours à un portemonnaie offline pour cryptodevises permet notamment de pallier le problème des frais de transactions, ainsi que le risque de voir ses avoirs gelés.

Si vous pensez que vous seriez condamné d'avance à mourir de faim au bout de trois jours sans CB ni espèces, je vous recommande cette vidéo du Youtuber Autodisciple, qui a vécu 30 jours en n'utilisant que des bitcoins (d'accord, sauf à la quête de la sortie de l'église, pour être tout à fait juste !). Cette expérience valide la proposition de Bill Gates selon laquelle "c'est l'activité de banque qui est nécessaire, pas les banques elles-mêmes".

Au final, les auteurs estiment que le bitcoin et les autres cyberdevises "pourraient devenir une partie intégrante de la gestion de fortune dans la perspective de la diversification de portefeuille".

Mais le bitcoin ne présente-t-il pas trop d'inconvénients en comparaison à l'or ? Et, s'il peut être pertinent de détenir du bitcoin en portefeuille dans une optique de diversification, quel serait le pourcentage à ne pas dépasser ?

Préférer le Bitcoin à l'or ?

"L'or, c'est le bitcoin sans l'électricité."
Charlie Morris, directeur des investissements du groupe britannique Newscape Capital.

Cette formulation n'est-elle pas trop simpliste pour être juste ? Quelles caractéristiques permettent de mettre le bitcoin sur le même plan que l'or ?

Un concept cher à Ronald Stoferle est celui du ratio stock/flux, notion que je décris dans mon livre. Le ratio stock/flux élevé distingue le métal jaune de l'ensemble des autres matières premières.

En 2012, alors qu'il était d'environ 61 pour l'or (c'est-à-dire que le stock mondial d'or correspondait à environ 61 années de production), il n'était approximativement que de 0,06 pour le cuivre qui est produit et consommé à flux tendu (c'est-à-dire que le stock mondial de cuivre équivalait à environ 3,5 semaines de production). L'argent affiche quant à lui un ratio stock/flux qui avoisine les 1,7.

Compte tenu de l'importance de son stock en comparaison de ses flux, l'or est beaucoup moins sensible aux évolutions de l'offre et de la demande que ne le sont les autres matières premières.

Aujourd'hui, le ratio stock/flux de l'or est de 64 alors que celui du bitcoin est de 25. Par conséquent, "non seulement le Bitcoin est rare mais le stock existant est relativement constant dans le temps, ce qui suscite la confiance en cette monnaie", écrivent Stoferle et Valek.

Le ratio stock/flux du Bitcoin est néanmoins intrinsèquement voué à augmenter dans le temps du fait des halving. Tous les quatre ans, le nombre de bitcoins minés est divisé par deux. Ainsi, en 2020, le stock mondial de bitcoins correspondra non plus à 25 mais à 56 années de production, puis à environ 119 années de production en 2024.

L'inverse du ratio stock/flux est le taux d'inflation. Aujourd'hui, du fait du minage, l'inflation annuelle sur le bitcoin est de 1/25, soit 4%. Ce taux ne sera plus que de 0,84% en 2024. Je ne saurais dire quel sera le taux d'inflation annuelle de l'euro ou du dollar à cette date, mais je suis assez persuadé qu'il ne décidera pas derrière la virgule...

Ainsi, l'or et le Bitcoin ont pour point commun un "taux d'inflation régulier et faible". Ils doivent cette caractéristique au fait que "les décisions concernant la production et le contrôle de l'offre de monnaie ne sont pas laissées aux mains d'humains faillibles. Le Bitcoin transfère la responsabilité des humains aux ordinateurs, alors que l'or dépend de la nature." C'est ce qui fait dire à l'entrepreneur et investisseur américain Chris Dixon qu'"il y a eu trois ères monétaires : celle basée sur les matières premières, celle basée sur le politique et, aujourd'hui, celle qui repose sur les mathématiques".

Les différences entre le Bitcoin et l'or

L'or et le Bitcoin sont cependant bien différents – en termes de capitalisation boursière, tout d'abord. Même si la valeur du Bitcoin a énormément augmenté depuis sa création, sa capitalisation ne représente encore que 0,5% de la capitalisation de l'or ; la capitalisation du bitcoin représente elle-même un peu moins de 50% de celle du marché des cryptodevises.

différences

Les avantages du Bitcoin sur l'or sont assez évidents :

- Rapidité d'exécution des transactions et nombre croissant de possibilités d'utilisation (là où je doute qu'on soit près de voir un Youtuber relever un défi sur le mode "j'ai vécu 30 jours en réglant toutes mes dépenses en or") ;
- Faibles coûts de transferts (alors que transfert d'or physique engendre des coûts considérables) ;
- Faibles coûts de stockage.

J'évoquerai trois des quatre inconvénients du Bitcoin sur l'or relevés dans le rapport :

- Risque que le bitcoin se fasse dépasser en valeur par d'autres cryptodevises (on a encore très peu de recul, mais la dernière correction a été pour le bitcoin l'occasion de reprendre du terrain sur ses concurrents) ;

domnance

- Risque d'un changement de régulation étatique (même si certains Etats commencent à considérer qu'il serait préférable de réguler le bitcoin pour mieux le contrôler, plutôt que l'interdire) ;
- Dépendance à Internet, à l'électricité et au matériel informatique physique (cf. la citation de Charlie Morris).

Pour vous : 10 fois moins de bitcoin que d'or

Quel pourcentage de bitcoins est-il raisonnable d'intégrer à un portefeuille ? Voici le conseil de Stoferle et Valek : "un nombre croissant d'articles de recherche académiques indiquent qu'un portefeuille devrait être diversifié jusqu'à 2% à 4% en bitcoins, quand l'or peut faire l'objet d'une allocation se montant jusqu'à 20%".

Soit, mais comment investir sur ce secteur quand on est on est encore novice ? – vous demandez-vous peut-être. La meilleure solution pour gérer son patrimoine est toujours de se former.
[NDLR : Pourquoi et comment ces cybermonnaies pourraient-elles devenir des "valeurs refuges", en quoi peuvent-elles vous être utiles, comment les acheter et les vendre ? Toutes les réponses sont ici.]

Sachez aussi que Stoferle et Valek annoncent que leur fonds Incrementum va lui-même investir dans les cryptomonnaies.

Nicolas Perrin

Première parution dans La Chronique Agora les 24 juillet 2017 et 25 juillet 2017

Cet article Pouvez-vous vous fier au Bitcoin ? est apparu en premier sur La Quotidienne de la Croissance.

]]>
http://quotidienne-agora.fr/pouvez-fier-bitcoin/feed/ 0
Alimentez votre batterie de gains grâce au lithium http://quotidienne-agora.fr/batterie-lithium/ http://quotidienne-agora.fr/batterie-lithium/#respond Wed, 26 Jul 2017 09:30:16 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70005 lithium

Le cours de Tesla a plongé, début juillet. Tesla (NASDAQ-TSLA), dirigée par son charismatique PDG, Elon Musk, est le principal concepteur et constructeur de véhicules électriques.

L'action TSLA a chuté de 369 $ le 3 juillet, à 307 $ le 6 juillet, soit un plongeon de 17% en trois jours. Cela s'est produit dans le sillage d'une hausse spectaculaire de l'action, qui était passée de 291 $ le 4 mai à 386 $ le 23 juin, soit un rally de 25% en moins de deux mois.

Alors pourquoi ce flash-krach, après une hausse aussi forte ?

On l'attribue en partie à une rotation sectorielle et, généralement, à un retournement du cours des valeurs technologiques. Pourtant, l'essentiel de ce mouvement est propre à Tesla.

Ce krach signale-t-il la fin du rêve d'Elon Musk, en matière de véhicules électriques ? Serait-ce la profusion de pétrole et d'essence bon marché, qui marquerait la fin de la vision de Musk, selon laquelle un véhicule électrique abordable a sa place dans tous les garages ?

Loin de là. En fait, c'est tout le contraire.

Les constructeurs automobiles se convertissent enfin à l'électrique

Ce qui a fait chuter l'action Tesla, ce n'est pas la fin du véhicule électrique, mais la montée de la concurrence. Le 5 juillet, le constructeur suédois, Volvo, a annoncé que 100% de ses véhicules seraient électriques ou hybrides d'ici 2019.

Le jour suivant, le gouvernement français a annoncé qu'il interdirait la vente de voitures au diesel et à l'essence d'ici 2040. Comme la France est un constructeur automobile majeur, la conséquence logique, c'est que toute la production automobile française génère des véhicules électriques d'ici 2040, au maximum.

Tesla

Bref, Musk n'est plus seul maître à bord. En prouvant la faisabilité de la production de véhicules électriques et le fait qu'ils pouvaient attirer les consommateurs, Musk a ouvert la voie aux géants de l'automobile, tels que GM, Ford, Fiat Chrysler, Volvo et les autres, qui viennent désormais empiéter sur ses platebandes.

