Combien va vous coûter la faillite de la Grèce

Rédigé le 21 janvier 2011 par | La quotidienne Imprimer

Nous avons toujours écrit qu’il s’agissait pour la Grèce non pas de savoir « si » elle allait faire faillite mais « quand ».

A ce stade, le mot faillite n’apparaît pas dans les titres des journaux. « Restructuration » disent L’Agefi et le LeMonde.fr du jeudi 20 janvier. « Rachat d’obligations » préfèrent le Financial Times et le Wall Street Journal. « Le tabou de la restructuration », commente La Tribune ce vendredi. Le cahier saumon du Figaro est muet comme une carpe, tout comme Les Echos.

Peu importe ces euphémismes — restructuration, décote, moratoire — pour un Etat, ils sont tous synonymes de faillite.

Comment cela va-t-il se passer ?
Jacques Cailloux, chef économiste Europe de la Royal Bank of Scotland, nous explique le procédé. L’EFSF (c’est le « machin » créé par l’Europe pour s’occuper de cette question) rachète sur le marché de la dette grecque à 80% du nominal puis la revend à la Grèce à 90% de ce nominal.

Dans cette affaire :
– Le marché perd 20 (il accepte de vendre 80 ce qui vaut 100)
– L’EFSF gagne 10 : il achète 80 et revend 90
– La Grèce qui devait 100 ne doit plus que 90

Et hop ! Magique la Finance…

Précisons au passage que l’EFSF n’a pas d’argent et qu’il doit être alimenté par des pays qui sont obligés de lever de la dette (puisque tout le monde est en déficit, même l’Allemagne).

Précisons aussi que mercredi la dette grecque se négociait déjà avec 29% (source FT) de décote sur le marché secondaire et que la BCE a racheté pas moins de 76 milliards d’euros de dettes souveraines (source Wall Street Journal) la semaine dernière. Pour vous mettre les points sur les « i », ce ne serait pas 80% mais 70% qu’il faudrait que « le marché » accepte.

Au fait qui est « le marché » ?
Les banques européennes et la Banque centrale, nous indique complaisamment le Financial Times.

Mmmmmm, vraiment ? Que ça ? Non, bien sûr : les assureurs, ceux-là même qui vous vendent leurs contrats d’assurance-vie.

Nous sommes dans une crise de solvabilité des Etats, pas de liquidité
Nous n’arrêtons pas de le clamer, l’EFSF et autres machins prétendent résoudre une crise de liquidité, mais il s’agit d’une crise de solvabilité. Le Financial Times mentionne que la restructuration envisagée rayera 12,5 milliards d’euros de dette grecque, ce qui ramènera son ratio d’endettement de 158% à… 153%.

Alors voilà, vous seriez prêt, vous, à prêter dans de meilleures conditions à quelqu’un qui, au lieu d’être surendetté à 158% baisse son endettement à 153%. Vous diminueriez vraiment le taux d’intérêt que vous lui réclamez en compensation de votre risque ?

Non, évidemment.

Combien cela va-t-il vous coûter ?
A MoneyWeek, nous en avons plus qu’assez de toutes ces simagrées. Pendant que nos élites se chipotent sur d’éventuels nouveaux stress tests des banques, nous avons décidé de prendre le taureau par les cornes.

Nous avons déjà mené nos propres stress tests. Sur les assureurs (là où est votre argent) et non sur les banques.

Donc nous savons vous chiffrer les faillites grecques, irlandaises, portugaises. Et nous vous proposons des solutions pour couvrir les pertes probables que vous allez endurer si vous ne réagissez pas.

Notre rapport spécial, rédigé par un spécialiste du risque crédit, est prêt. Nous vous le proposerons dès vendredi prochain avec toutes les solutions pour couvrir vous-même vos risques et conserver votre patrimoine dans ce qui tourne à la plus grave crise financière de tous les temps : la faillite des Etats-Providence.

D’ici là… restez à l’écoute !


Photo : Panoramas  – Flickr

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Simone Wapler
Simone Wapler
Rédactrice en Chef de Crise, Or & Opportunités et de La Stratégie de Simone Wapler

Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l’ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu’elle met au service des abonnés.

Elle aborde les marchés avec l’œil du professionnel, de l’ingénieur, de l’industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d’avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles — un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l’offre et de la demande.

Pour en savoir plus sur Crise, Or & Opportunités et La Stratégie de Simone Wapler.

Visitez le site officiel de Simone Wapler : www.Simone Wapler.fr

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  1. A propos de la Grèce :

    – Emprunt à 3 mois :

    Allemagne : taux d’intérêt des obligations à 3 mois : 0,470 %.

    France : taux d’intérêt des obligations à 3 mois : 0,622 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GFRN3M:IND

    Et la Grèce ?

    Quel taux d’intérêt doit payer la Grèce pour un emprunt à 3 mois ?

    Jeudi 20 janvier 2011, pour un emprunt à 3 mois, la Grèce a dû payer un taux d’intérêt de 4,10 %.

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/01/23/97002-20110123FILWWW00058-grece-un-emprunt-pour-la-diaspora.php

    – Emprunt à 6 mois :

    Allemagne : taux d’intérêt pour les obligations à 6 mois : 0,640 %.

    France : taux d’intérêt pour les obligations à 6 mois : 0,744 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GFRN6M:IND

    Et la Grèce ?

    Quel taux d’intérêt doit payer la Grèce pour un emprunt à 6 mois ?

    Mardi 11 janvier 2011, pour un emprunt à 6 mois, la Grèce a dû payer un taux d’intérêt de 4,90 %.

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/01/11/97002-20110111FILWWW00482-grece-leve-195-mds-en-dessous-de-5.php

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