Musk a souvent été comparé à Henry Ford, Thomas Edison, John D. Rockefeller et autres pionniers, inventeurs et entrepreneurs qui, dans leur domaine, ont bouleversé le monde et, au passage, bâti des fortunes.

Mais pour toute réussite, il se produit de multiples échecs. En 1889, les Etats-Unis produisaient 3 200 automobiles et la production se classait au 150ème rang des industries américaines. Dès 1919, les Etats-Unis produisaient 1 600 000 automobiles et la production se classait au 2ème rang des industries américaines.

En surface, c'est une "success story" spectaculaire. Mais la réalité est plus sombre. Entre 1899 et 1919, 775 sociétés ont intégré le marché automobile et le taux de faillite s'est élevé à 77%. Au début du XXe siècle, la durée de vie moyenne d'une nouvelle société du secteur automobile était de trois ans.

En résumé, pour un Henry Ford, cinq autres entrepreneurs du secteur automobile ont fait faillite et ont disparu à jamais.

Curieusement, bon nombre des premières tentatives de la construction automobile portaient sur des véhicules électriques. Il n'y a rien de nouveau sous le soleil. Voici l'extrait d'une étude portant sur cette période:

La société Pope Manufacturing Co., le plus grand producteur de bicyclettes d'Amérique, a intégré le secteur [automobile] avec Columbia Electric, le jeudi 13 mai 1897. Columbia avait été vendue pour la somme de 3 000 $. Morris and Salom, une entreprise de Philadelphie, a commencé à construire des véhicules électriques au cours des mêmes années, après avoir construit un prototype pour le Concours du Times Herald de 1895. La société Riker Electric Motor Co. a été constituée en 1898, à Brooklyn, son prototype ayant remporté la course automobile de la Rhode Island State Fair. Les premiers producteurs commerciaux de véhicules à moteur semblent avoir opté, en général, pour une source d'énergie électrique.

Le fait que, dans le futur, Elon Musk et Tesla soient classés ou non au même rang qu'Henry Ford et Ford Motor Co. (ou que Tesla ne soit pas plus connu dans 100 ans que Riker Electric Motor Co. aujourd'hui) a peut-être de l'importance pour M. Musk, mais pour nous, cela n'en a aucune.

Ce qui nous importe, en tant qu'investisseurs, c'est la possibilité d'identifier les gagnants et les perdants du secteur des véhicules électriques automobiles, à conduite autonome, et des révolutions qui s'annoncent en matière d'intelligence artificielle.

Notre rôle est de faire fi de la publicité et des modes, et de nous focaliser sur les tendances durables, susceptibles de rapporter d'énormes gains aux investisseurs.

Une révolution électrique, solaire et autonome

Tesla et les véhicules électriques s'inscrivent dans une histoire beaucoup plus vaste. La croissance exponentielle, ou ce que la Silicon Valley qualifie de technologie "révolutionnaire" (disruptive technology), ne provient pas d'une seule spécialité ou d'un seul secteur de la science, mais de la convergence de multiples domaines qui, en apparence, n'ont aucun lien.

Les véhicules électriques sont révolutionnaires, notamment parce qu'ils contiennent une infime quantité des pièces mobiles et composants que l'on trouve dans un véhicule équipé d'un moteur à combustion interne. Cela signifie qu'ils coûtent moins cher à produire et à entretenir.

Les véhicules à conduite autonome sont révolutionnaires, non seulement parce qu'ils remplacent les conducteurs, mais parce qu'ils remplacent les parkings et annulent les frais incombant aux propriétaires. A l'avenir, les véhicules à conduite autonome, ou sans conducteur, sillonneront les villes, proposant des services de transport sans qu'il soit nécessaire d'être propriétaire d'un véhicule.

L'énergie solaire est révolutionnaire car elle remplace les services aux collectivités. A l'avenir, les maisons et les bureaux seront construits selon une conception intégrant des cellules photovoltaïques, contrairement aux panneaux indépendants installés actuellement.

Les propriétaires de maison n'achèteront pas l'énergie proposée par le réseau mais alimenteront celui-ci, en faisant partie d'un réseau décentralisé de petits producteurs d'énergie. Ils remplaceront totalement le modèle de services aux collectivités actuel.

A présent, imaginez la convergence de ces technologies. Les véhicules électriques peuvent être construits avec des panneaux solaires intégrés, au lieu de chargeurs externes. L'adoption généralisée de l'énergie solaire abaissera le coût de l'énergie et, par conséquent, le coût de fonctionnement des véhicules électriques. Les véhicules autonomes utilisés pour offrir des services de transports réduiront encore plus les coûts en éliminant les frais de capacité excédentaire et de parking.

La convergence de ces trois technologies (entre autres) crée une boucle de rétroaction positive. L'efficacité, ou l'économie d'échelle, présente dans un secteur, fait baisser le prix des autres secteurs, tout en augmentant leur faisabilité.

Rien de tout cela ne dépend de subventions de l'Etat (bien qu'elles existent actuellement), ou de l'adhésion à l'Accord de Paris sur le changement climatique, ou de toutes considérations concernant les énergies vertes. L'adoption des véhicules électriques et des cellules photovoltaïques se propulsera d'elle-même, par une simple économie de marché et des prix moins chers. Ni les subventions, ni l'idéologie écologique n'entrent en ligne de compte.

Les sceptiques et les détracteurs souligneront avec dédain le fait que l'énergie solaire représente environ 1,5% de la production énergétique américaine, à l'heure actuelle. Cela revient à ignorer la force de la croissance exponentielle.

L'utilisation de l'énergie solaire double tous les deux ans. En partant de 1,5%, voici ce que représente l'énergie solaire, en pourcentage de la totalité des besoins en électricité, aux Etats-Unis : 3% en 2019, 6% en 2021, 12% en 2023, 24% en 2025, 48% en 2027 et 96% en 2029.

Autrement dit, 100% de la production d'électricité pourrait provenir de l'énergie solaire en à peine plus de 10 ans. Les puits de pétrole et de gaz, les mines de charbon, les stations-services, les pipelines, les lieux de stockages, les raffineries, les services de livraison de propane et aux collectivités deviendront tous obsolètes et dénués de valeur avant même que les nouveau-nés actuels n'entrent en sixième. Ce n'est pas révolutionnaire, ça ?

Est-ce qu'il existe des obstacles à cette révolution techno-énergétique ? Oui. La contrainte, c'est l'autonomie et la capacité de stockage des batteries.

Le lithium, le "carburant" de cette révolution

L'énergie solaire est une source du type "on s'en sert ou on la perd". L'énergie solaire qui ne peut être stockée est perdue. Lorsque le temps est nuageux, aucune énergie solaire n'est générée.

La solution, c'est de stoker l'énergie générée lorsqu'il fait soleil et de la fournir lorsque le temps est nuageux. Pour y parvenir, il faut des batteries. Et les plus efficaces, à cet effet, sont les batteries lithium-ion.

Une seule clé peut débloquer tout ce nexus révolutionnaire. Et cette clé, c'est le lithium.

Sans lithium, il n'y a pas de batteries lithium-ion, pas de possibilité de stockage réaliste pour l'énergie solaire, et pas de cycle d'adoption de cette énergie solaire révolutionnaire.

Le lithium est l'une des ressources naturelles les plus importantes dans le monde, actuellement. Il se situe sur le même plan que l'or, l'argent, le pétrole et l'eau.

Le contrôle des sources de lithium équivaut de manière effective à contrôler l'avenir de la croissance économique et technologique de la planète.

Comment les investisseurs peuvent-ils profiter aujourd'hui de la croissance exponentielle de l'énergie solaire basée sur le lithium, au cours de ces 10 prochaines années et au-delà ?

L'évènement le plus important de tous a déjà été indiqué plus haut : l'engagement des principaux constructeurs, tels que Volvo, et de pays majeurs, tels que la France, d'adopter à l'avenir des moteurs dépourvus de systèmes à combustion interne.

Politiquement, c'est discutable, mais pas du point de vue des conséquences économiques. Une fois que l'un des principaux acteurs passe dans le camp de l'électricité, chez les constructeurs, l'équilibre penche résolument en faveur des véhicules électriques et des technologies associées, y compris des batteries lithium-ion.

La Chine a également franchi le pas. Elle développe des projets majeurs en matière de véhicules électriques, d'intelligence artificielle et de technologies liées aux batteries. La Chine est la deuxième économie mondiale mais l'une des plus faibles en ce qui concerne ses ressources de pétrole et de gaz naturel. Aucun pays ne gagnera autant que la Chine à adopter l'énergie solaire et les capacités de stockage offertes par les batteries lithium-ion.

Cette révolution de l'énergie solaire-lithium est imminente, mais peu d'investisseurs la prenne au sérieux. Les investisseurs qui se positionnent dès maintenant dans le domaine du lithium pourront réaliser d'énormes gains grâce à la révolution technologique la plus bouleversante depuis l'invention de l'automobile.

Cet article Alimentez votre batterie de gains grâce au lithium est apparu en premier sur La Quotidienne de la Croissance.

]]>
http://quotidienne-agora.fr/batterie-lithium/feed/ 0
Investissement par la valeur : sachez liquider vos positions http://quotidienne-agora.fr/investissement-valeur-liquider-positions/ http://quotidienne-agora.fr/investissement-valeur-liquider-positions/#respond Tue, 25 Jul 2017 09:46:30 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70000 investissement

En cette période estivale où quelques craquements commencent à se faire sentir sur les marchés surchauffés, prenons un peu de distance avec l'actualité boursière pour faire le point sur une facette vitale de l'investissement par la valeur : la sortie.

Alors que les actions des GAFA ont bien rebondi depuis le sell-off du 9 juin, leurs fondamentaux restent très fragiles. Pour être précis, toutes les valeurs technologiques américaines ne sont pas à la fête : si Amazon et Facebook continuent à voler de record en record, le rebond d'Apple est poussif et la firme est encore à 5% de ses plus hauts du mois dernier.

La hausse permanente des Techs US nous ferait oublier que ces petits 5% ne sont pas anecdotiques. Ils représentent trois ans de dividende de la société. Cette faiblesse du titre le plus sage des GAFA (en terme de valorisation rapportée aux bénéfices) ne doit pas être prise à la légère – n'hésitez pas à lire ou relire La Quotidienne dédiée au flash-krach du mois dernier, elle est toujours d'actualité.

En février, nous avons vu les différentes manières d'investir dans des entreprises en tenant compte de leur valeur. Qu'il s'agisse de sociétés matures ou en croissance, l'idée est simple : acheter leurs actions lorsqu'elles ont toutes les chances de vous rapporter plus que ce qu'elles ne vous coûtent.

Ce type d'investissement, aux antipodes du trading, vous permet de savoir que vous en avez toujours pour votre argent lorsque vous passez à l'achat. En contrepartie, il peut sembler ennuyeux : les prises de position se font généralement pour du moyen/long terme.

L'investissement par la valeur a pour objectif de faire gagner de l'argent avec un risque maîtrisé, pas de divertir par des aller-retours incessants.

Nous avons précédemment couvert les principaux critères à vérifier avant de faire entrer un titre en portefeuille.

Il ne nous reste plus qu'un point à aborder pour vous permettre d'engranger vos bénéfices : quand faut-il céder ces titres acquis à bon compte ?

Eloge de la simplicité : une vente est l'inverse d'un achat

L'élégance de l'investissement par la valeur réside dans sa simplicité. Ici, pas d'indicateurs sophistiqués, de droites et d'obliques à tracer sur un graphique, de lecture dans les entrailles de poulet et de décorticage sans fin des communiqués de la BCE.

Une seule condition doit être validée pour qu'une action mérite d'être achetée : elle doit être peu chère par rapport à sa valeur intrinsèque.

Décider de la vente d'une action est tout aussi trivial : les titres doivent être cédés si et seulement s'ils sont plus chers que leur valeur intrinsèque.

Confondant de simplicité, non ?

Si vous avez suivi nos conseils, vous avez déjà fait le travail d'analyse de la valeur pour chacun des titres qui composent votre portefeuille.

Vous avez donc déterminé une zone de prix dans laquelle le titre est peu cher (valeur à laquelle vous l'avez normalement acquis), une zone de neutralité, et une zone de cherté.

La seule chose qu'il vous reste à faire pour clore vos positions sur des gains confortables est de vous astreindre à vendre les titres dès qu'ils passent la zone de valorisation excessive que vous avez préalablement déterminée.

Sachez prendre en compte l'immuable et l'éphémère

La détermination du "bon prix" d'une action dépend de critères personnels. Vous pouvez vous baser sur le très classique ratio prix/bénéfices, la valeur des actifs, le chiffre d'affaires, le rendement... Quelle que soit votre indicateur, le plus important est de ne pas en changer en cours de route.

Vos critères de décisions doivent être immuables. S'ils ont conduit à l'achat d'un titre, ils doivent impérativement conduire à sa revente.

L'investisseur qui s'attache à la valeur de ses actions doit simplement évaluer régulièrement la valeur intrinsèque de l'action au regard des dernières informations dont il dispose.

Les publications trimestrielles sont une bonne occasion de faire le point sur les actions tout en gardant à l'esprit que les variations à ces échelles de temps ne sont pas nécessairement significatives sur le long terme.

Une société peut réaliser un excellent chiffre d'affaires sur un trimestre grâce à la signature d'un gros contrat prévu de longue date, cela ne signifie pas pour autant que sa valeur intrinsèque a doublé du jour au lendemain. A l'inverse, un trimestre un peu décevant ne signifie pas que l'entreprise ne sera plus jamais rentable.

C'est votre horizon d'investissement qui guidera votre sensibilité face à ces petites variations.

Si vous prévoyez de garder vos titres entre un et trois ans, les résultats trimestriels sont importants : une forte variation (dans un sens comme dans l'autre) de l'activité sur deux trimestres consécutifs doit être prise en compte. A l'inverse, si vous investissez dans une optique patrimoniale à horizon 10/20 ans, seuls les résultats annuels ont un intérêt pour vous. Les publications trimestrielles sont bien trop chaotiques pour vous apporter une quelconque information.

Application pratique à nos recommandations

Revenons rapidement sur le cas de Peugeot (FR0000121501), recommandé à l'achat dans La Quotidienne l'année dernière, et à la vente il y a quelques jours.

Considérons tout d'abord ce qui n'a pas bougé depuis 12 mois. Le marché n'a pas été fondamentalement bouleversé : il existe à peu de choses près autant de véhicules en circulation sur la planète aujourd'hui qu'il y a un an. Les parts de marché des constructeurs en ce qui concerne les véhicules en circulation n'évoluent que lentement, leurs variations sont négligeables sur la période qui nous intéresse.

La part de marché de Peugeot sur les véhicules vendus sur la période est, elle, un exemple parfait de phénomène trop variable pour être pertinent. La popularité d'un constructeur se mesure sur plusieurs années.

A l'inverse, deux choses ont changé. La première est l'accélération de la transition vers les véhicules électriques suite aux annonces des concurrents et à l'actualité politique. Peugeot est, pour l'instant, un acteur négligeable du secteur.

Anticipant une migration du marché vers les véhicules électriques et un durcissement de la législation sur le diesel, nous étions donc en début de mois dans une situation de valeur intrinsèque stable (ventes qui se portent bien) avec perspective d'évolution négative (faiblesse face aux évolutions prévues du marché).

En parallèle, le prix de l'action avait pris plus de 65% depuis la mise en portefeuille.

Le titre offrait par conséquent un potentiel de gain moindre qu'un an auparavant tout en étant sensiblement plus cher.

La conclusion était sans appel : il était temps de s'en séparer.

Investir n'est pas une obligation

Le plus difficile, lorsqu'un titre semble trop cher par rapport à sa valeur intrinsèque, est d'accepter de s'en séparer sans autre motif que sa cherté.

L'être humain est ainsi fait : les rotations (vendre des actions pour en acquérir d'autres ou utiliser l'argent à d'autres fins) sont faciles à faire car nous avons l'impression de faire progresser nos investissements.

Sortir d'un dossier sans autre but que de céder ses titres est contre-nature, et représente la difficulté majeure de l'investissement par la valeur. S'y résoudre est particulièrement difficile en cette période de valorisations excessives de la quasi-totalité des actions. Rester sur le banc de touche n'est jamais agréable.

Il faut pourtant s'y astreindre sous peine de voir ses gains effacés par des retournements de marché. Aujourd'hui, liquider progressivement ses lignes survalorisées est une bonne idée pour faire le plein de liquidités.

Elles seront bienvenues – et nécessaires – en cas de correction généralisée pour repasser, à nouveau, à l'achat sur des valeurs injustement délaissées.

Cet article Investissement par la valeur : sachez liquider vos positions est apparu en premier sur La Quotidienne de la Croissance.

]]>
http://quotidienne-agora.fr/investissement-valeur-liquider-positions/feed/ 0
Profitez du retour électrifiant des big data http://quotidienne-agora.fr/retour-electrifiant-big-data/ http://quotidienne-agora.fr/retour-electrifiant-big-data/#respond Mon, 24 Jul 2017 09:57:26 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=69993 big data

Qui pense encore aux big data ?

Lorsque l'expression était sur toutes les lèvres, les big data étaient l'Eldorado de l'innovation, faiseurs de start-ups et relais de croissance des conglomérats. Entre 2011 et 2012, en plein marasme des marchés boursiers, les entreprises ont vu dans l'accumulation de données une manière de mettre un pied dans l'économie de l'information en parallèle de leurs activités historiques.

Souvenez-vous : après trois années de crise, l'industrie manufacturière peinait à renouer avec les bénéfices. Bâtiment, automobile, énergie... aucun secteur n'arrivait à sortir la tête de l'eau et à attirer à nouveau les investisseurs.

Les big data sont devenues une mention incontournable des communiqués de presse. C'était une certitude : les entreprises allaient mettre à profit les données d'usage de leurs produits. Pour tous les groupes cumulant des dizaines d'années d'activité et des millions de clients, il s'y trouverait nécessairement de la valeur...

De leur côté, les start-ups poussaient comme des champignons. Recrutant à tour de bras ingénieurs, informaticiens et chercheurs, ces structures légères accompagnaient telles des poissons pilotes les grands groupes pour leur apprendre comment gérer les montagnes de données récupérées de leur clientèle.

Ce bel écosystème a continué à faire parler de lui pendant plusieurs années. D'un côté, les industriels ont pu communiquer sur ce relai de croissance exercice après exercice. De l'autre, les petites entreprises agiles ont vendu, souvent à prix d'or, leur expertise.

C'était il y a six ans, autant dire une éternité à l'échelle de l'économie de l'information. Les big data ont-elles tenu leurs promesses de rentabilité ? Non, bien sûr. Il lui manquait, simplement, un élément important : un problème à résoudre.

Qui a gagné de l'argent avec les big data ?

A force de répétition, l'industrie a fini par s'autopersuader que toutes les bases de données issues de la clientèle pourraient être valorisées. Ces cinq dernières années, nombre de sociétés ont été créées avec, comme seul modèle d'affaire, la revente de leurs données.

Les entreprises manufacturières n'ont finalement pas trouvé de clients disposés à acheter leurs données. Les statistiques sur la vitesse des véhicules circulant sur une portion de Route Nationale peuvent intéresser la Sécurité Routière... mais personne n'irait payer une fortune pour y avoir accès.

Le même problème s'est posé pour les myriades d'applications smartphones qui espéraient vendre les informations recueillies sur leurs utilisateurs. Le marché des listes d'informations personnelles (nom, prénom, adresse mail) s'est rapidement retrouvé saturé.

Le constat a fini par tomber : à part les moteurs de recherche et les réseaux sociaux, peu d'entreprises peuvent trouver un usage marchand à leurs bases de données. Ces deux secteurs, vivant exclusivement de la publicité, sont des cas très particuliers.

Sous couvert de service gratuit (l'accès à l'information pour Google, le divertissement pour Facebook), ces sites vendent en fait la même chose : des publicités à des annonceurs. Or une publicité mieux ciblée est plus efficace. Récolter le plus de données possible améliore donc la qualité du service vendu.

Les tentatives de valorisation des données échouant les unes après les autres, les big data sont lentement passées de mode. Alors qu'il ne fait plus vendre de papier et que nombre d'investisseurs ont été échaudés par leurs paris infructueux, il pourrait pourtant renaître de ses cendres.

Les éoliennes ont besoin de données

La production électrique issue d'énergies renouvelables, bien que marginale dans le mix énergétique français, est en constante augmentation. Les contraintes réglementaires vont encore favoriser cette tendance dans les prochaines années. Seul problème : les énergies renouvelables sont intermittentes et difficilement prévisibles. Les réseaux se retrouvent donc parfois en surproduction électrique.

A contrario, la démocratisation de la voiture électrique risque de causer des black-out si tous les Français branchent simultanément leurs véhicules en rentrant du travail.

Les réseaux vont devoir gérer des phases de surproduction et de sous-production peu prévisibles et potentiellement désastreuses pour l'équilibre de la fourniture d'électricité.

Seule solution : surveiller en permanence le comportement des acteurs, qu'ils soient producteurs ou consommateurs. Les électriciens s'attèlent actuellement à l'élaboration de modèles prédictifs pour anticiper les pics de production des EnR et les pics de consommation.

En plus de la surveillance en temps réel de notre consommation, ils travaillent à sa gestion active.

L'objectif est, si besoin, de pouvoir déconnecter les appareils non-prioritaires en cas de faiblesse dans l'approvisionnement.

Pour ce faire, il faudra que les sources de production locales (panneaux solaires, micro-centrales hydroélectriques, mini-éoliennes) et nos appareils les plus énergivores deviennent des objets connectés. Les électriciens pourront ainsi les surveiller et les déconnecter du réseau à l'envi.

Cette fois-ci, les enjeux sont bien réels : objets connectés et big data pourraient bien faire leur grand retour dans la R&D.

Seule différence avec la folle exubérance des années passées, les fournisseurs d'énergie en feront usage en toute discrétion. Le tollé suscité par le déploiement du compteur intelligent Linky est encore dans toutes les mémoires.

Vous ne verrez probablement pas fleurir les communiqués de presse vantant les mérites d'une surveillance constante et généralisée des foyers français. Les électriciens n'ont en effet aucun intérêt à rappeler publiquement que, lorsque notre consommation pourra être suivie en temps réel, notre mode de vie n'aura plus aucun secret pour eux.

Si cette perspective vous effraie, rassurez-vous en pensant que leur objectif n'est pas la commercialisation des données. Cette débauche de moyens techniques a pour seul but de nous vendre de l'électricité. Sauf intrusion informatique, il y a peu de chances que ces données se retrouvent sur le marché — d'autant que la CNIL ne manquera pas de surveiller avec attention l'usage qui en est fait.

Qui traitera toutes ces données ?

L'acquisition des données est une chose, leur traitement en est une autre.

Pour prévoir au mieux la charge du réseau, les électriciens devront prendre en compte la population, les appareils électriques branchés, la météo, l'actualité, et tous les autres événements susceptibles de changer la production et la consommation électrique.

Aujourd'hui, les modèles multi-dimensionnels intégrant autant de variables ne sont pas prêts — pour la simple et bonne raison que les données étaient inexistantes. Les opérateurs n'auront en fait pas besoin de les développer manuellement : les progrès de l'intelligence artificielle font que ce type de problème est facilement réglé par les systèmes à apprentissage automatique dont nous vous parlons régulièrement dans La Quotidienne.

L'intelligence artificielle est particulièrement adaptée lorsque la réponse recherchée dépend d'une multitude de paramètres dont la contribution unitaire et les interactions ne sont pas bien connues.

Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si certains énergéticiens cherchent aujourd'hui ouvertement à recruter des spécialistes de l'intelligence artificielle et du Machine Learning. Il est grand temps de préparer les réseaux électriques intelligents pour répondre au défi de l'intermittence électrique.

Pour les investisseurs, le moment est venu de se positionner sur les entreprises qui seront à la tête de cette transition.
[NDLR : C'est une de ces entreprises – un spécialiste de la production intelligente d'électricité – sur laquelle vous propose d'investir Etienne dans la prochaine recommandation française de NewTech Insider. Si vous ne suivez pas encore les conseils d'Etienne et de Ray Blanco... il est encore temps de vous abonner pour recevoir cette nouvelle recommandation.]

Cet article Profitez du retour électrifiant des big data est apparu en premier sur La Quotidienne de la Croissance.

]]>
http://quotidienne-agora.fr/retour-electrifiant-big-data/feed/ 0
De grands profits grâce aux petits éléments de votre iPhone http://quotidienne-agora.fr/grands-profits-iphone/ http://quotidienne-agora.fr/grands-profits-iphone/#respond Fri, 21 Jul 2017 09:30:39 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=69989 Iphone

Vous le considérez comme banal, mais c'est un petit miracle. Il en existe des centaines de millions, mais celui que vous tenez entre vos mains n'est que le vôtre. Il s'agit bien sûr du smartphone, dont vous vous servez peut-être en ce moment même pour lire ces lignes...

Dictionnaires, encyclopédies, journaux, cartes routières, carnets de notes, dictaphones, appareils photos, caméras, argent papier et cartes de crédit, radios, talkie-walkie et téléphones filaires, horloges et montres... on ne compte plus les objets qui ont été remplacés et le seront encore par votre téléphone. Une sorte de couteau suisse électronique.

Une personne seule ne peut pas fabriquer un smartphone de A à Z. Des bureaux des concepteurs aux ateliers des usines, il faut que des milliers – des millions –de personnes mettent la main à la pâte pour fabriquer ces miracles qui tiennent dans la poche. C'est assez incroyable.

Prenez par exemple l'iPhone, un grand succès. Son histoire a commencé grâce à une équipe de concepteurs dans la région de la baie de San Francisco en Californie. Des années de recherche et de développement (R&D) ont abouti au concept final : votre téléphone. Et ce sont les décennies de travail d'ingénieurs et de scientifiques du Massachusetts, du Royaume-Uni et d'ailleurs qui ont jeté les bases du téléphone que vous utilisez aujourd'hui. Tous ont utilisé la ressource ultime : l'imagination et le pouvoir de l'esprit humain.

Mais la croissance des smartphones ralentit. L'innovation s'essouffle. Je cherche des entreprises capables de bénéficier de nouvelles technologies en pleine croissance : la réalité augmentée ou virtuelle, ou les voitures intelligentes et autonomes. La croissance de ses secteurs est plus rapide que celle des smartphones.

Aujourd'hui, je vais vous montrer deux manières de profiter des nouvelles innovations sur ce marché – sans acheter d'actions Apple. Au lieu de cela, nous allons disséquer le smartphone pour déterminer où se trouvent les vraies opportunités de profit.

Tout commence dans le sol. La poussière, la terre, les minéraux et les métaux. Et c'est là que les vrais profits peuvent être réalisés...

De grandes opportunités tirées de petits cailloux

Votre téléphone est composé de différents éléments naturels venus du monde entier. L'un des matériaux les plus importants, la silice, vient d'une carrière – peut-être dans les montagnes Bleues de Caroline du Nord.

Même si la silice est le deuxième élément le plus commun dans la croûte terrestre, sa qualité n'est suffisamment bonne pour permettre la fabrication de silicium pour puces électroniques que dans certaines régions.

Même alors, il faut des centaines d'étapes pour transformer un vulgaire tas de sable en une tranche de silice capable d'être utilisée pour fabriquer des puces informatiques complexes comme celles du processeur de votre téléphone. Une fois que le matériau est transformé et prêt à l'emploi, il peut coûter plus de 50 000 $ la tonne.

Le processeur, lui, peut contenir des milliards de transistors, organisés en un labyrinthe de cheminements microscopiques pour correspondre au cahier des charges de la puce –l'équipement de production utilisé est capable d'une précision d'un milliardième de mètre. Les matériaux commandés contiennent des éléments comme l'arsenic, l'antimoine, le bore, le gallium et le phosphore.

Ce processeur ne vient pas de Californie ou de Caroline du Nord : il est sans doute fabriqué à Taïwan, dans une usine géante dont la construction a coûté des milliards – ou peut-être dans une autre usine toute aussi coûteuse à Singapour, au Texas, en Oregon ou en Corée du Sud.

La batterie de votre téléphone, sans laquelle il ne peut pas fonctionner, utilise du lithium pour stocker l'énergie. Celui-ci vient peut-être d'une mine de Bolivie ou du Nevada. Comme la silice, cet élément doit traverser un long processus qui transforme une poussière en équipement high-tech. Le lithium doit être combiné avec du cobalt, extrait au Congo.

Plus d'une douzaine de terres rares, généralement en provenance de l'est de la Chine, sont aussi nécessaires dans votre téléphone. Leurs propriétés électriques sont cruciales pour son fonctionnement.

Il y a l'indium pour l'écran tactile, ou encore l'yttrium et le scandium, entre autres. Les propriétés magnétiques du néodymium le rendent idéal pour les enceintes, les microphones et les minuscules moteurs vibrants. Les dépôts de terres rares ne sont pas difficiles d'accès, mais le processus permettant de les transformer en un produit pur et utile, lui, est très complexe.

Au final, la facture de matières premières comporte plus de 50 lignes. Pour remettre les choses dans leur contexte, la table périodique des éléments compte environ 80 éléments stables. Votre téléphone en utilise plus des trois quarts.

composants du smartphone

Il y a le boîtier protecteur, parfois en aluminium venu d'un dépôt de bauxite australien. S'il est en plastique à base de carbone, il est fabriqué avec du pétrole peut-être extrait du sol dans le Dakota du Nord.

La lentille extérieure de la caméra, elle, a potentiellement été faite à partir d'une couche de saphir haute résistance –synthétique, mais presque aussi dur que du diamant.

Il y a l'écran LCD, dont la couche tactile est en verre – toujours à base de silice. Mais pas n'importe quel verre : il s'agit d'une sorte particulièrement dure et résistante aux rayures, peut-être fabriquée au Japon, mais inventée au départ dans l'Etat de New York.

L'or, le tungstène, l'argent et le cuivre sont nécessaires pour connecter les différents composants, modems, capteurs, cartes mémoires, circuits informatiques, interrupteurs, circuits radiofréquences, antennes, micros, enceintes et bien d'autres choses encore à la carte-mère.

Le tout étant finalement assemblé dans une immense usine –généralement en Chine.

L'équipe qui a conçu le premier smartphone n'a pas forcément participé à la mise au point de tous les éléments qui le composent, mais chacune des pièces devait respecter un cahier des charges, dont la mise en oeuvre a été effectuée par des dizaines, voire même des centaines d'autres entreprises innovantes.

L'iPhone, par exemple, ne peut pas être produit sans le savoir-faire de plus de 200 fournisseurs. Des millions de personnes du monde entier ont dû coopérer pacifiquement et commercialement pour fabriquer votre téléphone. Une petite minorité de ces personnes a peut-être pensé à autre chose que son avantage personnel... Mais tous ont ajouté un petit peu de valeur au produit final que vous tenez entre vos mains, et tous en ont reçu un petit peu aussi.
[NDLR : Dans le nouveau numéro de NewTech Insider, Ray Blanco passe de la théorie à la pratique et vous recommande deux sous-traitants d'Apple dont les produits devraient faire l'innovation et l'originalité du prochain iPhone. Et pas n'importe quel iPhone : celui qui fêtera les 10 ans du lancement du premier modèle. La commercialisation est prévue pour cet automne. Il est donc temps de mettre ces 2 valeurs en portefeuille pour profiter de l'énorme succès annoncé de l'iPhone 8.]

Cet article De grands profits grâce aux petits éléments de votre iPhone est apparu en premier sur La Quotidienne de la Croissance.

]]>
http://quotidienne-agora.fr/grands-profits-iphone/feed/ 0
Hydrates de méthane : investissez sur l’énergie qui va marquer le XXIe s. http://quotidienne-agora.fr/hydrates-de-methane-investissez/ http://quotidienne-agora.fr/hydrates-de-methane-investissez/#respond Thu, 20 Jul 2017 09:30:16 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=69983 Hydrates de méthane

Cette Quotidienne marque le terme de notre série dédiée aux hydrates de méthane. Après avoir vu leur importance potentielle, étudié leurs propriétés et les possibilités d'exploitation à l'échelle industrielle, nous terminons ce tour d'horizon par les opportunités d'investissement qui s'offrent à nous.

L'arrivée d'une nouvelle source d'énergie significative fait partie de ces événements qui n'ont eu lieu que quelques fois dans l'histoire de l'humanité. Se positionner dès aujourd'hui sur les hydrates de méthane pourrait être le pari de ce début de siècle.

Vous savez que je suis (très) prudent lorsqu'il s'agit d'investir sur des secteurs peu ou pas encore rentables. La situation particulière de ces nouveaux hydrocarbures justifie une exception à la règle.

L'utilisation industrielle des hydrates mettant en jeu de nombreuses composantes technologiques, les pionniers auront les coudées franches pour établir des barrières à l'entrée et verrouiller le marché. Savoir-faire et brevets ne manqueront pas d'être mis à profit par les acteurs des premiers jours.

A moins d'une volonté farouche et mondialement partagée de ne plus utiliser les hydrocarbures, l'humanité se tournera tôt ou tard vers les hydrates de méthane. Dans un horizon d'investissement à long terme, parier sur l'utilisation de ces composés semble aussi sûr que de parier sur le vieillissement de la population !

Le ratio récompense/risque est donc à notre avantage malgré les quelques inconnues qui subsistent.

Que ferons-nous des hydrates de méthane ?

Nous avons vu avant-hier que les hydrates possèdent la capacité de stocker l'énergie (utilisation comme vecteur) tout en étant également une ressource fossile (utilisation comme source).

Il est donc possible d'investir de deux manières totalement différentes sur l'usage de ces molécules.

La première manière est de parier sur l'utilisation des hydrates comme super-réservoirs pour servir au transport, au stockage, ou à l'utilisation du gaz naturel dans les véhicules.

Si la recherche est active dans ce domaine, rien ne prouve qu'elle aboutira ni que ce mode de stockage s'avèrera le plus efficace.

L'exemple du pétrole, dont l'usage industriel ne représente que 25% des quantités extraites, nous invite au pragmatisme. Inutile de chercher à investir sur la start-up qui aura un usage exotique des hydrates de méthane. Autant investir dans leur extraction et leur utilisation comme source d'énergie.

Il se trouve justement que ce début d'année a été marqué par de grandes avancées sur ce sujet.

Des progrès à marche forcée

Avec l'inéluctable raréfaction des hydrocarbures, ce sont bien sûr les pays en forte précarité énergétique qui se penchent le plus activement sur la question.

Parmi eux, le Japon. L'archipel est très dépendant des marchés pour satisfaire ses besoins énergétiques (95% de l'énergie consommée est importée) et bénéficie d'un haut niveau technologique.

C'est dans ce contexte qu'un programme de test a été lancé au début des années 2000. Objectif : valider les différentes techniques d'exploitation des hydrates de méthane.

Après une première phase d'études techniques entre 2000 et 2008, la Japan Oil, Gaz and Metals National Corporation a lancé l'exploitation en conditions réelles de gisements côtiers dans la péninsule de Shima.

En mars 2013, la JOGMEC a confirmé l'extraction de méthane par dépressurisation durant près de six jours.

En 2017, le Japon a pour ambition de forer deux nouveaux puits et de les maintenir actifs sur trois à quatre semaines. Ces tests seront l'occasion de valider la stabilité des forages et la mise en place de mesures de protection autour des puits – une précaution bienvenue vus les risques évoqués hier.

L'Agency for Natural Resources and Energya annoncé il y a quelques jours que le premier de ces forages est désormais opérationnel.

Les leaders sont à l'Est

De l'autre côté de la Mer Jaune, la Chine semble bien faire de l'exploitation des hydrates de méthane une priorité énergétique. L'empire du milieu a également annoncé un forage au mois de mai, avec des chiffres plus qu'impressionnants.

A ce jour, le forage de test aurait d'ores et déjà extrait 113,200 m3 de méthane.

torchère chinoise

Selon la télévision chinoise, cette torchère brûle du gaz issu d'hydrates de méthane

Les estimations font état de réserves de près de 150 milliards de m3 de méthane près des côtes chinoises. Cette quantité d'énergie représente la totalité de la consommation de pétrole du pays prévue pour les 50 prochaines années.

Les tensions diplomatiques avec le Japon, les velléités territoriales et la capacité à foncer tête baissée sur les questions stratégiques laissent prévoir des progrès rapides de l'Empire du Milieu sur le sujet.

Par comparaison, le forage de test dans le Golfe du Mexique, initié par l'University of Texas au printemps, semble bien peu ambitieux. Les Etats-Unis ne semblent pas pressés de mettre en place une filière crédible... et l'Europe est également bien peu représentée sur ce dossier.

L'Allemagne a mené quelques campagnes d'exploration ces dernières années sans passer à la phase industrielle. La France est tristement absente des publications et des coopérations internationales... Un pénible constat pour un pays qui dispose pourtant de fleurons dans l'industrie énergétique !

La carte à jouer est chinoise

Signe du basculement du centre de gravité de l'économie mondiale, c'est donc vers la Chine qu'il faudra vous tourner si vous souhaitez vous positionner dès aujourd'hui sur l'utilisation future des hydrates de méthane.

Vous pouvez mettre en portefeuille Sinopec (China Petroleum & Chemical Corp), qui est en train d'acquérir un savoir-faire que les compagnies occidentales auront bien du mal à rattraper.

Sinopec, bien qu'étant une entreprise d'état chinoise, est également cotée au New York Stock Exchange (NYSE:SNP) et au London Stock Exchange (LSE:SNP).

Le groupe aux 280 milliards de dollars de chiffre d'affaires est surtout connu pour ses activités autour des hydrocarbures conventionnels, ce qui le place dans le peloton de tête du classement Fortune 500 des plus grosses entreprises de la planète. Avec un PER inférieur à 12, il est sensiblement moins cher que les groupes pétroliers occidentaux.

Ses avancées dans l'exploitation des hydrates de méthane ne sont, aujourd'hui, pas du tout valorisées.

Bien sûr, pas question de liquider vos économies et de tout placer sur une telle entreprise. Le scandale d'Enron ne doit pas être oublié, et les entreprises sous gouvernance chinoise ne sont pas connues pour respecter les standards occidentaux en matière de transparence et de rigueur dans la comptabilité !

Sinopec reste toutefois à ce jour le meilleur moyen de jouer sur cette révolution énergétique à venir. Les hydrates de méthane ne nous sortiront pas de la dépendance aux hydrocarbures mais, comme le pétrole de schiste, ils pourront relancer la machine énergétique mondiale pour un tour.

Notre civilisation industrielle, habituée à carburer aux énergies fossiles, ne pourra qu'apprécier ce délai de grâce offert par le fond des océans.
[NDLR : Et si vous avez envie de mettre un peu d'énergie "verte" ou du moins un peu plus verte dans votre mix énergétique personnel, notre spécialiste des nouvelles technologies a repéré pour vous une valeur solaire américaine qui gâte tout particulièrement ses actionnaires. A découvrir, parmi d'autres recommandation de croissance, dans NewTech Insider]

Cet article Hydrates de méthane : investissez sur l’énergie qui va marquer le XXIe s. est apparu en premier sur La Quotidienne de la Croissance.

]]>
http://quotidienne-agora.fr/hydrates-de-methane-investissez/feed/ 0
Allons-nous bientôt ne plus pouvoir nous passer des hydrates de méthane ? http://quotidienne-agora.fr/hydrates-de-methane/ http://quotidienne-agora.fr/hydrates-de-methane/#respond Wed, 19 Jul 2017 09:30:00 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=69979 hydrates de méthane

Nous avons vu hier que les hydrates de méthane sont une sorte de réservoir de méthane naturel. Ils sont, contrairement aux solutions artificielles, à la fois vecteur et source d'énergie. Il est donc possible de les extraire du sous-sol – les réserves estimées sont d'ailleurs comparable à celles des autres hydrocarbures.

Aujourd'hui nous nous penchons sur l'exploitation industrielle de ces composés.

La première extraction de méthane issu d'hydrates a eu lieu dans les années 1970 dans le champ de gaz sibérien de Messoyakha. Cette extraction est intéressante car elle était fortuite.

Messoyakha est un champ mixte contenant à la fois du gaz naturel et des hydrates de méthane. Durant son exploitation de manière conventionnelle entre 1970 et 1978, les ingénieurs ont été surpris de constater que la pression dans le réservoir ne baissait pas aussi vite que dans les autres champs gaziers.

Après une courte interruption entre 1978 et 1980, ils constatèrent avec surprise lors de la reprise de l'exploitation que la pression dans le réservoir était remontée. L'explication est en fait simple : au fur et à mesure que Gazprom pompait le gaz naturel, la pression diminuait dans le réservoir. Les hydrates n'étant stables qu'à une certaine pression pour une température donnée, ils se décomposèrent pour remplir le réservoir de leur méthane.

Aujourd'hui, l'exploitation des hydrates contenus dans le sous-sol sibérien est anecdotique. Vue leur disponibilité bien supérieure dans les fonds côtiers, il est plus intéressant d'orienter la recherche vers ces gisements sous-marins.

Le principe : secouer l'arbre et récupérer ce qui tombe

Depuis que les explorations ont confirmé la présence d'hydrates en quantité et non loin des côtes, les ingénieurs travaillent d'arrache-pied à l'élaboration d'une technique d'extraction.

Les hydrates de méthane enfouis sous une légère profondeur de sédiments marins sont présents sous forme solide. Contrairement aux réservoirs gaziers sous pression où il suffit de "percer un trou" pour récupérer du gaz naturel sous pression, forer directement dans des hydrates n'a que peu d’effet.

Les hydrates ne sautent pas plus dans les tuyaux que l'or ne sort spontanément de son filon dans une mine.

Les industriels cherchent donc à déterminer la meilleure manière de remonter ce gaz piégé dans le sous-sol à la surface.

La piste la plus prometteuse consiste à déstabiliser les hydrates pour conduire à leur dégazage sur place. Le gaz serait ensuite récupéré sur les navires de forage, et le reste de la filière établie pour le gaz naturel pourrait prendre le relai pour le transport et la distribution.

La stabilité des hydrates de méthane est, nous l'avons vu, dépendante de la température et de la pression. Les ingénieurs étudient donc les performances de la dépressurisation ou du réchauffement des gisements pour conduire à un dégazage contrôlé.

Comme souvent, le diable se cache dans les détails. Si dans les deux cas le dégazage aura lieu sous l'eau, il pourrait toutefois avoir des conséquences importantes à la surface.

Un risque écologique fort

Sans entrer dans le débat de la pertinence de rejeter toujours plus de dioxyde de carbone dans notre atmosphère, l'extraction d'hydrates de méthane pose quelques problèmes écologiques.

Comme ils sont plus légers que l'eau, les hydrates ont tendance à remonter à la surface dès que leur enveloppe sédimentaire ne les maintient plus. Lors de leur trajet vers la surface, la hausse de température et la diminution de la pression conduisent à un dégazage spontané. Vous avez pu voir à la fin de la vidéo présentée hier la formation in situ d'hydrates de méthane et leur largage vers la surface. Constatez qu'ils remontent quasiment aussi vite que les bulles de gaz environnantes !

Or, le méthane est un gaz à effet de serre terriblement puissant : à volume égal, il contribue 25 fois plus que le CO2 au réchauffement atmosphérique.

Remplacer l'utilisation de charbon, très polluant et grand émetteur de CO2, par du méthane pourrait s'avérer un mauvais calcul si les pertes sur les sites d'extraction ne sont pas maîtrisées.

Le risque industriel n'est pas non plus à négliger.

La catastrophe de Deepwater Horizon, dernier accident industriel lié aux hydrocarbures (et pas des moindres), a été considérablement aggravée par les hydrates de méthane. Leur formation incontrôlable dans l'urgence de la situation a empêché le scellement du puits après la perte de contrôle de l'exploitation.

Pour mémoire, tout a commencé par une explosion de gaz sur la plate-forme. A ce jour, plusieurs hypothèses subsistent. L'une d'entre elles est que les hydrates de méthane, très présents dans le Golfe du Mexique où était stationnée Deepwater, ont été perturbés par l'activité de forage. La fragile couche de sédiment aurait cédé, et les hydrates seraient remontés à la surface avant de dégazer.

C'est cette libération massive et localisée de méthane hautement inflammable à l'air libre qui aurait explosé et incendié la plateforme – avec les conséquences que l'on sait.

Basculer du pétrole vers les hydrates de méthane nous éviterait le risque de marées noires, mais que penser de milliers de plateformes tout autour de nos côtes potentiellement à la merci d'une explosion si le gaz décidait de remonter par ses propres moyens ?

La question reste entière...

Il reste enfin à évoquer le risque géologique.

A ce jour, nous sommes dans l'inconnue la plus totale en ce qui concerne le comportement des fonds marins une fois que leur dégazage aura démarré. Le dégazage conduit à la disparition du composé.

Toute la place prise par les hydrates avant leur extraction devra donc être comblée par quelque chose. Dans le meilleur de cas, l'eau de mer jouera un rôle de stabilisation. Plus probablement, des mouvements de terrain auront lieu au fur et à mesure de la disparition des hydrates.

Nous sommes peu sensibles à cette question en France métropolitaine, mais les populations du pacifique savent bien ce qui se passe lors de brusques mouvements dans les fonds marins. Le déplacement de masses rocheuses conduit à une onde de choc dans l'eau qui peut se traduire par l'apparition d'un tsunami à des milliers de kilomètres de distance.

Une lueur d'espoir

L'extraction des hydrates de méthane contenus dans les fonds marins soulève aujourd'hui beaucoup de questions. La propreté des hydrocarbures obtenus et leur quantité appétissante ne peuvent nous faire oublier qu'une exploitation industrielle posera des risques systémiques comparables à ceux de l'extraction pétrolière.

La nature nous offre toutefois un joker sur lequel les industriels ont commencé à se pencher.

Le mécanisme de formation des hydrates de méthane s'applique à d'autres petites molécules de gaz, et notamment au mal-aimé CO2.

Une des pistes actuellement à l'étude est le comblement des forages d'hydrate de méthane par des hydrates de gaz carbonique.

L'intérêt serait double. D'une part, l'industrie des hydrocarbures compenserait les émissions de gaz à effet de serre dues à notre activité industrielle. D'autre part, ces hydrates pourraient jouer un rôle de stabilisateur dans les fonds marins et éviter ainsi les mouvements de terrains sur les sites d'extraction.

Vous le voyez, l'exploitation industrielle de ces hydrocarbures ne sera pas totalement "verte"...

Mais aucune énergie ne l'est, et les avantages des hydrates de méthane justifient l'intérêt que manifestent les industriels.

Dès demain, nous verrons quels pays et quelles entreprises sont bien placés dans la course aux hydrates de méthane... avec une possibilité d'investissement à la clé.

Cet article Allons-nous bientôt ne plus pouvoir nous passer des hydrates de méthane ? est apparu en premier sur La Quotidienne de la Croissance.

]]>
http://quotidienne-agora.fr/hydrates-de-methane/feed/ 0
Les hydrates de méthane, l’hydrocarbure du futur http://quotidienne-agora.fr/hydrates-de-methane-hydrocarbure/ http://quotidienne-agora.fr/hydrates-de-methane-hydrocarbure/#respond Tue, 18 Jul 2017 09:30:38 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=69973 hydrates de methane

Nous avons vu hier dans La Quotidienne que les hydrocarbures sont et resteront la source principale d'énergie de notre civilisation pour les décennies à venir.

Leur extraction étant vouée à être de plus en plus compliquée, toutes les innovations technologiques apportent un soulagement bienvenu à nos économies en mettant plus d'énergie sur le marché.

Les grands bouleversements, eux, ont lieu lors de la découverte de nouvelles sources d'énergie.

Ces grandes découvertes sont rares et, par définition, imprévisibles. Nous avons pourtant la chance d'en vivre une qui pourrait conduire à une transition énergétique sans précédent.

Une nouvelle source d'énergie est en passe d'arriver sur le marché. Découverts par accident dans les exploitations pétrolières et gazières au XXème siècle, les hydrates de méthane ont ensuite été repérés dans le sous-sol sibérien, puis dans les océans à la fin des années 1990.

Comme leur nom l'indique, ils contiennent du méthane (autrement dit du gaz naturel). Ils font donc partie des hydrocarbures au même titre que le pétrole et le gaz naturel.

Découvrez la glace qui brûle

Chimiquement parlant, les hydrates de méthane sont composés de molécules de méthane (CH4) prisonnières de molécules d'eau (H20). A température et pression ambiantes, ils se présentent comme des cubes de glace qui ont la particularité de brûler si on y approche une source de chaleur.

Hydrate de méthane

Combustion sur table d'hydrates de méthane

Source : USGS

Lors de la combustion, l'hydrate se décompose et largue le méthane piégé par les molécules d'eau.

En pratique, les hydrates de méthane se comportent comme un réservoir naturel d'hydrocarbure : chaque mètre cube d'hydrate contient 170 mètres cube de méthane ; un taux de compression comparable à celui obtenu dans un réservoir de GPL.

Une fois extraits de leur milieu naturel, les hydrates de méthane "dégazent" petit à petit et perdent leur méthane. La vitesse de ce dégazage est cependant suffisamment lente pour qu'une simple réfrigération à -20°C permette d'envisager leur transport sur plusieurs milliers de kilomètres sur des navires adaptés.

Leur stockage et leur transport reste plus simple et économique que celui du gaz naturel qui nécessite de lourdes infrastructures (réfrigération à -160°C et compression) pour être manipulé avec une densité énergétique acceptable.

Si vous vous intéressez aux voitures à pile à combustible et au stockage de l'hydrogène, vous savez que le stockage de l'énergie est l'obstacle principal au développement de véhicules propres.

Dans cette optique, les hydrates offrent de belles perspectives. Leur capacité à stocker puis restituer de grande quantité de gaz pourrait être mise à profit directement dans les véhicules ou dans des stations-services chargées de la distribution du carburant.

Même si des voitures roulant au méthane rejetteraient toujours du CO2, l'absence d'azote, de soufre, et d'autres composés aromatiques règleraient les problèmes de pollution locale et les dizaines de milliers de morts annuels qui lui sont imputables.

Cette fonction de vecteur énergétique, si intéressante qu'elle soit, n'est pourtant que la moindre des qualités de ces composés. Ces hydrocarbures n'ont pas simplement vocation à être fabriqués industriellement : ils sont également présents dans la nature, et pourraient devenir la source majeure d'énergie fossile d'ici le milieu du siècle.

Du "fossile renouvelable"

Les hydrates de méthane se forment naturellement lorsque du méthane se trouve en présence d'eau dans une certaine plage de température et de pression.

Leur découverte lors des premiers forages pétroliers était fortuite et une mauvaise nouvelle : ils se forment spontanément lors des forages offshore et endommagent les systèmes immergés.

Depuis, les sociétés pétrolières se battent en permanence pour éviter leur apparition dans les tubes et les valves. Vous pouvez consulter cette courte vidéo (3 minutes) pour voir à quel point leur formation est rapide lorsque les conditions sont réunies.

Lorsque l'industrie pétrolière s'est mise en quête d'hydrocarbures de substitution, l'utilisation d'hydrates de méthane a naturellement été envisagée. Pour améliorer leur exploitation à l'échelle industrielle, les premières recherches ont eu pour objectif de déterminer si, suite à leur formation, les hydrates de méthane pouvaient rester stables et s'accumuler au cours des ans.

L'objectif était bien sûr de profiter de la ressource fossile avant d'envisager de mettre à profit leur capacité de régénération. Les géologues ont cherché depuis les années 1990 les endroits propices à la présence de ces hydrocarbures sur toute la planète.

Hydrate de méthane

Bloc d'hydrate de méthane présent dans le premier mètre du sédiment océanique au large de l'Oregon.

Source : Wikimedia Commons

Des forages de test tout autour du globe ont déterminé que des gisements fossiles existent bel et bien. Les premières campagnes ont prouvé que les hydrates sont stables dans le sous-sol sibérien à une profondeur de 200 mètres seulement – une distance anecdotique pour un forage terrestre.

Ce sont toutefois les forages sous-marins qui ont soulevé le plus d'enthousiasme : des hydrates ont été découverts près des côtes sur la quasi-totalité de la planète. La grande majorité des stocks se trouve à quelques centaines de mètres de profondeur. Ils seront donc facilement accessibles aux plates-formes de forage conventionnelles.

Une surprenante abondance

Au fur et à mesure de la progression des campagnes d'exploration, les scientifiques ont affiné leurs estimations des stocks d'hydrate de méthane.

Les chiffres sont, aujourd'hui, titanesques. Grâce à l'excellente répartition des gisements sous-marins, les réserves sont estimées à l'équivalent de 1 000 000 000 000 000 m3 de méthane.

A titre de comparaison, cette quantité d'énergie représente autant que l'ensemble des réserves des énergies fossiles conventionnelles (pétrole, gaz naturel et charbon) réunies. Autrement dit, l'humanité pourrait, avec l'exploitation des hydrates de méthane, doubler purement et simplement la quantité d'énergie à sa disposition.

Bien sûr, estimer des ressources fossiles est toujours un exercice périlleux – d'autant qu'aucune exploitation commerciale n'a eu lieu pour l'instant. Impossible, aujourd'hui, de déterminer quelle proportion sera utilisable en pratique.

L'ordre de grandeur est toutefois significatif. Même si seulement 30% du volume estimé s'avère exploitable, les hydrates de méthane représenteront une part significative de notre consommation énergétique.

Nous avions eu l'occasion, dans les Quotidiennes dédiées au thorium, d'évoquer la différence entre les sources d'énergie significatives et celles plus anecdotiques.

Au vu des quantités disponibles, la quantité d'énergie apportée par ces nouveaux hydrocarbures pourra rapidement dépasser la contribution du photovoltaïque, de l'éolien, et même du nucléaire.

Rendez-vous demain dans La Quotidienne pour découvrir ce que nous pouvons attendre réellement de leur exploitation industrielle, et les dernières avancées dans ce sens.

Cet article Les hydrates de méthane, l’hydrocarbure du futur est apparu en premier sur La Quotidienne de la Croissance.

]]>
http://quotidienne-agora.fr/hydrates-de-methane-hydrocarbure/feed/ 0
Charbon, gaz naturel ou hydrates de méthane : découvrez les remplaçants du pétrole http://quotidienne-agora.fr/charbon-gaz-naturel-hydrates-methane-petrole/ http://quotidienne-agora.fr/charbon-gaz-naturel-hydrates-methane-petrole/#comments Mon, 17 Jul 2017 09:30:17 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=69969 pétrole

Après la série de Quotidiennes dédiées aux réacteurs au thorium (que vous pouvez retrouver ici, et ), nous nous penchons sur une source d'énergie mal-aimée du grand public, décriée, ringarde, et pourtant si importante : les hydrocarbures.

Eh oui, encore et toujours du carbone... L'écologiste qui sommeille en vous commence peut-être déjà à grincer des dents. La Quotidienne se mettrait-elle à la provocation ? Pourquoi se pencher sur une énième source d'émission de gaz à effet de serre alors que les accords sur le climat sont en passe de voler en éclat ?

Tout simplement parce que les hydrocarbures vont à nouveau faire parler d'eux dans les prochaines années.

L'énergie est le sang de nos sociétés occidentales. Sans elle, point d'industrie ni de croissance. Il se trouve que parmi les sources d'énergies dont nous disposons, les hydrocarbures s'avèrent être les plus utiles. Leur densité énergétique, leur capacité de transport et leur abondance en font le principal moteur de notre activité.

La production électrique et ses innovations technologiques sont très présentes dans la presse (y compris dans nos colonnes). Cette surreprésentation de l'électricité dans le discours ne doit pas faire oublier que la consommation d'électricité est minoritaire dans le mix énergétique mondial. La réalité est que le monde tourne à plus de 80% (très exactement 81,7% en 2015) grâce aux hydrocarbures.

Les hydrocarbures : une réalité incontournable

Même les sources d'énergie les plus pures et les plus renouvelables ont besoin d'hydrocarbures pour être mises en place. Impossible de fabriquer une éolienne ou un panneau photovoltaïque sans pétrole ni gaz naturel.

Lorsque vous entendez parler de la découverte d'un énorme gisement d'hydrocarbures, vous réjouissez-vous ou le déplorez-vous ? Vous pouvez considérer que cette énergie supplémentaire offrira à l'humanité plus de marge de manoeuvre pour construire un monde meilleur, ou déplorer la course effrénée vers une civilisation toujours plus dépendante des énergies fossiles.

Quelle que soit votre sensibilité sur cette question, la réalité est que nous consommons (plus ou moins rapidement) tout ce que nous pouvons. En-dehors des phases de récession, la demande mondiale en énergie fossile suit la production.

Les hydrocarbures jouent pour notre activité industrielle le rôle d'étalon que l'or n'aurait jamais dû quitter. Impossible de faire marcher la planche à billet pour "inventer" des barils de pétrole ! Extraire de l'énergie demande du temps et de l'argent – comme le métal jaune.

D'autant que les ressources fossiles ne peuvent être que marginalement remplacées (où sont les voitures roulant au bioéthanol pur ?), et qu'elles doivent être considérées comme un flux et non comme un stock.

Contrairement aux métaux et à la monnaie, la quantité d'hydrocarbures disponible sur terre à un instant T n'a quasiment aucune importance tant les stocks sont négligeables par rapport aux volumes extraits annuellement. Ce qui compte, c'est la production comparée à la demande.

Si l'arrivée du pétrole de schiste a été un tel soulagement pour l'industrie pétrolière (et nos économies), c'est parce qu'elle a permis d'augmenter la production de pétrole des Etats-Unis à un niveau proche de son pic des années 1970.

production

Après 40 ans de déclin, la production de pétrole aux Etats-Unis est enfin repartie à la hausse en 2010

Ce genre de courbes est fréquemment utilisé par les économistes pour balayer d'un revers de main le concept de peak oil.

Pourtant, le peak oil n'est que l'expression d'une réalité physique : comme toute ressource finie, le pétrole sera extrait à un rythme croissant, puis décroissant.

Les révolutions technologiques permettent de partir sur de nouvelles bases (nouvelles estimations de réserves disponibles, nouvelles capacités d'extraction) et de remettre les compteurs à zéro, mais la réalité est tenace : même l'extraction du pétrole de schiste passera par un maximum avant de décroitre.

Savez-vous pourquoi la plupart des courbes de production des Etats-Unis que vous trouvez actuellement dans la presse, comme celle ci-dessus, s'arrêtent vers 2014-2015 ?

N'êtes-vous pas curieux de savoir ce qui s'est passé depuis ? Après tout, nous sommes déjà mi-2017...

Il faut aller fouiner dans les données (heureusement publiques) de l'EIA pour découvrir la réalité des extractions de pétrole.

puits

Production de pétrole aux Etats-Unis depuis 2010, en milliers de barils.

Données mensuelles EIA lissées sur 6 mois

Oups ! Il semblerait que la hausse ait marqué le pas, ne trouvez-vous pas ? La production de shale oil repartira-t-elle ponctuellement à la hausse avec la stabilisation des prix du brut et l'ouverture de nouveaux forages ? Très probablement.

Sera-t-elle contrainte, comme la production de pétrole brut léger, à passer par un maximum avant de baisser à son tour ? C'est inévitable.

L'avenir nous dira si 2015 était l'année du pic de production de pétrole aux Etats-Unis de ce siècle, ou une simple pause dans la hausse.

Nous verrons également si les pays producteurs de l'OPEP ont autant de réserves qu'ils l'annoncent alors que les découvertes de nouveaux gisements sont quasi-inexistantes depuis 30 ans.

A moyen terme, la hausse continue de la production mondiale de pétrole n'est garantie par aucune loi divine. Bien sûr, les sociétés pétrolières, les industriels grands consommateurs d'énergie et nos dirigeants en ont parfaitement conscience.

Quel est le plan B ?

Le recours massif au gaz naturel et au charbon.

Au XXIème siècle, nous réaliserons que le pétrole était une énergie propre

La perspective d'un remplacement du pétrole par le charbon, disponible en grande quantité et facilement extractible, n'est une bonne nouvelle pour personne.

Sa densité énergétique est ridicule par rapport au pétrole, sa combustion est très polluante et son extraction est mortelle. Rien qu'en Chine, la seule activité d'extraction est responsable de milliers de morts par an (avec un record de 6 995 en 2002 selon les chiffres officiels).

Les décès imputables à la pollution ne font, bien sûr, pas partie de ce décompte... De quoi relativiser les dangers du nucléaire, et ne pas attendre avec impatience la migration de la consommation de pétrole vers le charbon !

Le gaz naturel, petit frère du pétrole, pourra connaître son heure de gloire une fois que les tensions sur l'approvisionnement en or noir seront trop grandes.

Il a l'avantage d'être extrait de manière comparable au pétrole (matériels, savoirs et ressources humaines pourront être basculés de l'un à l'autre), avoir une bonne densité énergétique une fois compressé et être bien moins polluant que le charbon.

Cela dit, les réserves prouvées de gaz naturel sont comparables à celles du pétrole (environ 50 ans au rythme de consommation actuel selon BP). Les gisements conventionnels de gaz naturel ne pourront donc pas servir de relai énergétique bien longtemps si la disponibilité du pétrole devient un problème.

L'avenir énergétique de nos sociétés occidentales pourrait bien venir d'un composé peu connu jusqu'ici : les hydrates de méthane.

Nous verrons dès demain ce qui se cache derrière ce nom, et l'importance qu'ils prendront dans notre économie.

Cet article Charbon, gaz naturel ou hydrates de méthane : découvrez les remplaçants du pétrole est apparu en premier sur La Quotidienne de la Croissance.

]]>
http://quotidienne-agora.fr/charbon-gaz-naturel-hydrates-methane-petrole/feed/ 1